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mardi 1 septembre 2026

Venezuela : le pétrole sous la botte états-unienne

 

Impérialisme sans fard : banditisme pur et simple

 

 

Donald Trump a annoncé la mainmise des États-Unis, et de leurs multinationales, sur les réserves de pétrole vénézuélien. Washington prend ainsi le contrôle majoritaire de 65 milliards de barils, sous forme de concessions de cent ans.

         Quand les États-Unis avaient enlevé le président Maduro en janvier, la dictature n’était qu'un prétexte. L’impérialisme américain lorgnait sur les immenses réserves du Venezuela en hydrocarbures. Et voulait affirmer sa propre dictature sur tout le continent américain.

vendredi 3 juillet 2026

Venezuela : les étrangleurs jouent les sauveteurs

Venezuela : les étrangleurs jouent les sauveteurs

Le bilan provisoire du tremblement de terre du 24 juin au Venezuela se montait déjà au bout de cinq jours à 1 700 morts et 5 000 blessés.

Publié le 01/07/2026

 

Il s’ajoutait à ce bilan plus de 50 000 disparus, sûrement ensevelis dans les 60 000 immeubles en partie ou totalement effondrés.

Alors que de nouvelles répliques secouaient la zone comprise entre Caracas et La Guaira sur la côte caraïbe, la population, sans presque aucune aide de l’État, tentait seule, à mains nues et dans la chaleur, de retrouver des rescapés. Elle ne disposait que de pioches et de pelles en nombre insuffisant, sans eau pour se laver et boire, ni d’électricité ni d’ambulance pour emmener les blessés.

L’armée semble avoir été surtout présente pour empêcher les sinistrés de s’approcher des zones dangereuses. Ainsi, des vidéos montrent des habitants excédés interpellant des militaires : « Lâche ton fusil et viens prendre une pioche ! » À Caracas, près d’un immeuble effondré, la présidente Delcy Rodriguez a été huée par la foule : « Le gouvernement ne fait rien pour le peuple ! »

Dans une telle tragédie, au Venezuela comme partout, les pauvres ne peuvent compter que sur leur solidarité. L’État montre son vrai visage : efficace pour le maintien de l’ordre et la répression mais incapable de se mettre au service de la population. Dans ces conditions, les puissances impérialistes peuvent se donner le beau rôle à peu de frais. L’armée américaine a déployé une centaine de Marines pour rouvrir le port de La Guaira endommagé et permettre le débarquement de l’aide humanitaire. Le gouvernement de Trump a débloqué une aide financière et des secouristes de divers pays se rendent sur les lieux de la catastrophe. Les États-Unis, qui contrôlent à nouveau le pays depuis l’enlèvement du président Maduro, profitent de l’occasion pour améliorer leur image… et renforcer leur emprise.

Les médias du monde entier montrent et dénoncent l’incurie du gouvernement vénézuélien. Elle est flagrante mais d’où vient-elle ? L’Etat vénézuélien n’est ni plus ni moins corrompu que tous les États de la région sur lesquels s’appuie l’administration américaine, mais surtout il est en faillite. Et cette faillite a été voulue et organisée par les États-Unis.

Aujourd’hui encore, les sanctions économiques décidées en 2019 restent pour l’essentiel actives. Depuis janvier, le seul domaine où les États‑Unis ont accordé des licences de commercialisation est celui du pétrole. Les sanctions continuent de rendre impossible l’entretien du réseau électrique ou du réseau d’eau potable. Partout, les pièces manquent pour réparer les stations de pompage, les transformateurs, les bus, les camions. Les hôpitaux ne peuvent pas importer de matériel médical ni payer leurs fournisseurs. Le manque de pompiers et de moyens de secours est à l’image de l’effondrement général.

Il n’y a pas que les sanctions américaines qui étranglent l’économie vénézuélienne. Quelques heures après le sinistre, le Financial Times révélait l’ampleur réelle de la dette extérieure du pays : 240 milliards de dollars. Cette dette est détenue par des fonds financiers qui ne font pas et ne feront pas de cadeau.

