Les
jeunes en lutte
Une
campagne de diversion
Après les destructions et les
pillages qui ont frappé des commerces ou des mairies, une campagne a relayé la
détresse des petits commerçants qui ont tout perdu et l’émotion devant les bâtiments
publics détruits.
Publié le 21/10/2026
Les commerçants, dont le désarroi
et la colère sont bien compréhensibles, sont des victimes collatérales de la
rage sociale qui s’est exprimée le 17 octobre.
Mais les responsables politiques de droite et d’extrême
droite qui entretiennent cette campagne, et les médias qui les relaient, n’ont
pas la même indignation quand des actionnaires décident de fermer des usines,
plongeant ainsi des familles entières dans la gêne et ruinant parfois toute une
région, y compris les commerces. En insistant sur les casseurs et les voleurs,
ils cherchent à minimiser l’ampleur de la colère sociale, à faire peur aux
millions de femmes et d’hommes qui restent encore observateurs de la
mobilisation et même à les dresser contre celle-ci.
Si l’immense majorité des
manifestants du 17 octobre a défilé sans
casser, heureux d’être
nombreux ou en colère parce
qu’ils ne s’en
sortent plus tout en travaillant dur, les mêmes ont été heurtés d’abord par
la violence policière qui a
usé et abusé des
grenades et des gaz. C’est bien le gouvernement qui, pour toute réponse aux
revendications des lycéens mobilisés depuis trois semaines, a placé près de 10
000 jeunes en garde à vue et en a blessé et mutilé plusieurs. Comment s’étonner
que cette violence d’État pousse une partie des manifestants à répondre sur le
même terrain ? Même s’il est évident que détruire des bâtiments publics et
piller des magasins n’est pas le meilleur moyen d’entraîner les hésitants et
d’approfondir la contestation, les principaux fauteurs de la violence sont au
pouvoir.
La guerre sociale que mène la
bourgeoisie aux classes populaires plonge des femmes et des hommes dans la
précarité, transforme des quartiers en ghettos de pauvreté, marginalise des
centaines de milliers de jeunes ou moins jeunes. Ceux qui travaillent dur
n’arrivent pas à vivre décemment avec un salaire insuffisant quand tant
d’autres doivent survivre avec des petits boulots. Des millions de personnes
n’ont en général que le droit de regarder des vitrines inaccessibles, et pas
seulement celles de produits de luxe. Comment s’étonner si, quand l’occasion se
présente, certains jeunes et moins jeunes des quartiers populaires se sentent
vengés en se servant ou en détruisant des magasins ?
Contrairement à ce que peuvent
affirmer les militants Black bloc, qui étaient aussi présents le 17 octobre,
les destructions d’agences
bancaires, de magasins ou de mobilier urbain, même quand
ils appartiennent à de
grands groupes commerciaux, n’affaiblissent
en rien la grande bourgeoisie et n’ébranlent pas l’État. Pour abattre la
dictature du capital, il faut exproprier les actionnaires, prendre le contrôle
des entreprises et les mettre au service de la collectivité. Ceux qui en ont la
force, ce sont les travailleurs qui les font fonctionner, pas des petits
groupes de manifestants dans la rue.
Xavier Lachau (Lutte ouvrière
n°3038)
Les prochaines permanences prévues à
Argenteuil :
-vendredi
23 octobre, de 17 h.15 à 18 heures 15, carrefour Babou ;
-samedi
24 octobre, de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie,
-et de 11
h à midi au marché de la Colonie ;
-dimanche
25 octobre, de 11h à midi au marché Héloïse.
Un entretien sur un sujet qui nous est cher
14
novembre, 15 heures : entretien à la librairie du Presse-papier avec Rémy
Adam pour son ouvrage « Le parti
bolchévique ».
La vente
des entrées pour le prochain banquet à Argenteuil du 16 janvier 2027 a
commencé. 17 euros, et 8 pour les enfants de moins de 14 ans.