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jeudi 30 avril 2026

Il y a 40 ans : la catastrophe de Tchernobyl

 Il y a 40 ans : la catastrophe de Tchernobyl

Le 26 avril 1986, dans ce qui était alors l’Union soviétique, une catastrophe majeure se produisait à la centrale nucléaire de Tchernobyl. Lors d’un test de sécurité, son réacteur no 4 explosa, projetant dans l’atmosphère une grande quantité de produits radioactifs.

Publié le 28/04/2026

Alors que le nuage radioactif s’étendait rapidement sur l’Europe, et au-delà, ici, les autorités françaises prétendirent qu’il épargnait le pays. Il ne fallait pas laisser craindre qu’un jour, un tel drame puisse survenir dans la première puissance d’Europe en matière d’électricité nucléaire. Toutes les chaînes de télévision durent donc mentir, publiant cartes et commentaires sur le nuage de Tchernobyl qui se serait « arrêté à nos frontières ».

Quarante ans plus tard, les médias ont tenu à faire preuve de la même « responsabilité ». Bien peu ont rappelé que des catastrophes nucléaires avaient eu lieu avant Tchernobyl, comme à Three Mile Island, aux États-Unis, même si les conséquences n’en avaient pas été aussi tragiques. Celle de Fukushima au Japon, en 2011, classée au même niveau 7 d’intensité des accidents nucléaires, a été aussi en grande partie « oubliée ». Sans doute parce qu’elle témoigne d’un mépris des populations par un État capitaliste développé et d’un degré d’irresponsabilité des grandes compagnies d’électricité n’ayant rien à envier à ce dont le régime de la bureaucratie soviétique fit la preuve lors de ce drame.

Catastrophe et glasnost

Gorbatchev dirigeait alors l’Union soviétique mais il n’apprit du KGB (la police politique) ce qui était arrivé que le 27 avril. Il mit plusieurs jours à communiquer sur la catastrophe, mais le seul fait d’en parler tranchait avec la pratique d’un régime qui avait par le passé tu certains accidents nucléaires.

Au pouvoir depuis un an mais peinant à asseoir son autorité à la tête de l’État, Gorbatchev se faisait fort d’y parvenir en ralliant à lui des secteurs de la population. Pour cela, il lui promettait la « refonte de la société » (la perestroïka) et plus de « transparence » (la glasnost). Cela n’empêcha pas le Kremlin de minimiser l’ampleur de la catastrophe. En particulier, il ne voulut pas évacuer tout de suite les populations ukrainienne et biélorusse vivant près de Tchernobyl, ni avertir les deux millions d’habitants de Kiev, la toute proche capitale de l’Ukraine. Et ce n’est qu’au début du mois de mai qu’on installa une zone d’exclusion de trente kilomètres autour de Tchernobyl, où vivaient 135 000 personnes.

Les équipes chargées de « liquider » l’incendie du réacteur – des pompiers, des soldats, des volontaires, qui combattirent le feu et durent ramasser des débris irradiés sans autre équipement que des protections dérisoires – furent envoyées à une mort certaine. Pratiquement, dans les semaines et les mois qui suivirent, tous les « liquidateurs » décédèrent du fait d’avoir été contaminés. Aucune statistique n’ayant été publiée, on ignore le nombre précis des victimes civiles, mais il est estimé à 43 000.

Vinci, Bouygues, Westinghouse…

Comme il fallait désigner des coupables, la justice condamna peu après quelques responsables techniques de la centrale à des années de camp. Quant au réacteur même, après une première tentative infructueuse, il fallut encore une bonne dizaine d’années avant qu’on l’isole sous une enceinte de confinement, un « sarcophage » de 18 000 tonnes de béton et de métal.

Les firmes françaises de BTP Bouygues et Vinci, réunies au sein du consortium Novarka, se taillèrent la part du lion de ce marché colossal. Estimé à un demi- milliard d’euros il y a vingt ans, il fut financé en grande partie par la BERD (Banque européenne pour la reconstruction et le développement).

En 2000, on annonça qu’on avait fermé le dernier réacteur en activité de Tchernobyl. Le nucléaire civil ukrainien n’en a pas moins continué à faire saliver les géants mondiaux du secteur. Ainsi, la firme américaine Westinghouse a, depuis des années, obtenu de l’État ukrainien l’exploitation des centrales ukrainiennes, dont celle de Zaporojjia, que contrôle l’armée russe, même si cela reste pour l’heure en grande partie virtuel.

Quand Zelensky, à propos de la guerre en cours, vitupère le « terrorisme nucléaire russe », il se fait aussi, sinon surtout, le défenseur des intérêts de Westinghouse.

