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dimanche 16 février 2025

Argenteuil, drogue, armes, violence, ce genre de contrôles bien loin de la solution du problème

C’est cette solution qui nous préoccupe et est aussi au cœur de notre combat

Un contrôle des élèves a eu lieu avant-hier vendredi, dernier jour à la veille des vacances, à l’entrée de mon ancien établissement, le lycée Georges Braque d’Argenteuil. Il était organisé sous l’égide de la préfecture du Val d’Oise. On peut noter dans le résumé ci-dessous de cette dernière que son résultat a été extrêmement limité, ce qui est très réconfortant pour la santé et l’état d’esprit de l’énorme majorité des élèves originaires pour l’essentiel des quartiers populaires d’Argenteuil.

         La réflexion sur la drogue et la violence n’a jamais été sérieusement menée avec les jeunes durant les douze années où j’ai enseigné dans ce lycée. Les échos que je reçois toujours de mon ancien lycée confirment que sur ce plan rien n’a guère changé. Quant au soutien qui pourrait être celui des services médicaux scolaires, les moyens de ces derniers sont toujours extrêmement limités.

         Je souscris au contenu du communiqué rédigé en octobre dernier par le syndicat départemental de la FSU rédigé à la suite de tels contrôles dans deux établissements au recrutement également très populaire du département.

         Il paraît que des contrôles identiques auraient aussi été menés dans des établissements privés au recrutement social bien différent. Mais, à ce que je sache, en revanche, aucune publicité n’en a été faite. DM

 

Post de la préfecture du Val d’Oise

 


 

samedi 1 février 2025

Narcotrafic : la vaine agitation de Retailleau

 Narcotrafic : la vaine agitation de Retailleau

Publié le 29/01/2025

La proposition de loi présentée au Sénat le 28janvier par le sénateur Les Républicains Étienne Blanc et le sénateur socialiste Jérôme Durain, prétendant combattre le narcotrafic, est venue appuyer la démagogie gouvernementale.

 « Les drogues les plus dures sont disponibles partout. […] Il faut se réarmer car c’est une menace existentielle pour notre pays », a déclaré le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau. Et d’annoncer la création d’un « état-major contre la criminalité organisée qui va comprendre tous nos services de renseignements comme on l’a fait pour le terrorisme ». Le ministre de la Justice Darmanin a renchéri : « Je n’ai pas à attendre la loi du Parlement pour renforcer les moyens contre le narcotrafic. Je vais quasiment doubler le nombre de magistrats dans les prochains mois qui luttent contre lui. » Ces discours ne coûtent rien. Les Darmanin, Retailleau prennent une posture pour tenter de gagner des voix, certainement pas pour résoudre les problèmes auxquels sont confrontées les classes populaires.

Ceux-ci sont bien réels : la peur de voir ses enfants devenir dealers ou consommateurs de drogue, ou les deux, l’existence de points de vente tenus par des dealers qui contrôlent véritablement les entrées et sorties des cités, sans parler des règlements de comptes et du danger des balles perdues. Ajouté aux conséquences de la crise, au chômage, à la détérioration de tous les services publics, santé, écoles, transports, tout cela rend la vie plus difficile dans les quartiers pauvres. Et les problèmes ne font que s’aggraver au fil des années.

Mais si la consommation de drogue ne cesse de se développer, ce n’est pas dû à une perte de valeurs morales, à la prétendue violence d’une partie de la jeunesse qu’il suffirait de mettre derrière les barreaux, comme aiment à le répéter les perroquets réactionnaires. Dans cette société qui repose sur la violence de l’exploitation et l’individualisme, la drogue peut apparaître comme la seule manière de tenir. Mais si ce commerce se développe, c’est aussi et surtout parce qu’il est, et depuis bien longtemps, un des plus lucratifs du monde. Ce commerce fait partie du marché capitaliste mondialisé, tout comme un autre. Les dealers qui tiennent les murs des cités ne sont que les petites mains d’un trafic contrôlé à un bien plus haut niveau par de puissantes mafias. Le blanchiment d’argent que les Retailleau et autres prétendent sans rire combattre, est opéré à grande échelle au travers de circuits financiers mondiaux. Autant dire que les gouvernements non seulement ne veulent pas vraiment s’y attaquer, mais qu’ils sont largement impuissants face aux hommes d’affaires, financiers et autres qui prospèrent grâce à la drogue.

Le développement du commerce de la drogue et ses conséquences mesurent la dégradation d’une société où seul l’argent compte. Les moulinets de Retailleau et Darmanin n’y changeront rien.

                                                          Aline Retesse (Lutte ouvrière n°2948)

mardi 17 décembre 2024

Crise des opiacés aux États-Unis : McKinsey conseiller en empoisonnement

 

800 000 décès par overdoses depuis 1999

 

 

Le cabinet de conseil McKinsey a payé 650 millions de dollars pour échapper à des poursuites concernant son rôle dans la crise des opiacés aux États-Unis. Le cabinet admet avoir « conspiré pour encourager à donner une mauvaise communication » sur des médicaments anti-douleurs, tels que l'oxycontine commercialisé par le laboratoire Purdue pharma.

