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lundi 3 juin 2024

Fin de vie : les limites d’une loi. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière

 Fin de vie : les limites d’une loi

Publié le 29/05/2024

Les débats autour de la nouvelle loi sur la fin de vie et l’aide à mourir ont commencé le 27 mai à l’Assemblée nationale. Le sujet est d’autant plus sensible dans une société marquée par les inégalités de classe, la loi du fric, les préjugés moraux ou religieux et les calculs politiciens permanents.

Le texte initial du gouvernement prévoyait la garantie d’accès pour tous les malades à des soins palliatifs, dont plus de vingt départements ne disposent pas aujourd’hui malgré les lois déjà existantes. Il introduisait surtout le droit à disposer d’une aide active à mourir par injection d’une substance létale, un droit encadré par de très nombreuses conditions restrictives.

Ces conditions ont été un peu assouplies par une commission de députés, qui a remplacé les termes « pronostic vital engagé à court ou moyen terme » par « être atteint d’une affection grave et incurable en phase avancée ou terminale ». Même ainsi, le texte est bien plus limité que les lois en vigueur dans plusieurs pays d’Europe, du Portugal aux Pays-Bas en passant par la Suisse. La ministre a annoncé vouloir revenir à la version initiale du texte. Elle pourra compter sur nombre de députés parmi les plus réactionnaires, hostiles a priori à tout assouplissement du projet de loi.

Dans tous les cas, le pouvoir de décision et surtout l’accès concret aux gestes et substances permettant la fin de vie appartiendront aux médecins plus qu’aux malades ou à leurs proches. Les médecins pourront invoquer une clause de conscience comme il en existe une pour la pratique de l’IVG. Entre cette clause de conscience, la pénurie de services de soins palliatifs, celle de personnel médical assez disponible et éclairé, le manque d’informations sur les possibilités légales, la loi risque de ne pas changer grand-chose pour la plupart de ceux qui désespèrent devant l’agonie insoutenable d’un proche.

Combien de personnes subissent les conséquences physiques d’un travail pénible ou sont empoisonnées par l’amiante, les PFAS, le chlordécone ou autres substances ? Combien ne peuvent pas, faute de moyens, avoir une hygiène de vie qui retarde les effets de maladies chroniques ? Combien ne découvrent que trop tardivement un cancer, faute d’accès à un médecin traitant et de dépistages réguliers ? Combien voient leur état de santé se dégrader, faute de bénéficier des meilleurs soins, délivrés au plus tôt ? Combien sont renvoyés chez eux, sans proches ni assistance, après une hospitalisation, y compris des personnes âgées ou lourdement handicapées ?

L’humanité dispose pourtant, pour la première fois de sa longue histoire, des moyens matériels pour maîtriser consciemment les divers aspects de la vie, satisfaire les besoins de tous, accéder à l’éducation ou la culture et se soigner au mieux du fait des progrès fabuleux dans le secteur biomédical. Chaque être humain devrait aussi pouvoir maîtriser sa fin de vie, en toute conscience. Mais aujourd’hui, dans cette société de classes, l’immense majorité des humains, même dans un pays développé, ne peut pas plus maîtriser sa fin de vie que sa vie elle-même. Une loi ne suffira pas à y répondre.

                                                Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°2913)

dimanche 18 février 2024

Congé menstruel : les sénateurs à la pointe… de l’arrière-garde

 

Gonflés ce Sénat : 64 % d’hommes !

 

 

Le Sénat vient de rejeter un projet de loi proposant la mise en place d’un congé menstruel de deux jours par mois pour les femmes aux règles douloureuses… sous le prétexte que cela induirait un « risque de discrimination à l’embauche » !

