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dimanche 10 mai 2026

Sénégal : les homosexuels boucs émissaires

 Sénégal : les homosexuels boucs émissaires

En mars dernier, le gouvernement du Sénégal, dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko, a durci la loi réprimant l’homosexualité, faisant passer de cinq à dix ans la peine de prison pour relations homosexuelles.

Publié le 05/05/2026

Depuis cette décision, des dizaines d’arrestations ont eu lieu, alimentant une campagne mensongère amalgamant homosexualité, pédophilie et transmission du VIH. Des personnes homosexuelles sont contraintes de se cacher ou de s’exiler.

En avril 2024, le Premier ministre Sonko et le président Bassirou Diomaye ont été portés au pouvoir par une vague de révolte contre l’absence d’avenir pour la jeunesse, les difficultés de la vie et la corruption de leur prédécesseur, Macky Sall, un proche de la France. Leur parti, le Pastef (Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité), s’est servi des légitimes sentiments anti- impérialistes de la population et a dénoncé la mainmise, bien réelle, des puissances occidentales sur les affaires du pays. Mais, aujourd’hui, les dirigeants du Pastef justifient le durcissement législatif contre l’homosexualité en prétendant qu’elle serait contraire aux valeurs africaines qu’ils affirment incarner.

Présenter l’homosexualité comme un produit d’importation de l’Occident est un mensonge. Avant la colonisation, l’homosexualité existait en Afrique, comme dans toutes les sociétés humaines. Par contre, la répression de l’homosexualité, elle, est bien un produit d’importation de l’impérialisme. Avant les indépendances, c’est l’administration coloniale qui l’avait interdite. Loin d’être africaine, cette répression a même existé dans la loi française… jusqu’en 1982.

L’actuel durcissement de la répression de l’homosexualité au Sénégal, et dans d’autres pays comme l’Ouganda ou le Ghana, vise à satisfaire les associations religieuses locales, islamistes ou chrétiennes intégristes. Mais il est aussi le fruit de campagnes menées depuis les États-Unis par des groupes chrétiens évangéliques. L’administration Trump pousse dans le même sens.

Aujourd’hui, la vie chère, le chômage et le manque de perspectives restent le quotidien des classes populaires au Sénégal. Quand des étudiants ont récemment manifesté contre le non versement des bourses et les locaux délabrés, la réponse du gouvernement a été les coups : le 9 février, un étudiant est mort lors d’une intervention policière dans un restaurant universitaire. Désigner les personnes homosexuelles pour détourner la colère populaire n’est pas nouveau. Comme les migrants en Europe ou aux États-Unis, elles servent de boucs émissaires. Quand ils font grève, les travailleurs ont à faire face au même État et à la même police, et ils doivent combattre au même titre les mesures autoritaires contre les homosexuels.

                                                   Cédric Grumel (Lutte ouvrière n°3014)

vendredi 17 juin 2022

Homosexualité, lois d’un autre âge et gros sous

 

Cachez ce baiser...

 

 

Les Émirats Arabes Unis ont interdit la projection en salle du film Buzz l'éclair, produit par Disney, car on y voit deux femmes s'embrasser. L'homosexualité est un crime dans ce pays où les autorités religieuses imposent des lois d'un autre âge.

         Préoccupée par ses profits, la compagnie Disney allait couper la scène litigieuse, avant de se raviser devant les protestations des salariés travaillant sur le film. Même pour un baiser de cinéma, il faut se battre...

        

Quant aux dirigeants occidentaux qui se proclament progressistes, ni cet obscurantisme ni la féroce exploitation des travailleurs ne les dérangent. Macron s'y est déplacé récemment.

vendredi 20 mai 2022

Homosexualité : L'homophobe et les hypocrites

 

Le pays de la prochaine coupe du monde : fondamentalement homophobe

 

 


À l'occasion de la journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie, Idrissa Gueye joueur de football du PSG a refusé de porter un maillot floqué des couleurs arc-en-ciel, symbole LGBT. Cette attitude homophobe a légitimement choqué. En réaction, la Fédération française du foot a sommé le joueur de s'expliquer.

         Mais les postures progressistes des instances du football seraient plus crédibles si elles n'avaient pas organisé la prochaine coupe du monde au Qatar, pays où l'homosexualité est punie d'une peine de prison de 7 ans et même de la peine de mort si l'on est musulman !

samedi 26 juin 2021

UE-Orban : le théâtre ré-ouvre en Europe

 

Cinéma face à un démagogue nationaliste et homophobe

 

Le 15 juin, le parlement hongrois a adopté, sur proposition du premier ministre Viktor Orban, une loi interdisant la « promotion de l’homosexualité » auprès des mineurs. C’est avant tout un texte homophobe.

Réunis en sommet à Bruxelles, avec Orban parmi eux, des dirigeants de l’Union européenne s’en sont offusqués, déclarant que cette fois, il avait franchi une ligne rouge.

Ce type de passe d’armes permet à un démagogue nationaliste comme Orban de paraître s’opposer aux puissances européennes, sans rien remettre en cause de la domination de son pays par les grands groupes capitalistes européens.

Et aux gouvernements d’Europe de l’Ouest de donner une énième leçon sur les droits de l’homme : des paroles en l’air car ils commercent, s’allient et s’entendent avec moult dictatures homophobes de par la planète.