Nathalie
Arthaud, le 24 mai : “le Manifeste communiste, notre programme”
Publié le 27/05/2026
Notre programme reste celui que
Karl Marx et Friedrich Engels ont donné aux travailleurs quand, en 1848, ils
ont publié le Manifeste du parti communiste.
Le cœur de ce programme n’était
pas la taxation des riches, le plafonnement de leurs profits et le partage des
richesses. C’était l’expropriation de la grande bourgeoisie, la confiscation
sans indemnité ni rachat de ses capitaux, la propriété commune des moyens de
production et le passage au communisme. Nous n’avons pas une ligne à changer à
ce programme !
Oui, nous voulons «
l’expropriation » de la classe capitaliste, des Bernard Arnault, Mulliez,
Peugeot, Dassault, Musk, Bezos... […] Sans l’abolition de la propriété des
grands moyens de production, camarades, nous ne mettrons jamais fin aux
inégalités, à l’exploitation, à l’impérialisme. Sans l’abolition de la
propriété capitaliste, impossible de rationaliser et de planifier la production
pour qu’elle réponde aux besoins de tous et préserve la planète. Impossible
d’en finir avec la concurrence infernale, avec ses crises et ses guerres.
[…] Marx et Engels ont longuement
décrit la lutte de classe opposant la bourgeoisie à la classe ouvrière, et elle
reste la règle, même si actuellement c’est surtout la bourgeoisie et son État
qui la mènent en s’attaquant aux travailleurs. […] Et, comme au 19e siècle,
cette lutte de classe est recouverte par les mêmes mensonges bourgeois. Déjà,
Marx et Engels mettaient en garde les travailleurs contre l’usage du mot liberté.
Ils expliquaient que la bourgeoisie ne parle de liberté que pour défendre la
sienne, sa liberté d’exploiter et de réduire toujours plus de travailleurs en
esclavage.
Nous en avons eu la démonstration
avec le 1er Mai où Attal, Lecornu et Bardella se sont précipités
pour défendre ce qu’ils appellent la liberté de travailler. Il ne leur vient
pas à l’esprit que tous ceux qui sont menacés de licenciement aujourd’hui, que
les six millions de chômeurs recensés, rêveraient d’avoir « la liberté de
travailler », la liberté de gagner leur vie, la liberté de choisir leur travail,
la liberté d’avoir un salaire digne de ce nom. Pour eux, la liberté, c’est la
liberté d’entreprendre, la liberté du commerce…
C’est au nom de ces libertés que
la bourgeoisie, ses conquérants et ses États ont perpétré, à toutes les
époques, les plus horribles massacres. Extermination des Indiens d’Amérique,
déportation de plus de 12 millions d’Africains pour les réduire en esclavage,
conquêtes coloniales et famines…
[...]
En plus de la lutte de classe,
Marx et Engels ont exposé la mécanique aberrante des crises capitalistes. […] «
Le système bourgeois est devenu trop étroit pour contenir les richesses créées
dans son sein », écrivaient Marx et Engels, et aujourd’hui, c’est plus vrai
que jamais. [...]
Tous les partis politiques
prétendent avoir la solution contre ce trop-plein et la concurrence
internationale féroce qui en découle : le protectionnisme, « le produire
français », la souveraineté française. C’est la solution miracle, de l’extrême
droite jusqu’à LFI et au PCF. Mais la bourgeoisie peut-elle se développer et
prospérer sans acheter à l’étranger
et sans exporter ? Sans placer ses capitaux partout sur la planète ? Bien sûr
que non, camarades !
Nous voyons ces jours-ci comment
le blocage du détroit d’Ormuz renchérit le pétrole et le gaz dans le monde
entier. C’est un coup de massue pour les travailleurs ici, mais c’est une crise
terrible aux Philippines, au Sri Kanka, au Vietnam ou encore en Éthiopie. Parce
que l’économie capitaliste est un seul et même organisme économique à l’échelle
de la planète.
Le protectionnisme ne protège pas
l’emploi ni les salaires, il est une arme de la bourgeoisie dans sa guerre
contre d’autres capitalistes. Guerre dans laquelle les travailleurs servent
déjà de chair à canon au patronat. [...]
La classe
ouvrière, seule force sociale révolutionnaire
La classe ouvrière a fait ses
preuves en tant que force politique capable de se défendre, mais aussi d’être à
l’offensive pour transformer la société.
