Lecornu
en Gironde : un mépris de classe
Dimanche 16 et lundi
17 août, Lecornu était en Gironde pour faire état des mesures prises par
le gouvernement après les incendies de fin juillet.
Publié le 19/08/2026
Il était particulièrement attendu
au Porge par les habitants sinistrés, un rendez-vous était même annoncé en
mairie lundi matin. Les sinistrés en ont été pour leurs frais. Lecornu, qui
avait affirmé le 1er août que la douleur des sinistrés était «instrumentalisée
par des complotistes sur les réseaux sociaux», en a rajouté une couche dans
son mépris en faisant tout pour ne pas les rencontrer.
Lecornu a sans aucun doute eu
peur de la réaction des habitants du village, qui ne demandaient pourtant que
des réponses à leurs questions. Au Porge, où habitent
3 500 personnes, 183 habitations ont été détruites par les
flammes, et un collectif de plus de 1 000 personnes s’est constitué
pour exiger, à juste titre, la transparence sur les décisions de la préfecture
pendant les incendies, les habitants ayant le sentiment d’avoir été abandonnés
pour d’autres priorités, comme celle de protéger les sites industriels
d’ArianeGroup et de Dassault ou le camp militaire de Souge, ou de protéger la
presqu’île du Cap-Ferret et ses résidences secondaires pour riches.
Lecornu, pensant peut-être
prendre à revers les habitants, s’est d’abord rendu dimanche après-midi dans le
village, mais uniquement pour rencontrer le maire hors caméra et journalistes.
Il n’a sans doute pas été assez discret car la colère a commencé à monter dans
le village : «Ils font ça en douce, sans nous voir, parce qu’ils savent
qu’on avait envie de se faire entendre», a-t-on pu entendre alors.
Courageux mais pas téméraire, Lecornu s’est finalement bien rendu, lundi matin,
au Porge, mais à la caserne des pompiers, et non à la mairie comme annoncé, et
pour discuter avec seulement quelques personnes triées sur le volet. Il a
soigneusement évité tout contact avec les 200 manifestants habillés en
noir venus demander des comptes, un cordon de gendarmes les maintenant à
distance. L’écœurement des habitants était à son comble.
Lecornu est reparti comme il est
venu, derrière ses vitres fumées et encadré de policiers. De quoi se faire,
légitimement et copieusement, huer.
Serge Benham (Lutte ouvrière
n°3029)