58 ans de combat, avec le même objectif : reconstituer le parti révolutionnaire. Lisez la presse des travailleurs !
58 ans de combat, avec le même objectif : reconstituer le parti révolutionnaire. Lisez la presse des travailleurs !
Congrès 2025 : défendre les idées révolutionnaires
Le congrès annuel de Lutte ouvrière s’est tenu les 7 et 8 décembre en région parisienne. Il a fait le bilan des activités de l’organisation dans l’année écoulée, élu sa direction et discuté de la situation politique et sociale, notamment autour de deux textes soumis au vote.
Publié le 10/12/2025
L’un des textes portait sur la situation internationale. Intitulé « Crises, guerres et recherches d’alliance », il contient des développements sur la guerre en Ukraine et au Moyen-Orient. Le second examinait « La situation politique et sociale en France ». Ces textes ainsi que les discussions et compléments apportés au congrès paraîtront dans le prochain numéro de notre mensuel Lutte de classe. Comme chaque année, les groupes politiques qui appartiennent à notre tendance internationale, l’UCI (Union communiste internationaliste), étaient invités. Des camarades venus de Côte d’Ivoire, Haïti, Turquie, Grande-Bretagne, Italie, Espagne, Allemagne, Belgique, États-Unis étaient présents, tout comme nos camarades de l’île de La Réunion, ainsi que du groupe Combat ouvrier, présent en Martinique et Guadeloupe.
Un monde en marche vers la guerre
Publié le 10/12/2025
Comme l’ont noté toutes les discussions, à l’échelle internationale, on continue de cheminer vers une nouvelle guerre mondiale, et la « colombe de la paix » qui s’est installée à la tête de la première puissance impérialiste contribue à accélérer le processus.
À Gaza, le cessez-le-feu apparaît en fait comme une nouvelle étape dans l’écrasement des Palestiniens. La paix de Trump est la paix des cimetières à Gaza et l’accélération de la colonisation en Cisjordanie, c’est-à-dire l’oppression généralisée des Palestiniens. Parler de cessez-le-feu est d’ailleurs abusif, car l’armée israélienne continue de commettre des tueries dans les deux territoires, mais aussi au Liban, qui est régulièrement bombardé.
En Ukraine, les États-Unis et la Russie sont en train de se partager le pays, mais la guerre continue de faire des dizaines sinon des centaines de morts chaque jour. Les populations ukrainienne et russe n’ont pas fini de payer cette guerre fratricide qui n’a profité qu’aux oligarques russes, aux oligarques ukrainiens et surtout aux puissances occidentales. Pendant que les combats faisaient rage dans le Donbass, des terres, des mines, des entreprises ukrainiennes étaient mises sous pavillons occidentaux, américains et européens.
Des affrontements sanglants se multiplient en Afrique, au Soudan, en République démocratique du Congo, au Sahel. Dans les Caraïbes, Trump mène une petite guerre navale prétendument contre les trafiquants, en fait pour intimider Maduro, qu’il veut démettre… de façon à mettre plus facilement la main sur le pétrole dont le Venezuela regorge.
Au-delà de ces guerres ouvertes, une guerre sourde et permanente se mène entre toutes les grandes puissances, la guerre économique. C’est la guerre pour les marchés, pour les terres rares, pour les minerais, pour le contrôle de l’espace, des fonds marins. Cette guerre oppose les États-Unis, l’Europe, la Chine, avant sans doute de mettre face à face les deux géants que sont les États- Unis et la Chine.
Contrairement à la propagande qui fait reposer toute la responsabilité de l’ambiance guerrière sur Poutine et Xi Jinping, nous pensons que Trump, Macron, Merz, Starmer, qui sont les piliers de l’ordre impérialiste, sont parmi les principaux fauteurs de guerre. Pour s’opposer à l’évolution guerrière, il faut d’abord se tourner contre ses propres dirigeants et leur demander des comptes.
En France, il n’y a pas encore la guerre, mais déjà une mise en condition guerrière. Une propagande intense se mène pour expliquer à la population qu’elle subit les menaces de la Russie et une déferlante chinoise… Ou bien expliquer, comme l’a fait le général Mandon, qu’il va falloir accepter que ses enfants meurent à la guerre.
Nous rejetons cette propagande et nous dénonçons le retour du service militaire tout comme l’augmentation du budget militaire parce que ce sont autant de pas supplémentaires vers la guerre, qu’il ne faut pas accepter.
La bourgeoisie mène une guerre sociale
Publié le 10/12/2025
Ce que l’on subit aujourd’hui, et qui fait considérablement régresser les conditions de vie est une autre forme de guerre : c’est la guerre sociale, la guerre que le grand patronat et le gouvernement mènent contre les travailleurs.
