Affichage des articles dont le libellé est Guerre en Iran. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Guerre en Iran. Afficher tous les articles

lundi 14 septembre 2026

Yémen : onze ans de guerre

Yémen : onze ans de guerre

La guerre entre l’Arabie saoudite et les Houthis alliés de l’Iran, qui avait pris fin en 2022, a repris. Le Yémen est de nouveau sous les bombes.

Publié le 09/09/2026

L’Arabie saoudite, au bout de huit années de guerre, avait échoué à vaincre les Houthis, parvenus au pouvoir à la faveur du Printemps arabe en 2011, en opposition au gouvernement qu’elle et ses alliés impérialistes soutenaient. Depuis, les Houthis n’ont cessé de les défier. Au début de la guerre menée par Netanyahou contre Gaza, ils ont mené des attaques contre les navires israéliens et américains en mer Rouge pour affirmer leur soutien aux Palestiniens, perturbant le commerce international qui utilise ce passage. Soutenus et armés, au moins en partie, par le régime iranien, ils gênent d’autant plus les dirigeants américains et leur allié saoudien dans le contexte de la guerre contre l’Iran.

Fin juillet, le « cessez-le-feu » a donc de fait volé en éclats après les bombardements de l’armée saoudienne sur le Yémen, entraînant la réaction des Houthis. Ceux-ci ont menacé le sud de l’Arabie saoudite et envoyé des drones et des missiles contre des sites du géant pétrolier Aramco. Depuis, le conflit s’est encore intensifié. Début septembre, le régime saoudien a de nouveau bombardé le Yémen à plusieurs reprises, touchant par exemple la prison d’al-Hazm, située dans la province de Jawf frontalière de l’Arabie saoudite, et faisant onze morts. Le régime de Mohamed Ben Salman tente également de s’appuyer sur des milices qui le soutiennent. Du matériel militaire a ainsi été acheminé le 7 septembre depuis l’Arabie saoudite vers le camp militaire d’Al-Wadiah, dans la province de l’Hadramaout, située au sud du Yémen. Il s’agit de tenter d’empêcher les Houthis de contrôler les zones bordant le détroit de Bab-el-Mandeb, qui ferme la mer Rouge et ainsi relie l’Europe à l’Asie via le canal de Suez. Le passage par ce détroit inquiète au moins autant les pétroliers que celui par le détroit d’Ormuz, de l’autre côté de la péninsule arabique. On l’a vu avec la réaction des marchés pétroliers, le prix du baril de brent s’étant rapproché à nouveau de la barre des 100 dollars.

L’intensification du conflit au Yémen aggrave encore la situation du peuple yéménite, pourtant déjà catastrophique depuis la précédente guerre. Il y aurait de nouveau des milliers de déplacés, au moins 20 000 selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) qui ajoute que les « familles déplacées ont un besoin urgent d’aide financière, d’abris d’urgence, d’articles ménagers essentiels et de nourriture ».

C’est une catastrophe de plus qui s’abat sur le peuple yéménite, qui paie lui aussi le prix de la domination impérialiste sur le Moyen-Orient.

                                                        Aline Retesse (Lutte ouvrière n°3032)

 

Cours du pétrole : le règne de la spéculation

 

Pétrodollars couverts de sang

 

 

Au Yémen, les rebelles houthistes, alliés du régime iranien, se sont emparés du port de Moka sur la Mer Rouge et des îles proches. Ils font ainsi un pas vers le contrôle du détroit de Bab Al-Mandab et du trafic maritime qui passe par le canal de Suez.

         Aussitôt, les cours du pétrole ont bondi et ont franchi les 106 dollars sans qu’un seul tanker ait été obligé de rebrousser chemin. Mais plus le chaos et la guerre s’amplifient, plus la spéculation bat son plein et les coffres des compagnies pétrolières se remplissent.

dimanche 6 septembre 2026

Iran : la population sous les bombes et les restrictions

 Iran : la population sous les bombes et les restrictions

Depuis la nuit du 30 août, les États-Unis ont repris leurs bombardements sur l’Iran. Malgré les accords signés le 17 juin et les discours de Trump qui dit vouloir sortir de l’impasse, la guerre n’a pas vraiment cessé.