                                                     Pierre Laffitte (Lutte ouvrière n°3013)

jeudi 6 novembre 2025

Essais nucléaires : un pas de plus dans l’escalade

Pas de limite dans l’horreur pour ce système de fous

 

Hiroshima en septembre 1945

Trump a annoncé la reprise des essais nucléaires américains, en pause depuis 30 ans. La première armée du monde est la seule à avoir déjà utilisé l’arme atomique, faisant plus de 250 000 victimes en 1945.

         Cette annonce rappelle jusqu’où l’impérialisme peut aller pour la défense des marchés et des profits. Il faut renverser ce système de fous avant qu’il ne provoque de nouvelles catastrophes planétaires !

 

dimanche 2 novembre 2025

Trump à Poutine : ma bombe est plus grosse que la tienne

 

Ils préparent les esprits à la guerre

 

 

Quelques jours après l’annonce par Vladimir Poutine de la possession par la Russie d’un nouveau missile à propulsion nucléaire et d’un drone sous-marin tous deux capables de transporter des armes nucléaires, Trump a déclaré que les États-Unis allaient reprendre les essais nucléaires. Les derniers de ce pays ont eu lieu il y a plus de 30 ans.

         Qu’il s’agisse de réels choix militaires, ou de simples annonces, celles-ci participent de la montée des tensions entre ces deux puissances. Mais bien plus encore, elles s’adressent aux populations de tous les pays, préparant les esprits à la guerre.

         La seule guerre qui vaille est celle que les travailleurs mèneront contre ces dirigeants assassins pour leur retirer le contrôle de ces armes, ainsi que celui de l’ensemble de la société.

mercredi 13 août 2025

Il y a 80 ans : 6 et 9 août 1945 : Hiroshima et Nagasaki sous le feu nucléaire

 Il y a 80 ans, 6 et 9 août 1945 : Hiroshima et Nagasaki sous le feu nucléaire

Le 6 août 1945, l’aviation américaine larguait la première bombe nucléaire de l’histoire, anéantissant la ville japonaise d’Hiroshima. Elle réitérait le 9 août, sur la ville de Nagasaki. En quelques secondes, les deux villes étaient entièrement détruites, et une grande partie de leur population réduite en cendres.

Publié le 06/08/2025

L’idée de construire une bombe d’une puissance incomparablement plus grande que tous les explosifs classiques était déjà ancienne. Dès la fin du 19e siècle, des scientifiques comme Henri Becquerel ou Marie Curie, découvreurs de la radioactivité, avaient en effet fait l’expérience de l’énergie colossale que recelait la fracture du noyau des atomes, d’où provient le terme « nucléaire ». Mais la première réaction en chaîne basée sur cette propriété ne fut réalisée qu’en 1942 à Chicago, en pleine Deuxième Guerre mondiale.

Le gouvernement américain avait décidé peu auparavant de lancer un programme de construction d’une telle bombe, le projet Manhattan. Albert Einstein en est parfois présenté comme l’initiateur, du fait de sa lettre au président américain Roosevelt, en 1939. En réalité, c’est un autre physicien, Leo Szilard, qui en avait pris l’initiative. Tous deux juifs, ils avaient vécu en Allemagne avant l’arrivée au pouvoir d’Hitler, se disaient pacifistes et craignaient que les nazis ne développent leur arme nucléaire. Ils étaient convaincus que l’armée américaine n’oserait pas se servir d’une telle bombe contre des populations, et que son rôle serait dissuasif. Ce raisonnement est souvent encore repris aujourd’hui. Mais les bombardements de Hiroshima et Nagasaki sont l’effroyable démonstration de sa fausseté.

De puissants moyens de recherche

Le projet Manhattan, l’un des plus onéreux programmes industriels jamais mis sur pied, employait 129 000 personnes en juin 1944. L’État américain planifia tout, construisant plusieurs villes à partir de rien. Une des usines d’enrichissement de l’uranium, à Oak Ridge dans le Tennessee, fut construite en moins d’un an.

Après l’essai baptisé Trinity par le directeur scientifique du projet Manhattan, le physicien Robert Oppenheimer, réalisé le 16 juillet 1945 dans le désert du Nouveau-Mexique, le président américain Truman décida de poursuivre l’expérimentation en bombardant deux villes japonaises. C’était loin d’être une nécessité militaire puisque, à l’été 1945, le Japon était défait. Ses grandes villes avaient déjà été massivement bombardées par l’aviation américaine ; Tokyo avait été incendiée et détruite par un raid aérien qui fit entre 90 000 et 100 000 morts. Sa flotte était presque détruite, et un blocus naval étouffait l’économie et la population.

