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lundi 8 décembre 2025

Téléthon, maladies rares : le fossé se creuse entre la nécessité et les moyens alloués

 

Renverser le capitalisme pour imposer une autre logique

 

 

La campagne du Téléthon s’est tenue une nouvelle fois ce week-end afin de récolter des dons pour la recherche sur les maladies rares ou dégénératives. Sans la générosité de bénévoles et de millions de donateurs – qui font bien souvent partie des classes populaires – les avancées médicales seraient freinées.

         Le capitalisme, à la recherche du profit immédiat, délaisse bien des malades. L’État aussi qui réserve son budget à l’armée. L’écart se creuse entre les possibilités médicales incroyables et l’absence de financement.

dimanche 13 juillet 2025

Industrie pharmaceutique, que des rapaces. L’un d’eux, Sanofi.

Sanofi : les rapaces de l’industrie pharmaceutique

Le 1er juillet, Sanofi annonçait la vente du site de Maisons-Alfort où est fabriqué le Lovenox, un anticoagulant qui rapportait 3 milliards d’euros par an à l’échelle mondiale en 2009, mais dont le bénéfice net par action recule depuis que les brevets sont tombés.

Publié le 09/07/2025

Au mois de mars, Sanofi cédait son usine d’Amilly dans le Loiret où sont fabriqués l’Aspegic et le Kardegic, immensément connus et rentables. Fin avril, c’était le tour d’Opella, la filiale des médicaments de santé familiale d’où sortent, entre autres, les boîtes de Doliprane. Et ce ne sont que trois des récentes opérations de ce qu’on pourrait appeler « le grand ménage au bonheur des actionnaires ».

Trouver le bon terrain où faire fructifier le capital, telle est la loi du capitalisme, quel que soit le secteur. Il en est ainsi depuis la naissance du mammouth des médicaments qu’est aujourd’hui Sanofi. Tout a commencé en 1973, en pleine crise pétrolière, quand la future Elf Aquitaine, où l’État était majoritaire, cherchait où investir ses capitaux. Le travail fut confié à une dizaine de cadres. Ils choisirent le secteur de la pharmacie et fondèrent l’Omnium financier Aquitaine pour l’hygiène et la santé qui allait devenir Sanofi. Avec une première enveloppe de 500 millions de francs, ils rachetèrent des laboratoires, petits et grands, français et étrangers. Il y eut de grosses prises telle la branche vaccins de Pasteur en 1980. Et de très grosses, notamment en 1999, Synthélabo qui appartenait à L’Oréal puis, en 2004, l’OPA sur Aventis lui-même issu, entre autres, de Rhône-Poulenc et Roussel-Uclaf. Là il fallut mettre 55 milliards sur la table, 55 milliards amassés grâce aux profits rapportés par la vente de ces marchandises que sont les médicaments.

Ce furent des milliers de suppressions de postes et de licenciements. Mais bien sûr, à chaque fois, on eut droit aux déclarations vibrantes sur l’intérêt de la recherche française et la promesse que seule la santé des malades animait les intentions du laboratoire. Là où il ne s’agissait que d’amélioration du taux de profit.

Désormais et depuis des années déjà, l’amélioration du taux de profit passe par les médicaments dits innovants, issus de biotechnologies et s’adressant généralement à des maladies rares, des cancers avancés. Gros avantage pour le taux de profit, ils échappent aux règles habituelles de fixation des prix avec les autorités de santé et la Sécurité sociale. Les prix atteignent des sommets. Ainsi en est-il du Dupixent de Sanofi, prescrit contre l’asthme, vendu 1 200 euros les deux ampoules, sachant qu’il faut deux injections au départ puis une injection tous les 15 jours. C’est la Sécu qui paye et nourrit grassement Sanofi.

Le laboratoire justifie le prix au regard des coûts de la recherche et des risques encourus. Sauf que, comme tous les gros industriels de la pharmacie, Sanofi supprime ses laboratoires de recherche. Celle-ci est faite dans des milliers de petites entreprises de biotechnologie souvent construites autour d’un chercheur, ces biotechs dont des financiers lorgnent les travaux, prêts à miser si la trouvaille est prometteuse. Et quand le boulot est fait, que le médicament a montré son efficacité, le grand laboratoire achète la biotech comme Sanofi l’a fait un grand nombre de fois ces dernières années et continue à l’annoncer chaque mois.

Aujourd’hui, à l’échelle de la planète, les grands groupes pharmaceutiques se battent entre eux à coups de milliards pour dégoter la bonne biotech, acheter le bon candidat médicament, le meilleur, le plus prometteur en matière… financière !

                                                            Sophie Gargan (Lutte ouvrière n°2971)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

Aujourd’hui dimanche 13 juillet, de 11 h. à midi, au marché Héloïse ;

 

dimanche 4 mai 2025

Agences et opérateurs de l’État dans le viseur du virus gouvernemental

 Montchalin : un vrai danger public

Dimanche 27 avril, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a annoncé l’intention du gouvernement de supprimer ou fusionner un tiers des agences et des opérateurs de l’État.

Publié le 29/04/2025

Même si la ministre est restée floue sur les agences qui seraient concernées, certaines avaient déjà été citées, notamment celles consacrées à la recherche scientifique, comme le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) ou l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). D’autres, comme l’Office national des forêts (ONF) ou l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) travaillent dans des domaines liés à l’environnement.

Tout en promettant de ne pas toucher aux universités, la ministre revendique de vouloir « faire du ménage dans notre organisation » et réduire le nombre d’emplois publics. Elle promet des annonces plus précises quand elle sera auditionnée par le Sénat, à la mi-mai, mais n’a visiblement pas pu attendre pour entonner le refrain anti-fonctionnaires habituel, qui évoque les dizaines de milliers de salariés payés par l’État et dont le travail serait inutile.

Cette énième attaque contre les travailleurs est aussi une proclamation d’irresponsabilité de la part du gouvernement, qui promet ainsi d’aggraver la pénurie de moyens des organismes de recherche et de surveillance scientifique et médicale.

Montchalin prétend réduire les dépenses et supprimer des postes inutiles. Elle économisera peut-être quelques milliards que le gouvernement s’empressera de transformer en dépenses « utiles », consacrées à l’augmentation des budgets militaires ou aux aides aux grandes entreprises. C’est que servir la soupe aux capitalistes et à leurs actionnaires est la seule utilité de ce personnel politique.

                                             Nadia Cantale (lutte ouvrière n°2961)

lundi 31 mars 2025

Médicaments : pénuries permanentes

L’incidence de la propriété privée des moyens de production

 

 

Selon l’Agence nationale de sécurité du médicament, les industriels ont déclaré près de 400 médicaments en rupture de stock en 2024. Elle précise qu’il s’agit d’un niveau « historiquement haut ». La liste contient des molécules indispensables pour nombre de malades : anti-infectieux, anticancéreux, antipsychotiques. Ainsi, la quétiapine, pourtant prescrite à 250 000 patients bipolaires ou schizophrènes, est introuvable. 

         La décision de produire ces médicaments relève du choix de chaque fabricant, en fonction de ses priorités, de ses profits, sans s’occuper de l’urgence dans laquelle se retrouvent les malades.