Sommet de l’OTAN : le
bœuf et les grenouilles
L’OTAN est cette alliance militaire des pays
d’Europe de l’Ouest sous commandement américain qui visait, en 1949, à préparer
la guerre contre l’Union soviétique.
Publié le 25/06/2025
L’URSS disparue, l’OTAN a servi de véhicule à la
reconquête ou à la retombée des pays de l’ex-glacis soviétique dans le giron
occidental, c’est-à-dire sous la domination du capital américain et, dans une
moindre mesure, allemand, français, britannique, etc.
Devant cette poussée allant jusqu’à l’installation
de bases militaires aux frontières russes, Poutine a contre-attaqué en
envahissant l’Ukraine, suscitant une mobilisation accrue de l’OTAN et trois ans
de guerre fratricide et sans issue. Après quoi, Trump, redevenu président,
négocie désormais avec Poutine un partage des dépouilles et des minerais
ukrainiens. Le chancelier allemand, le président français et le Premier
ministre britannique, fournisseurs d’armes et de discours guerriers antirusses,
sont priés de s’aligner derrière le chef à l’occasion de la conférence de
l’OTAN, et de manger leur chapeau, avec ou sans sauce hollandaise.
Mark Rutte, le secrétaire général de l’OTAN,
relaie l’exigence américaine de porter les dépenses militaires de chaque pays
membre à 5 % du PIB, soit des centaines de milliards d’euros supplémentaires.
Le fait que ces dépenses délirantes ne peuvent se faire qu’en étranglant les
populations n’entre pas en ligne de compte, pas plus aux États-Unis
qu’ailleurs. L’OTAN, comme l’état-major américain, insiste sur
l’interopérabilité des armes : les matériels et les soldats des différents pays
doivent pouvoir agir ensemble. Et quoi de mieux pour cela que d’acheter en
chœur du matériel américain, d’être formés et encadrés par des spécialistes
américains ? Les marchands de mort européens, Dassault, Rheinmetall, Leonardo
et quelques autres, ainsi que leurs visiteurs de commerce, Macron, Merz et
Meloni, protestent faiblement et, surtout, loin des oreilles du chef et des
sommets de l’OTAN. Quoi qu’il en soit, Lockheed-Martin ou Dassault, les budgets
militaires ont déjà augmenté et augmenteront encore.
Tous ces chefs d’État plient le genou devant les
voltefaces de Trump, en Ukraine, puis au Moyen-Orient, consentent aux massacres
et aux mensonges éhontés de son homme-lige Netanyahou, approuvent la prétention
de l’impérialisme de tout régler à coups de canon, quoi qu’ils aient dit avant.
C’est ainsi qu’un Macron peut se réveiller tardivement en parlant de la
nécessité de reconnaître un État palestinien, puis se coucher en approuvant les
bombardements israéliens sur l’Iran. Que va-t-il avaler à La Haye ? Le
secrétaire général Rutte en donne une idée, disant que le Moyen-Orient est en
dehors des compétences de l’OTAN tout en soutenant les bombardements
israélo-américains, qui, d’après lui, ressortent de la légitime défense.
L’impérialisme le plus puissant dicte sa loi aux
autres. Cela a commencé il y a un siècle et s’est institutionnalisé, après la
Deuxième Guerre mondiale, entre autres avec l’OTAN. Cela ne dépend pas de la
personnalité du président américain du moment, mais des rapports de force
financiers, industriels et militaires. Simplement, les foucades d’un Trump et
son cynisme à toute épreuve donnent une piteuse image des grands chefs du «
monde libre » que prétendent être Macron, Merz ou Starmer.
Si cela ne se passait pas dans une ambiance
générale de marche à la guerre, on pourrait presque en sourire.
Paul Galois (Lutte ouvrière n°2969)