Chez Constellium - Maine-et-Loire comme
partout
Lundi 15 décembre, près de
la moitié des ouvriers de l’usine Constellium de Montreuil-Juigné (près
d’Angers) ont fait grève pour une augmentation de salaire.
Les négociations annuelles
obligatoires sur la revalorisation des salaires ont débuté il y a quelques
semaines dans cette usine d’aluminium qui emploie plus de
250 travailleurs. Le groupe auquel elle appartient, coté à Wall Street,
bat des records de profits depuis trois ans : un bénéfice net de
74 millions de dollars pour le seul premier semestre de 2025. Mais la
direction ne propose que des miettes aux ouvriers : une augmentation de 25 euros
brut par mois. La CGT, elle, revendique 150 euros par mois, ce qui n’a
rien d’exorbitant comparé aux 750 000 euros que touche mensuellement
J.M. Germain, le PDG du groupe.
Pour couronner le tout, la
direction propose la mise en place d’une prime d’équipe de 20 euros par
mois pour les salariés travaillant en 3×8, à condition qu’ils signent un accord
qui les empêcherait de plaider devant les tribunaux... qu’ils ont en fait droit
à une prime d’équipe d’environ 100 euros par mois, comme le prévoit la convention
collective de la métallurgie. Face à ce chantage et à ces propositions
inacceptables, les sections syndicales CFDT et CGT ont appelé les salariés à
débrayer chaque jour deux heures en fin de poste durant la semaine du
8 décembre, mouvement suivi par environ un tiers des ouvriers.
Constatant l’absence d’avancées,
une centaine d’entre eux se sont réunis jeudi 11 décembre en assemblée
générale avec les syndicats, et ont décidé à la majorité de faire grève pendant
la « journée de cohésion » organisée par la direction lundi
15 décembre. Environ la moitié des ouvriers de production en ont alors
profité pour montrer une autre forme de cohésion : pas celle des ouvriers avec
la direction, mais celle des ouvriers contre les mauvais coups d’une direction
qui se moque d’eux. Et des dizaines de travailleurs ont animé toute la journée
un chaleureux piquet de grève.
Les congés étant proches et la
production de l’usine quasiment terminée pour 2025, les grévistes se sont donné
rendez-vous en janvier pour décider de la suite du mouvement.
Correspondant LO (Lutte ouvrière
n°2994)