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jeudi 27 février 2025

Allemagne : la montée de l’extrême droite

 Allemagne : la montée de l’extrême droite

 

Avec 28,6 % des voix, le bloc CDU-CSU, dirigé par le très droitier millionnaire Friedrich Merz, arrive en tête des élections en Allemagne. Il conduira donc la prochaine coalition gouvernementale, même si ce résultat, en deçà de 30 %, est presque le plus mauvais de son histoire.

Publié le 26/02/2025

Le résultat est surtout une sanction infligée par les électeurs à la coalition SPD-Verts-libéraux, qui en trois ans de recul des conditions de vie, ont réussi à se faire largement détester. Le SPD, dirigé par l’ancien chancelier Olaf Scholz, s’est ainsi effondré à 16,4 %, le score le plus bas de son histoire.

Le plus marquant dans ce scrutin est la forte montée de l’extrême droite : l’AfD prend la deuxième place à l’échelle nationale. Surtout, elle passe à 20,8 % et en trois ans seulement, elle double son score. La participation électorale ayant été très forte (+ 6 %), l’AfD fait même plus que doubler en nombre d’électeurs, puisque c’est sur ses candidats que beaucoup de nouveaux suffrages se sont portés.

Dans un contexte où l’AfD ne cesse de se droitiser, ne reculant plus devant les clins d’œil au nazisme, sa montée a de quoi inquiéter. Elle est encore plus forte à l’Est, dans l’ancienne RDA, qu’à l’Ouest. Elle y totalise autour de 30 %, et à l’exception de quelques villes dont Berlin, elle arrive en tête dans la quasi-totalité des circonscriptions.

Parmi les raisons de sa progression, on trouve la rage contre la politique des sociaux-démocrates et des Verts au gouvernement, rendus responsables de la forte dégradation économique depuis trois ans et le début de la guerre en Ukraine. À l’automne 2024, les annonces de licenciements massifs se sont multipliées chez les géants de l’automobile, de la chimie et de la sidérurgie, suivies par des cascades de fermetures d’entreprises et de suppressions d’emplois chez les sous-traitants. La pauvreté s’étend de façon visible, et l’inquiétude monte.

Pendant la campagne électorale, tous les partis gouvernementaux se sont lancés dans une surenchère contre les migrants. Il s’agissait à la fois de s’aligner sur l’AfD pour tenter de lui ôter des voix, et d’une opération de diversion par rapport à toutes les difficultés quotidiennes de la population travailleuse. Tandis qu’une série d’attentats venait plomber encore plus l’ambiance, ils n’ont pas hésité à y aller de leurs amalgames entre criminalité et immigration. Et puis, c’est l’administration Trump qui s’en est mêlée, apportant un appui marqué à la cheffe de l’AfD, Alice Weidel, le vice-président J.D. Vance et Elon Musk ayant renouvelé leurs appels à voter AfD.

Cependant, de l’autre côté du spectre politique, le parti de la gauche dite radicale, Die Linke, a fortement progressé, passant de moins de 5 % des voix à 8,8 % cette fois. C’est d’autant plus marquant que d’aucuns voyaient Die Linke comme moribonde suite à la scission, en 2024, d’une fraction partie avec Sahra Wagenknecht pour former le BSW, parti de gauche anti-migrants reprochant à Die Linke une forme d’angélisme vis- à-vis des migrants, qui prétend que l’immigration « dessert les travailleurs allemands ». BSW, totalisant 4,97 % des voix, rate d’un cheveu l’entrée au Parlement. Les près de 9 % de Die Linke signifient que plusieurs millions d’électeurs, et environ 25 % parmi la jeunesse, ont choisi de dire non à la politique d’austérité des grands partis, non à la militarisation et non à la chasse aux migrants.

