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mardi 6 octobre 2026

Peine de mort : Une peine inhumaine dans un monde inhumain

 

La barbarie dans toute son horreur

  


Christa Pike, 50 ans, a survécu à son exécution dans le Tennessee, après deux injections de produit létal. Pour le moment, les exécutions sont suspendues dans cet État américain. Les autorités cherchant un moyen de tuer les condamnés plus « proprement », sans jeter le discrédit sur ce meurtre légal. 

         Même mieux dissimulée, la peine de mort reste un meurtre froidement organisé par l'État. Et qui, dans un monde dominé par les riches, frappe d'abord les plus pauvres.

mercredi 30 septembre 2026

Violences sexuelles, Loi « intégrale » : et les moyens ?

 Loi “intégrale” : et les moyens ?

Le 21 septembre, a commencé à l’Assemblée nationale l’examen du projet de loi dite « intégrale » contre les violences sexuelles. Mais, en dépit des intentions de ses auteurs, le manque de moyens alloués risque de vider cette loi de tout contenu.

Publié le 23/09/2026

La loi part du constat que « les violences sexuelles et sexistes constituent l’une des atteintes aux droits humains les plus massives et les plus tolérées en France ».

En effet, une femme sur deux a déjà été victime de ces violences, dont la moitié sont commises dans le cadre familial. Un autre marqueur social est le fait que, chaque année, 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles, soit un enfant toutes les trois minutes. Trois enfants par classe sont victimes d’une telle violence et, dans 80 % des cas, au sein de la famille.

Ces chiffres montrent combien la société, basée sur les rapports d’exploitation et de domination, garde des éléments de barbarie. Seul un enfant victime sur dix révèle les faits au moment où ils se produisent. Et seulement 2 % des victimes sont orientées vers des soins. L’immense majorité doit donc gérer seule les terreurs et les traumatismes qui en découlent jusqu’à l’âge adulte.

Face à ce fléau, les moyens humains, en particulier de professionnels, pour la détection, l’écoute, l’accompagnement, le soin des victimes sont totalement insuffisants. Ils sont souvent aussi hors de prix pour elles ou leur famille.

Quant aux suites judiciaires, le meurtre de la jeune Lyhanna a mis sur la place publique le désintérêt, cumulé à l’absence de moyens, de la police et de la justice quant à la protection des jeunes victimes de prédateurs. De fait, seuls 3 % des agresseurs en matière de violences sexuelles sont condamnés ; le chiffre tombe à 1 % dans le cas d’inceste.

Le 15 septembre, quand le Premier ministre, Lecornu, a annoncé allouer 1,5 milliard d’euros à la lutte contre les violences sexuelles et sexistes et 2,6 milliards pour la protection de l’enfance, cela a été salué comme un premier pas par les associations. Mais le soir même, son cabinet annonçait que cela correspondait en fait aux moyens déjà engagés et pas du tout à leur augmentation.

Les associations ont aussitôt indiqué que, si le budget alloué aux violences sexuelles est ainsi inchangé, l’ensemble de la loi « intégrale », sera vidé de sa substance.

Mais pour le gouvernement la lutte contre les violences sexuelles et sexistes se limite à faire des discours et des communiqués pour la galerie.

                                                     Christian Bernac (Lutte ouvrière n°3034)

vendredi 26 juin 2026

Lyhanna : qui jugera Darmanin ?

Lyhanna : qui jugera Darmanin ?

Depuis le viol et le meurtre de Lyhanna, les ministres se succèdent dans les médias pour étaler tout ce qu’ils prétendent faire, alors que la seule chose qui compte à leurs yeux est leur propre avenir politique.

Publié le 24/06/2026

Lundi 22 juin, un prérapport sur l’affaire a été apporté à Matignon et un rapport plus exhaustif suivra. Darmanin, ministre de la Justice, s’est donc répandu sur les radios et à la télévision pour assurer qu’il sanctionnerait ceux qu’il désigne comme les fautifs.

En effet, le prérapport pointe des lenteurs dans le traitement des premières plaintes. Quand le dossier sur le présumé violeur de Lyhanna a été transféré de Toulouse à Auch, son importance n’aurait pas été signalée. Puis il a fallu 23 jours pour qu’il soit enregistré à Auch car il n’avait pas été classé comme urgent. Puis l’enquête n’a pas été menée à son terme, etc.

Trouver des coupables n’a pas été très difficile car d’un côté la masse de dossiers, de plaintes, de travail, accroît les risques d’erreurs. Et d’un autre côté, le fonctionnement de la justice, comme celui de la police, ne donne pas la priorité aux plaintes des femmes et des enfants, surtout si elles viennent de milieu populaire, comme c’était le cas pour la mère de la petite Rosa, à l’origine de la plainte en cause.

Il est quand même particulièrement choquant de voir Darmanin venir jouer au justicier. Il n’a pas de mots assez durs pour dénoncer les erreurs venant de ses subordonnés. Le but est de faire croire qu’il n’y a eu qu’une erreur exceptionnelle et des fautes individuelles, mais il est surtout, pour Darmanin, de se dégager de toute responsabilité. Quand un journaliste ose demander à Darmanin s’il ne se sent pas un peu responsable, il s’offusque, arguant qu’il n’est ministre de la Justice que depuis un an. Or, il a participé au gouvernement Macron depuis des années en particulier comme ministre de la police !