Pour les dirigeants de la principale puissance impérialiste, l’enjeu était donc de préparer l’après-guerre. Truman décida d’utiliser les bombes nucléaires pendant la conférence de Potsdam qui, après celles de Téhéran et de Yalta, devait fixer le repartage du monde entre puissances victorieuses. En cherchant à imposer une capitulation sans condition au Japon, Truman entendait aussi démontrer à ses alliés et concurrents, et d’abord à l’Union soviétique, sa puissance et les moyens dont il disposait pour l’imposer. Les dirigeants impérialistes se souvenaient aussi de la vague révolutionnaire qui avait secoué l’Europe à la fin de la Première Guerre mondiale. Ils savaient que les pays vaincus pouvaient être le théâtre de révolutions, du fait du vide du pouvoir succédant à la défaite. Ils avaient donc enseveli sous des tapis de bombes les quartiers ouvriers des principales villes allemandes, dont Hambourg et Dresde, dans le but de terroriser la population.

De terribles effets destructeurs

Le jour même, les bombardements de Hiroshima et Nagasaki firent respectivement 70 000 et 40 000 victimes. Les déflagrations créèrent des ondes de choc mortelles accompagnées de températures avoisinant 4 000 degrés. Quatre mois après, les chiffres avaient doublé. Les habitants de Hiroshima et de Nagasaki qui avaient survécu firent l’atroce expérience d’une forme inédite de souffrance, résultant de l’irradiation. Ce syndrome provient de la destruction du matériel génétique des organismes exposés aux rayonnements de la bombe. Des médecins japonais ne purent que décrire cette mort à petit feu qu’ils ne connaissaient pas.

Les survivants des bombardements furent appelés « hibakushas », et furent traités en parias. Les dirigeants japonais, comme les autorités d’occupation américaines, cherchèrent à cacher les effets des bombes. Les journalistes ne furent pas autorisés à enquêter, et les quelques films réalisés dans les deux villes anéanties furent classés secret-défense. Des dizaines d’années après 1945, les victimes survivantes présentaient encore des séquelles et vivaient dans l’angoisse que leurs enfants naissent atteints de malformations génétiques.

Les dirigeants du plus puissant impérialisme étaient pleinement conscients des souffrances que la bombe atomique allait engendrer. Des études sur des animaux et des observations cliniques datant des années 1930 avaient en effet montré certains effets de l’exposition aux rayonnements. Mais surtout, des médecins du projet Manhattan avaient eux-mêmes réalisé des tests sur des êtres humains. Le premier d’entre eux fut un ouvrier noir du nom d’Ebb Cade, auquel on injecta, à son insu, du plutonium sous prétexte de traitement médical. Dix-sept autres « patients » subirent le même sort. Ces ignominies ne furent révélées que dans les années 1990.

La barbarie n’est pas dans la technique

Les conséquences des bombardements nucléaires incitèrent certains courants politiques à réclamer l’interdiction de toute technologie nucléaire, aussi bien civile que militaire. De fait, le développement des deux programmes a toujours été lié.

Mais si l’arme nucléaire est une arme terrifiante, on peut par exemple en dire autant de l’agent orange, un pesticide déversé massivement par l’armée américaine durant la guerre du Vietnam, qui provoqua des cancers et des malformations graves pendant des dizaines d’années. La barbarie n’attend pas les innovations techniques. Au Rwanda, en 1994, des machettes ont été une des armes principales du génocide, dont fut complice l’État français, qui fit 800 000 morts.

À l’heure où la multiplication et l’intensification des rivalités guerrières ont remis sur les lèvres des dirigeants la menace nucléaire, ces massacres de civils et leurs terribles séquelles rappellent l’horreur dont les puissances qui se disent démocratiques sont capables quand il s’agit de maintenir l’ordre impérialiste. Un ordre qui a de plus en plus le visage de la barbarie.

                                               Thomas Baumer (Lutte ouvrière n°2975)

vendredi 18 juillet 2025

Nucléaire, pardon, irresponsabilité nucléaire

Papa, c’est quoi ce fut au bout de ton hameçon ?

 

De 1945 à 1993, les industriels de la filière nucléaire ont immergé 200 000 futs de déchets radioactifs dans l’Atlantique, sans se soucier le moins du monde des conséquences.

         Une mission scientifique a cartographié et analysé une partie de cette décharge. Elle annonce que, pour l’instant, tout va bien.

         Pour les actionnaires de l’époque et leurs descendants, certainement.