Publié le 02/09/2026

 

Les États-Unis, qui ont échoué à faire plier militairement le régime iranien, ne veulent pas pour autant céder à ses exigences en lui laissant contrôler le trafic dans le détroit d’Ormuz. Mi-août, Trump a annoncé le lancement de sanctions contre l’Iran. Comme les relations bancaires et commerciales avec les États-Unis sont déjà rompues depuis plusieurs années, il s’en est pris aux partenaires commerciaux du pays. Cela vise notamment la banque Melli, qui a quelques agences en Europe, mais aussi les pays qui commercent avec l’Iran, comme les Émirats arabes unis, qui ont annoncé obtempérer le 18 août. La Chine est aussi visée mais, Trump n’ayant pas les moyens de lui tordre le bras, le gouvernement chinois a dénoncé ces « sanctions illégales ».

Une fois de plus, la population iranienne paie le prix fort de ces tentatives d’asphyxie économique, en particulier sa fraction la plus pauvre, à la fois par les pénuries et l’envolée des prix. On a ainsi pu voir cet été des files d’attente interminables aux stations-service pour obtenir du carburant rationné (un comble dans un pays pétrolier !), tandis que les détenteurs de voitures de luxe pouvaient s’approvisionner facilement à des prix inaccessibles au monde du travail. Les prix des produits alimentaires battent des records. L’huile a ainsi augmenté de plus de 300 % en un an, et la monnaie iranienne, le toman, s’échange désormais à 200 000 pour un dollar.

La population subit aussi la répression du régime. Celui-ci a réussi à souder derrière lui une partie de ceux qui avaient manifesté en janvier mais qui, depuis, subissent les bombardements et les destructions infligés par les États-Unis et Israël. Alors que bien des femmes circulaient sans voile dans les rues depuis la révolte « femme-vie-liberté » de 2022, des femmes non voilées ont été de nouveau agressées ou arrêtées dans certaines villes ou quartiers de Téhéran.

La contestation n’a pas disparu pour autant. Les rassemblements contre les exécutions de manifestants se sont renouvelés comme à Sanandaj mi-août. Une grève de la faim des prisonniers a conduit les dirigeants à promettre une suspension temporaire des exécutions cet été. Des grèves ont éclaté dans des hôpitaux pour les salaires, les conditions de travail et les effectifs, à Téhéran et à Nichapour par exemple. D’autres grèves ont lieu contre les retards de salaire et les licenciements, en particulier dans la sous-traitance pétrolière à Ahvaz. À Mahchahr dans le Khouzestan, les ouvriers de la TJPC (Takhte Jamshid Petrochemical Complex) ont manifesté avec leurs familles contre les licenciements alors qu’ils avaient déjà mené des grèves en décembre 2025 et en juillet 2026.

Des travailleurs conscients affirment ainsi leurs revendications, affrontent la répression tout en dénonçant les frappes impérialistes qui prétendaient les libérer.

                                                           Élise Patach (Lutte ouvrière n°3031)

lundi 17 août 2026

Moyen-Orient : Trump dans l’impasse, les peuples trinquent

 Moyen-Orient : Trump dans l’impasse, les peuples trinquent

Après avoir soutenu sans réserve la politique criminelle de Netanyahou à Gaza, puis au Liban, après avoir déclenché, à ses côtés, une guerre contre l’Iran en promettant, fanfaron, la chute de la république islamique, Trump n’en finit pas de manger son chapeau.

