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lundi 31 août 2026

IA : spéculation et anarchie

 IA : spéculation et anarchie

Mi-août, Nvidia et ChatGPT se sont mis d’accord pour financer la construction du plus grand centre de données au monde. Ce centre est en cours de construction aux États-Unis dans l’Ohio.

Publié le 26/08/2026

 

Nvidia a mis sur la table une garantie de 105 milliards de dollars, tandis que ChatGPT s’est engagé à le louer pendant vingt ans. Il abritera plus de 1,5 million de puces, bien évidemment fournies par Nvidia. Pour les alimenter, il faudra construire une centrale électrique dont la puissance sera équivalente à ce que consomment six millions de foyers américains !

Avec la bulle spéculative de l’IA, des capitalistes de tout horizon trouvent facilement des fonds pour construire des centres de données un peu partout sur la planète. Leur objectif est d’en louer l’accès aux entreprises du secteur au meilleur prix, si toutefois la bulle ne finit pas par exploser. En attendant, peu leur importent les conséquences pour les populations locales ou pour le climat. Dans l’Oise, 300 personnes se sont mobilisées mi-août contre l’installation de deux centres de données. Le promoteur met en avant un investissement de 4 milliards d’euros et 150 emplois, mais les riverains dénoncent ces « radiateurs géants » qui se nourrissent de quantités astronomiques d’eau et d’électricité – ils dévoreraient quatre fois ce que les habitants des dix communes avoisinantes consomment. Selon la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) de l’Oise, ils sont aussi susceptibles de laisser s’échapper les polluants éternels contenus dans les liquides de refroidissement nécessaires à leur fonctionnement.

En France, l’implantation des data centers a été facilitée par la récente loi de « simplification de la vie économique ». Plus de 500 data centers devraient être en service d’ici 2030, pour 69 milliards d’euros d’investissements. Leur consommation électrique pourrait atteindre 40 TWh, soit la consommation électrique annuelle moyenne d’environ neuf millions de ménages, l’équivalent de la production de cinq à six réacteurs nucléaires.

Dans les pays pauvres, la course aux datas centers est encore plus choquante. France 24 rapportait, il y a peu, le cas d’un township en bordure du Cap en Afrique du Sud, où les habitants sont quotidiennement confrontés à des pénuries d’eau potable et d’électricité, et où la construction de deux nouveaux centres, approuvée sans études préalables sur leur impact ni consultation des riverains, menace un peu plus leur accès à ces denrées vitales. En Afrique subsaharienne, 600 millions de personnes habitent dans des bidonvilles et n’ont qu’un accès limité ou épisodique à l’électricité et à l’eau, mais des entreprises trouvent des milliards pour y construire des centres de données et faire fonctionner leurs millions de puces.

L’intelligence artificielle est sans aucun doute un immense progrès technique. Mais la priorité de la classe capitaliste, c’est le profit, quitte à assoiffer les pauvres, à les priver d’électricité, et à faire chauffer un peu plus la planète.

                                                              Serge Benham (Lutte ouvrière n°3030)

mardi 18 août 2026

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 17 août 2026

 Désastre climatique : aux responsables capitalistes de payer !

17/08/2026

 

La baisse relative des températures procurera, peut-être, un répit aux habitants de logements bouilloires thermiques et aux travailleurs confinés dans des services et des ateliers surchauffés. Les incendies faibliront, peut-être, et les pompiers pourront souffler un peu avant la prochaine crise.

Mais quel bilan est tiré de ces semaines de cauchemar ? Le gouvernement n’a pas été avare de belles paroles sur l’héroïsme des uns et des autres et la magie de l’unité nationale. Mais aux pompiers, dont le manque de moyens est criant et qui étaient en grève le 13 août, le ministre de l’Intérieur Nunez n’a rien de concret à proposer.

Lecornu et une brochette de ministres se sont déplacés lundi à Mérignac, près de Bordeaux, promettant des mesures d’urgence pour la reconstruction et la relance de l’activité dans les territoires les plus touchés par les incendies. Mais on sait d’expérience que les aides et les subventions profiteront avant tout aux grandes entreprises dans tous les secteurs, de l’agriculture au tourisme.

Quant à ce qui serait indispensable pour lutter contre ces incendies nombreux et dévastateurs, ce n’est pas le problème du gouvernement. Il prétend ne pas pouvoir « chiffrer précisément » ce qui pourrait être dégagé pour les pompiers, notamment pour les postes nécessaires. Après les Canadair, promis par Macron mais jamais budgétés, le gouvernement n’a pas d’argent non plus pour des équipements élémentaires et indispensables, comme les cagoules filtrantes efficaces, à 50 euros l’unité.

 

Ils veulent nous faire payer la facture

Comme l’ont souligné les représentants des pompiers, qu’il s’agisse des incendies, de la santé, de l’éducation ou de tout autre besoin de la population, la réponse des dirigeants oscille toujours entre « les caisses sont vides » et « ce n’est pas un problème de moyens ». 

