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mardi 13 janvier 2026

AESH : les sénateurs, antiouvriers jusqu’au bout des ongles

Ils préfèrent les bas salaires

 

Avec la mutualisation, une situation qui s'est même encore dégradée
 

Le Sénat, avec le soutien du gouvernement, a rejeté une proposition de loi qui aurait accordé aux AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap) un statut de fonctionnaire qui leur permettrait notamment de bénéficier d’une rémunération à temps plein. Aujourd’hui, 98 % des AESH ne travaillent que 24 heures par semaine en moyenne, pour un salaire ne dépassant pas 900 euros par mois.

         Le gouvernement comme les sénateurs refusent de payer davantage et de rendre moins précaire la condition de ces travailleuses qui permettent à des centaines de milliers de jeunes handicapés d’accéder à l’éducation, cela juge les discours sur l’école inclusive dont ils nous abreuvent. 

 

lundi 24 novembre 2025

Argenteuil, handicap : aider à vivre la différence certes, mais avant tout le combat pour les moyens matériels et humains nécessaires

 

La question centrale des AESH

 

 

Une « quinzaine » sur le Handicap a lieu actuellement jusqu’au 3 décembre. Ma Ville consacre son dossier central sur ce sujet. Ce dernier commence par un constat : « 12 millions de Français vivent avec un handicap, dont 80% sont invisibles : troubles cognitifs, mentaux, psychiques, sensoriels » qui inaugure le premier article. » « Sensibiliser, comprendre, inclure : autant d’étapes pour construire une ville où la différence se vit naturellement » en est la conclusion.

         Que la municipalité et les services dédiés de la Ville fassent, ou pas, le maximum des possibilités à ce niveau, sera une question d’appréciation personnelle. Mais ne comptons pas sur la municipalité pour ouvrir le débat sur le sujet.

         Le problème est que la question dépasse totalement celle des choix et des moyens mis à sa disposition. Elle est une des questions sociales fondamentales qui relève de ce que la société est prête à mettre comme moyens pour qu’au-delà de l’aide pour faire « Vivre la différence » et « pour porter un autre regard sur le handicap », les personnes subissant ces handicaps puissent vivre réellement une vie humaine sur tous les plans.

         Aux côtés de la santé, de l’éducation, du soutien aux anciens, le handicap devrait être une priorité sociale absolue. Cela exige qu’une part notable des moyens humains et des moyens matériels nécessaires lui soient consacrée. Ce n’est pas le cas aujourd’hui dans la réalité d’une société riche, mais où une part notable de cette richesse est accaparée et gâchée par une minorité pour des dépenses fastueuses et une spéculation sans frein.

         Pour en revenir à Ma Ville, il y manque vraiment un article sur la situation de l’intégration des enfants et adolescents subissant un handicap dans les établissements scolaires comme la loi l’exige. Pourtant l’évocation de la présence d’AESH revient à plusieurs reprises dans le dossier.

         Chacun sait que cette situation est aujourd’hui calamiteuse malgré le dévouement d’AESH sous-payées et surexploitées.

         Une municipalité soucieuse du Handicap, du sort des personnes et des familles, à défaut de donner une solution à un problème général, dénoncerait au moins la situation faite aux AESH. À défaut, Ma Ville aurait pu au moins consacrer un véritable article à ce sujet. DM

jeudi 6 novembre 2025

Handicap à l’école : enfants et salariés sacrifiés

 Handicap à l’école : enfants et salariés sacrifiés

D’après la commission d’enquête parlementaire sur les défaillances dans la prise en charge du handicap et de la santé mentale, la situation des élèves handicapés se dégrade.

Publié le 29/10/2025

 

 

Près de 50 000 enfants sont en effet scolarisés sans l’aide d’un accompagnant.

Sur les 352 000 élèves devant bénéficier de la présence d’un AESH (accompagnant d’élèves en situation de handicap), 48 726 étaient sans solution à la rentrée 2025. L’année précédente, ils étaient déjà plus de 36 000 sans AESH, une hausse d’environ 35 %.

Depuis 2005 et la loi « pour l’égalité des droits et des chances », les gouvernements successifs n’ont pas été avares de grandes déclarations sur la nécessité de traiter les enfants handicapés comme tous les autres enfants. Aussi mal, auraient-ils pu préciser. Car « l’inclusion » vantée par le gouvernement s’est faite sans déployer les moyens nécessaires pour qu’elle soit autre chose qu’un mot creux, mettant en difficulté les enfants, les enseignants et les AESH.

La commission parlementaire pointe l’absence de transparence sur les résultats de l’école inclusive et « le décalage entre ces discours très volontaristes et la réalité qui est très différente, où on n’a pas de solution ». Le gouvernement répond qu’il peine à recruter et les députés s’interrogent sur les « fortes disparités territoriales » dans l’accompagnement des élèves. Mais il suffit de se pencher sur les conditions de travail et les salaires des AESH pour comprendre pourquoi beaucoup, même enthousiastes, renoncent.

Le salaire mensuel des AESH, en grande majorité des femmes, ne dépasse pas 1 500 euros net en début de carrière, pour atteindre 1 800 euros au bout de 30 ans. Encore s’agit-il d’un salaire théorique, car dans la pratique, la plupart de ces travailleuses sont en temps partiel imposé et leurs salaires plafonnent autour de 1 000 euros. Sans véritable formation ou statut, elles sont à la merci des mutations que l’Éducation nationale leur impose.

Quant aux conditions de travail, elles ne cessent de se dégrader. Faute de trouver des candidats à des emplois difficiles et mal payés, l’État a réorganisé le travail des AESH en créant des pôles d’accompagnement. Ces derniers ont pour effet d’élargir encore le périmètre sur lequel elles doivent intervenir. En zone rurale, la distance que doit couvrir une même travailleuse d’une école à l’autre peut aller jusqu’à 100 km. On imagine les dépenses en carburant, qui s’ajoutent à la fatigue. Quant aux difficultés, pour les AESH comme pour les élèves, qui résultent du fait de devoir jongler entre plusieurs élèves et plusieurs établissements, elles ne préoccupent pas plus le ministère.

Début octobre, l’académie de Rennes a d’ailleurs purement et simplement licencié 25 AESH qui refusaient d’élargir encore leur périmètre d’intervention, alors que, dans le même temps, 1 500 élèves du département d’Ille-et-Vilaine attendaient encore un accompagnant !

Voilà qui en dit plus long que toutes les commissions parlementaires sur la réalité d’un système qui n’a que faire des besoins des élèves, handicapés ou non, et attend de ses salariés qu’ils acceptent cette situation sans broncher.

                                                      Nadia Cantale (Lutte ouvrière n°2987)

mardi 14 octobre 2025

AESH : des licenciements scandaleux

 

Corvéables et soumis ? Pas question !

 

 

L’académie de Rennes a licencié début octobre 25 AESH, qui accompagnent les enfants en situation de handicap. Leur faute : avoir refusé d’élargir encore le périmètre où on peut leur demander d’intervenir. Ces travailleuses refusent de s’occuper de toujours plus d’enfants, d’être envoyées toujours plus loin, avec les dépenses d’essence qui vont avec, le tout pour un salaire qui n’atteint souvent pas les mille euros. Comble du cynisme, un mois après la rentrée, il y avait toujours plus de 1 500 élèves en situation de handicap dans le département d’Ille-et-Vilaine qui attendaient une AESH…

         L’État, comme n’importe quel patron, attend que les travailleurs qu’il emploie soient corvéables et soumis. Satisfaire les besoins des enfants en situation de handicap est le cadet de ses soucis.