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lundi 22 juin 2026

Moyen-Orient : criminels en récidive

 

Le profond désordre de l’ « ordre » impérialiste

 


 

La continuation de la guerre d’invasion et de destruction qu’Israël mène au Liban a amené l’Iran à bloquer de nouveau le détroit d’Ormuz, après sa brève ouverture suite à l’accord signé avec les États-Unis. 

Depuis des décennies l’Iran est présenté comme responsable des guerres et de l’instabilité qui ensanglantent le Moyen-Orient.

         Pourtant, ce sont bien les États-Unis et leur allié, l’État israélien, qui ont attaqué ce pays le 28 février en pleine négociation avec le gouvernement iranien. Et c’est bien le gouvernement de Netanyahou qui bombarde sans répit la population et les villes libanaises, avec des bombes américaines, sans se soucier de cessez-le-feu. Ce sont eux les fauteurs de guerre.

mardi 16 juin 2026

Iran : la population face à la guerre

 Iran : la population face à la guerre

Le 6 juin, en Iran, des raids israéliens ont visé Téhéran, Tabriz, Ispahan, et des installations pétrolières à Mahshahr, où des ouvriers s’étaient mobilisés en mai contre des licenciements.

Publié le 10/06/2026

Ces bombardements ont fait replonger la population iranienne dans la terreur de la guerre après deux mois d’accalmie suite à la trêve du 8 avril. Celle-ci, très précaire, n’avait pas effacé les graves conséquences des bombardements du mois de mars. L’inflation, déjà élevée depuis plusieurs années, s’est envolée depuis la guerre. Elle atteint désormais plus de 50 % officiellement sur un an, et pire encore pour les produits alimentaires avec 130 %, et même 430 % pour l’huile, et 340 % pour les œufs.

Le chômage et la pauvreté augmentent donc aussi. Les salaires sont souvent suspendus dans les entreprises industrielles endommagées, quand les ouvriers ne sont pas tout simplement licenciés. Dans le complexe industriel de Mobarakeh, seuls les employés administratifs ont pu reprendre le travail, soit 1 900 salariés sur 27 000.

La guerre de mars aura des conséquences durables. La destruction des installations pétrolières et des dépôts de carburant avait déclenché une « pluie de pétrole » pendant plusieurs jours. Selon des professionnels de santé, cette pollution massive aura des implications sanitaires à long terme sur le système respiratoire de nombreux habitants.

Dans ces conditions, moins de six mois après les massacres de manifestants de janvier, le régime réussit à mobiliser contre Israël une partie de la population, y compris dans la fraction qui lui est hostile. Des brigades de femmes, pas toutes voilées, s’affichent en armes, prêtes à faire face à une éventuelle invasion terrestre. La mobilisation de la jeunesse rencontre aussi un certain succès : alors qu’en 2023, même dans les écoles élémentaires, des adolescentes déchiraient le portrait du guide suprême de leur manuel et lançaient des projectiles sur les représentants des autorités, aujourd’hui des jeunes s’engagent dans les milices du régime avec leurs parents.

En même temps, la répression contre les opposants s’intensifie, marquée par des arrestations, des tortures, des exécutions par pendaison des manifestants arrêtés en janvier ou lors du mouvement Femmes, vie, liberté. Près de 700 condamnés ont été exécutés depuis le début de l’année. Depuis la reconnexion d’internet, les images de la violence de la répression de début janvier font désormais le tour du monde.

Cette répression n’empêche pas la contestation de s’exprimer. Dans les universités, la mobilisation contre un changement du mode d’admission qui favorise les plus riches touche de nombreuses villes. Des slogans s’attaquent au pouvoir et appellent à ne pas reculer devant la répression : « N’ayons pas peur ! plutôt la mort que l’humiliation, nous avons entendu des promesses et pas vu de résultats ». Les obsèques de manifestants exécutés ou assassinés par le régime donnent parfois lieu à des rassemblements monstres, comme par exemple celles des frères Veisi, le 30 mai, des militants kurdes, tués deux jours auparavant dans un raid des gardiens de la révolution.

