Crise :
un système de plus en plus défaillant
Publié le 10/07/2024
La presse économique s’alarme de
l’augmentation du nombre des défaillances d’entreprises. Cette hausse qui
illustre la poursuite et l’aggravation de la crise de l’économie.
Une entreprise en défaillance
n’arrive plus à payer ses dettes et ses factures, ce qui entraîne le plus
souvent sa fermeture.
Selon le Conseil national des
administrateurs et des mandataires judiciaires, cité par le quotidien Les
Échos, « sur les six premiers mois de l’année, le nombre global de
défauts a bondi de 18 % par rapport à la même période de 2023 » et « 102
500 emplois se retrouvent menacés. »
C’est le cas de Caddie et
Duralex, récemment mis en liquidation, mais le phénomène touche principalement
de toutes petites entreprises, dans les secteurs du commerce, de la
construction et des transports.
Ces défaillances pourraient
atteindre un niveau record sur l’ensemble de l’année 2024. Elles ont des causes
en partie conjoncturelles notamment la fin des aides mises en place lors
des confinements – le fameux « quoi qu’il en coûte » – notamment des prêts
garantis par l’État, qu’il faut maintenant rembourser, ainsi que la hausse des
taux d’intérêt.
Les raisons sont aussi plus
profondes, qui tiennent à la crise générale de l’économie capitaliste. Dans un
contexte où la production et les marchés se restreignent, la guerre économique
s’accroît, et elle profite aux entreprises les plus grosses. Celles-ci ont les
moyens de s’imposer face à leurs concurrentes plus petites et sont les
principales bénéficiaires des aides de l’État. C’est pourquoi, tandis que les
groupes du CAC 40 distribuent des dividendes record à leurs
actionnaires, de plus en plus de petites entreprises mettent la clé sous la
porte.
Cette guerre économique se mène
en premier aux dépens des travailleurs, qui sont licenciés, mais elle fait
aussi des victimes parmi les petits patrons. Les mesures adoptées par les
gouvernements pour faire face à tel ou tel épisode de la crise, comme lors du
Covid, ne peuvent au mieux que retarder l’échéance fatale.
Daniel Freund (Lutte ouvrière
n°2919)