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jeudi 18 septembre 2025

Arrêts maladie et congés : le patronat ne lâche rien

Arrêts maladie et congés : le patronat ne lâche rien

Mercredi 10septembre, la Cour de cassation a confirmé que si un salarié tombe malade pendant ses congés payés et qu’il notifie à l’employeur son arrêt maladie dans les délais, il a le droit de reporter ses congés.

Publié le 17/09/2025

 

Cet arrêt de la Cour ne fait qu’imposer au patronat français de se mettre en conformité avec une directive européenne de 2003, qui affirme que « l’objectif du congé payé est de permettre aux salariés non seulement de se reposer, mais aussi de profiter d’une période de détente et de loisirs », tandis que le congé maladie a pour but « de se rétablir d’un problème de santé ». Conclusion : « puisque la maladie l’empêche de se reposer, le salarié placé en arrêt pendant ses congés payés a droit à ce qu’ils soient reportés. »

Il n’y a là rien de plus clair, mais, depuis 2003, tous les gouvernements, qu’ils soient de droite ou de gauche, se sont évertués à ignorer cette directive. Le patronat aura ainsi gagné 22 ans aux dépens des salariés, mais la question qui se pose maintenant est celle des arriérés. Le patronat, qui est en campagne contre la décision de la Cour, sait qu’il aura l’oreille du gouvernement. Au nom de cette même directive de 2003, celui-ci avait dû transcrire dans la loi du 24avril 2024 le fait que les congés payés soient crédités y compris quand les salariés sont malades. Mais, au lieu dimposer aux entreprises de prendre en compte systématiquement les arrêts maladie passés, le gouvernement a imposé aux salariés de faire la demande avant la date limite du 24avril 2026 pour leurs arrêts maladie passés.

Dans sa campagne, le patronat est prêt à tous les mensonges et toutes les insultes. Le Medef fustige cette décision qui enverrait un signal « très négatif à l’heure où notre pays, confronté à la concurrence d’un monde ouvert, a besoin de travailler plus, et où l’on cherche à lutter contre les arrêts de travail abusifs ». Pour la CPME, le patronat des petites et moyennes entreprises, « il est parfaitement injuste qu’un salarié absent pendant une longue période bénéficie d’autant de congés qu’un salarié présent à son poste ». Le sens patronal de la justice, c’est que les travailleurs restent enchaînés à leur poste de travail le plus longtemps possible.

Le ministre de l’Industrie quant à lui s’est engagé à aider le patronat à limiter l’impact de la décision de la Cour de cassation. Il parle de « plafonner » la mesure ou de compenser celle-ci par de nouvelles exonérations de cotisations patronales.

Qu’il s’agisse du projet d’augmenter le nombre de jours de carence annoncé par Bayrou pour faire pression contre les arrêts maladie, ou de la menace contre les jours fériés, le patronat est à l’offensive pour que les salariés travaillent plus longtemps. Évidemment, c’est le moyen de tirer de leur travail encore plus de profit. Pour les salariés, la réduction du temps de travail reste un combat permanent.

                                                                Serge Benham (Lutte ouvrière n°2981)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-vendredi 19 septembre :

-de 16 h. à 16 h.30, marché du quartier du Val-Nord ;

-puis carrefour Babou, de 17h.15 à 18 h.15. ;

-samedi 20 septembre, de 10 h.15 à 10 h.55 devant Monoprix ;

--de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

-de 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

-de 11 h.15 à midi, devant Auchan au Val-Sud. (Sous réserve)

-dimanche 21 septembre, de 11 h. à midi au marché Héloïse ;

-lundi 22 septembre, centre commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.

 

lundi 8 septembre 2025

Cotisations patronales : toujours plus d’exonérations

Cotisations patronales : toujours plus d’exonérations

Le gouvernement actuel, bien que sur la sellette, planche sur un décret concernant les exonérations de cotisations patronales.

Publié le 03/09/2025

 


 

Celles-ci, selon ce projet de décret que détaille le journal Les Echos, représentent un manque à gagner de près de 80 milliards d’euros pour la Sécurité sociale.

Si l’État compense – jamais complètement, rappelons-le – ce sont en tout cas des cotisations que les patrons ne paient pas et font payer à la collectivité. Ces cotisations patronales sont du salaire différé, c’est-à-dire la part du salaire que les patrons sont censés verser aux caisses de la Sécurité sociale, au lieu de la verser directement aux travailleurs. Par conséquent, les baisser équivaut tout simplement à baisser les salaires.

D’après ce projet de décret, en 2026, les patrons devraient être davantage aidés pour les salaires compris entre 1,4 et 1,8 smic, mais aussi pour ceux compris entre 2,2 et 2,8 smic environ. Les 27 et 28 août durant la réunion de rentrée du Medef, pour répondre à l’impatience des patrons, le ministre de l’Économie, Éric Lombard, a qualifié les allègements de charges d’« extrêmement importants ». Ceux-ci souhaiteraient donc que ce décret soit publié le plus vite possible.

Le patronat sait cependant qu’il n’a rien à craindre d’un changement de gouvernement. Ces aides au patronat existent depuis plus de trente ans et elles n’ont cessé d’augmenter. Depuis, la propagande patronale relayée par les gouvernements successifs n’a pas changé : le problème serait ce que les patrons appellent le « coût du travail », et le baisser serait indispensable pour faire reculer le chômage. Or force est de constater que le chômage n’a pas reculé.

