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lundi 1 juin 2026

Grande distribution : la jungle des profits

Grande distribution : la jungle des profits

Le 19 mai, la commission d’enquête sénatoriale a publié son rapport sur les marges des producteurs agricoles et industriels et celles de la grande distribution, qui pointe les différentes responsabilités des hausses de prix.

Publié le 27/05/2026

Après 189 auditions de représentants des filières agricoles, de l’industrie et des distributeurs, le constat est en fait déjà connu : la grande distribution tire l’essentiel de son profit de méthodes de négociation « assises sur la menace, l’intimidation et les contraintes ».

Trois grandes centrales d’achat, Leclerc- Eurelec, Aura-Everest et Concordis, font face à 400 000 exploitations agricoles et 23 000 entreprises industrielles, dont 98 % de PME. Dans toutes les négociations commerciales, elles utilisent la menace de diminution de commandes, de déréférencement, « instaurent un climat de peur intolérable », selon le rapport, et pour certains « des pertes de produits parfois périssables s’élevant à plusieurs millions d’euros ». Elles imposent la facturation de remises, ristournes et autres prétendus services commerciaux appelés « marges arrière ». Mais les fournisseurs ont intérêt à payer s’ils veulent continuer à vendre leurs produits. Évidemment, dans chacun des secteurs agricoles ou industriels, ce sont les plus petits fournisseurs qui sont les plus maltraités. Les trusts de l’agroalimentaire comme Nestlé, Lactalis et Bigard ont davantage les moyens de se faire respecter par les distributeurs.

Quant aux clients, la grande distribution leur offre parfois des prix défiant toute concurrence, mais sur des produits dont la qualité est régulièrement épinglée par les associations de consommateurs.

La commission aligne un certain nombre de propositions pour mettre, paraît-il, un peu de réalité et d’équité dans la formation des prix, de régulation de la concurrence pour la satisfaction des producteurs et des consommateurs.

Une démarche vouée à l’échec dans une économie où dominent les rapports de force, où les plus gros distributeurs ont imposé leur domination grâce à la fermeture des petits commerces, le licenciement de milliers de salariés, et où la seule morale est celle du profit.

                                                    Sylvie Maréchal (Lutte ouvrière n°3017)

 

jeudi 28 mai 2026

Transparence : ce que les sénateurs ne veulent ou ne peuvent faire, les travailleurs le peuvent s’ils le veulent

 

En avoir seulement la volonté

  


Selon un rapport sénatorial, sur 100 euros dépensés à la caisse, 40 vont au supermarché, et seulement 8 aux agriculteurs, le reste allant aux industriels et à l’importation.

         Les sénateurs appellent à « faire la transparence », mais ne disent pas comment. La solution est simple : que les travailleurs mettent leur nez dans les comptes de toutes les entreprises du secteur, des industriels aux distributeurs en passant par les transporteurs.

On mesurera ainsi à quel point les petits producteurs sont étranglés et les consommateurs rackettés pour enrichir une poignée de parasites !

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-vendredi 29 mai, de 17 h.15 à 18 heures 15, carrefour Babou ;

-samedi 30 mai, de 10 h.15 à midi, centre cl de la cité Joliot-Curie,

-et de 11 h à midi au marché de la Colonie ;

-dimanche, de 11 h à midi au marché Héloïse.

jeudi 14 mai 2026

Prix de l’alimentation : faire passer les grands groupes à la caisse !

 Prix de l’alimentation : faire passer les grands groupes à la caisse !

Le gouvernement a réuni, lundi 11mai, des dirigeants des filières agricole, agro-alimentaire et de la distribution. Alors que les négociations commerciales entre ces filières se sont clôturées fin février, plusieurs grands groupes agro-industriels réclament de pouvoir augmenter leurs prix.

Publié le 12/05/2026

 

Face à la crise provoquée par l’envolée des prix du pétrole et des productions qui en découlent, le gouvernement est à l’écoute de toutes les difficultés, surtout quand elles viennent du monde patronal. C’est sans doute pour cela qu’il a convoqué cette réunion, alors que le président de l’Ania, l’Association nationale des industries alimentaires, se lamente sur les difficultés des entreprises de son secteur « dont les marges sont déjà réduites au plus bas » et d’être « la dernière roue du carrosse ».

