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vendredi 30 janvier 2026

Algérie : une grève des transports populaire

Algérie : une grève des transports populaire

Au nom de la lutte contre le « terrorisme routier », le Parlement algérien a adopté un nouveau code de la route, dont le premier effet a été de déclencher la colère des camionneurs.

Publié le 28/01/2026

La grève, démarrée le 1erjanvier dans les régions de l’est, s’est étendue à tout le pays, ainsi qu’aux chauffeurs de bus, de taxis et de VTC. Ce nouveau code de la route, plus répressif, est en effet la seule réponse du gouvernement pour réduire les accidents routiers qui, en 2025, ont provoqué 3 571 morts et près de 35 000 blessés. Les chauffeurs encourent des amendes allant jusqu’à 30 000 dinars, soit un mois de salaire, et des peines jusqu’à quinze ans de prison. Ils sont excédés d’être rendus seuls responsables de la situation, alors que les patrons des entreprises de travaux publics, qui détournent de l’argent alloué à la construction et à l’entretien des routes, eux, ne sont jamais inquiétés. Le travail est bâclé et l’état catastrophique du réseau routier est à l’origine de nombreux accidents.

Un propriétaire de bus, un chauffeur et un receveur sont en prison, étant impliqués dans l’accident qui, en août, avait fait dix-huit morts et une vingtaine de blessés. C’était, en fait, le résultat du manque d’entretien des véhicules, notamment à cause de la pénurie de pièces détachées. Saïd Sayoud, ministre des Transports au moment des faits, est toujours en poste et s’est dédouané de toute responsabilité. C’est pourtant le gouvernement qui, en limitant les importations, a engendré cette pénurie.

Malgré les difficultés de circulation et la menace d’une rupture d’approvisionnement des produits de consommation, le mouvement des chauffeurs a suscité une immense sympathie parmi les classes populaires. Il est apparu comme un sursaut de dignité face à un pouvoir qui les muselle et n’a que mépris à leur égard.

Après avoir temporisé, le gouvernement a accusé les grévistes de déstabiliser le pays pour le compte d’États hostiles à l’Algérie, tout en menaçant des propriétaires de bus de fermer leur ligne. Mais, le 8janvier, face à une contestation qui risquait de s’élargir aux commerçants, le ministre des Transports a reçu une délégation de camionneurs et a annoncé l’importation de milliers de bus ainsi que la réduction du montant des amendes. Des chauffeurs grévistes et des influenceurs solidaires du mouvement ont été arrêtés, mais il reste que ce mouvement a ouvert une brèche dans la chape de plomb que le régime tente d’imposer.

                                                      Leïla Wahda (Lutte ouvrière n°3000)

 

lundi 26 janvier 2026

Histoire des deux rives : La disparition de Mohamed Harbi

 Mohammed Harbi : une figure de la lutte du peuple algérien

Mohammed Harbi, historien et militant ayant participé à la lutte du peuple algérien pour son émancipation, est décédé le 1er janvier.

Publié le 21/01/2026

Né en 1933, issu d’une famille de notables du Constantinois, il avait découvert les idées marxistes grâce à un professeur de son lycée. Marqué comme tous ceux de sa génération par les massacres du 8 mai 1945, il avait rejoint alors les rangs du MTLD, le mouvement nationaliste de Messali Hadj. Étudiant à Paris, Mohamed Harbi devint dirigeant de la fédération française du FLN, de 1954 à 1958, et côtoya des militants trotskystes. Par la suite, il devint un cadre du Gouvernement provisoire de la République algérienne et participa aux premières négociations des accords d’Évian.

Témoin de la guerre fratricide qui opposa le FLN au MNA de Messali Hadj, Mohammed Harbi vécut de l’intérieur les luttes de pouvoir qui firent d’Ahmed Ben Bella le premier président du nouvel État indépendant. Il devint son conseiller chargé d’encadrer le mouvement d’autogestion né dans les domaines agricoles laissés par les colons, une tâche qu’il accomplit assisté du militant trotskyste Michel Raptis, alias Pablo. Malheureusement cela entretenait aussi l’illusion que l’Algérie empruntait la voie du socialisme, alors qu’au même moment Ben Bella éliminait ses rivaux et mettait au pas le syndicat Union générale des travailleurs algériens, sous influence de militants communistes.

En 1965, après le coup d’État militaire de Boumédiène, Mohammed Harbi, critique de cette évolution, passa dans l’opposition au régime. Il fonda avec des militants du Parti communiste algérien et des militants de la gauche du FLN, l’Organisation de la résistance populaire. Aussitôt arrêté, il passa les sept années suivantes en prison puis en résidence surveillée, avant de réussir à s’évader et s’exiler en France.

