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samedi 20 décembre 2025

Maroc : inondations, une catastrophe évitable

Pour le ballon, du fric, pas pour la vie des populations

 

Capture d'écran TF1

Des crues et pluies torrentielles, ayant entrainé des coulées de boues, ont causé la mort de dizaines de personnes dans la ville portuaire de Safi, au Maroc. Les habitants, en colère, dénoncent l'état des infrastructures.

         Ils sont d'autant plus choqués que le gouvernement a su trouver des fonds pour organiser la coupe de football d'Afrique des Nations, et qu’il n’a pas non plus lésiné sur les moyens en septembre dernier quand il s’est agi de réprimer les manifestants anti-corruption – qui croupissent encore par centaines en prison.

 

lundi 17 novembre 2025

Sahara occidental : l’ONU entérine son annexion par le Maroc

 

Sahara occidental : l’ONU entérine son annexion par le Maroc

Vendredi 31 octobre, le Conseil de sécurité des Nations unies adoptait une résolution sur le Sahara occidental validant le plan d’autonomie du territoire sous souveraineté marocaine, sans que le peuple sahraoui ait été consulté le moins du monde.

Publié le 12/11/2025

 


 

Cette résolution, présentée comme une victoire diplomatique de la monarchie marocaine, a été parrainée par les États-Unis et activement défendue par la France. Elle entérine l’accord conclu, en décembre 2020 à la fin de son premier mandat, par Donald Trump et Mohammed VI, qui prévoit la normalisation des relations du Maroc avec Israël, contre la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Cette décision a brisé le statu quo dans la région et ravivé les tensions entre l’Algérie et le Maroc, d’autant plus qu’elle a été suivie d’une série de revirements en faveur de la position marocaine, dont ceux de l’Espagne, de la France et du Royaume-Uni.

Jusqu’alors ce territoire, ex-colonie espagnole annexée en 1975 à 80 % par le Maroc, était considérée par les Nations-Unies comme « non autonome » et à décoloniser. En 1991, après quinze ans d’une guerre qui opposa le Maroc et le mouvement indépendantiste sahraoui du Front Polisario, soutenu militairement par l’Algérie, le roi Hassan II dut se résoudre à un cessez-le-feu et accepter le principe d’un référendum d’autodétermination. Mais depuis, il n’a cessé de manœuvrer pour en empêcher la tenue.

Sur le terrain, la mission des Nations- Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso,) s’est révélée impuissante. Elle n’a pas empêché la poursuite de l’annexion de 80 % du territoire qui comprend sa façade atlantique, plus riche. Le Maroc put en toute tranquillité construire un mur de 2 700 km qui coupe le territoire en deux, et ainsi exploiter à sa guise des eaux poissonneuses, des minerais précieux et les gisements de phosphates les plus importants du monde. Pour rendre l’annexion irréversible et diluer le poids numérique des Sahraouis, les 200 000 soldats qui occupaient le Sahara ont été rejoints par 200 000 colons incités financièrement à s’installer.

Aujourd’hui, des grands groupes du monde entier affluent pour exploiter des richesses du sous-sol et investir dans l’éolien, le solaire, l’électrification ou l’agriculture ! Laâyoune, la capitale avec ses constructions modernes, est devenue une vitrine du développement sous l’égide du Maroc, et le complexe portuaire Dakhla Atlantique est présenté comme le futur « hub » de l’Ouest de l’Afrique. Si, dans cette partie annexée, l’essor économique a pu offrir quelques emplois aux Sahraouis, il a d’abord profité aux capitalistes étrangers, aux affairistes marocains et aussi aux notables sahraouis, au mépris du peuple sahraoui dont les droits sont piétinés. En même temps, les 170 000 réfugiés des camps de Tindouf en Algérie vivent difficilement d’une aide alimentaire internationale toujours en baisse.

Plus au nord, le littoral marocain est doté d’infrastructures modernes, mais derrière se cachent la pauvreté, un taux d’analphabétisme de 30 %, un système de santé et des écoles délabrées. C’est contre les inégalités sociales, la corruption, que la jeunesse marocaine vient de se révolter, ce pourquoi elle a été brutalement réprimée.

D’un bout à l’autre du Maghreb, les classes populaires souffrent des mêmes maux, du même mépris. La lutte du peuple sahraoui pour décider de son propre sort doit trouver sa place dans celle de toutes les unions des classes opprimées du Maghreb contre leurs oppresseurs.

                                                       Leïla Wahda (Lutte ouvrière n°2989)

lundi 27 octobre 2025

Maroc : contre la contestation, la répression à l’œuvre

 Maroc : contre la contestation, la répression à l’œuvre

Le mouvement de la jeunesse marocaine, dit GenZ 212, qui revendique depuis le 27 septembre des droits élémentaires dans les domaines de l’éducation et de la santé, se heurte à une répression massive.