On retrouve au conseil d’administration de l’Ania la directrice générale de Mars Wrigley, premier producteur mondial de confiseries, le directeur de Danone France, celui de Lactalis… mais c’est bien entendu au nom du petit charcutier étranglé par la hausse des prix du plastique d’emballage que tout ce beau monde réclame le droit d’augmenter les prix, sous peine de provoquer sa faillite. Jean-François Loiseau, le président de l’Ania, l’assure : les hausses seraient « très ponctuelles », et d’ajouter : « D’ailleurs, quand le prix du pétrole augmente ou baisse, il y a des hausses et des baisses à la pompe mais personne ne s’en soucie, personne n’en parle. Je demande la même chose ». En somme pour ce monsieur, puisque « personne ne se soucie » des prix à la pompe, personne ne sera non plus trop regardant sur le prix de son chariot de courses à la caisse !

Comme d’habitude lors de ces discussions, du côté des patrons de la grande distribution, on freine des quatre fers sur la réouverture éventuelle de négociations. La représentante de la Fédération du commerce et de la distribution défend les intérêts des patrons d’Auchan, Carrefour et autres Leclerc, en faisant mine de se battre pour « le pouvoir d’achat des consommateurs, qui regardent particulièrement les prix ».

Quoi qu’il en soit des tractations entre ces requins pour savoir qui accaparera la plus grosse part des profits et des aides que le gouvernement mettra sur la table, l’addition pour les classes populaires grimpera. Car les plus gros du secteur n’ont pas attendu que le gouvernement les y autorise pour augmenter à nouveau leurs prix. Ainsi la marque Président, propriété de Lactalis, a déjà répercuté les augmentations liées, dit- elle, à la guerre au Moyen-Orient.

Depuis des années, les salaires et les pensions sont à la traîne tandis que toutes les dépenses de la vie quotidienne augmentent, en même temps qu’augmentent les profits des grands groupes. C’est eux qu’il faut faire passer à la caisse !

                                                          Nadia Cantale (Lutte ouvrière n°3015)

 

Les prochaines permanences prévues à Argenteuil :

-vendredi 15 mai, de 15 h.45 à 16 heures 30 au marché du Val Nord,

-et de 17 h.15 à 18 h.15 au « carrefour Babou » ;

-samedi 16 mai, de 10 h.30 à 12 h. centre commercial cité Joliot-Curie ;

-de 11h. à midi marché de la Colonie ;

-dimanche 17 mai : de 10 h.15 à 10 h.55 devant l’Intermarché du centre ;

-et de 11 h. à midi au marché Héloïse.

dimanche 10 mai 2026

Argenteuil, fermeture du Monoprix et nécessité de clamer toujours lorsque nous ne sommes pas d’accord

 

C’est toujours bon pour notre dignité et notre moral

 

 

Lorsque j’ai appris début mars que la direction du groupe Casino-Monoprix avait décidé la vente du magasin Monoprix d’Argenteuil au groupe de la distribution Lidl, j’ai décidé d’initier une protestation.

         Je suis client de ce magasin Monoprix comme l’était ma grand-mère qui vécut jusqu’à sa disparition en 1992 au 14 boulevard Jean Allemane.

         Chacun sait également que je suis depuis toujours un militant de Lutte ouvrière. Je suis par ailleurs syndiqué à la CGT. Lorsque des travailleurs sont inquiets, je suis solidaire.

         L’initiative de la pétition que j’ai fait signer ainsi qu’un artisan du quartier n’était pas une campagne en lien avec mon engagement militant. Elle se voulait simplement une réaction normale par rapport à une décision qui pose bien des soucis aux travailleuses et travailleurs de ce magasin, et aux clients, en particulier du quartier.

         Une fois par semaine, je suis venu devant le magasin pour faire signer cette pétition. Elle a recueilli 331 signatures. Il y a eu de nombreuses discussions. Le plus grand nombre de ces dernières marquait un accord avec cette initiative.

         Accompagnée de la lettre ci-jointe, j’ai envoyé mercredi 7 mai au PDG du groupe Casino à Saint-Étienne l’ensemble des signatures.

         Il y a certes seulement des chances infimes pour que ce monsieur entende notre protestation. Mais on ne pouvait pas laisser passer l’inacceptable sans rien dire. C’est même une généralité qui est bon pour notre dignité et notre moral.

         Merci aux signataires, et aux journalistes qui ont rendu compte de cette affaire. Si une réponse parvient à la suite du courrier, j’en informerai.

         Bon courage aux travailleuses et travailleurs du magasin. DM