La population vénézuélienne est victime d’un tremblement de terre meurtrier et historique, décuplé par l’action destructrice de l’impérialisme.

                                             Antoine Ferrer (Lutte ouvrière n°3022)

 

jeudi 8 janvier 2026

Venezuela : l’impérialisme veut un régime aux ordres

 Venezuela : l’impérialisme veut un régime aux ordres

Après le rapt du président vénézuélien, Trump a expliqué clairement son objectif : « Nous allons nous installer là-bas et gérer les affaires… nous allons installer nos plus grandes entreprises pétrolières et faire de l’argent pour le Venezuela. »

Publié le 07/01/2026

 

Selon l’Agence internationale de l’énergie, le sol vénézuélien renferme plus de 300 milliards de barils de pétrole, 17 % des réserves mondiales, de quoi effectivement attiser la convoitise de Trump. Les majors ont pu profiter de ce pactole pendant la plus grande partie du 20e siècle.

En 1975, bien avant Chavez et Maduro, le président vénézuélien de l’époque, dans la foulée d’autres États, comme la Libye, l’Algérie ou l’Irak, avait créé une compagnie nationale : Petróleos de Venezuela (PDVSA), qui prit possession des concessions et infrastructures. C’était un processus négocié, les compagnies américaines étant largement indemnisées, mais qui mettait fin à leur toute-puissance, alors qu’elles agissaient jusque-là dans le pays en maîtres absolus. Plus tard en 1999, quand Chavez prit le pouvoir, elles avaient largement repris leur place dans l’exploitation directe du pétrole, en particulier dans le bassin de l’Orénoque. Chavez voulut alors leur imposer un contrôle majoritaire de l’État, ce que refusèrent ConocoPhillips et ExxonMobil. Ces compagnies partirent en 2007 et leurs biens sur place furent expropriés, tandis que Chevron restait.

Chavez prit alors le contrôle politique de PDVSA et pour la première fois la manne pétrolière servit à l’État pour nourrir, soigner et éduquer la population la plus pauvre. Loin d’être une politique « socialiste » remettant en cause le capitalisme, celle de Chavez et de Maduro se bornait à affirmer une indépendance vis-à-vis de l’impérialisme américain. Le régime s’appuya pour cela sur une alliance avec Cuba, avec la Bolivie d’Evo Morales… puis dernièrement avec la Chine.

Pourtant, malgré le nationalisme des dirigeants chavistes, la présence américaine au Venezuela n’a jamais cessé. La compagnie Chevron, qui, malgré les sanctions, bénéficie d’une dérogation, y produit en ce moment 150 à 200 000 barils par jour sur quatre champs pétroliers et du gaz offshore, dans le cadre d’un partenariat avec la compagnie nationale PDVSA. Le groupe américain emploierait sur place 3 000 salariés.

Récemment, les officiels vénézuéliens ont fait des offres aux États-Unis leur proposant de renforcer leur présence. Mais Trump ne veut pas dépendre de la volonté et des décisions d’un État qui selon lui tient tête aux États-Unis depuis bien trop longtemps.

Pour organiser le rapt de Maduro, Trump a pu parier sur l’impopularité de son pouvoir, de plus en plus dictatorial. La presse évoque sans cesse la corruption du régime. Celle-ci est bien réelle, mais est du même ordre que dans les régimes voisins alliés des États-Unis. Dans un pays où le pétrole représente 90 % des recettes de l’État, ce sont surtout la chute des cours mondiaux en 2014, puis les sanctions américaines, instaurées en 2015 et accentuées par Trump en 2017, le quasi-embargo et le gel des actifs de PDVSA qui ont eu des conséquences catastrophiques, provoquant en particulier l’hyperinflation et l’explosion de la pauvreté.

« Nous contrôlerons le Venezuela jusqu’à ce qu’une transition soit possible », a déclaré Trump. Mais, à la surprise générale, il a écarté la politicienne d’extrême droite et récent Prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado, son principal soutien politique. Il a évoqué un accord avec la vice-présidente chaviste Delcy Rodriguez, qui aurait d’après lui accepté de collaborer. Après avoir dans un premier temps dénoncé « l’agression, une violation de la souveraineté », et affirmé que Maduro restait le seul président du pays, elle a modéré son discours, parlant d’un « agenda de coopération », appelant à une relation « équilibrée et respectueuse » avec les États-Unis.

