Népal :
une catastrophe pas seulement naturelle
Le bilan humain du tsunami de
boue et de roches qui a déferlé le 26 août de part et d’autre de
la frontière du Népal et du Tibet était, au 1er septembre,
de 955 morts et 4 471 disparus. Personne n’avait prévu une catastrophe de cette
importance.
Publié le 02/09/2026
L’essentiel des victimes et des
disparus sont du côté népalais des vallées autour du Langtang Lirung, un sommet
de la chaîne himalayenne qui culmine à 7 234 mètres. Le pan d’un glacier situé
à 5 000 mètres s’est effondré, créant une vague de roches, de boue et d’eau qui
a déferlé en aval.
Cette vague a parcouru plus de
100 kilomètres, à la vitesse de 150 km/h dans
les 20 premiers kilomètres des
vallées népalaises.
Sur une hauteur de plusieurs dizaines de mètres,
elle a tout détruit, des dizaines de
ponts, d’infrastructures, dont des centrales électriques, des villages et des
quartiers entiers. Tout est désormais enseveli sous la boue et la roche.
L’hypothèse d’un séisme, fréquent
dans la chaîne himalayenne, ayant provoqué l’effondrement du glacier a été abandonnée.
Les spécialistes des glaciers sont désormais quasi unanimes à considérer le
changement climatique comme un des facteurs principaux du désastre. Le glacier
en cause a reculé, du fait de la fonte des glaces, de 450 mètres entre 2009 et
2020, devenant vulnérable aux instabilités rocheuses. Il semble admis désormais
qu’un premier effondrement de paroi au-dessus du glacier l’a ensuite entraîné
dans sa chute vers les vallées.
Il est difficile d’observer et
d’anticiper la situation d’un glacier à des altitudes himalayennes et un massif
de cette envergure est un milieu naturel à risques. Mais ce nouveau drame qui
frappe le Népal, après les tremblements de terre de 2015, semble bien, par sa
démesure, lié au réchauffement climatique. C’est donc le fonctionnement général
de l’économie, non pas au Népal mais à l’échelle mondiale, qui en est la cause.
Le drame se prolonge par la
difficulté des secours à parvenir jusqu’aux zones sinistrées. Quatre jours
après la catastrophe, les autorités népalaises annonçaient que les villages
ensevelis les plus en altitude n’avaient reçu aucun secours. En aval, le maire
d’une localité relatait que les secours à pied avaient avancé de 500 mètres en
deux jours dans le fleuve de boue laissé par la crue. Le Népal est un des pays
les plus pauvres du monde, où le régime est bien plus préoccupé du maintien de
l’ordre que de la sécurité des populations. Mais surtout, comme à chaque
catastrophe, aucun secours ne viendra des grandes puissances. L’Union
européenne a promis 2 millions d’euros et les États-Unis 500 000 dollars.
Autant dire une misère.
Les organisations humanitaires
font appel aux dons et entrent en action sur le terrain. En revanche, il n’est
pas question pour les États les plus puissants d’Europe ni pour les États-Unis
d’envoyer en urgence au Népal matériel, équipements et hommes qu’ils sont si
prompts à mobiliser quand il s’agit d’une opération militaire.
Boris Savin (Lutte ouvrière n°3031)
Les
prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :
-Aujourd’hui vendredi 4
septembre, de 17 h.15 à 18 heures 15, carrefour Babou ;
-samedi 5 septembre, de 10
h.30 à midi, centre cl de la cité Joliot-Curie,
-et de 11 h à midi au
marché de la Colonie (sous réserve) ;
-dimanche 6 septembre, de
11h à midi au marché Héloïse (sous
réserve).