Le travail des ouvriers, techniciens, et autres, ne « coûte » pas, il est au contraire la source de toutes les richesses. Ce qui coûte à la société, c’est le parasitisme du grand patronat.

                                                  Aline Retesse (Lutte ouvrière n°2979)

 

jeudi 4 septembre 2025

Medef : le patronat dicte sa loi. Aux travailleurs d'avoir leur feuille de route à lui opposer.

 Medef : le patronat dicte sa loi

Les Rencontres des entrepreneurs de France se sont tenues les 27 et 28 août. Les représentants du grand patronat en ont profité pour dérouler à nouveau la liste de leurs exigences.

Publié le 03/09/2025


 

Patrick Martin, dirigeant du Medef, l’a dit devant les siens et répété dans la presse : selon lui, la situation des finances publiques est grave et le gouvernement a raison d’exiger que tout le monde prenne ses responsabilités et se serre la ceinture. Tout le monde, sauf les patrons bien entendu : Martin veut bien qu’on s’interroge sur le nombre élevé de dispositifs d’aides aux entreprises, 2 200 d’après la commission sénatoriale qui s’est penchée sur le sujet. Mais c’est pour insister sur le fait qu’il n’est pas question d’en supprimer un seul milliard, au contraire. Le Medef veut bien « simplifier les dispositifs » voire même en effacer, à condition qu’ils soient remplacés par « une baisse équivalente de la fiscalité ».

Le patron du Medef l’assure : « Charger encore notre barque au nom d’on ne sait quelle justice, ce serait une folie » et d’ailleurs, dans ce cas, « tout le patrimoine et les talents » – c’est ainsi que Martin appelle les millionnaires – fuiraient immédiatement le pays. Le même s’indigne que le plan Bayrou soit si mal accueilli et que « chacun pense que ce n’est pas à lui de payer » !

Le grand patronat sait parfaitement que la dette de l’État se creuse d’autant plus qu’elle lui profite. Il sait aussi qui faire payer pour maintenir et accroître ses profits. C’est d’ailleurs ce qu’exprime le rapport du Forum économique, un cercle de réflexion patronal lié au Medef, qui prétend « redresser le pays ». Alors que Bayrou parle d’économiser 44 milliards d’euros, le rapport propose que ce soit 230 milliards ! Pour économiser, il prétend tailler dans le vif et supprimer 1,5 million d’emplois dans la fonction publique. Quant à faire travailler plus, il faudrait rajouter chaque année des centaines d’heures de travail supplémentaires obligatoires.

Le patronat a donc d’ores et déjà sa feuille de route prête pour le successeur de Bayrou. Pour y survivre, les travailleurs doivent avoir la leur.

                                                     Nadia Cantale (Lutte ouvrière n°2979)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-vendredi 5 septembre : carrefour Babou, de 17h.15 à 18 h.15.

-samedi 6 septembre, de 11 heures à 11 h.45 au marché de la Colonie (sous réserve) ;

-de 10 h.15 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

-de 11 h.15 à midi, devant Auchan au Val-Sud.

-lundi 8 septembre, de 18 à 19 h., centre commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.

lundi 2 juin 2025

Bernard Arnault : le poids des milliards

 

Bernard Arnault : le poids des milliards

Bernard Arnault, PDG de LVMH, première fortune de France et une des plus grandes dans le monde, a été auditionné mercredi 21 mai par une commission sénatoriale, qui enquête sur les aides publiques versées aux grandes entreprises.

Publié le 27/05/2025 

 

Arnault a commencé par attaquer Fabien Gay, rapporteur communiste de la commission sénatoriale et directeur du journal L’Humanité. La une de ce quotidien titrait le jour de l’audition sur les suppressions d’emplois dans le luxe, dont 1 200 chez Moët Hennessy, la filiale Vins et spiritueux du groupe LVMH. Il a prétendu que le titre était mensonger, car ce ne serait pas des licenciements, mais des départs non remplacés. Comme si ce n’était pas pour autant des emplois en moins pour ceux qui en cherchent.

Mais pour Bernard Arnault, l’État n’a rien à dire sur les suppressions d’emplois, et il doit se contenter de remercier LVMH d’embaucher des dizaines de milliers de personnes en France, comme s’il leur faisait un cadeau. Il s’est aussi vanté d’être à la tête du groupe qui paye le plus d’impôts en France, 15 milliards en dix ans. Mais cela ne représente qu’une goutte d’eau pour ce groupe qui a fait 85 milliards de chiffre d’affaires et autour de 13 milliards de bénéfices en 2024, en exploitant ces dizaines de milliers de salariés.

Réagissant à la demande d’Emmanuel Macron aux chefs d’entreprises de faire preuve de patriotisme en suspendant leurs investissements aux États-Unis, Arnault a aussi déclaré : « Chaque fois que l’État se mêle des affaires privées, cela conduit à la catastrophe ».

Pour Bernard Arnault, les patrons investissent où ils veulent, embauchent ou licencient s’ils veulent, sans que l’État ait son mot à dire. En revanche, il trouve tout à fait normal que l’argent public revienne dans ses poches sous forme de subventions et aides diverses.

Une façon de rappeler aux sénateurs qui décide dans la société capitaliste… et qui obéit.

                                                         Hélène Comte (Lutte ouvrière n°2965)