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jeudi 8 janvier 2026

Venezuela : l’impérialisme veut un régime aux ordres

 Venezuela : l’impérialisme veut un régime aux ordres

Après le rapt du président vénézuélien, Trump a expliqué clairement son objectif : « Nous allons nous installer là-bas et gérer les affaires… nous allons installer nos plus grandes entreprises pétrolières et faire de l’argent pour le Venezuela. »

Publié le 07/01/2026

 

Selon l’Agence internationale de l’énergie, le sol vénézuélien renferme plus de 300 milliards de barils de pétrole, 17 % des réserves mondiales, de quoi effectivement attiser la convoitise de Trump. Les majors ont pu profiter de ce pactole pendant la plus grande partie du 20e siècle.

En 1975, bien avant Chavez et Maduro, le président vénézuélien de l’époque, dans la foulée d’autres États, comme la Libye, l’Algérie ou l’Irak, avait créé une compagnie nationale : Petróleos de Venezuela (PDVSA), qui prit possession des concessions et infrastructures. C’était un processus négocié, les compagnies américaines étant largement indemnisées, mais qui mettait fin à leur toute-puissance, alors qu’elles agissaient jusque-là dans le pays en maîtres absolus. Plus tard en 1999, quand Chavez prit le pouvoir, elles avaient largement repris leur place dans l’exploitation directe du pétrole, en particulier dans le bassin de l’Orénoque. Chavez voulut alors leur imposer un contrôle majoritaire de l’État, ce que refusèrent ConocoPhillips et ExxonMobil. Ces compagnies partirent en 2007 et leurs biens sur place furent expropriés, tandis que Chevron restait.

Chavez prit alors le contrôle politique de PDVSA et pour la première fois la manne pétrolière servit à l’État pour nourrir, soigner et éduquer la population la plus pauvre. Loin d’être une politique « socialiste » remettant en cause le capitalisme, celle de Chavez et de Maduro se bornait à affirmer une indépendance vis-à-vis de l’impérialisme américain. Le régime s’appuya pour cela sur une alliance avec Cuba, avec la Bolivie d’Evo Morales… puis dernièrement avec la Chine.

Pourtant, malgré le nationalisme des dirigeants chavistes, la présence américaine au Venezuela n’a jamais cessé. La compagnie Chevron, qui, malgré les sanctions, bénéficie d’une dérogation, y produit en ce moment 150 à 200 000 barils par jour sur quatre champs pétroliers et du gaz offshore, dans le cadre d’un partenariat avec la compagnie nationale PDVSA. Le groupe américain emploierait sur place 3 000 salariés.

Récemment, les officiels vénézuéliens ont fait des offres aux États-Unis leur proposant de renforcer leur présence. Mais Trump ne veut pas dépendre de la volonté et des décisions d’un État qui selon lui tient tête aux États-Unis depuis bien trop longtemps.

Pour organiser le rapt de Maduro, Trump a pu parier sur l’impopularité de son pouvoir, de plus en plus dictatorial. La presse évoque sans cesse la corruption du régime. Celle-ci est bien réelle, mais est du même ordre que dans les régimes voisins alliés des États-Unis. Dans un pays où le pétrole représente 90 % des recettes de l’État, ce sont surtout la chute des cours mondiaux en 2014, puis les sanctions américaines, instaurées en 2015 et accentuées par Trump en 2017, le quasi-embargo et le gel des actifs de PDVSA qui ont eu des conséquences catastrophiques, provoquant en particulier l’hyperinflation et l’explosion de la pauvreté.

« Nous contrôlerons le Venezuela jusqu’à ce qu’une transition soit possible », a déclaré Trump. Mais, à la surprise générale, il a écarté la politicienne d’extrême droite et récent Prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado, son principal soutien politique. Il a évoqué un accord avec la vice-présidente chaviste Delcy Rodriguez, qui aurait d’après lui accepté de collaborer. Après avoir dans un premier temps dénoncé « l’agression, une violation de la souveraineté », et affirmé que Maduro restait le seul président du pays, elle a modéré son discours, parlant d’un « agenda de coopération », appelant à une relation « équilibrée et respectueuse » avec les États-Unis.

