Les discussions sur une
éventuelle intégration de l’Ukraine à l’Union européenne ont été relancées
depuis le début de la guerre avec la Russie. Cela peut durer longtemps car la
Serbie, la Bosnie et le Kosovo, issus de l’éclatement de la Yougoslavie,
attendent depuis près de 30 ans de pouvoir entrer dans l’Europe.
À gauche, le PCF et LFI, et le RN
à l’extrême droite s’y opposent farouchement en agitant une prétendue menace
sur les emplois et les salaires des travailleurs en France. C’est un mensonge !
Pour les travailleurs, aussi bien ceux d’Ukraine que ceux des autres pays
européens, cette adhésion ne changerait rien, car l’Ukraine est déjà largement
intégrée au marché capitaliste. Les plus grands groupes industriels, comme
ArcelorMittal, Nestlé et bien d’autres, n’ont pas attendu pour mettre la main
sur des pans entiers de l’économie ukrainienne et pour les intégrer de fait
dans le marché européen.
En réalité, les conditions de vie
des travailleurs sont en permanence attaqués par la rapacité des capitalistes
au nom de la nécessité de faire face à la concurrence étrangère en étant plus
compétitif.
Face aux démagogues nationalistes,
il faut affirmer que, pour les travailleurs, les frontières nationales ne sont
que des obstacles, qu’elles ne les protègent ni de l’exploitation ni de la
pauvreté, et que leur disparation serait un progrès. Si les travailleurs
d’Ukraine veulent rejoindre l’Union européenne, et s’ils peuvent y gagner de
pouvoir se déplacer plus facilement, tant mieux ! Mais ce n’est même pas
certain, car dans cette Europe organisée en fonction des intérêts des grands
trusts de l’industrie et de la finance, la liberté de circulation n’existe
réellement que pour les marchandises et les capitaux.