La
campagne de Lutte ouvrière : dans les usines et les quartiers populaires
Publié le 17/04/2024
Dans les médias, la campagne
électorale des européennes a officiellement commencé lundi 15 avril, avec
la mise en place du principe de « l’équité » entre les listes. En
fait, ce mot ne signifie rien.
Ceux qui occupent la place sur
les plateaux de télévision et à la radio continueront de le faire, car équité
ne veut surtout pas dire égalité de temps de parole. Quant à la presse écrite,
elle n’est assujettie à aucune règle.
Les temps de parole seront certes
mesurés précisément, mais les chaînes sont priées de respecter dans leurs
invitations « la représentativité des listes de candidats et des
partis ». Selon quels critères ? « En fonction des résultats
obtenus lors de la dernière élection des représentants au Parlement européen et
aux plus récentes élections, et en fonction des indications de sondages
d’opinion », explique l’ARCOM, l’institut prétendant veiller au
pluralisme dans le domaine de l’audiovisuel. Il ajoute qu’il faut « également
tenir compte de la contribution de chacune des listes de candidats et de leurs
soutiens à l’animation du débat électoral ».
Ce cadre extrêmement flou permet
aux chaînes de télévision de faire ce qu’elles veulent, et confie aux grands
partis politiques un monopole sur l’opinion publique, malgré tout le rejet
qu’en réalité ils peuvent susciter. Ainsi, tout contribue à ce que les
électeurs soient convaincus de n’avoir le choix qu’entre des candidats qui,
tout en se critiquant et parfois en s’insultant, sont « tous les
mêmes ». En effet ils se retrouvent dans la volonté d’accepter cette
société dont ils prétendent être des responsables. Cette prétention est un
mensonge grossier, car les maîtres de cette société sont les grands
capitalistes, qui ne soumettent pas leur pouvoir au vote. Même lorsqu’ils ne se
mêlent pas directement d’élections, ils savent dicter leur politique à ceux qui
se font élire.
Dans cette situation, beaucoup de
travailleurs s’abstiennent, voire ne sont même plus inscrits sur les listes
électorales. Mais s’abstenir, c’est se taire. Le bulletin de vote pour la liste
Lutte ouvrière veut être un moyen de dire que l’on accepte pas cette société
qui rend l’immense majorité de plus en plus misérable, alors que la classe
capitaliste s’enrichit comme jamais. Il veut être un moyen d’affirmer que la
classe ouvrière représente des millions de personnes qui font tout tourner et
que cette classe, en collaboration avec toutes les autres couches opprimées,
dirigerait la société d’une façon infiniment plus rationnelle que la
bourgeoisie, car elle le ferait dans l’intérêt général et non pas pour le
profit d’une infime minorité. Il veut être un moyen de dénoncer la marche à la
guerre que sont en train de nous imposer ceux qui nous dirigent, et qui mène à
la catastrophe.
Le vote Lutte ouvrière sera sans
doute une voix moins forte que celles qui défendent ce système, derrière
Macron, Le Pen et bien d’autres. Mais cette voix venant du camp des
travailleurs sera la seule représentant une perspective d’avenir pour
l’humanité. Tous ceux qui feront le geste de voter Lutte ouvrière, et
d’entraîner leurs proches à le faire, contribueront à la renforcer.
Pierre
Royan (Lutte ouvrière n°2907)