Elle se mène au travers des licenciements, de l’écrasement des salaires, de l’aggravation des conditions d’exploitation. Elle se mène au travers du racket que constitue l’inflation, par le biais du budget qui se discute en ce moment et qui vise à faire porter l’essentiel du poids de la dette sur les travailleurs. Alors même que cette dette a été contractée en faveur du grand patronat et des plus riches…
Les résultats de cette guerre sociale se mesurent par la pauvreté et la précarité grandissantes, alors que les grandes fortunes n’ont jamais atteint de tels sommets et que le nombre de milliardaires a bondi, que les profits et le cours des actions ont explosé…
Tous les partis politiques, d’une façon ou d’une autre, masquent cette guerre sociale. Ils font tous diversion, par exemple en accusant la concurrence déloyale de la Chine. Le RN et la droite rivalisent pour mettre tous les problèmes au compte des immigrés, voire des musulmans. C’est d’autant plus révoltant que les immigrés sont des travailleuses et des travailleurs sur lesquels reposent les tâches et les métiers les plus pénibles de la société.
En plus de leur démagogie et de leur diversion sur le thème du protectionnisme et du souverainisme, comment ne pas être écœuré par le spectacle offert par tous les partis institutionnels ! On en est au point où le multirécidiviste et multicondamné Sarkozy veut faire pleurer sur ses 20 jours de prison ! Mais il n’y a pas que Sarkozy, il y a tous les autres, y compris Le Pen, qui sont poursuivis pour détournements de fonds publics. À cela s’ajoute le cirque politicien, les alliances de circonstance, les marchandages et les reniements incessants.
Ces responsables politiques et tous ces grands partis n’ont jamais un mot pour dénoncer l’exploitation, la rapacité patronale et l’irresponsabilité des grands actionnaires qui sont capables de détruire les hommes et la nature pour leurs milliards. Ils ne peuvent en aucun cas représenter les intérêts des travailleurs. Quand on est ouvrier, on n’a aucune raison de faire confiance à ces gens-là, qui se chamaillent pour savoir qui gérera demain les affaires de la bourgeoisie, pour savoir qui aura l’honneur de reculer encore l’âge de la retraite ou, pire, d’envoyer la jeunesse à la guerre !
Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :
-Aujourd’hui samedi 13 décembre, de 10 h.15 à 10 h.55 devant Monoprix ;
-de 10 h.30 à 11 h.45, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;
De 11 heures à midi au marché de la Colonie ;
-dimanche 14 décembre, de 10 h.25 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre ;
-et de 11 h. à midi au marché Héloïse ;
-lundi 15 décembre, de 18 h. à 19 heures, centre commercial, cité des
Raguenets à St-Gratien.
Notre camarade Isaac
Notre camarade Isaac Szmulewicz, que nous appelions Charron, connu aussi sous le nom d’André Victor, nous a quittés à l’âge de 84 ans.
Publié le 23/07/2025
Fils d’un père déporté à Auschwitz et d’une famille juive venue de Pologne, Charron a commencé à militer dans notre organisation au début des années soixante. Il a contribué à la développer en province à Lyon puis à Marseille. Beaucoup d’entre nous l’ont connu au travers de la fête de Presles dont il supervisait le montage presque depuis les origines. Il était musicien à ses heures et maniait l’humour avec talent.
Malade depuis plusieurs années, il ne voulait pas baisser les bras. Sentant sa fin arriver, il nous a laissé cet adieu :
« De toute ma vie je n’aurai été qu’un modeste militant. J’espère avoir œuvré pour créer un jour un parti révolutionnaire. J’en ai terminé. Longue vie et succès aux vivants ! »
Nous ne t’oublierons pas, camarade.
Lutte ouvrière n°2973
À propos de la disparition des gerbes de fleurs devant la stèle dédiée au jeune Rino Della Negra fusillé par l’armée allemande le 21 février 1944, nous avons écrit une brève ces jours derniers. Ci-dessous, un complément, celui d’un article du journal Lutte de classe de fin février 1944 édité par le groupe trotskyste dont Lutte ouvrière se réclame. Cet article y affirmait sa solidarité avec les militants fusillés, mais indiquait quelle voie politique les jeunes qui voulaient s’engager devait prendre. Celle de la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile menée par les travailleurs contre le capital, pour les États-Unis socialistes d’Europe, pour le combat internationaliste, pour la IVème Internationale.
Défense des terroristes
Vingt-quatre « terroristes » sélectionnés viennent d’être livrés à la publicité par la Gestapo, pour dégoûter de l’armée clandestine, qui lutte contre l’impérialisme allemand, la « bonne société » et les petits bourgeois conformistes.