Arrêter Maduro s’est avéré possible, mais après ? Dominer à distance un pays comme le Venezuela est bien moins simple et, pour le moment, Trump semble avoir choisi, faute de mieux, de se servir de l’équipe dirigeante déjà en place tout en lui braquant un revolver sur la tête. Delcy Rodriguez pourrait avoir le soutien de la couche de privilégiés qui soutenait jusque-là le régime de Chavez et Maduro. Les militaires haut gradés en particulier, placés par eux aux postes-clés de PDVSA, des circuits de distribution et d’entreprises privées garderaient ainsi leurs privilèges en échange d’une collaboration.

La bourgeoisie vénézuélienne, mais aussi une partie des près de 8 millions de Vénézuéliens qui ont quitté le pays, se réjouissent sans doute du rapt de Maduro. Mais la majorité de la population, qui subissait pourtant une dictature de plus en plus dure, ne peut guère s’attendre à une quelconque amélioration de son sort venue des États-Unis, alors que déjà Trump menace le gouvernement de gauche de la Colombie voisine et Cuba de nouvelles interventions militaires.

                                                Antoine Ferrer (Lutte ouvrière n°2997)

 

Les prochaines permanences à Argenteuil :

-vendredi 9 janvier : au carrefour Babou du Centre, de 17h.15 à 18 h.15. ;

-samedi 10 janvier : de 10 h.30 à midi centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

-et de 11 h. à midi au marché de la Colonie ;

-dimanche 11 janvier : de 10 h.25 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre ;

-et de 11 h. à midi au marché Héloïse ;

-lundi 12 janvier : de 18 à 19 h. centre commercial des Raguenets à Saint-Gratien.

mercredi 7 janvier 2026

L'éditorial de Nathalie Arthaud en vidéo : Raid au Venezuela : l'impérialisme américain étend la guerre - 3 mn 53

Venezuela : un régime loin du pouvoir des travailleurs, mais honni par l’impérialisme pour sa base populaire. Un article de mars 2013 de Lutte ouvrière après la mort d’Hugo Chavez

 Venezuela : Après la mort d'Hugo Chavez

Le cancer qui avait empêché la prise de fonction d'Hugo Chavez à la présidence de l'État vénézuélien, après sa quatrième victoire à l'élection présidentielle en octobre dernier, l'a finalement terrassé le 5 mars. Dans trente jours devrait avoir lieu une nouvelle élection où Nicolas Maduro, le dauphin que Chavez avait lui-même désigné, et qui assure l'intérim, devrait porter les couleurs du mouvement chaviste.

Publié le 06/03/2013

Chavez était apparu en 1992 dans la vie politique du Venezuela avec une tentative malheureuse de coup d'État. Celle-ci se voulait une réponse aux fusillades que la social-démocratie au gouvernement avait déclenchées, en 1989, contre les classes populaires alors qu'elles protestaient contre des hausses de prix insupportables. Après sa tentative, Chavez avait été incarcéré.

Au Venezuela, la vie politique reposait depuis des dizaines d'années sur un pacte d'alternance entre deux partis, la droite et la social-démocratie. Dans les années quatre-vingt-dix, l'usure du système politique ouvrit une voie au mouvement de Chavez. Sorti de prison, il lança un « mouvement bolivarien » pour participer aux élections. L'évocation de la figure de Simon Bolivar faisait appel au sentiment national des classes populaires et cherchait à rallier tous ceux qui aspiraient à un changement. Le discrédit des partis traditionnels fit le reste et, en 1999, Chavez fut élu à l'élection présidentielle à la tête d'un mouvement politique qui cherchait encore ses repères.

Il commença par réviser la constitution puis mit en place des missions sociales, offrant des solutions d'urgence pour la nourriture, le logement, l'éducation ou la santé, notamment avec l'aide de médecins venus de Cuba. Ces missions allaient lui attirer, jusqu'à sa mort, la sympathie de la population la plus déshéritée. Car en Amérique latine, les inégalités sont criantes et tous ceux qui à un moment ou un autre ont un peu tenu compte des besoins des classes populaires en ont reçu ensuite le soutien. La social-démocratie du Venezuela l'avait elle-même pratiquée dans les années soixante-dix.