Des luttes ont toujours lieu, et notamment des grèves contre des licenciements. Des travailleurs du pétrole appellent à s’organiser pour obtenir de meilleures conditions d’existence. Ils dénoncent sur les réseaux sociaux les conséquences de la guerre sur leurs conditions de travail et « la minorité répressive qui détient le pouvoir et la richesse, qui cherche à se venger des grévistes du secteur pétrolier ». La mobilisation et l’organisation de ces travailleurs montrent que la classe ouvrière continue à représenter une force face à ce régime dictatorial à qui la guerre israélo- américaine a donné un répit.

                                                   Élise Patach (Lutte ouvrière n°3019)

vendredi 29 mai 2026

États-Unis-Iran : gros bâton et poker menteur

 États-Unis-Iran : gros bâton et poker menteur

Le 26 mai, alors qu’il avait annoncé deux jours plus tôt qu’un accord de paix était « en cours de finalisation », Trump faisait bombarder des sites militaires dans le sud du pays.

Publié le 27/05/2026

 

Trump et les dirigeants américains se sont lancés dans une aventure dont ils cherchent à se sortir tout en présentant ce revers comme une victoire. Forts de leur puissance militaire quasiment sans limite, considérant qu’aucune parcelle de la planète ne doit échapper au contrôle de leurs groupes capitalistes, les dirigeants impérialistes pensent pouvoir soumettre n’importe quel régime par la seule puissance de leurs bombes. Mais quarante jours de bombardements et de destructions méthodiques des infrastructures et des sites industriels de l’Iran, suivis d’un semblant de trêve n’ont pas réussi à faire tomber le régime.

Depuis qu’il est revenu à la Maison Blanche, Trump met en œuvre une politique du gros bâton, prêt à utiliser tous les moyens pour soumettre les pays qui résistent aux États-Unis. S’il a pu imposer des droits de douane aux États qui n’avaient pas les moyens de prendre des mesures de rétorsion, s’il a pu kidnapper le président du Venezuela, s’il peut étrangler la petite île de Cuba, il n’a pas réussi à soumettre un pays de 90 millions d’habitants à grand renfort de bombes et de missiles. Pour y parvenir, quitte à y installer un chaos permanent comme son prédécesseur Georges Bush Junior l’a fait en Irak après 2003, il lui faudrait envoyer des centaines de milliers de soldats américains dans une offensive terrestre. Confrontés à une population américaine hostile à cette guerre et au coût extraordinaire qu’un tel débarquement impliquerait, Trump, et derrière lui l’appareil d’État américain, ne semble pas, en tout cas pour l’instant, prêt à s’y lancer. Alors, il pose des ultimatums et bluffle, tout en négociant en coulisse.

Selon les médias, les États-Unis semblent prêts à débloquer quelques dizaines de milliards de dollars iraniens gelés dans des banques au Qatar ou dans d’autres pays ; à lever tout ou partie des sanctions qui étranglent l’Iran et qui restreignent l’exportation de ses hydrocarbures, depuis que Trump a rompu, en 2018, l’accord sur le nucléaire qu’avait signé Obama. Aujourd’hui Trump fanfaronne en répétant qu’il veut obtenir un meilleur accord, mais son secrétaire d’État Rubio préfère affirmer que cette question du nucléaire « ne se réglera pas en 72 heures », justifiant ainsi qu’elle soit écartée du futur accord. Quant à la réouverture du détroit d’Ormuz, si les modalités d’un accord restent inconnues, elle est le sujet principal des négociations.

