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mercredi 17 juin 2026

Mondial de foot : pas de politique... autre que celle de la bourgeoisie

 

Cachez la marque de ce souvenir cuisant

 

 

La Fédération internationale de football a demandé à l’équipe haïtienne, qui joue en Coupe du monde, d’enlever de son maillot toute référence à la bataille de Vertières.

         Cette bataille de 1803 marque la capitulation des armées de Napoléon venue en Haïti avec l’objectif de rétablir l’esclavage. Or les anciens esclaves en révolte depuis 1791 s’étaient organisés en armées et avaient définitivement fait fuir les anciens maîtres pour construire la première république noire du monde.

         Au Mondial, hymnes et drapeaux nationaux sont exaltés. Mais pour la Fifa, cette référence, fondatrice de l’histoire d’Haïti, est trop politique. Elle est surtout le rappel de la lutte des opprimés et c’est ça qui gêne les puissants aujourd’hui.

vendredi 8 mai 2026

Haïti : gangsters en uniforme

L’enfer vécu par la population

 

 

Capture d'écran Martinique la 1ère – une femme dans un camp de déplacés à Port-au-Prince

Des policiers kényans, déployés en Haïti dans le cadre d'une mission multinationale censée combattre les gangs, ont été accusés de viol. Selon l'ONU, une dizaine de cas d'abus sexuels, y compris sur des mineures, seraient avérés. C'est la partie émergée de l'iceberg. Un rapporteur affirme même que « des policiers haïtiens ont agi comme proxénètes » en rabattant des femmes ou des filles vers leurs collègues kényans.

Pendant ce temps, les gangs ne cessent d'étendre leur emprise, et font vivre un enfer à la population. L'annonce récente du déploiement de 1 500 soldats tchadiens supplémentaires en Haïti ne peut qu'ajouter du chaos à ce chaos.

Pour venir à bout de la dictature des bandes armées, la population travailleuse ne pourra compter que sur son organisation et ses luttes.

 

samedi 15 novembre 2025

Haïti : les ouvriers de Codevi montrent la voie

Haïti : les ouvriers de Codevi montrent la voie

Cet article est extrait du mensuel de nos camarades de l’Organisation des travailleurs révolutionnaires – UCI Haïti.

Publié le 12/11/2025

 

Grève, manifestations, sit-in. Selon les chiffres publiés dans la presse, environ 18 000 travailleurs du parc Codevi, Compagnie de développement industrielle, située à Ounaminthe dans le département du Nord-Est, étaient entrés en grève pendant la semaine du 6octobre 2025 pour protester contre la volonté du gouvernement d’adopter de nouvelles taxes contre les travailleurs de la sous-traitance. Pour l’instant, ces taxes et prélèvements obligatoires pour l’ONA (Office assurance vieillesse), et pour l’OFATMA (Office d’assurance accidents du travail, maladie et maternité), vont jusqu’à 20 % de leur salaire. Les grévistes réclamaient également un ajustement de leur salaire bloqué depuis 2022 et de meilleures conditions de travail.

Dans leurs slogans, les travailleurs ont dénoncé l’indécence des potentats du gouvernement qui, tout en faisant la course aux richesses en siphonnant les caisses de l’État, en participant à toute forme de corruption, n’ont pas hésité à augmenter les taxes sur des travailleurs dont la valeur réelle du salaire journalier fluctue autour d’un dollar. Rejoints par des membres de la population pauvre dans leur mouvement, les travailleurs ont réclamé un ajustement de salaire à 2 500 gourdes par jour, la baisse des prix de produits de première nécessité, etc.

Devant cette colère tous azimuts et par crainte de voir plus de membres de la population pauvre s’associer à ce mouvement, le gouvernement s’était dépêché de sortir un communiqué pour ajourner ces mesures. Mais deux jours après ce recul, les travailleurs n’avaient pas repris le travail pour mettre la pression sur les patrons qui pourraient faire semblant d’ignorer la position des autorités et continuer à prélever à la source ces taxes et obligations.

Les ouvriers de Codevi avaient raison de se battre pour leur gagne-pain. Cette révolte aurait eu toutes les raisons de se propager vers la capitale, particulièrement sur la route de l’aéroport au parc industriel Sonapi mais aussi dans tout le pays où les travailleurs gagnent péniblement 500 gourdes comme salaire journalier dans les stations de services, dans les magasins, les entrepôts… Continuer à payer le même salaire minimum en vigueur depuis trois ans constitue un crime vu l’inflation qui bat des records.

Aux souffrances des travailleurs, à leurs revendications, le patronat et le gouvernement opposent toujours le cynisme, le mépris et souvent la répression. La grève, les manifestations sont les moyens qui sont à leur disposition pour se faire entendre et faire reculer ces parasites. Il en est de même pour le reste de la population pauvre qui depuis six ans, en plus de l’exploitation des classes dominantes, supporte les exactions criminelles des bandes armées dont les chefs sont devenus en très peu de temps des millionnaires par le racket, le vol, les trafics de toutes sortes.

La révolte générale des masses exploitées représente leur seule voie de salut. Que ces grèves sectorielles, que les actes de bravoure et de résistance de la population dans l’Artibonite assiégée par les gangs, que la résistance des paysans de Kenscoff servent d’entraînement et de prélude aux luttes globales et conscientes de toutes les masses exploitées pour leur libération totale, capitale à l’échelle de tout le pays !

                                                         La Voix des Travailleurs