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vendredi 29 mai 2026

États-Unis-Iran : gros bâton et poker menteur

 États-Unis-Iran : gros bâton et poker menteur

Le 26 mai, alors qu’il avait annoncé deux jours plus tôt qu’un accord de paix était « en cours de finalisation », Trump faisait bombarder des sites militaires dans le sud du pays.

Publié le 27/05/2026

 

Trump et les dirigeants américains se sont lancés dans une aventure dont ils cherchent à se sortir tout en présentant ce revers comme une victoire. Forts de leur puissance militaire quasiment sans limite, considérant qu’aucune parcelle de la planète ne doit échapper au contrôle de leurs groupes capitalistes, les dirigeants impérialistes pensent pouvoir soumettre n’importe quel régime par la seule puissance de leurs bombes. Mais quarante jours de bombardements et de destructions méthodiques des infrastructures et des sites industriels de l’Iran, suivis d’un semblant de trêve n’ont pas réussi à faire tomber le régime.

Depuis qu’il est revenu à la Maison Blanche, Trump met en œuvre une politique du gros bâton, prêt à utiliser tous les moyens pour soumettre les pays qui résistent aux États-Unis. S’il a pu imposer des droits de douane aux États qui n’avaient pas les moyens de prendre des mesures de rétorsion, s’il a pu kidnapper le président du Venezuela, s’il peut étrangler la petite île de Cuba, il n’a pas réussi à soumettre un pays de 90 millions d’habitants à grand renfort de bombes et de missiles. Pour y parvenir, quitte à y installer un chaos permanent comme son prédécesseur Georges Bush Junior l’a fait en Irak après 2003, il lui faudrait envoyer des centaines de milliers de soldats américains dans une offensive terrestre. Confrontés à une population américaine hostile à cette guerre et au coût extraordinaire qu’un tel débarquement impliquerait, Trump, et derrière lui l’appareil d’État américain, ne semble pas, en tout cas pour l’instant, prêt à s’y lancer. Alors, il pose des ultimatums et bluffle, tout en négociant en coulisse.

Selon les médias, les États-Unis semblent prêts à débloquer quelques dizaines de milliards de dollars iraniens gelés dans des banques au Qatar ou dans d’autres pays ; à lever tout ou partie des sanctions qui étranglent l’Iran et qui restreignent l’exportation de ses hydrocarbures, depuis que Trump a rompu, en 2018, l’accord sur le nucléaire qu’avait signé Obama. Aujourd’hui Trump fanfaronne en répétant qu’il veut obtenir un meilleur accord, mais son secrétaire d’État Rubio préfère affirmer que cette question du nucléaire « ne se réglera pas en 72 heures », justifiant ainsi qu’elle soit écartée du futur accord. Quant à la réouverture du détroit d’Ormuz, si les modalités d’un accord restent inconnues, elle est le sujet principal des négociations.

En même temps, pour ne pas sembler céder aux exigences iraniennes et pour déguiser un revers en victoire, Trump noie le poisson. Le 26 mai, en même temps qu’il bombardait, sommait les dirigeants des pays du Golfe de se joindre aux accords d’Abraham avec Israël. Discutés lors du premier mandat de Trump, ratifiés par quatre pays arabes, ces accords visaient à renforcer les relations entre ceux-ci et Israël. C’est aussi pour éviter que d’autres États arabes ne signent ce texte qui fait disparaître la question palestinienne, que le Hamas avait lancé son attaque contre Israël, le 7 octobre 2023. Les dirigeants saoudiens et qatari accepteront-ils de laisser la place de leader régional à ceux d’Israël ? Rien n’est moins sûr.

Malgré les conséquences dramatiques du blocage du détroit d’Ormuz, la partie de poker menteur entre dirigeants américains et iraniens peut encore durer. Comme la guerre, elle est payée par les classes populaires, en Iran comme dans tous les pays du monde.