         S’opposer à un progrès des droits des femmes et des travailleuses… en se posant en défenseurs des salariés. Ils sont gonflés !

lundi 12 février 2024

Fin de vie, Macron à Argenteuil jeudi dernier…

 

Mettre fin à l’obscurantisme, garantir le libre choix de chacun

 

Après avoir reçu des représentants des cultes et des médecins, Macron s’est rendu jeudi après-midi dans le service de « soins palliatifs » de l’hôpital Victor Dupouy d’Argenteuil pour s’entretenir avec les familles et les agents de ce service hospitalier essentiel. Un nouveau projet de loi devrait être voté dans les mois qui viennent. Ci-dessous, un article sur ce sujet extrait d’un numéro de l’an passé de notre hebdomadaire Lutte ouvrière et une référence d’un beau livre sur la question du suicide assisté. DM

 

Fin de vie : selon que vous serez puissant ou misérable

05 Avril 2023

Pour la énième fois, le sujet de la fin de vie revient à la une de l’actualité. Le droit de choisir d’avoir une fin de vie digne devrait appartenir à chacun. Mais dans une société toute entière soumise à la rentabilité, ce droit n’existe pas, pas plus que le droit de vivre dignement.

Convoquée pour répondre à la question « Le cadre d’accompagnement de la fin de vie est-il adapté aux différentes situations rencontrées ou d’éventuels changements devraient-ils être introduits ? », la convention citoyenne a répondu non et proposé de dépasser ce cadre en inscrivant dans la loi l’aide active à mourir, c’est-à-dire le droit au suicide assisté ou à l’euthanasie.

Il s’agit ici de la situation de personnes souffrant d’une maladie incurable en phase terminale, ou victimes d’accidents qui ne leur offrent plus comme avenir que la mort au terme de grandes souffrances et de dégradations insupportables pour elles-mêmes et leurs proches.

La loi actuelle répond en partie au problème. À la demande du malade ou, s’il ne peut plus le faire lui-même, après une décision collective des proches et des soignants, la loi autorise à arrêter les traitements. Elle oblige aussi à calmer les douleurs y compris avec des doses de médicaments dont on sait qu’elles peuvent entraîner la mort. Elle impose de « permettre une sédation profonde et continue jusqu’au décès ».

Avec une bonne dose d’hypocrisie, la loi permet donc de « laisser mourir » mais elle refuse de « faire mourir. » Cela dit, dans une société où tous les rapports sociaux et toutes les activités sociales sont gouvernés par l’argent, on pense immédiatement aux multiples et sérieux garde-fous qu’il faudrait mettre en place si la loi autorisant à faire mourir, donc autorisant l’euthanasie, était votée.

Mais c’est dans tous les aspects qui entourent la fin de vie que les impératifs financiers et de rentabilité règnent en maîtres. Les hôpitaux et les Ehpad sont à la diète. Ils manquent de personnel, de lits, voire même de services de soins palliatifs, de médicaments, pour peu que ceux qui sont nécessaires ne soient pas répertoriés par la pharmacie de l’hôpital parce que trop chers. En termes d’hébergement, d’équipements techniques, de matériel, la différence est grande entre les meilleurs services des meilleurs hôpitaux privés au tarif exorbitant et certains hôpitaux publics à la diète.

Quant à la fin de vie de ceux qui n’ont pour maladie que le grand âge, il n’y a rien de comparable entre celle ou celui auquel ses revenus permettent de rester chez lui avec le personnel nécessaire matin, midi, soir et même la nuit, et celle ou celui qui se retrouve isolé dans un logement inconfortable avec pour seule compagne la télévision.

La vie de chacun dépend de ses revenus, de son milieu, de ce qui définit son niveau de vie. Il ne peut en être autrement pour la fin de vie.

                                                 Sophie GARGAN (Lutte ouvrière n°2853)

 


 

Carole Fives Le jour et l’heure, J-C Lattès

dimanche 11 février 2024

Badinter : certes un opposant farouche à la peine de mort, mais un grand défenseur de l’ordre social

 

Un homme de l’ordre bourgeois

 

La disparition de Robert Badinter donne lieu à une avalanche d'hommages.

La détermination de l'avocat puis ministre Badinter a bien sûr compté pour faire abolir la peine de mort en 1981. Mais il ne faut pas oublier qu'il se lia à François Mitterrand et participa au mensonge consistant à présenter ce politicien, ministre et responsable d'exécutions de militants pendant la guerre d'Algérie, comme un ami des travailleurs.

Comme président du Conseil constitutionnel et sénateur, Badinter fut évidemment un homme de la bourgeoisie. Ainsi en 2015, il mit son prestige au service des exigences patronales en plaidant contre les « lourdeurs » du Code du travail...