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lundi 9 mars 2026

AESH : le gouvernement les lanterne

 AESH : le gouvernement les lanterne

Publié le 04/03/2026

Le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a annoncé le début de « travaux » concernant le statut des AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap). Un groupe de travail serait créé auquel les syndicats pourraient s’associer pour examiner leur situation.

Comme disait Clemenceau, quand on veut noyer un problème, on crée une commission. Pourtant, les problèmes des 145 000 AESH, à 98 % des femmes, qui aident les enseignants à accueillir dans les classes des élèves autistes ou victimes d’autres handicaps sont bien connus. Cela fait des années qu’elles manifestent pour avoir un statut et un salaire corrects, contre l’aggravation de leurs conditions de travail qui les obligent à morceler leur temps entre plusieurs élèves, voire entre plusieurs établissements. Mais déjà, le 7janvier, le ministre avait appuyé la majorité de sénateurs qui s’étaient opposés à une proposition de loi du Parti socialiste visant à titulariser les AESH.

Après avoir brandi le Code de la fonction publique auquel, selon lui, elles ne pourraient pas avoir droit, le ministre avait déclaré qu’il était impossible d’inscrire au budget de l’État une nouvelle dépense pour leur assurer un salaire sur la base d’un temps complet et d’un emploi stable. Cela en dit long sur la considération qu’il porte à ces travailleuses et aux enfants handicapés dont elles se préoccupent. Il n’y a d’ailleurs pas non plus d’argent pour embaucher suffisamment d’AESH afin de répondre aux besoins réels. Près de 50 000 enfants sur 350 000 sont laissés sur la touche 21 ans après la loi « pour l’égalité des droits et des chances » qui proclamait la nécessité de traiter les enfants handicapés comme les autres.

Tenir de beaux discours sur l’école dite « inclusive » parce qu’elle inclut des enfants handicapés ne coûte rien. Dire que l’on va lancer des « travaux » pour se pencher sur le sort des AESH qui contribuent à leur prise en charge ne coûte rien non plus.

                                                           Jean Sanday (Lutte ouvrière n°3005)

lundi 2 février 2026

Éducation : des milliers de suppressions de postes

 Éducation : des milliers de suppressions de postes

Voté à coups d’article 49.3, et surtout avec l’assentiment du PS, le budget comporte la suppression de 4 000 postes d’enseignant. Cela n’a pas été mis en lumière alors que cela représente une attaque violente contre l’école.

Publié le 28/01/2026

 

Pour faire passer la pilule bien amère, Sébastien Lecornu prétend qu’en contrepartie il va créer 2 000 postes dans l’Éducation nationale, notamment pour accueillir les enfants en situation de handicap. C’est se moquer du monde ! Pour justifier la nouvelle ponction, le gouvernement invoque une baisse démographique. Mais la réalité est que depuis des années, le nombre d’enseignants face aux élèves diminue. Il s’agit d’une sorte de plan de licenciements qui ne dit pas son nom. Ainsi d’après le SNES, sur les huit précédentes rentrées, 8 865 emplois d’enseignant ont été supprimés dans le second degré public, alors même que 8 029 élèves supplémentaires étaient accueillis dans les collèges et lycées. Il faudrait donc à l’inverse recruter massivement pour retrouver les effectifs de 2017.

Comme dans l’ensemble des services publics, le gouvernement opère une véritable saignée, contribuant à dégrader les conditions d’apprentissage des enfants. C’est particulièrement vrai dans les communes populaires. De nombreux jeunes collégiens accumulent les lacunes en lecture et en mathématiques et les classes surchargées aggravent leur retard.

Le Parti socialiste feint contre toute évidence de voir des avancées dans ce budget ; en fait, il se montre complice de ces attaques. Les prétendus 2 000 postes créés sont un pur artifice comptable. Le précédent budget prévoyait la création de 1 200 postes d’AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap), le nouveau en prévoit 800 supplémentaires. Voilà comment on en obtient 2 000 sur le papier. En réalité, les besoins dans ce domaine sont immenses : neuf enfants en situation de handicap sur dix n’ont à ce jour le soutien d’aucun AESH. De plus, si le gouvernement prévoit d’en recruter davantage cette année, le Sénat vient de refuser de leur donner un statut de fonctionnaire qui leur permettrait d’obtenir une rémunération à plein temps et des perspectives d’augmentations. Aujourd’hui, une AESH gagne en moyenne 900 euros par mois. Pendant que le cirque parlementaire suit son cours la guerre sociale contre les classes populaires se poursuit.