                                                   Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°3017)

mercredi 20 mai 2026

États-Unis / Chine : Danse avec les loups

 

Grandes dents et gros appétit

 

 

En Chine, Trump a réussi son pas de deux avec Xi Jinping sans renverser la porcelaine et a repris l'avion en affirmant que le dirigeant chinois "est vraiment devenu un ami".

         Tout le monde sait que le président américain dit n'importe quoi, et que l’impérialisme américain est à l’offensive partout dans le monde et notamment contre la Chine pour défendre sa place de premier exploiteur et pilleur de la planète. Les sourires de Trump cachent mal ses crocs…

lundi 18 mai 2026

Cuba : un peuple étranglé par les États-Unis

 Cuba : un peuple étranglé par les États-Unis

Au moment où Trump est empêtré dans la guerre qu’il a déclenchée contre le régime iranien, il s’acharne contre la petite île de Cuba. Après avoir suggéré qu’un porte-avions américain pourrait l’assiéger « sur le chemin du retour d’Iran », il a signé le 1er mai un décret rallongeant la liste des sanctions.

Publié le 12/05/2026

Sous embargo depuis 1962, Cuba est asphyxiée depuis janvier par le blocus pétrolier américain qui la prive d’énergie en plus de toutes les autres denrées, dont les médicaments. Faute de pétrole, Cuba ne peut plus produire l’électricité indispensable à la vie quotidienne et au fonctionnement des hôpitaux. Les stations-service sont à sec et les transports réduits au minimum. Les principales compagnies aériennes internationales ont supprimé tous leurs vols, privant l’île de sa principale source de revenus et de son seul apport en dollars : le tourisme.

Déjà frappée de plein fouet par l’arrêt du tourisme provoqué en 2020 par la pandémie de Covid, l’économie cubaine, qui ne s’en était pas remise, est de nouveau à l’arrêt. Des dizaines de milliers de Cubains ont ainsi perdu leur emploi, ne pouvant plus faire vivre leur famille alors que les prix des rares denrées disponibles ont explosé. Un litre d’huile de tournesol coûte ainsi un quart du salaire moyen. La misère et l’absence de perspective accélèrent l’exil de la population : depuis 2020, deux millions de personnes, un quart de la population, ont quitté l’île, souvent de façon clandestine, pour tenter leur chance dans un pays d’Amérique Latine.

Si Trump s’acharne contre Cuba, et d’abord contre la fraction la plus pauvre de sa population qui subit de plein fouet l’embargo, ce n’est pas parce que le pays représenterait « une menace extraordinaire » comme il le répète. Depuis l’épisode des missiles soviétiques installés en 1962, rapidement démontés, Cuba n’a pas de force balistique et son armée ne dispose que de vieux équipements. Ce que Trump ne digère pas, dans le sillage de tous les présidents américains depuis Kennedy, c’est que le peuple d’un pays situé à 150 kilomètres de la Floride ait pu chasser une dictature pro-américaine pour la remplacer par un régime tenant tête à l’impérialisme qui a apporté quelques progrès et de la dignité à la population.

C’était il y a plus de 65 ans. Depuis, Fidel Castro et la génération qui avait alors pris le pouvoir et incarné aux yeux du monde entier cette indépendance vis-à-vis des États-Unis, ont disparu. Privée du soutien de l’Union soviétique, asphyxiée par l’embargo américain, subissant un régime autoritaire, l’île n’a cessé de s’enfoncer dans la pauvreté. Mais pour Trump et son administration, cela ne suffit pas. Ils veulent abattre un régime qui est l’héritier d’une révolte populaire, quitte à ce que Cuba redevienne « le bordel des États-Unis » que le pays était avant 1959.

                                                       Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°3015)

jeudi 7 mai 2026

Moyen-Orient : Trump, où est sa victoire ?

Moyen-Orient : Trump, où est sa victoire ?

