La mobilisation nécessaire
C’était hier, ce sera demain
L’heure d’information syndicale réunie hier à l’initiative des syndicats CGT et FSU des travailleurs de la Ville d’Argenteuil a permis d’éclairer la vie difficile que réserve la municipalité aux travailleuses et aux travailleurs territoriaux et sur les pressions qui s’exercent sur eux.
La municipalité vient de supprimer les jours de congé accordés jusqu’à maintenant à l’occasion des « médailles du travail », et les deux mois de départ anticipé jusqu’à présent acquis au moment du départ à la retraite, cette dernière mesure ne prenant effet seulement à la fin de 2027. Un certain nombre d’Autorisations Spéciales d’Absences viennent d’être supprimées, d’autres sont assortie de la mention « sauf nécessité de service ». Une « nécessité de service » qui a été imposée hier matin à de nombreuses travailleuses qui les a empêchées à se rendre à cette heure d’information syndicale prévue, alors que cette HIS est de droit.
À Argenteuil, les notables municipaux pratiquent à leur niveau ce que les actionnaires imposent aux travailleurs dans les entreprises privées. Si ces derniers agissent pour le profit qu’ils tirent de la sueur des travailleurs, les élus quant à eux non seulement acceptent sans broncher les réductions des crédits d’État, mais veulent apparaître comme les « bons » gestionnaires jouant « l’Avare » à Argenteuil, et permettre de remplir leur cassette pour des objectifs bien discutables. On l’a vu avec l’affaire de la Canopée. Pour cela, il faut faire suer le burnous toujours davantage aux travailleurs municipaux.
Pour cela, à la Ville d’Argenteuil, la précarité est un ingrédient. Alors que la moyenne nationale est de 25%, les travailleurs sous contrat en représentent 47% à Argenteuil pour les 2800 de la Ville. Ils sont même 80% parmi les nouveaux embauchés.
Il faut entendre ce que disent ces travailleurs lorsque leur bouche s’ouvre. Sur l’augmentation importante de la charge de travail qui n’est pas compensée par une hausse des effectifs. Comment cela est enrobé derrière le terme de mutualisation qui a remplacé celui sans doute démodé de polyvalence. Sur le reclassement pour raison médicale qui est un chemin de croix toujours plus rude, la municipalité et son encadrement laissant les travailleurs concernés s’en dépatouiller. Et s’ils n’y arrivent pas, il y a bien un conseil, celui de se mettre en maladie. Sur la peur qui règne : « Tu parles, tu crèves ». Sur les jours du compte d’Épargne Temps et le conseil insistant de pouvoir demain les vendre, ce qui est possible au-delà de 14 jours, et pas cher payé. En bref, le repos ou un peu de blé pour faire rentrer de l’argent qui manque ! Sur une pression morale de culpabilisation pour ne pas prendre ses congés…
Bref toujours plus de travail, toujours plus d’usure. Le résultat est qu’à la Ville d’Argenteuil, il y aurait 23% de membres de la collectivité démissionnant.
La seule voie à suivre est donc celle de la résistance à l’offensive de la municipalité contre les travailleurs. La résistance contre cette dégradation des conditions de travail. Contre une rémunération qui ne permet pas de vivre correctement
L’obtention de primes n’est pas une solution. Elle aide à faire face à la hausse des prix, mais n’entre pas dans le calcul de la retraite. C’est la hausse substantielle et égale des salaires qui est à l’ordre du jour.
Certes, pour y parvenir, c’est la mobilisation à l’échelle de tout le pays qui sera nécessaire. Il nous faut la préparer, partout, à la Ville d’Argenteuil donc également. DM