                                                           Aline Urbain (Lutte ouvrière n°3000)

vendredi 23 janvier 2026

Argenteuil, journal des élections municipales, un échec majeur : la question du 10ème collège

Les notables agissent ou agissent peu, les collégiens trinquent

 

Bassens, Gironde, septembre 2024 (Photo Sud-Ouest)

L’avenir du 10ème collège pourtant urgent à construire dans le quartier du Val-Notre-Dame piétine. La municipalité est toujours enlisée au niveau de l’achat du foncier nécessaire. L’ouverture annoncée pour 2027 a toutes les chances d’être repoussée à 2029.

         Cette situation est d’abord révélatrice des contradictions d’une régionalisation qui donnent peut-être des postes au petit monde fermé des notables locaux mais qui est un handicap majeur pour un fonctionnement normal de la société.

         L’État s’est délesté de la tâche. Ce sont les conseils départementaux qui ont la compétence non seulement dans la gestion des collèges mais également de leur construction. Mais si ce sont bien eux qui ont la responsabilité de cette dernière et de la dépense, ce sont aux communes concernées de trouver le foncier nécessaire. Bref, une situation propice à bien des problèmes et retards.

         En attendant, la construction de ce collège qui a été actée en 2019 si elle était finalement réalisée seulement en 2029 aura connu des péripéties-record. Un sombre record, mais surtout une situation totalement dommageable pour les collégiens entassés depuis des années au collège Jean-Jacques Rousseau. DM


mardi 20 janvier 2026

Argenteuil, petite l’enfance, tout-petits, l’école, dans le Bilan de la municipalité 2020-2026. Oui ils devraient tous avoir droit au meilleur (14))

 

Face à l’État et ses restrictions, une municipalité largement absente

 

 

Plusieurs pages dans le Bilan municipal sont consacrées à l’enfance et l’éducation, celle par la crèche, l’école maternelle, puis par l’école élémentaire. Ces deux dernières sont de la « compétence » obligatoire des communes pour ce qui est des locaux, de leur aménagement, et du matériel scolaire. C’est une responsabilité énorme qui pèse de la sorte sur elle.

Les pages qui concernent les « tout petits » n’ont pas attiré la critique de ma plume quelque peu ironique, je l’admets. Sur ce plan, nous espérons que les chiffres correspondent réellement à des progrès réalisés sur le plan de l’accueil en crèche ou par des assistantes maternelles. Les progrès ou pas en la matière relèvent de choix municipaux qui ne peuvent être appréciés que d’une façon globale. Un plus revendiqué par la municipalité, mais par rapport à combien de demandes ? On aimerait le savoir. Un domaine que l’État devrait prendre en charge et d’une toute autre façon qu’il ne le fait… pas.

         Un problème qui a longtemps compliqué le travail dans les crèches municipales a été celui des postes non pourvus. Le chiffre d’embauches avancé par la municipalité met-il un terme à une situation encore récente inacceptable ? L’écho que nous avons de travailleuses de ces crèches semble le confirmer. La municipalité a versé une prime d’attractivité mensuelle de 100 euros à celles de ces dernières directement en charge des bambins, mais pourquoi n’a-t-elle pas étendu la mesure aux autres employées de crèches qui elles-aussi sont en « contact avec les enfants » !

         Pour ce qui est de l’école primaire, la municipalité n’a aucune raison de se vanter de la construction de deux nouvelles écoles. Elle mène une certaine politique en liaison avec des promoteurs. Une nouvelle génération arrive sur Argenteuil remplaçant celles de l’Après-guerre. Ils ont des enfants qui doivent être scolarisés. Donc il faut construire. Élémentaire…

         En revanche, la situation des Atsems demeure problématique. Il en manque, et la situation créée par la suppression par la municipalité actuelle d’ «une Atsem par classe » s’est aggravée ces dernières années de ce fait. On retrouve le même souci pour la restauration et dans les activités dites d’animation où le « turn-over » est très important.

         La municipalité a fait des gorges chaudes sur sa « cité éducative » la plus importante comme d’habitude du pays se vantait-elle. Mais justement, quel bilan peut-on faire des actions qui lui sont liées, et de la structure globale elle-même ?

         Pas un mot de bilan non plus sur la situation scolaire générale sur la commune. Les écarts entre l’enseignement public et l’enseignement privé ? Sur les mauvais coups subis par la première de la part des gouvernements successifs et leur traduction locale ? Il est vrai que la municipalité se tait sur le sujet, on ne la voit jamais aux côtés des personnels, ou d’une façon totalement rarissime.

         Quant à l’action extrascolaire, nous y reviendrons en abordant la question générale de la Jeunesse, avec en particulier les grandes limites de son encadrement estival. DM (À suivre : Argenteuil, la situation de la Jeunesse, un problème majeur pour une municipalité, pourtant largement escamoté dans son Bilan de la municipalité 2020-2026. (15)

Extrait du blog « lo argenteuil » du 18.8.25.