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jeudi 12 février 2026

Nouvelle-Calédonie : la politique coloniale sur la place publique

 Nouvelle-Calédonie : la politique coloniale sur la place publique

Jeudi 29 janvier, la publication par la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) d’un rapport dénonçant les violences et les discriminations à l’encontre des Kanaks avant, pendant et après leur explosion de colère de mai 2024, a déclenché la colère des représentants et partisans de l’État français.

Publié le 11/02/2026

Le 13 mai 2024, la jeunesse kanake et océanienne s’était insurgée contre le dégel du corps électoral, qui visait à consolider le pouvoir de la droite loyaliste en rendant minoritaires les Kanaks dans leur propre pays. La colère était à la mesure de l’oppression subie depuis plus de 170 ans par ces peuples océaniens. Dans cet archipel de seulement 260 000 habitants, le gouvernement déploya plus de 3 000 policiers et gendarmes. 2 500 Kanaks et Océaniens furent arrêtés et placés en garde à vue, plus de 500 furent déférés et plus de 300 jugés en comparution immédiate. Dans le même temps, des descendants de colons, des Caldoches, et des métropolitains d’extrême droite formèrent des milices armées sur des barrages avec la complicité à peine voilée des autorités françaises. De mai à septembre, il y eut 14 morts, dont 11 Kanaks.

Dans son rapport, la CNCDH ne fait pas de révélations. Tout ce qu’elle y dénonce a déjà été observé et décrit. Les partisans du maintien au sein de l’État français sont montrés sous leur vrai visage, celui d’une caste colonialiste prête à tout pour maintenir sa domination, ayant conduit, comme le dit la CNCDH, une politique « essentiellement répressive » à l’encontre « quasi exclusivement » des Kanaks sous la forme d’une « intervention policière militarisée », au moyen de « véhicules blindés et tirs opérés depuis des hélicoptères à l’encontre de civils ».

Au-delà des événements, la CNCDH dénonce les mesures de rétorsion collective annoncées par les dirigeants anti-indépendantistes de la province Sud à l’encontre des Kanaks, comme les mesures restreignant l’accès à l’aide médicale, aux bourses scolaires, à l’école, à la cantine ou aux logements.

La sortie de ce rapport a provoqué une levée de boucliers de la part de la droite loyaliste et des représentants de l’État français. Ainsi Sonia Backès, présidente de la province Sud, a dénoncé un rapport qui « rend coupables les victimes et victimise les coupables ». Et tous de justifier « la conscience parfaitement tranquille », selon les mots du procureur de la République, la répression qui aurait permis « d’éviter un coup d’État », ou pire encore « la guerre civile ». Un tel cynisme est coutumier des représentants de la bourgeoisie française et caldoche.

Quoi qu’il en soit, loin des recommandations de la CNCDH, le gouvernement maintient sa politique coloniale. Le 19 janvier, Macron et le gouvernement ont signé avec la droite et certains partis kanaks l’accord Élysée-Oudinot qui se veut complémentaire de l’accord de Bougival signé l’été 2025. En instaurant de nouveaux verrous institutionnels, ces accords visent à enterrer définitivement la question de l’indépendance en créant un État de Nouvelle-Calédonie au sein de l’État français. La bourgeoisie française tient à tout prix à maintenir sa domination sur la Nouvelle-Calédonie, quitte à s’appuyer pour cela spécifiquement sur les Caldoches et leurs représentants d’extrême droite contre les Kanaks. Alors que les tensions entre grandes puissances vont s’accroissant, la bourgeoisie française considère l’archipel calédonien, sa base militaire, sa zone économique exclusive comme un point d’appui indispensable pour maintenir son rang au sein des puissances impérialistes. Les Kanaks payent dans leur chair cette domination.

                                                            Serge Benham (Lutte ouvrière n°3002)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-vendredi 13 février, de 16 heures 15 à 17 heures au marché du Val ;

-au carrefour Babou du Centre, de 17h.15 à 18 h.15. ;

-samedi 14 février : de 10 h. à 10 h.30 au marché des Coteaux ;

-de 10 h.30 à midi, centre commercial de Joliot-Curie ;

-de 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

-dimanche 14 février, de 10 h.15 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre ;

-et de 11 heures à midi au marché Héloïse ;

-lundi 15 février, de 18 h. à 19 heures, centre commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.

Bien d’autres permanences peuvent être organisées dans le cadre de notre campagne.

mercredi 14 janvier 2026

Macron et l'Afrique : impérialisme sans fard

 

Les ogres du profit

 

 

Dans son discours annuel aux ambassadeurs, Macron a appelé à renforcer la présence économique française en Afrique en disant : « Amenons des groupes français de plus en plus nombreux en Afrique, mais amenons ceux qui ont faim ».

         La « faim » dont il parle, c’est celle de profits, bien sûr. La vraie faim qui ravage le continent africain, ce n’est pas son problème.

vendredi 15 août 2025

Nouvelle-Calédonie : un accord contesté, et contestable

Nouvelle-Calédonie : un accord contesté, et contestable

Le FLNKS, qui regroupe une partie des partis indépendantistes kanaks, a fait savoir qu’il rejetait l’accord du 12 juillet signé sous l’égide de Macron par tous les partis, qu’ils soient anti- indépendantistes ou indépendantistes.