Regardez-les, disent les scribes de la Gestapo, ces faces « rusées et cruelles » de Juifs, de Polonais, d’Italiens, d’Espagnols communistes : ces gens prétendent juger du destin de la France ! Certes, d’après les prostitués de la presse bourgeoise, ce sont les Doriot et les Goering, aux faces bouffies, et tous les engraissés du régime de terreur bourgeois qui doivent décider du sort de la France...
Regardons-les bien, travailleurs : ces visages que le photographe et les commentaires des affiches veulent nous empêcher de voir sont des visages d’opprimés, des visages de travailleurs : ils sont notre propre visage. Comment ces têtes d’opprimés et d’exploités de plusieurs pays, qui luttent à mort contre le régime capitaliste d’exploitation et de misère, ne feraient-elles pas écumer de rage les bourgeois gavés au marché noir et vautrés dans les bras de prostituées qu’ils entretiennent avec le sang et la sueur des ouvriers ?
Regardons-les bien, camarades, ces têtes énergiques de jeunes qui bravent à leur « procès » les canailles galonnées chargées de les faire fusiller : leur courage doit servir d’exemple à tous les jeunes, à notre époque de guerres impérialistes et de guerres civiles.
« Ils ont des dizaines de crimes sur la conscience », profèrent leurs bourreaux, experts dans l’assassinat de milliers d’hommes en un seul jour, en une seule bataille… « Ils ont suivi l’école du crime », clament les professeurs qui enseignent l’« art » de la tuerie à des milliers de jeunes de 16 ans arrachés à leurs familles contre leur gré… « Ils ne sont pas la France », affirment les tortionnaires du peuple français qui n’ont pas assez de leur Milice, de leur police, de leur Garde mobile, des bandes fascistes et des troupes d’occupation spéciales pour venir à bout des dizaines de milliers de réfractaires à la déportation et au travail pour la guerre impérialiste, et qui se gardent bien de publier les listes des jeunes gens qu’ils abattent par dizaines tous les jours.
« Ce sont des bandits », écrivent les journaux à solde, en exposant certains cas particulièrement suspects. Mais si l’activité de véritables bandits, parmi lesquels il ne faut pas oublier des bandits de la Milice, de Doriot et de Déat, se poursuit impunément, n’est-ce pas là le résultat de l’anarchie croissante dans laquelle le capitalisme et la guerre ont jeté la société ?
La classe ouvrière est résolument pour ceux qui ont pris les armes contre les bourreaux français et allemands qui martyrisent les peuples ; elle accueille avec mépris les manœuvres de diversion de la bourgeoisie. Mais la classe ouvrière est inquiète ; elle ne comprend pas pourquoi des militants qui autrefois combattaient sans compromis la bourgeoisie de tous les pays, mènent actuellement leur lutte sous le drapeau tricolore et au bénéfice des armées de Washington, de Londres et d’Alger. Les ouvriers savent qu’ils n’ont rien à attendre d’une victoire d’armées capitalistes qui ne feraient que relever les armées allemandes dans leur rôle de gardes-chiourme pour maintenir le capitalisme. Ils savent que Roosevelt en Amérique et Churchill en Angleterre prennent contre la classe ouvrière les mêmes mesures que Hitler en Allemagne.
Le prolétariat cherche des militants et un parti qui luttent directement pour ses intérêts, pour son relèvement économique et culturel, pour ses conquêtes de juin 1936, conquêtes qui sont également odieuses pour tout gouvernement capitaliste, totalitaire ou parlementaire, et qui rencontreraient la même résistance de sa part.
Servir la classe ouvrière, c’est lutter pour les États-Unis socialistes d’Europe, pour la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile, pour le socialisme. Lutter pour le triomphe de soi-disant démocraties sur le fascisme, c’est renouveler la trahison de 1914, quand les partis socialistes de l’Entente se mirent du côté de leur bourgeoisie sous prétexte de vaincre le militarisme.
De même que la grande majorité des ouvriers socialistes comprirent la trahison de leurs chefs et passèrent à la IIIe Internationale de Lénine et de Trotsky pour accomplir leur devoir de classe, de même la grande majorité des ouvriers communistes doit cesser de s’accrocher aux restes pourris de ce qui fut autrefois la IIIe Internationale pour lutter avec les militants de la IVe Internationale, parti mondial de la révolution socialiste.
Les militants combattants du PC restés fidèles à leur classe doivent se convaincre que le réveil de la classe ouvrière, par l’activité croissante de ses éléments les plus avancés et l’assaut de celle-ci contre le régime capitaliste, n’ont rien de commun avec la lutte sous le commandement des officiers réactionnaires de De Gaulle.
La IVe Internationale appelle les meilleurs militants de la classe ouvrière à serrer leurs rangs autour du drapeau rouge communiste, qui triomphera envers et contre tous de la barbarie capitaliste et de la guerre !
Lutte de classe Février 1944