Arrêter Maduro s’est avéré possible, mais après ? Dominer à distance un pays comme le Venezuela est bien moins simple et, pour le moment, Trump semble avoir choisi, faute de mieux, de se servir de l’équipe dirigeante déjà en place tout en lui braquant un revolver sur la tête. Delcy Rodriguez pourrait avoir le soutien de la couche de privilégiés qui soutenait jusque-là le régime de Chavez et Maduro. Les militaires haut gradés en particulier, placés par eux aux postes-clés de PDVSA, des circuits de distribution et d’entreprises privées garderaient ainsi leurs privilèges en échange d’une collaboration.

La bourgeoisie vénézuélienne, mais aussi une partie des près de 8 millions de Vénézuéliens qui ont quitté le pays, se réjouissent sans doute du rapt de Maduro. Mais la majorité de la population, qui subissait pourtant une dictature de plus en plus dure, ne peut guère s’attendre à une quelconque amélioration de son sort venue des États-Unis, alors que déjà Trump menace le gouvernement de gauche de la Colombie voisine et Cuba de nouvelles interventions militaires.

                                                Antoine Ferrer (Lutte ouvrière n°2997)

 

Les prochaines permanences à Argenteuil :

-vendredi 9 janvier : au carrefour Babou du Centre, de 17h.15 à 18 h.15. ;

-samedi 10 janvier : de 10 h.30 à midi centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

-et de 11 h. à midi au marché de la Colonie ;

-dimanche 11 janvier : de 10 h.25 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre ;

-et de 11 h. à midi au marché Héloïse ;

-lundi 12 janvier : de 18 à 19 h. centre commercial des Raguenets à Saint-Gratien.

mercredi 7 janvier 2026

L'éditorial de Nathalie Arthaud en vidéo : Raid au Venezuela : l'impérialisme américain étend la guerre - 3 mn 53

Venezuela : un régime loin du pouvoir des travailleurs, mais honni par l’impérialisme pour sa base populaire. Un article de mars 2013 de Lutte ouvrière après la mort d’Hugo Chavez

 Venezuela : Après la mort d'Hugo Chavez

Le cancer qui avait empêché la prise de fonction d'Hugo Chavez à la présidence de l'État vénézuélien, après sa quatrième victoire à l'élection présidentielle en octobre dernier, l'a finalement terrassé le 5 mars. Dans trente jours devrait avoir lieu une nouvelle élection où Nicolas Maduro, le dauphin que Chavez avait lui-même désigné, et qui assure l'intérim, devrait porter les couleurs du mouvement chaviste.

Publié le 06/03/2013

Chavez était apparu en 1992 dans la vie politique du Venezuela avec une tentative malheureuse de coup d'État. Celle-ci se voulait une réponse aux fusillades que la social-démocratie au gouvernement avait déclenchées, en 1989, contre les classes populaires alors qu'elles protestaient contre des hausses de prix insupportables. Après sa tentative, Chavez avait été incarcéré.

Au Venezuela, la vie politique reposait depuis des dizaines d'années sur un pacte d'alternance entre deux partis, la droite et la social-démocratie. Dans les années quatre-vingt-dix, l'usure du système politique ouvrit une voie au mouvement de Chavez. Sorti de prison, il lança un « mouvement bolivarien » pour participer aux élections. L'évocation de la figure de Simon Bolivar faisait appel au sentiment national des classes populaires et cherchait à rallier tous ceux qui aspiraient à un changement. Le discrédit des partis traditionnels fit le reste et, en 1999, Chavez fut élu à l'élection présidentielle à la tête d'un mouvement politique qui cherchait encore ses repères.

