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lundi 6 juillet 2026

Nouvelle-Calédonie : l’extrême droite colonialiste renforcée

Nouvelle-Calédonie : l’extrême droite colonialiste renforcée

Le 28 juin, avec deux ans de retard, se sont déroulées les élections provinciales de Nouvelle-Calédonie.

Publié le 01/07/2026

 


Initialement prévues en 2024, les élections avaient été annulées après que la jeunesse kanake et océanienne eut embrasé l’archipel pour protester contre l’élargissement du corps électoral, décidé à Paris.

Celui-ci favorisait encore une fois la droite anti- indépendantiste, rendant les Kanaks toujours plus minoritaires dans leur propre pays. Les élections provinciales consistent à élire tous les cinq ans au scrutin proportionnel trois assemblées, une pour la province Sud, traditionnellement dominée par la droite anti- indépendantiste liée à la bourgeoisie française et caldoche, une pour la province Nord et une pour les îles Loyauté, très largement dominées par les partis kanaks. Ces assemblées désignent à la proportionnelle les élus qui constituent le Congrès, qui lui-même détermine le gouvernement de l’archipel. Le nouveau Congrès, comme le précédent, est sans majorité, la droite anti-indépendantiste ayant 24 élus, les partis kanaks 26 et l’Éveil océanien, un parti qui veut représenter la communauté océanienne, quatre.

Le fait marquant est l’abstention de l’électorat kanak. C’est un reflet de la crise qui pèse sur les plus pauvres, les Kanaks et les Océaniens, qui ont été mis par milliers au chômage après les évènements de 2024 et qui n’ont toujours pas retrouvé de travail. Quant à ceux qui se sont déplacés, ils ont tenu à désavouer dans les trois provinces l’UNI-Palika, qui s’est désolidarisée de la jeunesse insurgée en 2024 et qui a approuvé l’accord de Bougival qui entendait verrouiller l’appartenance de la Nouvelle-Calédonie à la France. Au Congrès, l’UNI-Palika passe de douze élus à sept, tandis que l’UC-FLNKS, le parti de Christian Tein, qui a fait des mois de prison en France, passe de treize à dix-neuf. Ceux qui ont voté UC-FLNKS ont voulu revendiquer fièrement la mobilisation de la jeunesse en 2024.

Mais le fait qui pèsera dans les mois à venir est la radicalisation vers l’extrême droite de l’électorat caldoche et immigré en provenance de France. La liste dite loyaliste emmenée par Sonia Backes, la présidente sortante de la province Sud, celle qui appelait à faire de sa province un régime d’apartheid contre les Kanaks et soutenait les milices armées caldoches, y a ainsi fait 41 300 voix, 50 % des votants, contre 38 % en 2019. Et cela sans compter 3 200 voix se réclamant de courants ouvertement d’extrême droite. La droite dure et l’extrême droite ont ainsi bénéficié de l’effondrement du parti dit du centre, qui appelait au compromis avec les Kanaks, ainsi que de la réforme du corps électoral décidée par Lecornu en mai dernier et qui leur a amené 6 400 électeurs de plus.

En Nouvelle-Calédonie, l’impérialisme français est prêt à tout pour se maintenir en place, y compris à s’appuyer sur les politiciens les plus nationalistes et racistes.

                                            Serge Benham (Lutte ouvrière n°3022)

 

dimanche 14 juin 2026

Nouvelle-Calédonie : des indépendantistes incarcérés pour rien

Nouvelle-Calédonie : des indépendantistes incarcérés pour rien

Deux ans après leur incarcération pour participation au mouvement indépendantiste de mai 2024, quatorze militants du FLNKS, dont Christian Tein son président, viennent de voir abandonnées par les juges d’instruction toutes les charges retenues contre eux.

Publié le 10/06/2026

Ces militants avaient activement participé aux grandes manifestations de 2024 dans lesquelles les Kanaks s’opposaient à l’élargissement du corps électoral local, une mesure au détriment du FNLKS, réclamée par les politiciens colonialistes de Nouvelle- Calédonie et par le gouvernement de Gabriel Attal et d’Emmanuel Macron à Paris. Ils s’étaient regroupés dans une Cellule de coordination des actions de terrain, liée au FLNKS, avant que la jeunesse kanak et océanienne laisse exploser sa colère lors de nombreux barrages en mai 2024.

Les autorités françaises qui, par leur politique, avaient mis de l’huile sur le feu, avaient décidé de rendre ces militants responsables des destructions et de la mort de douze Kanaks, d’un Caldoche et de deux gendarmes. Ils avaient été rapidement arrêtés en juin 2024 et déportés dans diverses prisons de métropole, isolés à 17 000 kilomètres de chez eux.

Peu importaient les invraisemblances de l’accusation et les outrances de leurs adversaires, comme l’ex-secrétaire d’État de Macron, Sonia Backès, qui accusait Christian Tein d’être le « chef des terroristes ». Il s’agissait de faire croire que les manifestations de mai 2024 résultaient d’un complot et que, sans ces dirigeants, la population kanak et océanienne se serait résignée bien tranquillement à être minoritaire dans ses propres îles. C’est ainsi que quatorze militants ont été détenus pendant un an, puis empêchés de rentrer en Nouvelle- Calédonie pendant six mois supplémentaires, mis à l’écart de leur combat indépendantiste jusqu’en décembre 2025. Dans leur cas, la présomption d’innocence avait pris de longues vacances.

L’épreuve judiciaire pour démontrer leur innocence n’est pas terminée, puisque le parquet de Paris, agissant forcément sur ordre du ministère, a fait appel dans le but de relancer les poursuites abandonnées par les juges d’instruction. La justice coloniale est donc loin d’être morte.

                                                        Lucien Détroit (Lutte ouvrière n°3019)

 

mardi 19 mai 2026

Nouvelle-Calédonie : mépris colonial persistant

La volonté de l’impérialisme français de garder ses positions

  


Le gouvernement veut faire adopter en urgence la réforme du corps électoral en Nouvelle-Calédonie avant les élections provinciales du 28 juin. Son but est de rendre les Kanaks minoritaires dans le corps électoral pour aider les partis non-indépendantistes de l’archipel à assurer leur domination sur les institutions locales.

         Ce projet avait déclenché la colère de la population en 2024. Mais le gouvernement passe en force : l’impérialisme français tient à ses possessions dans le Pacifique et se moque bien de la volonté des peuples.