Le 31 janvier, le futur chancelier Merz avait essayé de faire passer une loi visant à restreindre l’immigration et le regroupement familial, en s’appuyant pour cela sur les députés de l’AfD. Cela a provoqué un tollé au Parlement, où sa loi a été rejetée, mais surtout d’immenses manifestations dans tout le pays, des centaines de milliers de gens défilant contre le danger d’extrême droite et s’en prenant aussi à l’apprenti sorcier Merz.

Certes des manifestations ne suffiront pas à inverser la situation, pas même à faire reculer l’extrême droite, comme d’ailleurs cette élection le montre. Pour que la situation du monde du travail cesse de se dégrader, il sera nécessaire de s’en prendre au patronat sur son terrain, l’économie, donc de renouer avec les grèves et les mobilisations de l’ensemble des travailleurs.

                                                                 Alice Morgen (Lutte ouvrière n°2952)

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Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

Aujourd’hui jeudi 27 février, de 16 h.45 à 17 h.30, entrée de la mairie ;

Vendredi 28 février, de 15 h.45 à 16 h.30, marché du Val-nord ;

-et de 17 h.15 à 18 h.15 au « carrefour Babou » ;

Samedi 1er mars : de 10 heures 30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

-de 10 h. à 10 h.30 au marché des Coteaux ;

-de 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

-et de 11 h.15 à midi devant Auchan au Val-Sud ;

Dimanche 2 mars, de 11 h. à midi, au marché Héloïse ;

Lundi 3 mars, de 18 à 19 heures, centre cl des Raguenets à Saint-Gratien.

mercredi 26 février 2025

Allemagne : droite et extrême droite en hausse

 

Le signe d’une profonde désorientation

 

 

L’AfD, parti d’extrême droite allemand, a réalisé plus de 20 % des voix aux élections législatives, arrivant en deuxième position, et en première dans la partie de l’ex-RDA. Le parti conservateur, la CDU-CSU, arrivé premier avec près de 30 % va former le futur gouvernement et a promis-juré de ne pas s’allier à l’AfD. Pourtant il y a deux semaines, la CDU a voté un texte contre l’immigration conjointement avec ce parti dont elle a repris les thèmes durant toute la campagne.

La politique anti-ouvrière du chancelier social-démocrate ces quatre dernières années est en grande partie le terreau sur lequel ont poussé les partis les plus réactionnaires.

lundi 17 février 2025

Porsche : la saignée continue

Autant de production, mais par moins de travailleurs

 

Usine Porsche de Zuffenhausen, près de Stuttgart

Porsche, filiale du groupe Volkswagen, annonce vouloir supprimer 1900 emplois d’ici à 2029 dans ses usines allemandes, alors que le groupe a déjà mis fin à 1500 CDD en 2024 et s’apprête à ne pas en renouveler 500 cette année.

         Un porte-parole patronal a déclaré : « Porsche est toujours dans une situation relativement bonne » mais qu’il restait « des défis à relever ». Avec le décodeur, on comprend que, dans un marché rétréci, la production de ces voitures de luxe reste profitable pour les actionnaires… à condition de faire produire les voitures par moins de travailleurs exploités plus durement.

 

samedi 1 février 2025

Allemagne : à l’extrême droite toute

 

La lutte de classe, la seule voie pour combattre ces idées de division

 

 

Le 22 janvier, le chef de file des conservateurs a fait adopter au Parlement allemand une motion sur l’immigration grâce aux voix de l’extrême droite. C’est la fin officielle du « cordon sanitaire », alliance de fait de la gauche avec la droite censée mettre à l’écart du jeu politique le parti xénophobe AFD, que certains manifestants regrettent.

         En réalité, en Allemagne, comme en France, les idées de l’extrême droite influent déjà sur le pouvoir. À la faveur de la crise qui s’aggrave, des politiciens de tous bords tentent de détourner la colère des classes populaires vers des boucs émissaires.

         Ce n’est pas au Parlement de la bourgeoisie que cette politique peut être combattue par les travailleurs conscients mais dans les entreprises par la lutte de classe contre le patronat.