Il commença par réviser la constitution puis mit en place des missions sociales, offrant des solutions d'urgence pour la nourriture, le logement, l'éducation ou la santé, notamment avec l'aide de médecins venus de Cuba. Ces missions allaient lui attirer, jusqu'à sa mort, la sympathie de la population la plus déshéritée. Car en Amérique latine, les inégalités sont criantes et tous ceux qui à un moment ou un autre ont un peu tenu compte des besoins des classes populaires en ont reçu ensuite le soutien. La social-démocratie du Venezuela l'avait elle-même pratiquée dans les années soixante-dix.

Cette politique sociale était possible grâce à la rente pétrolière d'un pays sur ce plan aussi riche que l'Arabie Saoudite. Mais elle n'était pas du goût des classes possédantes, des banquiers, des patrons de presse, de la haute hiérarchie militaire et de toute la bureaucratie qui prospéraient sur la rente pétrolière en en écartant les classes populaires. En 2002, ce monde de nantis, encouragé par les États-Unis, se mobilisa pour renverser Chavez en pensant que la tâche serait facile. Mais il eut la surprise de découvrir que le petit peuple mais aussi une partie de l'armée, se mobilisait pour défendre Chavez, et le coup d'État échoua lamentablement.

L'opposition a continué de dénoncer Chavez comme un pur dictateur en passant sur le fait qu'il a organisé pendant quatorze ans élection sur élection, et même un référendum qui aurait pu le chasser du pouvoir s'il l'avait perdu.

Son pouvoir stabilisé, Chavez s'est affiché comme le partisan d'un « socialisme du 21e siècle » et a accolé l'étiquette « socialiste » au nom de son parti. Mais, en pratique, si l'État a pris le contrôle de l'industrie du pétrole, il n'y a eu nulle expropriation des classes possédantes. Chavez a plutôt cherché, et trouvé, un compromis avec elles, y compris avec certains de ceux qui avaient tenté de le renverser en 2002, comme le patron de presse Cisneros.

Sur le plan international, la rente pétrolière lui a permis également d'entretenir de bonnes relations non seulement avec Cuba et la Bolivie d'Evo Morales mais également avec l'Argentine ou le Brésil. S'il a aussi cultivé des relations avec des dictatures comme l'Iran ou la Libye de Kadhafi, il s'agissait d'abord de remplir ses carnets de commandes. D'ailleurs, malgré toutes les déclarations anti-impérialistes et anti-américaines de son leader, le Venezuela est resté le principal fournisseur de pétrole des États-Unis comme dans le passé.

Et si Chavez a maintenu les missions sociales qui ont fait reculer la pauvreté et lui ont valu sa popularité, il a aussi laissé se développer une corruption dont ont profité certains dirigeants chavistes, au point qu'on parle d'une « boli-bourgeoisie ».

Après la mort de Chavez, sa popularité assurera sans doute encore le succès de son parti à la prochaine présidentielle. Mais les rivalités entre les différents clans du parti bolivarien pourraient se réveiller, tandis que l'opposition de droite, qui rêve de revanche, cherchera elle aussi à tirer profit de la disparition de celui qui a été sa bête noire pendant quatorze ans.

Il reste une question pour la population vénézuélienne : si la politique sociale du leader « bolivarien » a amélioré un peu la situation d'au moins une partie d'entre elle, son sort devra-t-il toujours dépendre de la venue ou non d'un sauveur, ou bien les travailleurs, les pauvres de ce pays pourront-ils se donner les moyens d'imposer eux-mêmes leurs exigences à la bourgeoisie et à l'impérialisme

                                 Jacques FONTENOY (Lutte ouvrière n°2327)

dimanche 4 janvier 2026

Venezuela : à bas l'impérialisme !

Pratiques de malfrats, c’est le capitalisme

  


Après des mois de menaces, de piraterie contre des bateaux causant déjà des dizaines de morts, d’arraisonnement de pétroliers, les États-Unis ont fini par frapper directement le Venezuela. Trump se vante que les troupes américaines ont fait prisonnier Maduro, le président vénézuélien.

Depuis longtemps l’impérialisme américain veut mettre au pas un des rares pays d'Amérique latine qui refuse de s'aligner, et mettre la main sur ses immenses réserves de pétrole.

À bas l’impérialisme et son cortège de pillage, de guerre et de soumission.