Logement :
toujours plus nombreux à la rue
Publié le 05/02/2025
Le 30e rapport
annuel de la FLD, la Fondation pour le logement des défavorisés, rendu public
le 4 février, dénonce l’aggravation générale de l’accès au logement.
Dans le secteur privé de
l’immobilier, dominé par les spéculateurs et les géants du BTP, les loyers sont
inaccessibles pour beaucoup dans les classes populaires.
Du côté public aussi, la
production et les attributions de logements sociaux sont à leur plus bas
niveau. En 2023, 2,6 millions de ménages étaient en attente d’un logement
social. Dans tous les cas, pour un nombre croissant de familles qui voient leurs
revenus chuter du fait d’un licenciement ou d’un salaire insuffisant, payer le
loyer devient de plus en plus difficile, même quand il s’agit d’un loyer de
logement HLM. Le nombre de familles expulsées augmente : en 2023, elles ont été
plus de 21 500, presque deux fois plus qu’en 2021. Et le nombre de personnes
qui finissent à la rue suit la même courbe : 350 000 seraient aujourd’hui
sans domicile fixe, un nombre deux fois plus élevé qu’en 2012. Selon les
associations d’aide aux sans-abri, cela est même sans doute bien en dessous de
la réalité. Et en hiver, être à la rue peut signifier la mort.
Parmi ces sans domicile fixe, on
compte un grand nombre d’enfants. Tous les soirs, 2 000 enfants sur les 5
000 à 8 000 sans- abri se retrouvent à la rue car l’hébergement d’urgence,
le 115, n’a rien à leur proposer. Dans l’agglomération lyonnaise,
400 enfants dorment à la rue, dont plus de 200 dans la ville de Lyon. Le
chiffre est en hausse de 20 à 30 % par rapport à 2024, et il a été multiplié
par six par rapport à 2022, rien que pour la ville de Lyon.
Dans cette société capitaliste,
on ne produit que ce qui rapporte. La construction de logements corrects et à
loyers modérés ne rapporte pas, et en tout cas, pas suffisamment. C’est
pourquoi elle a longtemps été laissée à l’initiative de l’État, qui, toutes ces
dernières années, s’en est désengagé progressivement. Loger décemment toute la
population ne sera vraiment possible que dans une société basée sur les
intérêts de la collectivité et non dominée par l’argent et les lois de la
propriété privée.
Aline Retesse (Lutte ouvrière
n°2949)