Publié le 13/08/2025

Cet accord dit de Bougival prévoyait d’instaurer un « État de Nouvelle-Calédonie » au sein de l’État français. Celui-ci aurait conservé la main sur l’armée, la police, la justice, ces fonctions ne pouvant être transférées à l’État calédonien qu’au travers d’un vote des trois cinquièmes du Congrès calédonien. La chose serait d’autant plus impossible qu’en même temps l’élargissement du corps électoral contre lequel s’est insurgée la jeunesse en mai 2024 a été entériné. En guise de souveraineté, on n’en proposait donc aux partis indépendantistes qu’une version croupion. Il est vrai qu’elle pouvait convenir à des notables de ces partis intégrés à l’économie calédonienne.

La droite anti-indépendantiste et l’ensemble des organisations patronales de l’archipel se sont donc largement félicitées de cet accord, qui promettait de mettre fin à l’instabilité politique, tout en assurant le maintien de la domination coloniale de la bourgeoisie française et caldoche. En parallèle, l’État français promettait plusieurs centaines de millions d’euros d’aides au titre de la « reconstruction », conditionnées à la validation de l’accord sur l’archipel.

Parmi les Kanaks, l’accord a été diversement accueilli. Certains des partis kanaks signataires l’ont défendu, le Palika et l’UPM notamment. Ces partis se sont mis en retrait du FLNKS depuis un an après avoir ouvertement désavoué les jeunes révoltés pendant les émeutes de 2024. Mais, sous la pression de certains militants, qui dénonçaient l’accord de Bougival comme une trahison, l’Union Calédonienne, le parti de Christian Tein, leader du FLNKS et emprisonné pendant près d’un an en métropole, annonçait dès fin juillet qu’après consultations, elle rejetait l’accord. Les raisons avancées par l’UC comme ensuite par le FLNKS le 9 août sont qu’il ne comporte pas de chemin possible vers la « pleine souveraineté », la « Kanaky » n’y étant même pas mentionnée et les différents dispositifs institutionnels n’ayant pas été vraiment négociés. Ils entendent donc rediscuter un certain nombre de points, ce que Valls, le ministre des Outre-mers, qui doit partir en urgence pour Nouméa le 18 août, a bien compris.

L’accord de Bougival, qui dans un grossier tour de passe-passe satisfaisait pleinement la bourgeoisie caldoche et française, ne fait que refléter le mépris dont est capable l’État colonial. Les travailleurs, les pauvres, Kanaks ou « petits Blancs » ne trouveront aucunement leur compte dans ces arrangements institutionnels entre notables. D’ailleurs, accord ou pas, gouvernement et patronat calédonien sont à l’offensive. Le gouvernement calédonien a présenté le 30 juillet un projet de budget pour 2026 qui taille dans toutes les dépenses publiques, sauf celles en faveur du patronat. Ainsi l’allocation familiale de solidarité serait réduite de 15 %, des franchises médicales de près d’un euro par boite de médicament et de 4 euros pour les transports sanitaires seraient instaurées. Les retraites, les allocations aux handicapés, les dotations aux provinces et aux communes seraient revues à la baisse. En revanche, le patronat bénéficierait d’une exonération totale d’impôt sur les sociétés pendant trois ans pour les nouvelles entreprises et d’une baisse de son taux de 30 à 20 ou 25 % pour toutes.

En parallèle de ces attaques, les travailleurs et la population pauvre de l’archipel ont à subir chômage et inflation. Depuis début 2024, près de 11 000 emplois ont disparu, dont un quart dans le secteur du nickel suite à la fermeture de l’usine Nord contrôlée par les partis indépendantistes, et à celle de la mine de Thio. Ce sont autant de suppressions d’emplois qui, contrairement à ce que dit la propagande patronale, n’ont guère à voir avec les émeutes de 2024. Alors, accord ou pas, en Nouvelle-Calédonie aussi, les travailleurs auront à se battre pour défendre leurs intérêts de classe.

                                                Serge Benham (Lutte ouvrière n°2976)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

Celles du carrefour Babou du vendredi 17 h.15 à 18 h.15 qui seront assurées aux dates ci-dessous. D’autres pourront s’y adjoindre :

-mardi 19 août, de 11 h. à midi 30, entrée de la mairie ;

 -jeudi 21, de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

-vendredi 29 août

-vendredi 5 septembre

-vendredi 12 septembre

 

dimanche 10 août 2025

Thaïlande- Cambodge : 700 000 déplacés

 

Les séquelles toujours très prégnantes du colonialisme


 

                                             Crédit Susan Perri

Un climat de pogrom contre les cambodgiens s’est installé en Thaïlande depuis le début du conflit avec le Cambodge : 700 000 travailleurs cambodgiens ont déjà fui le pays.

Le prétexte de cette guerre est un différent frontalier entre les deux pays. La frontière a été tracée en 1907 par les colonisateurs français pour diviser et mieux dominer la région, fabriquant une bombe à retardement.

Aujourd’hui, les clans rivaux de milliardaires au pouvoir dans chaque pays attisent le climat nationaliste pour ranger la population derrière eux, même si cela doit mener à des déplacements forcés et à des massacres.