Après cinq semaines de bombardements israélo-américains ayant entraîné des milliers de morts et des destructions massives, suivies de trois semaines de trêve et alors que la marine américaine bloque ses ports, l’Iran a proposé à ses agresseurs un plan de paix en quatorze points.

Publié le 05/05/2026


 

Ce projet demande le retrait des forces américaines des zones proches de l’Iran, la levée du blocus, la fin du gel des avoirs iraniens dans les banques occidentales, le paiement de réparations de guerre par les États-Unis, la levée des sanctions, une entente sur la navigation dans le détroit d’Ormuz, la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Il est notable que la question des stocks d’uranium enrichi qui pourraient permettre à l’Iran de se doter de l’arme atomique, prétexte le plus souvent utilisé par Trump et Netanyahou pour justifier leur guerre, ne figure même pas dans ce plan.

Ces propositions, dont la satisfaction, certes bien improbable, mettrait l’État et les possédants iraniens dans une meilleure position qu’avant le début du conflit, sont un véritable camouflet pour Trump et, derrière lui, pour les États-Unis. Cette guerre, qui a d’ores et déjà coûté des centaines de milliards de dollars au budget américain, et rapporté il est vrai une somme équivalente à leurs marchands d’armes, se solderait donc, au mieux pour Trump, par un retour piteux à la situation antérieure. Il reste bien sûr encore la possibilité que l’armée américaine reprenne ses bombardements. Elle a en effet les moyens de « ramener l’Iran à l’âge de pierre » comme le milliardaire mégalomane qui dirige les États-Unis a menacé de le faire. Mais, vu la situation intérieure à laquelle il fait face, en a-t-il les moyens politiques ?

Lundi 4 mai, Trump parlait d’envoyer sa marine convoyer les navires neutres ou amis dans le Golfe. Cela signifierait en fait reprendre la guerre, sur mer cette fois-ci. Mais personne ne sait, pas même le président américain lui-même, si cela sera suivi d’effet ou s’il passera à un autre discours disant exactement le contraire, empêtré qu’il est dans une guerre qu’il a pourtant voulue.

Le fait de voir la première puissance impérialiste tenue en échec, au moins pour l’instant, d’entendre son dirigeant mentir en parlant chaque jour d’une victoire qui n’existe pas est toutefois une satisfaction des plus minces. On ne peut pas oublier les morts, les destructions, la situation terrible du peuple iranien et des populations libanaise et palestinienne, ni la crise économique mondiale que la guerre accélère. On ne peut pas oublier non plus que la dictature des mollahs que Trump prétendait abattre est aujourd’hui renforcée. Et, surtout, on ne peut oublier que, aussi fou soit-il, Trump incarne la politique de terreur nécessaire à un impérialisme qui, avec ou sans lui, est déterminé à imposer sa domination.

                                                    Paul Galois (Lutte ouvrière n°3014)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-jeudi 7 mai : distribution du tract de la fête à partir de 6 h.45 à la gare d’Argenteuil ;

-vendredi 8 mai, de 15 à 17 heures au marché du Val Nord,

-et de 17 h.15 à 18 h.15 au « carrefour Babou » ;

-samedi 9 mai, de 10 h.30 à 12 h. centre commercial cité Joliot-Curie ;

-de 11h. à midi marché de la Colonie ;

-dimanche 10 mai : de 10 h.15 à midi 15 au marché Héloïse ;

 

mercredi 29 avril 2026

« Violence en politique », Trump, Macron, morale sélective

 

Drôle de monde, drôles de gens

 


 

Après les tirs lors d’un gala à Washington, la classe politique unanime, de Barack Obama aux États-Unis à Macron en France, dénonce la « violence en politique » et apporte son soutien à Trump.

Mais tous ces dirigeants, par leur soutien à Netanyahou, sont coresponsables d’une violence autrement plus massive qui a déjà coûté la vie à des dizaines de milliers de Palestiniens. Et tous participent à la guerre qui ravage le Moyen-Orient. Ils ne sont contre la violence que lorsqu’ils se sentent menacés.