Comme bien d’autres politiciens, un Darmanin est d’abord préoccupé de son avenir politique, de sa communication, de l’efficacité de sa démagogie. Il sait aussi pertinemment que la politique qu’il défend appauvrit les classes populaires, qu’en cassant les services publics elle accroît la détresse, détruit les liens sociaux, crée de la violence, favorise l’individualisme, et met ainsi les plus faibles à la merci de ceux qui peuvent user de leur place, de leur pouvoir, pour écraser les autres.

                                                  Marion Ajar (Lutte ouvrière n°3021)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-aujourd’hui vendredi 26 juin, de 17 h.15 à 18 heures 15, carrefour Babou ;

-samedi 27 juin, de 10 h.30 à midi, centre cl de la cité Joliot-Curie,

-et de 11 h à midi au marché de la Colonie ;

-dimanche 28 juin, de 11 h à midi au marché Héloïse.



samedi 20 juin 2026

Lyhanna : une société qui écrase les faibles

Lyhanna : une société qui écrase les faibles

Après le meurtre de Lyhanna, de nouvelles manifestations se sont déroulées encore lundi 15 juin dans plusieurs grandes villes, regroupant des centaines de personnes, appelant notamment au vote d’une « loi intégrale » de protection des femmes et des enfants.

Publié le 17/06/2026

« 160 000 enfants [victimes chaque année de violences sexuelles]. Que faites-vous ? » affichait une participante, au sein de la manifestation parisienne qui comprenait, une observatrice le notait avec soulagement, un tiers d’hommes. Après sa première réaction pleine de mépris pour la population comme pour les juges et magistrats, Macron a fini par admettre du bout des lèvres qu’il faudra « peut-être ajouter des moyens çà et là », et Lecornu a reçu une délégation de députés au sujet de la « loi intégrale », déposée depuis des mois et pas encore examinée, mais dont le coût pourrait avoisiner 3 milliards d’euros. À comparer aux 436 milliards programmés pour les dépenses militaires d’ici 2030.

On ne peut qu’être révolté par l’incapacité de l’État à protéger les enfants et les femmes face aux violences sexuelles, aux viols et même aux meurtres. La demande d’une loi réellement appliquée, ainsi que le souhaitent 300 000 signataires d’une pétition, est bien compréhensible. Ils souhaitent bien sûr qu’elle s’accompagne de suffisamment de moyens humains et donc financiers. Il doit s’agir ici de moyens judiciaires et policiers, sachant que la police et la justice de l’État de la bourgeoisie sont davantage formés à la répression. Il s’agit aussi d’un accompagnement réel des victimes, en termes de logement, d’aides multiples et d’autonomie financière.

Mais, et les statistiques le démontrent, malheur aux plus faibles dans cette société où ceux qui détiennent la puissance sont rois, qu’il s’agisse de milliardaires, de patrons, de chefs de bureau, de vedettes du cinéma ou de la chanson, de pères ou de conjoints. L’État, quoiqu’il accumule les lois censées protéger l’individu, ne protège réellement que ceux pour qui les lois sont faites, et la facilité déconcertante avec laquelle les capitalistes ferment des entreprises et mettent à la rue des milliers de salariés en est une preuve.

Faut-il, par ailleurs, s’étonner que, dans une société humaine où les valeurs mises en avant sont l’argent, le luxe, la domination sociale, la réussite individuelle mesurée par le nombre de milliards, de châteaux et de yachts, la prédation du fort contre le faible soit implicitement encouragée ? Lyhanna est la victime – présumée – d’un grand malade que la société n’a pas su, n’a pas voulu détecter. Avant elle, d’autres enfants ont vu leur vie détruite par ceux qui détenaient un pouvoir, famille, curés, éducateurs… Mais, ne serait-ce que pour leur enseigner leurs droits d’individu à part entière, quelles infirmières scolaires, quels professeurs, peuvent appeler un chat un chat dans des séances d’éducation sexuelle que des associations religieuses ou d’extrême droite se sont empressées de dénoncer ? Quant à la famille, même si elle semble souvent un refuge, dont les enfants de l’ASE, par exemple, sont privés, chacun sait qu’elle abrite la majorité des agresseurs d’enfants et de femmes.

Pour creuser encore, quels recours existe-t-il pour les futurs agresseurs potentiels, se sentant déviants, pour qu’ils appellent à l’aide avant de passer à l’acte ? Pour que l’entourage ne se contente pas de fermer les yeux par crainte du scandale, voire ne se borne pas à protéger les enfants mais à contraindre les malades à se soigner ?

Pour se débarrasser de crimes comme celui subi par Lyhanna, il faudra changer cette société, et cela ne pourra résulter que d’un combat collectif mené par la population.

                                               Viviane Lafont (Lutte ouvrière n°3020)