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dimanche 9 août 2026

Ceuta et Melilla, héritages de la colonisation

 Ceuta et Melilla, héritages de la colonisation

Les enclaves de Ceuta et Melilla sont des confettis de ce qui fut l’Empire espagnol.

Publié le 05/08/2026

Ceuta, qui était alors un des ports importants du monde arabo- musulman, fut conquise par le Portugal en 1415, dans le cadre de la Reconquista, l’offensive chrétienne qui mit fin aux royaumes musulmans de la péninsule ibérique. Ceuta fit ensuite partie de l’Union ibérique entre 1580 et 1640, avant de demeurer espagnole lors de la dissolution de cette union entre le Portugal et l’Espagne. Melilla, elle, fut conquise par la couronne de Castille en 1497, cinq ans après que le dernier royaume musulman eut été vaincu à Grenade.

Même si l’Empire d’Espagne s’est effondré au dix- neuvième siècle, le pays a tenu à garder les deux territoires. Ils étaient en effet stratégiques, pour protéger le commerce maritime du royaume, en particulier Ceuta située à l’entrée de la Méditerranée, à une quinzaine de kilomètres seulement de l’Espagne.

De 1912 à 1956, le Maroc fut un protectorat franco-espagnol, euphémisme utilisé pour désigner ce qui était une domination coloniale partagée. Ceuta et Melilla étaient alors les bases administratives et militaires à partir desquelles l’Espagne exerçait son contrôle sur une partie du Maroc, au nord et au sud- ouest. Entre 1921 et 1927, la France et l’Espagne alliées menèrent la guerre du Rif qui fut une guerre coloniale féroce pour la conquête de la zone au nord du Maroc, non loin des deux villes.

C’est à Ceuta que commença en 1936 la rébellion militaire de Franco à l’origine de la guerre civile espagnole.

Quand le Maroc devint indépendant en 1956, l’Espagne garda les deux enclaves, ainsi que des territoires proches de la côte marocaine, les rochers Vélez de la Gomera et Al Hoceima, les îles Chafarinas, l’îlot de Perejil. Au Maroc, qui revendique la souveraineté sur ces différents territoires, l’Espagne a toujours opposé une fin de non-recevoir, y compris sous des gouvernements dits de gauche. Quand près de 60 000 jeunes migrants marocains sont entrés à Ceuta avant d’être refoulés sans ménagement, Pedro Sanchez a dénoncé vendredi 31 juillet « une violation de l’intégrité territoriale de l’Espagne ». Le temps des colonies n’est pas fini.

                                                       Michel Bondelet (Lutte ouvrière n°3027)

jeudi 6 novembre 2025

Soudan : l'horreur dans les oubliettes de l'impérialisme

Horreurs et imbroglios cumulés

 

 

Au Soudan, la prise de la capitale du Darfour du Nord, El-Fasher, par des milices islamistes a provoqué massacres, viols et déplacements de populations. Les habitants essayent de fuir les exactions des islamistes ou de l’armée régulière, et cherchent à rejoindre des camps de réfugiés dans lesquels la famine se répand.

         Le Soudan est ravagé depuis des décennies par des guerres pour le pétrole et les terres cultivables. Les bandes armées sont soutenues par des puissances régionales, elles-mêmes alliées des pays impérialistes, qui essaient de tirer leur épingle de ce jeu de massacres, perpétuant ainsi la longue liste d’atrocités héritées de la colonisation.

 

samedi 4 octobre 2025

Argenteuil, les Ateliers d’histoire : le succès jeudi de l’entretien sur le livre « La première guerre d’Algérie » avec son auteur, Alain RUSCIO (éditions La découverte)

 

Pas de convictions sans connaissances et débat

 


 
 

 

L’auditorium exigu de la MJC d’Argenteuil rue des Gobelins affichait complet. 75 personnes ont assisté jeudi soir à l’entretien organisé par l’association Sous les couvertures en partenariat avec la MJC.

         Cette Première guerre d’Algérie, celle de la phase initiale de la conquête de l’Algérie par l’armée française, opérée de 1830 à 1847, fut l’étape majeure de ce que l’on peut appeler la longue Guerre d’Algérie de 1830 à 1962 qui s’acheva par l’Indépendance.

         Le sujet de l’entretien mené avec Alain RUSCIO est d’importance pour comprendre le monde d’aujourd’hui. Il l’est particulièrement pour la population française et de nombreux habitants d’Argenteuil qui demeurent des femmes et des hommes des « 2 rives ».

         100 000 militaires français morts durant ces 17 années de guerre initiale. 500 000 parmi la population algérienne, soldats mais surtout civils, pour une population de 4 millions d’habitants. Les horreurs de la guerre coloniale. Un terrain majeur de la construction de l’armée française coloniale qui allait intervenir de sinistre mémoire dans ce qui allait devenir ou était devenu l’Empire colonial de la France. La personnalité d’Abdelkader dont le rôle émergea à côté d’autres acteurs de la résistance algérienne. La spoliation foncière dont fut victime la population des campagnes. La difficile installation d’un colonat « européen ». La mise en place d’une juxtaposition, sociale et spatiale, de deux peuples séparés, qui allait perdurer 132 ans… Autant de sujets qui ont été abordés durant l’entretien.

         Cette « Première guerre d’Algérie – Une histoire de conquête et de résistance 1830-1852 » est un gros livre, à lire in extenso ou en y piochant après lecture du sommaire. À commander à Argenteuil au Presse papier en particulier. DM 

Ces Ateliers d’histoire ne sont pas une initiative de Lutte ouvrière. Ils expriment certes mon goût personnel pour l’histoire, mais surtout, ma conviction partagée par l’association pluraliste Sous les couvertures, qu’il ne peut y avoir de convictions sans connaissances et débat. DM 

Prochain Atelier : le jeudi 20 novembre à 19 h.30 : Entretien avec Élise LANGUIN : « Robert Coulouma, un grand imprimeur d’Argenteuil, la question du patrimoine »

lundi 21 avril 2025

Dette d’Haïti : Macron ne reconnaît pas grand-chose

 

La « force injuste » de l’histoire de l’exploitation bourgeoise

 

 

A l’occasion du bicentenaire de la rançon extorquée à Haïti pour s’être émancipée de la France, Macron a reconnu que le pays « avait été confronté dès sa constitution, à la force injuste de l’histoire ». Mais cette reconnaissance pourtant bien symbolique ne va pas très loin : Macron promet seulement la création d’une commission mixte pour réfléchir à « l’impact de l’indemnité de 1825 », autant dire pour enterrer la question pour encore au moins 100 ans.

Quant à d’éventuelles réparations, il n’en est pas du tout question. Rien d’étonnant de la part de ce représentant d’une bourgeoisie qui tire sa fortune du pillage d’une grande partie de la planète. Renverser cette classe d’exploiteurs, ce sera la seule façon de lui faire payer tous les crimes commis à Haïti et dans bien d’autres pays.