[…] La classe ouvrière russe
accompagnée de la paysannerie a renversé un tsar en février 1917 et mis fin à
un régime qui régnait depuis quatre siècles, et elle a établi un pouvoir
ouvrier en octobre 1917, à partir des travailleurs rassemblés en soviets dans
les usines, les quartiers populaires et les villes.
L’État ouvrier a tenu le coup
pendant la guerre civile que lui ont imposée tous les pays impérialistes
coalisés pendant des années, mais il n’en est pas sorti indemne. Les
travailleurs et les paysans se sont épuisés, laissant la bureaucratie gouverner
à leur place. Et malgré le combat du courant trotskyste, cette bureaucratie a
installé, avec Staline, une dictature de fer, imposant une caricature
d’économie collective.
Cette bureaucratie stalinienne
s’est peu à peu intégrée à l’ordre bourgeois. Elle est devenue une force
contre-révolutionnaire en URSS comme à l’échelle du monde, et a discrédité pour
des décennies l’idéal de millions de travailleurs. Alors, malgré les multiples
assauts de la classe ouvrière, la bourgeoisie et sa propriété privée ont tenu.
Le capitalisme a survécu et la société reste bloquée dans les mêmes
contradictions, dans les mêmes crises et les mêmes guerres. [...]
C’est la répétition des mêmes
impasses et des mêmes crimes parce que la classe ouvrière n’a pas réussi à
vaincre et à transformer les structures de classe de la société. Ce n’est pas
faute des luttes de la classe ouvrière. Elles ont existé dans tous les pays. Le
problème c’est qu’elles ont manqué d’une direction révolutionnaire à la
hauteur.
Alors, au moment où il est plus
flagrant que jamais que ce n’est pas telle ou telle politique qui a failli,
mais le règne tout entier de la bourgeoisie, il faut un parti révolutionnaire
qui fixe pour but aux luttes des travailleurs le renversement de l’ordre
bourgeois et la prise du pouvoir.
Il ne faut pas seulement viser un
salaire équitable, ni seulement la réduction du temps de travail, il faut avoir
pour but l’abolition du salariat, la fin des classes sociales, la fin de
l’exploitation de l’homme par l’homme.
Ce qu’il faut inscrire sur notre
drapeau, ce n’est pas de « bien voter » dans l’espoir que cela change la
société, c’est de s’organiser et d’agir pour que les travailleurs redeviennent
une force politique contre le grand patronat et le gouvernement et refondent la
société sur des bases collectives !
Le seul rempart contre l’extrême
droite
Je sais que vous êtes nombreux,
ici, à craindre l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir en 2027 et que
beaucoup se disent qu’il faudra de nouveau faire barrage au Rassemblement
national. Mais ce n’est pas en jouant le jeu du cirque électoral, qui est la
principale source de désorientation politique des travailleurs, que l’on fera
obstacle aux politiques d’extrême droite. [...] Le seul et vrai rempart contre
l’extrême droite est dans la conscience et l’action de notre classe. Dans la
conscience que dès lors que le patronat et le gouvernement s’attaquent à un
travailleur en lui retirant des droits, ils s’attaquent à tous les
travailleurs. C’est la conscience que l’on s’émancipera ensemble ou l’on ne
s’émancipera pas.
Alors, […] à bas les barbelés,
les traques, les expulsions ! À bas l’Europe forteresse ! Aujourd’hui comme
hier, régularisation de tous les sans-papiers, liberté de circulation et
d’installation pour chaque être humain de cette planète ! Union de tous les
travailleurs ! […] Que l’on soit Algérien, Marocain, Ivoirien, Syrien, que l’on
soit musulman, juif, chrétien ou athée… quand on est un travailleur, on
appartient à l’armée des prolétaires, et chacun doit prendre sa place dans le
camp des combattants pour renvoyer le
capitalisme dans les poubelles de l’histoire !
[…] Qu’elle en soit consciente ou
pas, la classe ouvrière est porteuse du communisme, de la collectivisation de
l’économie, de la planification et la gestion démocratique du pouvoir par les
travailleurs eux-mêmes. […] Si les travailleurs parviennent à se saisir du
pouvoir politique et prennent les rênes de l’économie, tout deviendra possible
! Il sera possible de produire pour répondre aux besoins de tous et non pour
les profits. […] Possible aussi de mettre fin à cette concurrence destructrice
et aux guerres ravageuses. [...]