Les primes ne feront jamais le salaire
C’est par ce slogan que les
travailleuses de la maison de retraite des Feuillants, située à Poitiers, ont
manifesté leur exigence d’avoir une véritable augmentation salariale. La
direction, pour la leur refuser, a usé d’une entourloupe en intégrant la prime
Ségur dans le calcul du taux horaire, gonflant artificiellement celui-ci. Las,
bien conscientes que la prime ne fait pas le salaire, ces travailleuses ne s’en
sont pas laissé conter et se sont mises en grève six jours fin février, pour
reprendre leur mobilisation depuis le 23 mars face au refus de la direction de
négocier.
Celle-ci
a usé de toutes les cordes de l’intimidation pour faire cesser le mouvement :
recours à un huissier, à l’intérim pour remplacer les grévistes, à la fin de
contrat de travailleuses en CDD grévistes (pourtant prévues au planning avant
la grève), dépôt de plainte contre une élue PCF solidaire,…
Propriété
de la holding Vivalto Partners, qui compte comme investisseurs la BNP, le
Crédit agricole, etc., et dont un dirigeant affichait une fortune de 200
millions d’euros, ce n’est pas l’argent qui manque pour rémunérer dignement ces
travailleuses dont les métiers sont utiles à la collectivité.
La
mobilisation a essaimé vers deux autres Ehpad du département et gagne en
sympathie dans la population. Contrairement aux actionnaires, qui
s’enrichissent du travail des autres, ces travailleuses n’auront pas volé leur
augmentation.