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samedi 1 août 2026

Argenteuil, commerce de la grande distribution aussi problématique que le commerce de détail et autre sur la Ville

 

Concurrence, projets secrets, réduction du pouvoir d’achat…

 

 

Un site internet spécialisé dans la consommation a évoqué ces jours derniers les difficultés de fonctionnement du supermarché Intermarché-ex Carrefour-ex Casino du Centre commercial Côté Seine de la Ville dont il est pourtant la locomotive. Pour le repreneur Intermarché, un obstacle de taille : le loyer énorme à verser au propriétaire des murs Casino. Pour les clients, une offre très limitée qui n’est pas susceptible au développement des ventes. Chacun peut s’interroger sur l’avenir de la présence de l’enseigne dans le centre commercial.

         Cette situation s’ajoute à bien d’autres concernant le commerce en enseignes de la grande distribution à Argenteuil. Nous avons dénoncé la fin du magasin Monoprix boulevard Jean Allemane. Lidl doit lui succéder, mais les habitants du Val-Sud craignent que cela ait des conséquences sur l’existence même de l’actuel Lidl boulevard du Général Leclerc dans le quartier du Perreux. Il faut ajouter à cela l’existence de la coque commerciale toujours désespérément vide de l’esplanade du Val-Nord.

         Ces questions ne relèvent pas seulement de la rivalité entre les grandes enseignes de la distribution et de leurs choix stratégiques secrets. Elles concernent d’abord les difficultés de l’approvisionnement des habitants, en particulier pour ceux qui ne peuvent le faire que dans des commerces de proximité. Et il y a surtout les difficultés matérielles croissantes du monde du travail que taraude la hausse des prix des biens et des services, et qui l’oblige à restreindre ses achats. DM

dimanche 12 juillet 2026

Lidl : le mépris en promo

 

Lidl : le mépris en promo

Le 2 juillet, de nombreux médias ont relayé des scènes de bousculades, voire de bagarres, dans des magasins Lidl. Des clients s’y pressaient pour acheter un climatiseur ou un ventilateur bon marché, alors que la nouvelle vague de canicule s’annonçait.

Publié le 08/07/2026

 

L’enseigne avait promis 200 000 ventilateurs et climatiseurs, avec des ventilateurs à moins de 15euros et des climatiseurs mobiles à 179euros. En réalité, avec quelques climatiseurs par magasin, les rayons ont été vidés en quelques minutes. Lidl maîtrise ce genre d’opération publicitaire autour de produits recherchés que l’enseigne met en vente à bas prix mais en petites quantités.

Cette promotion gonflera peut-être un peu plus les milliards d’euros de chiffre d’affaires de Lidl. Elle a d’ores et déjà servi de prétexte à un déchaînement de mépris contre des pauvres accusés de ne pas savoir se tenir, devant des vidéos de cohue autour des rares appareils disponibles, comme s’il était incompréhensible d’espérer trouver un ventilateur ou un climatiseur à un prix abordable.

Le scandale est ailleurs, dans les décisions de ces grands patrons qui, à l’instar de l’héritier multimilliardaire propriétaire de Lidl, imposent des salaires trop bas, obligeant les familles ouvrières à vivre dans des logements bouilloires et à passer des heures dans des transports étouffants.

                                                   L. P. (Lutte ouvrière n°3023)

lundi 1 juin 2026

Grande distribution : la jungle des profits

Grande distribution : la jungle des profits

Le 19 mai, la commission d’enquête sénatoriale a publié son rapport sur les marges des producteurs agricoles et industriels et celles de la grande distribution, qui pointe les différentes responsabilités des hausses de prix.

Publié le 27/05/2026

Après 189 auditions de représentants des filières agricoles, de l’industrie et des distributeurs, le constat est en fait déjà connu : la grande distribution tire l’essentiel de son profit de méthodes de négociation « assises sur la menace, l’intimidation et les contraintes ».

Trois grandes centrales d’achat, Leclerc- Eurelec, Aura-Everest et Concordis, font face à 400 000 exploitations agricoles et 23 000 entreprises industrielles, dont 98 % de PME. Dans toutes les négociations commerciales, elles utilisent la menace de diminution de commandes, de déréférencement, « instaurent un climat de peur intolérable », selon le rapport, et pour certains « des pertes de produits parfois périssables s’élevant à plusieurs millions d’euros ». Elles imposent la facturation de remises, ristournes et autres prétendus services commerciaux appelés « marges arrière ». Mais les fournisseurs ont intérêt à payer s’ils veulent continuer à vendre leurs produits. Évidemment, dans chacun des secteurs agricoles ou industriels, ce sont les plus petits fournisseurs qui sont les plus maltraités. Les trusts de l’agroalimentaire comme Nestlé, Lactalis et Bigard ont davantage les moyens de se faire respecter par les distributeurs.

Quant aux clients, la grande distribution leur offre parfois des prix défiant toute concurrence, mais sur des produits dont la qualité est régulièrement épinglée par les associations de consommateurs.

La commission aligne un certain nombre de propositions pour mettre, paraît-il, un peu de réalité et d’équité dans la formation des prix, de régulation de la concurrence pour la satisfaction des producteurs et des consommateurs.

Une démarche vouée à l’échec dans une économie où dominent les rapports de force, où les plus gros distributeurs ont imposé leur domination grâce à la fermeture des petits commerces, le licenciement de milliers de salariés, et où la seule morale est celle du profit.

                                                    Sylvie Maréchal (Lutte ouvrière n°3017)