Cette politique sociale était possible grâce à la rente pétrolière d'un pays sur ce plan aussi riche que l'Arabie Saoudite. Mais elle n'était pas du goût des classes possédantes, des banquiers, des patrons de presse, de la haute hiérarchie militaire et de toute la bureaucratie qui prospéraient sur la rente pétrolière en en écartant les classes populaires. En 2002, ce monde de nantis, encouragé par les États-Unis, se mobilisa pour renverser Chavez en pensant que la tâche serait facile. Mais il eut la surprise de découvrir que le petit peuple mais aussi une partie de l'armée, se mobilisait pour défendre Chavez, et le coup d'État échoua lamentablement.

L'opposition a continué de dénoncer Chavez comme un pur dictateur en passant sur le fait qu'il a organisé pendant quatorze ans élection sur élection, et même un référendum qui aurait pu le chasser du pouvoir s'il l'avait perdu.

Son pouvoir stabilisé, Chavez s'est affiché comme le partisan d'un « socialisme du 21e siècle » et a accolé l'étiquette « socialiste » au nom de son parti. Mais, en pratique, si l'État a pris le contrôle de l'industrie du pétrole, il n'y a eu nulle expropriation des classes possédantes. Chavez a plutôt cherché, et trouvé, un compromis avec elles, y compris avec certains de ceux qui avaient tenté de le renverser en 2002, comme le patron de presse Cisneros.

Sur le plan international, la rente pétrolière lui a permis également d'entretenir de bonnes relations non seulement avec Cuba et la Bolivie d'Evo Morales mais également avec l'Argentine ou le Brésil. S'il a aussi cultivé des relations avec des dictatures comme l'Iran ou la Libye de Kadhafi, il s'agissait d'abord de remplir ses carnets de commandes. D'ailleurs, malgré toutes les déclarations anti-impérialistes et anti-américaines de son leader, le Venezuela est resté le principal fournisseur de pétrole des États-Unis comme dans le passé.

Et si Chavez a maintenu les missions sociales qui ont fait reculer la pauvreté et lui ont valu sa popularité, il a aussi laissé se développer une corruption dont ont profité certains dirigeants chavistes, au point qu'on parle d'une « boli-bourgeoisie ».

Après la mort de Chavez, sa popularité assurera sans doute encore le succès de son parti à la prochaine présidentielle. Mais les rivalités entre les différents clans du parti bolivarien pourraient se réveiller, tandis que l'opposition de droite, qui rêve de revanche, cherchera elle aussi à tirer profit de la disparition de celui qui a été sa bête noire pendant quatorze ans.

Il reste une question pour la population vénézuélienne : si la politique sociale du leader « bolivarien » a amélioré un peu la situation d'au moins une partie d'entre elle, son sort devra-t-il toujours dépendre de la venue ou non d'un sauveur, ou bien les travailleurs, les pauvres de ce pays pourront-ils se donner les moyens d'imposer eux-mêmes leurs exigences à la bourgeoisie et à l'impérialisme

                                 Jacques FONTENOY (Lutte ouvrière n°2327)

dimanche 4 janvier 2026

Venezuela : à bas l'impérialisme !

Pratiques de malfrats, c’est le capitalisme

  


Après des mois de menaces, de piraterie contre des bateaux causant déjà des dizaines de morts, d’arraisonnement de pétroliers, les États-Unis ont fini par frapper directement le Venezuela. Trump se vante que les troupes américaines ont fait prisonnier Maduro, le président vénézuélien.

Depuis longtemps l’impérialisme américain veut mettre au pas un des rares pays d'Amérique latine qui refuse de s'aligner, et mettre la main sur ses immenses réserves de pétrole.

À bas l’impérialisme et son cortège de pillage, de guerre et de soumission.

 

Venezuela : l’escalade impérialiste. Un article du n°2995 de Lutte ouvrière daté du 24.12.25.

 Venezuela : l’escalade impérialiste

En imposant au Venezuela un blocus naval, les pressions de l’impérialisme américain viennent de franchir un nouveau palier.