En même temps, pour ne pas sembler céder aux exigences iraniennes et pour déguiser un revers en victoire, Trump noie le poisson. Le 26 mai, en même temps qu’il bombardait, sommait les dirigeants des pays du Golfe de se joindre aux accords d’Abraham avec Israël. Discutés lors du premier mandat de Trump, ratifiés par quatre pays arabes, ces accords visaient à renforcer les relations entre ceux-ci et Israël. C’est aussi pour éviter que d’autres États arabes ne signent ce texte qui fait disparaître la question palestinienne, que le Hamas avait lancé son attaque contre Israël, le 7 octobre 2023. Les dirigeants saoudiens et qatari accepteront-ils de laisser la place de leader régional à ceux d’Israël ? Rien n’est moins sûr.

Malgré les conséquences dramatiques du blocage du détroit d’Ormuz, la partie de poker menteur entre dirigeants américains et iraniens peut encore durer. Comme la guerre, elle est payée par les classes populaires, en Iran comme dans tous les pays du monde.

                                                   Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°3017)

dimanche 17 mai 2026

Liban : pendant le cessez-le-feu, la guerre continue

 Liban : pendant le cessez-le-feu, la guerre continue

« Les détails de l’incident sont en cours d’examen ». C’est ainsi que les responsables de l’armée israélienne ont commenté récemment la mort de sept habitants du village de Saksakiyeh, dans le sud du Liban, sous leurs bombardements, alors que l’accord de cessez- le-feu israélo-libanais a été signé sous l’égide du « champion de la paix » américain le 17 avril.

Publié le 12/05/2026

 

Les autorités libanaises ont dénombré, à la date du 10 mai, 2 869 morts et 8 730 blessés depuis le début de cette phase de la guerre menée par les dirigeants israéliens dans la région. Il faut y ajouter les 19 soldats israéliens tués. Chaque bulletin d’information annonce de nouveaux morts, plusieurs dizaines le seul 10 mai, neuf autres le 11 mai. Le prétexte invoqué, lorsque les dirigeants israéliens s’en donnent la peine, est la riposte aux tirs du Hezbollah vers le nord d’Israël. Mais, de toute façon, ils se savent soutenus par Trump qui, au nom de l’impérialisme américain, cautionne dans le cadre du « cessez-le-feu » « le droit [des responsables israéliens] de prendre à tout moment toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours ».

De toute façon, qui peut croire qu’il ne s’agirait que de « ripostes » à un parti libanais, fût-il soutenu par l’Iran, quand des centaines de milliers d’habitants du Liban sont visés, et souvent victimes, non seulement au sud du pays, où le gouvernement israélien se construit une zone tampon de près de 10 km de large, mais aussi dans la banlieue sud de Beyrouth et dans certaines localités de la plaine de la Bekaa ?

En à peine plus de deux mois, près de 200 000 villageois ont été chassés de leur maison, 62 000 habitations ont été détruites ou très endommagées. Des écoles, des bibliothèques publiques, des universités, des lieux de culte chrétiens ou musulmans ont été détruits, systématiquement, dans cette « zone tampon » que l’état-major israélien transforme en terre brûlée. Des secouristes y sont ciblés, ainsi que des journalistes qui cherchent des témoignages. Des terres sont rendues incultivables, au point que la vie devient impossible… sauf pour une population qui refuse de plier, et qui, comme à Gaza, revient dans les ruines. Ce sont à présent 68 villages que les forces armées israéliennes contrôlent, sur la moitié de la surface située au sud du fleuve Litani.

Cette occupation évoque la préparation d’une annexion, voulue par l’extrême droite israélienne, et à laquelle le partenaire principal, l’impérialisme américain, semble ne pas voir d’inconvénient, indéfectiblement au côté de son allié de Tel-Aviv dans son œuvre de destruction.

                                                        Viviane Lafont (Lutte ouvrière n°3015)

 

Les prochaines permanences prévues à Argenteuil :

-Aujourd’hui dimanche 17 mai : de 10 h.15 à 10 h.55 devant l’Intermarché du centre ;

-et de 11 h. à midi au marché Héloïse.

vendredi 8 mai 2026

Golfe Persique : l’impérialisme français en action

 

La présence française… des multinationales bien d’ici

 


 

En collaboration avec la Grande-Bretagne, la France envoie une armada en mer rouge. Le porte-avions Charles-de-Gaulle, avec sa vingtaine de Rafale et son escorte de frégates militaires, a franchi le canal de Suez en direction du Golfe Persique.

