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mardi 1 juillet 2025

Argenteuil, Maison Georges Sand, pas de quoi faire peur à tous les réactionnaires, bien au contraire.

 

Une bourgeoise, certes libre, mais ennemie de classe des travailleuses et travailleurs

 

Vive la Commune et ses héros !

L’autrice George Sand (1804-1876) fut une écrivaine du XIXème siècle dont on ne lit plus guère les œuvres marquées par son terroir berrichon.

         Elle fut une de ces bourgeoises libres et indépendantes, où elle rejoint par-là bien d’autres femmes de son monde. Il n’y a sur ce plan rien à redire. À ne pas confondre toutefois avec les vraies militantes pour l’égalité de toutes les femmes que furent, par exemple et entre autres, Olympes de Gouges (1748-1793), rédactrice de La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, qui mourut sur l’échafaud, ou Pauline Rolland (1805-1852).

         Nous préférons certes voir la municipalité promouvoir une femme libre et indépendante, mais que chacun ait en tête que cette liberté et cette indépendance n’en font pas pour autant une amie des travailleurs. C’est justement l’inverse dans le cas de George Sand.

         Lorsque la Commune de Paris qui marque l’installation d’un pouvoir ouvrier et révolutionnaire éclate le 18 mars 1871, Georges Sand a 66 ans et va assister de loin comme spectatrice à l’évènement.

         Pour les intellectuels de l’époque, leur regard sur la Commune marque une ligne de partage entre les sympathisants de l’évènement et ses adversaires résolus. Le peintre Courbet fut des premiers quand l’énorme majorité des écrivains rejoignit la cohorte des détracteurs. Georges Sand fut de ces derniers.

         Je n’ai pas le temps de travailler la question. Il faudrait relire l’excellent livre Les écrivains contre la Commune de Paul Lidsky (La découverte, 12 euros). Je me contenterai seulement de citer un seul paragraphe où il est question de Georges Sand, extrait d’un article du journal Le Monde du 20 février 2003 intitulé : La Commune, George Sand et Victor Hugo.

         « Je ne vois pas ce que viendrait faire George Sand au Panthéon, en compagnie de ceux qui ont combattu pour la liberté, la tolérance, la justice (« Le courrier des lecteurs » du 18 février), George Sand, une dame qui, en 1871, crachait sur la Commune et le peuple de Paris en révolte. Une dame qui, dans son journal intime, traitait cette insurrection patriotique de « tour de Babel tombée dans la merde », qui en appelait à Thiers pour que « l'armée en finisse avec cette orgie », et se réjouissait que, Dieu merci, « son mobilier soit intact », le même jour où elle s'écriait : « Les exécutions vont leur train, c'est justice et nécessité » (en gros, plus de 20 000 exécutions sommaires) (...). On remplirait des colonnes de ces vertueuses affirmations indignées. »

              Rien à ajouter.

         Ce doit être ce que la municipalité entend lorsqu’elle écrit dans la présentation de la délibération : « Elle a marqué son époque par ses prises de position audacieuses, son engagement social et politique… » DM

 

lundi 19 mai 2025

Aide à mourir : égalité ni dans la vie, ni dans la mort

 Aide à mourir : égalité ni dans la vie, ni dans la mort

Deux textes de loi sur « la fin de vie » sont en discussion à l’Assemblée avant un vote le 27mai.

Publié le 14/05/2025

En mars 2024, Macron avait présenté un seul texte sur ce sujet, mais depuis, sous la pression des milieux religieux et politiques de la droite à l’extrême droite et avec l’appui d’un catholique affiché comme Bayrou, le texte a été divisé en deux, un « sur les soins palliatifs » et l’autre sur « l’aide à mourir ». Et, fait notable et assez rare, les députés auront la possibilité de voter comme ils l’entendent, sans avoir à se plier à une consigne de vote de leur groupe parlementaire.

Ces lois viennent après une série de textes, le dernier étant la loi Creys-Leonetti en 2016 qui réaffirmait le droit au refus de l’acharnement thérapeutique et à « une sédation profonde et continue jusqu’au décès ». Elle refusait par contre le droit à l’euthanasie, c’est-à-dire la possibilité de donner la mort de « façon active », par injection d’une substance létale.