Publié le 24/12/2025

 

Le 20 décembre, l’armée américaine a saisi un deuxième pétrolier vénézuélien. Lundi 22 décembre, Trump a menacé Maduro en disant qu’il serait « sage » qu’il quitte le pouvoir, ajoutant que, « s’il joue les durs, ce sera la dernière fois qu’il pourra jouer les durs ».

Cela fait plus de trois mois que la flotte américaine a pris position au large des côtes vénézuéliennes. Depuis, l’armée américaine a bombardé et détruit plusieurs dizaines d’embarcations, affirmant, sans même se donner la peine de le prouver, qu’il s’agissait de narcotrafiquants. Au moins 105 personnes ont ainsi été tuées sans autre forme de procès.

Le 29 novembre, Trump a annoncé que l’espace aérien du Venezuela devait être considéré comme fermé. Le 16 décembre, il a annoncé un blocus naval « total » à l’encontre des pétroliers que les États-Unis considèrent comme étant sous sanction.

Pour faire monter la pression, Trump a d’ailleurs plusieurs fois déclaré qu’il n’excluait pas la possibilité d’envahir le Venezuela. Sur les bases américaines de Porto Rico et de Guantanamo, à Cuba, des missiles sont prêts à être tirés et des troupes prêtes à être débarquées. À ce jour, au moins 15 000 militaires américains sont déployés sur la zone. La flotte qui y est rassemblée est la plus importante depuis la crise cubaine de 1962, avec à sa tête le porte-avions Ford, le plus grand et le plus moderne du monde.

Les États-Unis accusent le Venezuela de se servir du pétrole, sa principale ressource, pour financer « le narcoterrorisme, la traite d’êtres humains, les meurtres et les enlèvements ».

En fait, le Venezuela refuse d’être le vassal des États-Unis. S’appuyant sur d’immenses ressources pétrolières – 20 % des réserves mondiales – le régime vénézuélien, mis en place en 1998 par Hugo Chavez, s’est en partie émancipé de la tutelle de l’impérialisme américain.

C’est l’unique raison de l’escalade actuelle : l’impérialisme américain renforce sa présence et son contrôle sur son arrière-cour, l’Amérique centrale et latine avec toutes leurs ressources naturelles, et le régime vénézuélien est un caillou dans sa chaussure.

Personne ne sait quels sont les objectifs précis de Trump ni jusqu’où il est prêt à aller. Veut-il obtenir la fin du régime nationaliste de Maduro pour le remplacer par des gens à ses ordres, comme María Corina Machado, qui a dédié son prix Nobel de la Paix à Trump et qui vient d’être récemment exfiltrée du Venezuela ? Est-il prêt à la guerre pour cela ? De toute évidence, avec le blocus naval, l’impérialisme américain cherche d’abord à affaiblir le régime de Caracas, à le déconsidérer auprès de sa population en le privant d’une partie de ses recettes pétrolières.

Mais l’impérialisme américain n’a jamais reculé devant une guerre qu’il estimait nécessaire. Sa dernière intervention militaire de grande ampleur, en Irak en 2003, a dévasté et ébranlé toute la région, et ses effets se font encore sentir plus de vingt ans après. La certitude de conséquences semblables ne le fera pas reculer.

Seule la crainte de réactions populaires qui se généraliseraient en Amérique centrale et latine ou aux États-Unis même, où Trump a promis de mettre fin aux guerres, pourrait le faire reculer.

                                                     Serge Benham (Lutte ouvrière n°2995)

vendredi 2 janvier 2026

Venezuela : vers l'invasion ?

Toujours la même politique de la canonnière impérialiste

 

 

Trump s’est vanté d’avoir fait bombarder une installation portuaire au Venezuela. Après avoir coulé des dizaines de bateaux et confisqué des pétroliers, Trump semble envisager une intervention terrestre dans le pays.

La lutte contre le trafic de drogue n’est qu’un prétexte servi à l’opinion publique. L’impérialisme américain supporte de moins en moins le régime de Maduro qu’il n’arrive pas à contrôler comme il le souhaiterait, et surtout, il lorgne sur les réserves pétrolières gigantesques du pays. Quitte à fomenter une guerre.