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mercredi 5 mars 2025

États-Unis, Europe, et l’Ukraine : ils veulent leur nonosse

 

Pitbull et chihuahuas

 

 

Les chefs d’État européens réunis à Londres ont agité le drapeau de la liberté du peuple ukrainien et des Européens. Derrière les grands principes, Lecornu, le ministre des Armées français, a révélé la vérité : le gouvernement français négocie avec Kiev pour avoir lui aussi sa part des terres rares.

         Les pays impérialistes européens se battent pour accéder à la gamelle, mais face au pitbull Trump, ce sont des chihuahuas qui ne font guère le poids. Dans cette empoignade, les travailleurs n’ont aucun camp à défendre.

lundi 3 mars 2025

Partage des richesses de l’Ukraine entre capitalistes américains et oligarques russes : Une riche proie à dépecer

 Une riche proie à dépecer

En exigeant que l’Ukraine cède aux États-Unis un droit exclusif sur les ressources et les infrastructures du pays, pour un montant de 500 milliards de dollars, Trump a formulé crûment ce qui était un des enjeux de la guerre : le partage des richesses de l’Ukraine entre capitalistes américains et oligarques russes.

Publié le 26/02/2025

En 2023 : « Rénovons et construisons Kharkiv ». La deuxième ville du pays n’a cessé d’être bombardé

Ces richesses sont multiples. Il y a les centaines de milliers d’hectares de terres agricoles très fertiles, les « terres noires », qui faisaient de l’Ukraine, avant 2022, le quatrième pays exportateur agricole au monde. La guerre a accéléré la prise de contrôle de ces terres par une poignée d’agro-holdings, dirigés par des oligarques ukrainiens mais contrôlés par des capitaux occidentaux, américains comme Goldman Sachs ou européens comme la BNP. La guerre a permis à Zelensky de faire voter une loi autorisant des sociétés à capitaux étrangers d’acquérir ces terres, ce que la loi héritée de la période soviétique interdisait et que les dirigeants ukrainiens successifs, depuis l’éclatement de l’Union soviétique, n’avaient jamais réussi à imposer avant 2024.

Le sous-sol ukrainien regorge de minerais indispensables aux filières industrielles contemporaines, les télécommunications ou les batteries électriques, comme le titane, le lithium ou encore certains métaux appelés « terres rares », particulièrement convoités. L’Ukraine possède de l’uranium, indispensable aux centrales nucléaires. L’enjeu des négociations en cours, avec un revolver tenu par Trump sur la tempe ukrainienne, ce sont les conditions financières et juridiques dans lesquelles des capitalistes américains vont pouvoir exploiter, et peut-être posséder, les mines et les usines pour extraire, traiter ou raffiner ces minerais. Et les négociations avancent : le 25 février, la vice- Première ministre ukrainienne affirmait que « les équipes ukrainienne et américaine sont en phase finale des négociations concernant l’accord sur les minéraux », sans en donner la teneur.

Le contrôle de l’économie ukrainienne prend de multiples autres formes. Ainsi la société américaine Westinghouse a déjà mis la main sur le secteur nucléaire, pilier de la production électrique en Ukraine. De son côté, le Crédit agricole Ukraine, qui appartient au même groupe que la banque française LCL, est devenu copropriétaire du principal fournisseur de télécommunications fixes et du troisième opérateur de téléphonie mobile du pays. En 2024, elle a été élue meilleure banque du pays pour les prêts automobiles. Et elle n’est pas le plus puissant des prédateurs occidentaux à avoir jeté son dévolu sur l’économie ukrainienne. Outre les banques, d’autres capitalistes, à l’image du géant de la distribution Auchan, sont très présents en Ukraine… mais aussi en Russie.

En négociant en tête-à-tête avec Poutine, Trump et son équipe font d’une pierre deux coups. Ils écartent de la mangeoire ukrainienne les capitalistes des pays européens, ou ne leur laissent que les morceaux de second choix. Et ils se placent aux premières loges pour reprendre leurs affaires en Russie, entravées par la guerre mais qui n’ont jamais cessé. En déclarant le 23 février : « Nous sommes prêts à attirer des partenaires étrangers dans les territoires historiques qui ont été restitués à la Russie, (…) nous sommes prêts à travailler avec nos partenaires, y compris américains, dans les nouvelles régions », Poutine a été explicite.

Après trois ans de guerre, des centaines de milliers de morts russes et ukrainiens, un fossé de haine creusé entre deux peuples frères, les bureaucrates, les oligarques et les capitalistes se pressent autour de la riche proie ukrainienne.

                                                      Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°2952)

dimanche 2 mars 2025

Trump-Zelensky : l’impérialisme sans fard

Populations en Russie et en Ukraine uniquement bonnes à servir de chair à canon

 

 

Vendredi 28 février, dans le bureau ovale de la Maison blanche, Trump a fait la leçon à Zelensky, jugé insuffisamment « reconnaissant ». Selon Trump et Vance, son vice-président, le président ukrainien aurait dû remercier l’impérialisme américain de mettre la main sur les ressources minières d’Ukraine.

         S’agissait-il d’un « grand moment de télévision », comme Trump l’a dit fier de lui-même, selon un scénario préparé à l’avance ? Ou bien des tensions habituelles des tractations impérialistes, qui se tiennent d’ordinaire à l’écart des caméras ?

         Une chose est sûre, les populations concernées, en Russie et en Ukraine, n’auront de toute façon pas leur mot à dire. Elles ne sont bonnes qu’à servir de chair à canon : « on croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels », écrivait Anatole France en 1922 à la une de L’Humanité, journal communiste à l’époque. C’est toujours vrai.