Publié le 22/10/2025

Jusqu’au 10 octobre, les rassemblements et les marches étaient quasi quotidiens dans les grandes et petites villes, réunissant de plusieurs centaines à plusieurs milliers de manifestants. Ils ont été suspendus, non sans illusions, la veille de l’allocution du roi Mohammed VI à son gouvernement pour la rentrée politique.

Mais la première réponse à la jeunesse contestataire a été celle de l’appareil de répression policier et judiciaire, ce qu’au Maroc on appelle le Makhzen. Dès le début, les manifestants ont subi des coups de matraque à la volée et des arrestations violentes. À Oujda, une fourgonnette de la police a foncé sur les manifestants, dont l’un a été mutilé. Début octobre, au sud d’Agadir, trois étudiants ont été tués par des tirs des gendarmes. Les associations de défense des droits de l’homme parlent de deux mille arrestations, dont une quarantaine de mineurs, arrestations qui continuent et plombent les tentatives de regroupement.

Dans le même temps, les verdicts tombent : d’un bout à l’autre du pays, des mois voire des années d’emprisonnement. Dans la région d’Agadir, 17 jeunes ont écopé en moyenne de dix ans de prison chacun. Un étudiant et organisateur de la ville de Berkane, dans l’Est, a été condamné à dix mois pour avoir… posté le rendez-vous du rassemblement dans sa ville !

L’État met tout son poids pour intimider les manifestants. Les appels de la GenZ pour un « 2e round », samedi 18 octobre, ont tout de même rassemblé à Rabat, Casablanca, Marrakech quelques centaines de jeunes aux cris de « Liberté, dignité et justice sociale », « Libérez-les tous » et « Akhannouch [Premier ministre] dégage ! »

Lundi 20 octobre, le gouvernement a annoncé un effort budgétaire faisant passer les sommes allouées à la santé et à l’éducation de 118 milliards de dirhams en 2025 à 140 milliards (un peu moins de 14 milliards d’euros), soit une augmentation d’un peu plus de 2 milliards d’euros. Mais le budget de la défense passe, lui, de 133,5 milliards de dirhams (13 milliards d’euros) en 2025 à 157 milliards (15 milliards d’euros).

Un adage populaire dit que « trois choses ne peuvent être surmontées : le feu, l’inondation et le Makhzen ». La présence connue d’agents de renseignement parmi la population, y compris dans l’immigration et sur les réseaux sociaux, est là pour dissuader toute critique trop ouverte de l’État et du roi. Ce sont bien eux les garants de l’ordre social et de la bonne marche des affaires des bourgeoisies marocaine et occidentale.

                                                 Louisa Guersif (Lutte ouvrière n°2986)

samedi 11 octobre 2025

Maroc : une jeunesse dans la rue

 Maroc : une jeunesse dans la rue

Au Maroc, les manifestations contre les inégalités sociales et pour la chute du Premier ministre milliardaire, commencées fin septembre, continuent à réunir des milliers de jeunes et s’étendent.

Publié le 08/10/2025

Les premiers manifestants, qui avaient souvent autour de 25 ans, ont été rejoints par des lycéens voire des collégiens. Ils ont été confrontés à la répression, parfois très brutale, des forces policières. Trois jeunes ont été tués par les tirs des gendarmes au sud d’Agadir. Les arrestations par centaines et des violences sur des manifestants isolés ont entraîné un mouvement de sympathie et étendu la contestation à d’autres grandes villes, comme Nador et Oujda, au nord-est, et à de nombreuses petites villes délaissées.

Les manifestants réclament la libération des détenus, la justice pour deux jeunes grièvement blessés à Oujda par une fourgonnette de la police et la vérité sur la mort des trois jeunes d’Agadir. Ils veulent « des comptes maintenant ! »

Ces manifestations sont encore minoritaires et ne ciblent pas, pour le moment, le roi du Maroc, voire font appel à lui pour régler la situation. Pourtant, le roi est la première fortune du pays, lui et sa famille sont actionnaires majoritaires d’une holding, Al Mada (ex-SNI), qui domine de nombreux secteurs de l’économie, banques, télécommunications, immobilier, mines, grande distribution… La fortune insolente de la famille royale ne l’empêche pas de toucher une allocation annuelle de l’État de l’ordre de 250 millions d’euros, pour les frais de la cour.