L’actuel projet de loi Macron-Bayrou reste restrictif sur bien des points. Il réserve le droit à mourir à l’aide d’une substance létale à des adultes de nationalité française atteints d’une affection grave et incurable et le refuse à des malades atteints de maladies psychiatriques ou neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer. Pour l’ADMD (Association pour le droit à mourir dans la dignité), ce texte est donc un des plus restrictifs en Europe. Par exemple la Suisse, le Portugal ou la Belgique autorisent le suicide assisté et l’euthanasie est possible aux Pays-Bas, en Espagne et au Luxembourg.

Le second projet de loi sur « l’accompagnement et les soins palliatifs » devrait en revanche être voté largement en particulier par tous ceux, religieux et réactionnaires qui, tout en refusant « l’aide à mourir », se font les défenseurs de « l’accompagnement ». Ils voteront résolument pour des services de soins palliatifs accessibles sur l’ensemble du pays, quand on sait que 21 départements en sont actuellement complètement dépourvus. Mais ils voteront aussi comme ils ont voté depuis des années tous les budgets d’austérité pour la santé réduisant les moyens des hôpitaux, pour la prise en charge des malades, depuis les urgences jusqu’aux services de gériatrie et aux soins palliatifs.

Alors si ces deux lois peuvent représenter un pas en avant pour la prise en charge des malades en fin de vie, elles ne régleront sûrement pas la question. Une société ayant le souci de la vie humaine devrait tout mettre en œuvre pour que chacun ait accès aux meilleurs traitements pendant sa vie et à la fin de celle-ci. Chaque malade devrait disposer de tous les moyens d’une médecine moderne et de l’aide d’un personnel humain et compétent, médecins mais aussi infirmiers et aides-soignants, dans les hôpitaux, les cliniques et les Ehpad, pouvant prendre le temps d’accompagner les malades en fin de vie et de soulager leur douleur physique et morale.

Aujourd’hui, l’état des hôpitaux rend tout cela impossible car la loi du profit est reine. En fin de vie, les techniques de « sédation profonde » recommandées aujourd’hui par la loi Léonetti ont leurs limites. Combien d’aides-soignants, d’infirmiers se retrouvent au chevet de patients en « sédation profonde » dont la fin de vie peut se prolonger des jours, voire des semaines, obligés de gérer parfois seuls ces moments si difficiles ?

Bien sûr, rendre légale l’euthanasie ne va pas de soi et nécessite de solides garde-fous, que ce soit la demande consciente du malade s’il en est capable ou la discussion avec les familles, sans que la décision repose sur le seul corps médical. Mais pourquoi ce qui semble possible dans d’autres pays européens ne pourrait-il pas l’être en France ?

Dans une société régie par l’argent, ces énièmes débats parlementaires et le bricolage législatif dont ils accoucheront ne régleront certainement pas le problème de la fin de la vie. Une société qui charrie la misère, notamment celle des services de soins, ne peut pas donner à la mort une dignité qu’elle refuse à la vie.

                                                     Cédric Duval (Lutte ouvrière n°2963)

jeudi 15 mai 2025

Argenteuil, religieuses catholiques, en l’occurrence, plus d’affaire de voile

Une même origine pourtant d’inégalité

 

La vallée du repos, John Everett Millais, 1858

La droite et l’extrême-droite focalisent fortement sur la question du voile porté par un certain nombre d’habitantes de confession ou de familiales de religion musulmane. Les démagogues ennemis des travailleurs le font pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le combat de l’émancipation et de l’égalité des femmes.

         En tout cas, ces dernières semaines dans le centre de la Ville le nombre des femmes voilées, très catholiques cette fois, a pu rivaliser avec celui des femmes de confession musulmane le portant.

         Certes, il s’agissait de religieuses (toutes ne le portent pas). Mais qu’est-ce que ça change ? Pas très catholique tout cela. DM

 

mercredi 14 mai 2025

Fin de vie : Pas plus d’égalité devant la mort que d’égalité dans la vie

 

Un droit absolu qui devrait appartenir à chacun

 

 

Une loi sur la fin de vie est débattue à l’Assemblée nationale. Le droit de choisir d’avoir une fin de vie digne devrait appartenir à chacun. Mais dans une société soumise à la loi de l’argent, ces énièmes débats parlementaires n’augmenteront pas les moyens donnés aux Ehpad ou aux soins palliatifs pour accompagner les plus modestes vers la mort, et c’est évidemment le plus grand nombre.

         Une société qui charrie la misère, notamment celle des services de soins, ne peut pas donner à la mort une dignité qu’elle refuse à la vie.