En même temps, le gouvernement prévient : tout cela va coûter cher et il faudra bien trouver les milliards quelque part. La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, estime le coût de la canicule et de la sécheresse entre 10 et 15 milliards d’euros.

La population paie déjà au prix fort ces catastrophes par des conditions de travail et de vie encore plus éprouvantes et en passant à la caisse au supermarché. L’annonce des conséquences de la sécheresse sur les récoltes, présentes et à venir, fait en effet grimper les prix dès aujourd’hui. Et les hausses actuelles s’ajoutent aux précédentes, les prix des fruits et légumes ayant augmenté en moyenne de 62 % ces dix dernières années.

Sous prétexte que le budget de l’État serait encore plus difficile à boucler, de nouvelles attaques sont prévues contre le monde du travail. Lescure, le ministre de l’Économie, remet sur la table le gel des retraites comme une « piste d’économie ». Elle serait, à l’entendre, rendue nécessaire par les effets de la canicule, des guerres et du blocage du détroit d’Ormuz.

Mais si les caisses de l’État sont vides, celles du grand patronat débordent. Les bénéfices nets du roi du pétrole TotalEnergies, pour le seul premier semestre 2026, s’élèvent à plus de 11 milliards : de quoi couvrir le coût de la canicule annoncé par Barbut. Et les résultats affichés par les grandes entreprises du CAC 40 ont encore battu des records… Voilà où sont les milliards nécessaires pour faire face aux dégâts !

 

Ôter aux capitalistes leur pouvoir de nuisance

Il serait d’autant plus légitime de prendre sur les profits capitalistes pour faire face aux conséquences du bouleversement climatique que leur économie en est responsable.

La production et le transport de marchandises à travers le monde, l’organisation et le choix des modes de production d’énergie, la gestion des ressources en eau sont des questions vitales pour l’humanité. Pourtant, aucune n’est envisagée autrement que sous l’angle : combien cela rapportera aux actionnaires ? Dans quel secteur investir pour faire plus d’argent ? Leur seule morale est « après mes profits, le déluge ! », ce qui exclue d’organiser et de planifier l’économie.

La concurrence pour le partage des ressources et des marchés est aussi à l’origine des guerres qui menacent de se généraliser et du réarmement pour lequel les États, dont la France, savent trouver des dizaines de milliards.

Cette minorité capitaliste, parasite et irresponsable, plonge l’humanité dans la barbarie et le chaos. Les travailleurs, qui font tout tourner, ont les moyens de s’y opposer en prenant le pouvoir et en dirigeant eux-mêmes la société.

                                                                           Nathalie Arthaud

vendredi 24 juillet 2026

Incendies : une politique criminelle

 

Triple peine sociale

 


 

De la forêt de Fontainebleau au Var jusqu'à la Bretagne, les incendies de l’été ont déjà détruit près de 42 000 hectares. Près de Bordeaux, deux pompiers sont morts, ajoutant de nouveaux drames à des catastrophes qui sont tout sauf naturelles. 

D'un côté, les gouvernements refusent d'imposer les moindres mesures contraignantes aux capitalistes qui permettraient de s'opposer au réchauffement climatique. De l'autre, les coupes budgétaires et le manque d'investissement dans les moyens matériels et humains de lutte contre les incendies amplifient leurs effets dévastateurs. 

         Des centaines de milliards d'aide aux capitalistes et pour remplir les caisses des marchands d'armes, la pénurie permanente partout ailleurs : c'est tout le contraire qu'il faut imposer.

jeudi 9 juillet 2026

Océan : poubelle radioactive

« Après moi le déluge », une facette du capitalisme

 

 

Une mission scientifique étudiant l’effet de l’immersion dans le nord-est de l’Atlantique de 200 000 barils de déchets issus du démantèlement d’installations nucléaires a rapporté ses premières observations. Elle a révélé que certains fûts, rouillés et éventrés, laissent échapper leur contenu.
         Sans contrôle de la population et des travailleurs, sans se soucier des conséquences sur la santé et l'environnement, différents Etats européens, dont la France, ont pollué l’océan pour des milliers d’années, privilégiant ainsi les économies à court terme et léguant le problème aux générations futures. "Après moi le déluge", telle est la morale des dirigeants dans le système capitaliste.

 

dimanche 25 janvier 2026

Climat : il y a le feu au lac !

 

Faillite hydrique, faillite du capitalisme

 

 

Les nappes phréatiques s’épuisent, les grands lacs et les glaciers rétrécissent, les villes s’affaissent, les ressources en eau déclinent plus vite que la nature ne peut les reconstituer… : voilà ce qu’un rapport de l’ONU révèle. Le monde entier est désormais en « faillite hydrique » et de nombreux dommages pour toute l’humanité sont déjà irréversibles.

         La cause de cette pénurie d’eau douce à l’échelle mondiale est connue : l’accaparement et la pollution de l’eau par l’industrie et l’agriculture capitalistes, sans autre principe que leurs propres profits et sans aucun contrôle des populations.