 

 

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Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

Aujourd’hui dimanche 2 mars, de 11 h. à midi, au marché Héloïse ;

Lundi 3 mars, de 18 à 19 heures, centre cl des Raguenets à Saint-Gratien.

 

mardi 24 septembre 2024

Ukraine-Russie : Avant des négociations, l’hécatombe continue

 

Ukraine-Russie : Avant des négociations, l’hécatombe continue

Publié le 18/09/2024

Zelensky, le chef de l’État ukrainien, va rencontrer le président Biden lors de l’assemblée générale de l’ONU à New York, fin septembre. Il a claironné qu’il attend de lui et de ses alliés de l’OTAN qu’ils lui livrent des missiles longue portée pour aller frapper en Russie même, loin de la ligne de front.

 

 

Poutine a aussitôt fait savoir qu’un feu vert occidental en ce sens serait une entrée en guerre de l’OTAN contre la Russie, qui y répliquerait en conséquence. Il n’a pas précisé comment, mais nombre de commentateurs déclarent que, venant d’une puissance nucléaire, il ne faudrait pas négliger ses menaces.

En deux ans et demi de guerre, Moscou a plusieurs fois fixé au camp d’en face des « lignes rouges », que Kiev et l’OTAN ont fini par franchir. Il y a eu l’envoi en Ukraine de chars lourds, pourtant d’abord exclu ; puis celui d’avions F-16, eux aussi d’abord sous embargo ; plus récemment, alors que l’Occident disait refuser d’étendre le conflit en Russie, on a vu des drones d’attaque ukrainiens frapper de plus en plus souvent, et en profondeur, des objectifs civils, économiques et militaires russes, dont Moscou. Et depuis le 4 août, des brigades ukrainiennes ont pénétré en Russie et occupent une partie de la région de Koursk.

Dans cette escalade, la fourniture à Kiev d’armes occidentales de plus en plus puissantes et perfectionnées tient une place centrale. Face à cela, le Kremlin ne pouvait pas ne pas suivre. Outre qu’il a conclu des contrats de fourniture massive d’obus et de drones avec la Corée du Nord et l’Iran, il n’a cessé d’accroître le nombre de soldats engagés en Ukraine. Fin 2023, le demi-million était déjà bien dépassé, selon Poutine. Et pour la troisième fois, il vient d’ordonner qu’on augmente les effectifs de son armée. Ces 180 000 hommes supplémentaires remplaceront ceux qui sont tués et blessés chaque jour sur le terrain, même si Moscou, tout comme Kiev, tient secrètes les données chiffrées de ce bain de sang.

De façon similaire, Poutine et Zelensky ne cessent de limoger des hauts-gradés et des dirigeants, dont ces dernières semaines leurs ministres de la Défense respectifs. C’est qu’il leur faut faire croire à leur population, sommée de fournir de la chair à canon, que le pouvoir reconnaît ses souffrances. Et il leur faut aussi paraître sanctionner ceux qu’ils désignent comme responsables des échecs militaires, de la boucherie permanente pour quelques kilomètres pris à l’ennemi, mais aussi des bombardements meurtriers d’immeubles d’habitation, d’écoles, de centres commerciaux de part et d’autre de la frontière.

Quand il déclare que, pour les mois qu’il lui reste à passer à la Maison- Blanche, il va aider au maximum l’Ukraine à résister militairement, Biden promet que l’hécatombe va continuer et s’accroître. Mais pratiquement le même jour, le chancelier allemand, Olaf Scholz, qui recevait le président ukrainien sur une base militaire américaine en Allemagne, a semblé prendre le contre-pied de Biden. Il a déclaré que son pays, premier contributeur européen d’aide militaire à l’Ukraine, réduirait sa part de moitié, et il a appelé Zelensky à engager au plus vite des négociations de paix avec Moscou. Mais il a aussi confirmé l’envoi à l’Ukraine de douze canons automoteurs PzH-2000.

Il est difficile de démêler dans les dires de Biden ou de Scholz ce qui relève de postures de politique intérieure, du bluff diplomatique, du soutien à leurs industriels de l’armement ou de la volonté de mettre un terme à un conflit qui a fortement affecté l’économie allemande. Mais le conflit peut aussi être vu par des cercles dirigeants américains comme les détournant trop de leur ennemi principal, la Chine.

En fait, et bien qu’ils ne l’évoquent guère officiellement, les États-Unis et leurs alliés n’excluent pas de négocier un arrêt au moins provisoire de cette guerre avec la Russie. Après la « conférence de paix » de juin en Suisse, en l’absence d’une délégation russe, les dirigeants américains et européens ont insisté pour que la Russie participe à la prochaine. Ainsi, à l’assemblée générale de l’ONU où la question de la guerre sera discutée, Zelensky sera présent, mais aussi le ministre des Affaires étrangères de Poutine.

Cela ne signifie pas que les combats vont cesser ni ralentir bientôt. Au contraire : chaque camp veut avancer ses pions, dans le Donbass ou autour de Koursk, pour améliorer le rapport de force dans la perspective de négociations à venir. Cela peut prendre du temps et signifier une masse de destructions, de morts et d’estropiés civils et militaires de plus. Car les dirigeants des grandes puissances ne peuvent conclure une paix que comme ils font la guerre : avec la peau des peuples.

                                                             Pierre Laffitte (Lutte ouvrière n°2929)