Agences
de notation : au bonheur des spéculateurs
Le 17 octobre, l’agence de
notation financière S&P a abaissé la note de la France de « AA- » à «
A + ». Quelques semaines auparavant, une autre agence, Fitch, avait
effectué la même dévaluation.
Publié le 22/10/2025
Ces notations sont des
indicateurs à destination des marchés financiers. Plus la note est élevée, plus
l’agence considère que les États ou les entreprises évalués ont la capacité de
rembourser leur dette : il s’agit donc d’un placement sûr. Inversement, une
note basse signifie qu’il existe un risque de défaut de paiement :
investir en Égypte, selon S&P qui note le pays « BB », est donc un placement
spéculatif, tandis que le faire en Allemagne, notée AAA, serait un placement
sûr. Cette activité de notation des entreprises et des États génère un marché
capitaliste : les trois principales agences qui servent de référence sont des
entreprises financières très rentables. S&P a réalisé en 2024 un bénéfice
net de 3,8 milliards de dollars, fruit de ses services
financiers.
En ce qui concerne la France,
l’agence ne voit pas de risque de défaut de paiement. La baisse de la note est
justifiée par l’importance du déficit public et l’instabilité politique qui,
selon S&P, rend improbable une réduction de la dette de l’État. Mais le
fait que la note soit un peu plus basse que celles d’autres pays riches permet
aux investisseurs d’augmenter un peu les taux d’intérêt. Il y a ainsi un écart
de 0,8 % entre les taux d’intérêt de la France et de l’Allemagne. C’est autant
de profits en plus pour les financiers qui vivent de la dette publique.
Pour l’instant, la dégradation de
la note de la France, qui se retrouve au niveau du Portugal, de l’Espagne ou
encore de la Chine, n’a pas entraîné de hausse brutale des taux d’intérêt du
pays. Elle sert en revanche de prétexte aux responsables politiques pour
justifier les attaques contre les classes populaires prévues dans le projet de
budget 2026. Le nouveau ministre de l’Économie, Lescure, a ainsi immédiatement
réagi à l’annonce en disant : « Ça va demander des efforts, c’est ce que
nous dit l’agence S&P. » Évidemment, les efforts ne seront demandés
qu’aux travailleurs car il faut « rassurer les investisseurs et les agences
de notation ». Même si les « investisseurs », c’est-à-dire les
capitalistes, ne craignent rien, agiter l’épouvantail de la dette leur rapporte
toujours.
Thomas Baumer (Lutte ouvrière
n°2986)
Les prochaines
permanences et rendez-vous prévus :
-Aujourd’hui samedi
25 octobre, de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;
-de 11 heures à
midi au marché de la Colonie ;
-dimanche 26
octobre, de 11 h. à midi au marché Héloïse.