Ses ouvrages, Aux origines du FLN, écrit en prison, et Le FLN, mirage et réalité, publié en 1981, alors interdits en Algérie, furent une révélation pour toute une génération d’Algériens, abreuvée d’un récit officiel mythifiant le rôle joué par le FLN durant la guerre d’indépendance. Son œuvre continue à nourrir la réflexion de ceux qui en Algérie veulent comprendre ce passé et comment changer l’avenir.

                                                      Leïla Wahda (Lutte ouvrière n°2999)

dimanche 2 novembre 2025

Accord franco-algérien de 1968 : la droite à l’unisson du RN

Le grand cirque, parlementaire, et de la démagogie

 


Une partie de la droite a voté à l’Assemblée nationale une motion du RN consistant à mettre fin à l’accord de 1968 avec l’Algérie. Cet accord assouplit très légèrement pour les ressortissants algériens, Français jusqu’en 1962, les conditions de séjour sur le territoire français, par rapport à ceux d’autres pays.

         Cela fait longtemps que le RN et la droite font de la démagogie anti-arabe autour de cet accord ; ainsi qu’une partie des ministres de Macron comme Retailleau hier et Lecornu aujourd’hui.

         La gauche se lamente d’une victoire parlementaire « historique » du RN. Elle accuse les députés macronistes, qu’elle a contribué à élire en 2024 pour contrer le RN, et en particulier Attal, d’avoir sécher la séance et laissé le RN l’emporter d’une voix. Elle oublie de dire que des dizaines de députés de gauche manquaient aussi à l’appel. Car en réalité tous savent que rien ne se décide dans cette arène de cirque qu’est l’Assemblée.

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-Aujourd’hui dimanche 2 novembre, de 10 h.25 à 10 h.55 devant Intermarché du Centre,

Et de 11 h. à midi au marché Héloïse ;

-lundi 3 novembre, centre commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.

 

samedi 4 octobre 2025

Argenteuil, les Ateliers d’histoire : le succès jeudi de l’entretien sur le livre « La première guerre d’Algérie » avec son auteur, Alain RUSCIO (éditions La découverte)

 

Pas de convictions sans connaissances et débat

 


 
 

 

L’auditorium exigu de la MJC d’Argenteuil rue des Gobelins affichait complet. 75 personnes ont assisté jeudi soir à l’entretien organisé par l’association Sous les couvertures en partenariat avec la MJC.

         Cette Première guerre d’Algérie, celle de la phase initiale de la conquête de l’Algérie par l’armée française, opérée de 1830 à 1847, fut l’étape majeure de ce que l’on peut appeler la longue Guerre d’Algérie de 1830 à 1962 qui s’acheva par l’Indépendance.

         Le sujet de l’entretien mené avec Alain RUSCIO est d’importance pour comprendre le monde d’aujourd’hui. Il l’est particulièrement pour la population française et de nombreux habitants d’Argenteuil qui demeurent des femmes et des hommes des « 2 rives ».

         100 000 militaires français morts durant ces 17 années de guerre initiale. 500 000 parmi la population algérienne, soldats mais surtout civils, pour une population de 4 millions d’habitants. Les horreurs de la guerre coloniale. Un terrain majeur de la construction de l’armée française coloniale qui allait intervenir de sinistre mémoire dans ce qui allait devenir ou était devenu l’Empire colonial de la France. La personnalité d’Abdelkader dont le rôle émergea à côté d’autres acteurs de la résistance algérienne. La spoliation foncière dont fut victime la population des campagnes. La difficile installation d’un colonat « européen ». La mise en place d’une juxtaposition, sociale et spatiale, de deux peuples séparés, qui allait perdurer 132 ans… Autant de sujets qui ont été abordés durant l’entretien.

         Cette « Première guerre d’Algérie – Une histoire de conquête et de résistance 1830-1852 » est un gros livre, à lire in extenso ou en y piochant après lecture du sommaire. À commander à Argenteuil au Presse papier en particulier. DM 

Ces Ateliers d’histoire ne sont pas une initiative de Lutte ouvrière. Ils expriment certes mon goût personnel pour l’histoire, mais surtout, ma conviction partagée par l’association pluraliste Sous les couvertures, qu’il ne peut y avoir de convictions sans connaissances et débat. DM 

Prochain Atelier : le jeudi 20 novembre à 19 h.30 : Entretien avec Élise LANGUIN : « Robert Coulouma, un grand imprimeur d’Argenteuil, la question du patrimoine »