Nouvelle-Calédonie :
un accord contesté, et contestable
Le FLNKS, qui regroupe une partie
des partis indépendantistes kanaks, a fait savoir qu’il rejetait l’accord du
12 juillet signé sous l’égide de Macron par tous les partis, qu’ils soient
anti- indépendantistes ou indépendantistes.
Publié le 13/08/2025
Cet accord dit de Bougival
prévoyait d’instaurer un « État de Nouvelle-Calédonie » au sein de l’État
français. Celui-ci aurait conservé la main sur l’armée, la police, la justice,
ces fonctions ne pouvant être transférées à l’État calédonien qu’au travers
d’un vote des trois cinquièmes du Congrès calédonien. La chose serait d’autant
plus impossible qu’en même temps l’élargissement du corps électoral contre
lequel s’est insurgée la jeunesse en mai 2024 a été entériné. En guise de
souveraineté, on n’en proposait donc aux partis indépendantistes qu’une version
croupion. Il est vrai qu’elle pouvait convenir à des notables de ces partis
intégrés à l’économie calédonienne.
La droite anti-indépendantiste et
l’ensemble des organisations patronales de l’archipel se sont donc largement
félicitées de cet accord, qui promettait de mettre fin à l’instabilité
politique, tout en assurant le maintien de la domination coloniale de la
bourgeoisie française et caldoche. En parallèle, l’État français promettait
plusieurs centaines de millions d’euros d’aides au titre de la « reconstruction
», conditionnées à la validation de l’accord sur l’archipel.
Parmi les Kanaks, l’accord a été
diversement accueilli. Certains des partis kanaks signataires l’ont défendu, le
Palika et l’UPM notamment. Ces partis se sont mis en retrait du FLNKS depuis un
an après avoir ouvertement désavoué les jeunes révoltés pendant les émeutes de
2024. Mais, sous la pression de certains militants, qui dénonçaient l’accord de
Bougival comme une trahison, l’Union Calédonienne, le parti de Christian Tein,
leader du FLNKS et emprisonné pendant près d’un an en métropole, annonçait dès
fin juillet qu’après consultations, elle rejetait l’accord. Les raisons
avancées par l’UC comme ensuite par le FLNKS le 9 août sont qu’il ne
comporte pas de chemin possible vers la « pleine souveraineté », la « Kanaky »
n’y étant même pas mentionnée et les différents dispositifs institutionnels
n’ayant pas été vraiment négociés. Ils entendent donc rediscuter un certain
nombre de points, ce que Valls, le ministre des Outre-mers, qui doit partir en
urgence pour Nouméa le 18 août, a bien compris.
L’accord de Bougival, qui dans un
grossier tour de passe-passe satisfaisait pleinement la bourgeoisie caldoche et
française, ne fait que refléter le mépris dont est capable l’État colonial. Les
travailleurs, les pauvres, Kanaks ou « petits Blancs » ne trouveront aucunement
leur compte dans ces arrangements institutionnels entre notables. D’ailleurs,
accord ou pas, gouvernement et patronat calédonien sont à l’offensive. Le
gouvernement calédonien a présenté le 30 juillet un projet de budget pour
2026 qui taille dans toutes les dépenses publiques, sauf celles en faveur du
patronat. Ainsi l’allocation familiale de solidarité serait réduite de 15 %,
des franchises médicales de près d’un euro par boite de médicament et de
4 euros pour les transports sanitaires seraient instaurées. Les retraites,
les allocations aux handicapés, les dotations aux provinces et aux communes
seraient revues à la baisse. En revanche, le patronat bénéficierait d’une
exonération totale d’impôt sur les sociétés pendant trois ans pour les
nouvelles entreprises et d’une baisse de son taux de 30 à 20 ou 25 % pour
toutes.
En parallèle de ces attaques, les
travailleurs et la population pauvre de l’archipel ont à subir chômage et
inflation. Depuis début 2024, près de 11 000 emplois ont disparu, dont un
quart dans le secteur du nickel suite à la fermeture de l’usine Nord contrôlée
par les partis indépendantistes, et à celle de la mine de Thio. Ce sont autant
de suppressions d’emplois qui, contrairement à ce que dit la propagande
patronale, n’ont guère à voir avec les émeutes de 2024. Alors, accord ou pas,
en Nouvelle-Calédonie aussi, les travailleurs auront à se battre pour défendre
leurs intérêts de classe.
Serge Benham (Lutte ouvrière
n°2976)
Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la
région :
Celles du carrefour Babou du vendredi 17 h.15 à 18 h.15 qui seront assurées
aux dates ci-dessous. D’autres pourront s’y adjoindre :
-mardi 19 août, de 11 h. à midi 30, entrée de la mairie ;
-jeudi 21, de 10 h.30 à midi, centre
commercial de la cité Joliot-Curie ;
-vendredi 29 août
-vendredi 5 septembre
-vendredi 12 septembre