Publié le 12/08/2026

 

Malgré l’accord signé le 17 juin entre l’Iran et les États-Unis, le détroit d’Ormuz n’est toujours pas rouvert. Le 5 août, les dirigeants iraniens annonçaient que les discussions étaient avancées avec le sultanat d’Oman, sans que les États-Unis en soient partie prenante, prévoyant que les deux pays se partagent le contrôle du trafic dans le détroit. Le 11 août, l’Iran posait six conditions aux États-Unis pour sa réouverture. Parmi celles-ci, la levée du blocus naval, le retrait de toutes les forces américaines déployées à proximité de l’Iran, la fin des agressions contre le Liban, la Palestine, l’Irak et les Houthis du Yémen ainsi que l’indemnisation intégrale par les États- Unis des dommages causés en Iran par les deux guerres successives.

D’un côté Trump ne peut pas accepter ces exigences iraniennes qui consacreraient un échec de l’impérialisme américain. De l’autre, il n’a pas les moyens politiques, à quelques mois des élections de mi- mandat, de déclencher une guerre totale contre l’Iran pour prendre par la force le contrôle du détroit. C’est pourquoi Trump tergiverse et répond par de nouveaux ultimatums. Ainsi, il demande à son tour à l’Iran « des compensations pour tous les gens qu’il a tués et blessés ». Pendant ces joutes verbales, des millions d’habitants de la région subissent les privations quand ce ne sont pas les bombes régulièrement lancées par l’armée américaine sur les ports iraniens.

Autre revers américain, l’Arabie saoudite a signé, le 7 août à la Mecque, un accord de défense avec le Pakistan et la Turquie, deux autres puissances régionales. Même si ces trois pays sont des alliés des États-Unis, cet accord signé sans le parrainage de Trump, marque la volonté de leurs dirigeants de ne pas dépendre entièrement des États-Unis pour leur défense.

Trump a embarqué malgré elles les riches monarchies du Golfe dans sa guerre contre l’Iran dont elles font les frais, en raison du blocage du détroit et du fort ralentissement du tourisme et des affaires.

Le 9 août, Netanyahou a déclaré qu’il « n’effectuera aucun retrait de Gaza tant que le Hamas ne sera pas désarmé », alors que le Hamas avait annoncé qu’il acceptait de rendre ses armes et de céder la gestion des ruines de Gaza à une autorité technique contrôlée par les États-Unis. Ce refus a été perçu comme une gifle au parrain américain, même si en pleine campagne pour les élections israéliennes, pour lesquelles Netanyahou veut séduire les sionistes les plus ultras, elle ne fait que mettre des mots sur une réalité : Israël, qui multiplie les interventions en Cisjordanie, n’a aucune intention de se retirer de Gaza. Tout le monde le sait, à commencer par les dirigeants américains, mais Netanyahou ne cherche même pas à ménager les apparences.

Ces revers successifs ne signifient ni que la domination américaine sur le Moyen-Orient est vraiment menacée, ni que les dirigeants israéliens imposent leur volonté à Trump. Ils montrent qu’il ne suffit pas à la première puissance impérialiste mondiale de noyer les peuples sous des déluges de bombes pour les soumettre. Ils montrent que le seul avenir que le prétendu « chef du monde libre » et les dirigeants des « démocraties » occidentales ont à offrir aux peuples du monde est une guerre sans fin.

                                                        Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°2028)

dimanche 2 août 2026

Total...ment profiteur de guerre

 

La preuve par l’importance des profits

 

 


Le groupe pétrolier français TotalEnergies vient de publier ses résultats pour le second trimestre de l’année : 5,25 milliards d’euros de bénéfices ! Des profits en spectaculaire hausse de 47 % sur un an, grâce à l’explosion des prix à la pompe. 

Les coffres-forts de Total se remplissent au fur et à mesure que les poches des automobilistes, qui doivent se serrer la ceinture pour aller au travail, se vident. Et ce n’est pas son 95 à 1,99 euro qui nous fera oublier que le prix du litre de ce carburant a augmenté de 40 centimes depuis le début de la guerre.

La guerre en Iran n’est vraiment pas une catastrophe pour tout le monde.