         Ces médicaments ont entraîné une véritable épidémie d'addiction aux opiacés, détruisant des millions de vies et provoquant plus de 800 000 décès par overdoses depuis 1999. Dans le même temps Purdue pharma a gagné des dizaines de milliards de dollars. Ces grands capitalistes qui ruinent la société pour assurer leurs profits sont des parasites à détruire.

lundi 11 novembre 2024

Retailleau : le narco-démagogue

 Retailleau : le narco-démagogue

Publié le 06/11/2024

Jeudi 31 octobre, à Poitiers lors de la soirée d’Halloween, un adolescent de 15 ans a été tué par des coups de feu tirés dans un kebab et quatre autres jeunes ont été blessés. Ce meurtre semble avoir été commis par trois individus liés au trafic de drogue.

 

L’enquête indique qu’il n’y a pas eu de rixe entre bandes, qu’il n’y avait qu’une cinquantaine de jeunes sur place et que le jeune assassiné n’avait aucun problème de délinquance. Il avait dit à sa mère vouloir s’acheter un sandwich et s’est retrouvé au mauvais endroit, au mauvais moment.

Mais la version du ministère de l’Intérieur n’a rien à voir avec les faits. Loin de s’émouvoir de cette mort dramatique, le ministre l’a utilisée pour sa propre propagande. Il a diffusé dans les médias une version évoquant une rixe entre bandes impliquant entre 400 et 600 personnes, équipées de « toutes sortes d’armes. » Et Retailleau de fustiger les « narcoracailles », parlant d’un « point de bascule » dans le trafic de drogue, avec un risque de « mexicanisation » du pays.

Mensonges, récupération scandaleuse et amplifications lui servent à emballer ses inutiles discours. Car il n’a aucune solution à offrir face aux problèmes bien réels de la drogue et des violences qui ravagent bien des quartiers et endeuillent des familles. Comme tous les gouvernements précédents, il ne sait que promettre de nouvelles lois répressives, alors que les anciennes n’ont rien changé. Désormais Retailleau montre aussi du doigt les consommateurs, les accusant d’avoir du sang sur les mains et menace de sévir encore plus contre les dealers des quartiers.

Mais tout cela n’est que la partie émergée de l’iceberg, la partie visible d’un trafic international dont les vrais responsables, les vrais criminels ne portent pas casquette ni jogging mais des costumes d’hommes d’affaires. Le commerce de la drogue est l’un des plus lucratifs du monde. Il n’existe qu’avec la complicité de bien des banques qui blanchissent l’argent, de bien des gouvernements, de bien des dirigeants haut placés dans la police ou la justice. Mais ce n’est jamais dans cette direction que le doigt accusateur de Retailleau et de ses semblables est pointé. Car dans cette direction ils ne savent que s’incliner.

                                         Charles Legoda (Lutte ouvrière n°

mercredi 16 octobre 2024

Caterpillar : Les dépistages anti-drogue, nouvelle arme patronale

Caterpillar : Les dépistages anti-drogue, nouvelle arme patronale

Publié le 09/10/2024

À Grenoble et Échirolles, dans l’Isère, 2 000 travailleurs, sous- traitants compris, fabriquent des engins de chantier du leader mondial du secteur, Caterpillar.

Depuis la reprise fin août, la direction utilise désormais systématiquement les tests salivaires de dépistage de drogue pour s’en prendre aux salariés. Elle a ainsi licencié trois ouvriers en cinq semaines. Ces tests sont pourtant peu fiables, car ils peuvent détecter des substances consommées plusieurs jours auparavant et s’avérer « faux positifs. »

Le premier ouvrier venait d’avoir un accident. Avoir recours au test, c’est une manière pour Caterpillar de reporter la responsabilité sur l’ouvrier lui-même pour ne pas avoir à payer les sommes dues à la Sécurité sociale en cas d’accident du travail. Cela s’ajoute à une pression déjà forte pour dissuader les ouvriers de déclarer ces accidents.

Les deux autres ont été licenciés pour faute grave, alors même qu’ils avaient apporté la preuve de résultats négatifs à la suite d’une contre-expertise médicale. Mais la direction tient à faire des exemples, pour faire peur aux travailleurs, alors qu’une intensification des cadences est en cours et pourrait susciter des contestations.

Face aux derniers licenciements, 80 travailleurs de l’usine d’Échirolles ont signé en deux jours une pétition pour protester contre ces méthodes. Dans les ateliers, personne n’est dupe : la sécurité n’est qu’un prétexte, alors que la direction met les travailleurs en danger tous les jours, que les accidents du travail ne sont pas rares du fait du sous-effectif permanent et de la course à la production.

Alors, oui, la drogue est un fléau, mais ce n’est certainement pas par souci de la santé des ouvriers que les patrons s’en préoccupent. Pour eux, il s’agit d’un outil de répression de plus, et de rien d’autre.

                                                  Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2932)