Derrière les discours sur la sécurisation du détroit d’Ormuz, il s’agit pour la France d'avancer ses pions d'impérialisme de seconde zone afin de défendre les intérêts des entreprises capitalistes comme Total, CMA-CGM et les autres.

jeudi 7 mai 2026

Moyen-Orient : Trump, où est sa victoire ?

Moyen-Orient : Trump, où est sa victoire ?

Après cinq semaines de bombardements israélo-américains ayant entraîné des milliers de morts et des destructions massives, suivies de trois semaines de trêve et alors que la marine américaine bloque ses ports, l’Iran a proposé à ses agresseurs un plan de paix en quatorze points.

Publié le 05/05/2026


 

Ce projet demande le retrait des forces américaines des zones proches de l’Iran, la levée du blocus, la fin du gel des avoirs iraniens dans les banques occidentales, le paiement de réparations de guerre par les États-Unis, la levée des sanctions, une entente sur la navigation dans le détroit d’Ormuz, la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Il est notable que la question des stocks d’uranium enrichi qui pourraient permettre à l’Iran de se doter de l’arme atomique, prétexte le plus souvent utilisé par Trump et Netanyahou pour justifier leur guerre, ne figure même pas dans ce plan.

Ces propositions, dont la satisfaction, certes bien improbable, mettrait l’État et les possédants iraniens dans une meilleure position qu’avant le début du conflit, sont un véritable camouflet pour Trump et, derrière lui, pour les États-Unis. Cette guerre, qui a d’ores et déjà coûté des centaines de milliards de dollars au budget américain, et rapporté il est vrai une somme équivalente à leurs marchands d’armes, se solderait donc, au mieux pour Trump, par un retour piteux à la situation antérieure. Il reste bien sûr encore la possibilité que l’armée américaine reprenne ses bombardements. Elle a en effet les moyens de « ramener l’Iran à l’âge de pierre » comme le milliardaire mégalomane qui dirige les États-Unis a menacé de le faire. Mais, vu la situation intérieure à laquelle il fait face, en a-t-il les moyens politiques ?

Lundi 4 mai, Trump parlait d’envoyer sa marine convoyer les navires neutres ou amis dans le Golfe. Cela signifierait en fait reprendre la guerre, sur mer cette fois-ci. Mais personne ne sait, pas même le président américain lui-même, si cela sera suivi d’effet ou s’il passera à un autre discours disant exactement le contraire, empêtré qu’il est dans une guerre qu’il a pourtant voulue.

Le fait de voir la première puissance impérialiste tenue en échec, au moins pour l’instant, d’entendre son dirigeant mentir en parlant chaque jour d’une victoire qui n’existe pas est toutefois une satisfaction des plus minces. On ne peut pas oublier les morts, les destructions, la situation terrible du peuple iranien et des populations libanaise et palestinienne, ni la crise économique mondiale que la guerre accélère. On ne peut pas oublier non plus que la dictature des mollahs que Trump prétendait abattre est aujourd’hui renforcée. Et, surtout, on ne peut oublier que, aussi fou soit-il, Trump incarne la politique de terreur nécessaire à un impérialisme qui, avec ou sans lui, est déterminé à imposer sa domination.

                                                    Paul Galois (Lutte ouvrière n°3014)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-jeudi 7 mai : distribution du tract de la fête à partir de 6 h.45 à la gare d’Argenteuil ;

-vendredi 8 mai, de 15 à 17 heures au marché du Val Nord,

-et de 17 h.15 à 18 h.15 au « carrefour Babou » ;

-samedi 9 mai, de 10 h.30 à 12 h. centre commercial cité Joliot-Curie ;

-de 11h. à midi marché de la Colonie ;

-dimanche 10 mai : de 10 h.15 à midi 15 au marché Héloïse ;