Au bout d’une semaine de manifestations, le très riche chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, espérant calmer les protestations, a appelé « au dialogue », tout en déclarant continuer la même politique budgétaire. La réponse des manifestants a été claire : « Lâchez sur les revendications, partez et nous verrons ensuite. »

Ce mouvement de révolte de la jeunesse, qui se définit comme celui de la GenZ (génération Z) en référence aux révoltes des jeunes au Sri Lanka, au Bangladesh et au Népal, est parti à la mi-septembre des manifestations de colère des habitants d’Agadir après la mort en très peu de temps de huit femmes enceintes, faute d’équipements dans l’hôpital public de la ville.

Au Maroc, les protestations populaires et les marches de villageois contre la privatisation de l’eau, pour l’électrification et la connexion au réseau internet, la construction de routes goudronnées, les transports publics, l’accès aux soins… sont fréquentes. « On fait construire des stades de hockey pour la Coupe du monde alors que les victimes du tremblement de terre, à Al-Haouz, dorment encore sous des tentes depuis deux ans maintenant », s’insurgent les manifestants.

Ni les appels au dialogue ni la répression n’ont fait taire le mécontentement. Les manifestations pour la justice sociale, la santé et l’éducation reflètent le mécontentement profond existant dans les classes populaires.

                                                           Louisa Guersif (Lutte ouvrière n°2984)

dimanche 5 octobre 2025

Maroc : “des milliards pour la santé, pas pour la CAN !”

Maroc : “des milliards pour la santé, pas pour la CAN !”

Malgré l’interdiction des autorités, depuis samedi 27 septembre, des centaines de jeunes manifestent dans la plupart des grandes villes, principalement à l’ouest du pays, pour plus de justice sociale et contre la corruption au moment où des milliards sont investis pour préparer la CAN 2025 (Coupe d’Afrique de football) et la Coupe du monde 2030.

Publié le 01/10/2025

Le décès en dix jours de huit femmes enceintes admises pour césarienne, à l’hôpital public Hassan II d’Agadir, mi-septembre, a provoqué la colère des habitants et plus largement la mobilisation actuelle dans la jeunesse marocaine. Des rassemblements de la population devant « l’hôpital de la mort » ont dénoncé le manque criant de soignants, de personnel et l’indigence criminelle des équipements. Le limogeage de la direction de l’hôpital n’a rien calmé. La colère y est d’autant plus forte que le maire d’Agadir n’est autre que le premier ministre, Aziz Akhannouch, multimilliardaire, deuxième fortune du pays, qui lors de sa nomination à la tête de l’exécutif en 2021, s’était vu gratifié d’un mandat de maire. Il avait promis un CHU moderne et du travail pour la jeunesse de la ville.

Révoltée par la dégradation des services publics les plus élémentaires et indispensables à la population pauvre, des jeunes ont réagi en multipliant les appels sur les réseaux sociaux et en descendant dans les rues de Rabat, Casablanca, Agadir, Tanger, Kénitra, Al Hoceima, Marrakech, tout au long des journées du samedi 27 et du dimanche 28 septembre. Ils revendiquent des moyens pour un meilleur système de santé, d’éducation et la création massive d’emplois. Durement touchés par le chômage, ces jeunes manifestants des milieux populaires, souvent diplômés, ne demandent qu’à être enseignants, soignants, brancardiers, infirmiers, éducateurs, électriciens, plombiers, agents d’entretien… Avec des slogans comme « La santé, l’éducation, le travail et l’eau d’abord, nous ne voulons pas de la coupe du monde », ils dénoncent l’accroissement des inégalités, l’argent qui va toujours à l’argent et, pour la CAN et la Coupe du monde, « des investissements ne servent qu’à enrichir les déjà riches ». Ils réclament une réorientation de l’argent de l’État vers les couches populaires et ne supportent plus la corruption et les passe-droits.

Les arrestations policières se sont abattues sur les manifestants dès les premières minutes. Poursuivis jusque dans les quartiers et entraînés manu militari, par dizaines vers les camions des forces de répression. Intimidés puis relâchés pour la plupart, cela a surtout suscité de l’émotion et fait descendre de nouveaux manifestants, jeunes et moins jeunes au cri de « Nous sommes pacifiques et vous nous réprimez ». Lundi 29 septembre les manifestations continuaient à El Jadida, Tanger, Casablanca, Tétouan...

Ceux qui se mobilisent expriment un ras-le-bol profond et ils ne comptent se laisser impressionner ni par la police, ni par les accusations de « manipulation de l’extérieur », ni par les enjeux de gros sous pour les bourgeoisies marocaine et occidentale et les politiciens à leur service.

                                                   Louisa Guersif (Lutte ouvrière n°2983)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-Aujourd’hui dimanche 5 septembre, de 10 h.25 à 10h.55 devant l’Intermarché du centre,

 de 11 h. à midi au marché Héloïse ;

-lundi 29 octobre, centre commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.