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lundi 11 mai 2026

Ruffin : la xénophobie au programme

Ruffin : la xénophobie au programme

« Je refuse le plan d’importation massive de main-d’œuvre étrangère » : si cette phrase est bien sortie de la bouche d’un prétendant à l’Élysée, elle n’est pas de Bardella ou de Le Pen, mais de François Ruffin.

Publié le 05/05/2026  

Ruffin a défendu sa position en expliquant que l’immigration de travail correspond à une volonté patronale, notamment dans le secteur du soin, où le Medef souhaite « faire venir de la main-d’œuvre subsaharienne ».

Devant les réactions dans les rangs de ses anciens alliés de LFI, mais aussi parmi les écologistes ou les communistes, il a continué à assumer. Et de dire que sur l’immigration, il n’a pas changé de position ces vingt dernières années et que c’est d’ailleurs une « longue tradition de la gauche ». Il est vrai que faire des travailleurs immigrés les responsables du chômage, des bas salaires ou de la dégradation des conditions de travail n’est pas spécifique à un Ruffin, qui prétend vouloir combattre l’extrême droite en reprenant sa chanson.

Le « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde » du Premier ministre socialiste Rocard n’était pas une regrettable exception et les dirigeants du PCF ou de LFI ont eux aussi fait de la « maîtrise de l’immigration » un argument politique. En 1980, alors que des dizaines de milliers de licenciements avaient lieu, le PC prônait « l’arrêt de l’immigration pour le bien de tous ». De nos jours, c’est le « dumping social », dont les travailleurs détachés seraient responsables, que dénoncent une partie des dirigeants de gauche.

Français contre immigrés, immigrés contre détachés, intérimaires et sous-traitants contre employés en CDI, hommes contre femmes : le patronat utilise toutes les possibilités de division pour faire pression à la baisse sur l’ensemble des conditions de travail et de salaires. Face à cela, la réponse du mouvement ouvrier ne peut être que de présenter un front uni pour imposer l’amélioration des conditions de tous. Le contraire de ce que défendent les Ruffin et consorts.

                                            Nadia Cantale (Lutte ouvrière n°3014)

 

samedi 9 mai 2026

Mélenchon : nouvelle candidature, vieille politique

 Mélenchon : nouvelle candidature, vieille politique

Jean-Luc Mélenchon a annoncé, le 3mai sur TF1, sa candidature à l’élection présidentielle de 2027, une annonce qui, il est vrai, n’a rien d’une surprise.

Publié le 05/05/2026

N’en déplaise aux commentateurs qui glosent sur l’âge de Mélenchon, 74 ans, et le fait qu’il se présente pour la quatrième fois, sa candidature est dans la continuité de la ligne politique qu’il trace depuis des années.

Mélenchon a rompu en 2008 avec le parti socialiste dont il fut un dirigeant pendant 30 ans, un sénateur durant 20 ans et un ministre dans le gouvernement Jospin. Depuis, il cherche à renouveler l’image de la gauche de gouvernement. Il voudrait incarner une gauche capable de faire rêver la jeunesse et les classes populaires, en particulier celles des grandes agglomérations, pour franchir la barre du premier tour, en espérant rallier au second ceux qui redoutent une victoire du RN.

Pour cela, Mélenchon choisit ses mots avec précision. S’il promet avec constance le passage à une 6e République qui mettrait en œuvre la « collectivisation des biens communs » ou encore la « planification écologiste », il insiste sur le fait qu’il s’agira d’une « révolution citoyenne », c’est-à-dire par les urnes, sans jamais contester la propriété privée des capitalistes, qu’en fait il respecte. Dans le nom de son mouvement, la France insoumise, comme dans son programme, Mélenchon évite de parler d’une opposition entre les travailleurs et les capitalistes. Il parle de la France, comme si tous ses habitants partageaient les mêmes intérêts et devaient ensemble « s’insoumettre ». En effet, sur le terrain social comme sur celui des affaires internationales, Mélenchon prétend incarner les intérêts de « la France » mieux que ses concurrents, qu’il traite d’incapables.

C’est le même choix quand il s’adresse aux travailleurs d’origine immigrée qui, en plus de subir l’exploitation patronale, sont confrontés au racisme et aux préjugés. Ainsi, quand il prend le contre-pied de la droite et l’extrême droite qui stigmatisent les habitants des banlieues populaires, surtout s’ils sont Noirs, Arabes ou musulmans, Mélenchon le fait en vantant une « nouvelle France ».

Les dernières municipales, avec l’élection de maires LFI issus de l’immigration à la tête de quelques grandes villes, ont montré que des électeurs pouvaient se retrouver dans ce langage et se sentir ainsi vengés des humiliations subies. Ces mêmes électeurs sont aussi touchés, et on les comprend, par les positions des porte-parole de LFI qui dénoncent la politique génocidaire de l’État israélien à Gaza et le sort fait aux Palestiniens, ce qui leur vaut d’être accusés de faire l’apologie du terrorisme. Cette ostracisation permanente de LFI et de Mélenchon par leurs adversaires politiques les aide en réalité à entretenir leur image d’une opposition intransigeante en évitant de donner à cette opposition un contenu plus précis.

Depuis presque vingt ans, au fil des élections, Mélenchon alterne ainsi les phases « de bruit et de fureur » où il cultive une posture d’homme anti-système, avec les phases de main tendue au PS, au PCF, aux écologistes et à leurs divers avatars comme en 2024. L’objectif n’en reste pas moins le même : accéder à la présidence de la république et au gouvernement du pays à l’instar d’un Mitterrand que Mélenchon continue d’admirer. « Nous sommes menacés d’une guerre généralisée […] et nous avons une crise économique et sociale qui s’avance » a reconnu Mélenchon sur TF1. Il ne peut ignorer que la tâche d’un président de gauche, élu dans ce contexte et n’envisageant en aucune façon de s’en prendre aux possédants, sera de faire payer le prix de cette crise aux travailleurs et à la jeunesse.

                                                     Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°3014)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-Aujourd’hui samedi 9 mai, de 10 h. à 10 h.30 au marché des Coteaux,

 de 10 h.30 à 12 h. au centre commercial cité Joliot-Curie ;

et de 11h. à midi marché de la Colonie ;

-dimanche 10 mai : de 10 h.15 à midi 15 au marché Héloïse ;

PDG et actionnaires : des profits à reprendre !

 

Vases communicants du capitalisme

 

 


Dans le monde, les salaires réels des travailleurs ont baissé de 12 % depuis 2019. Dans le même temps, la rémunération des PDG a augmenté de 54 %, pour atteindre une moyenne de 8,4 millions de dollars par an en 2025. Et certains gagnent bien plus !

Si les gros actionnaires payent à prix d’or les dirigeants de leurs groupes, c’est parce qu’ils extorquent toujours plus de profits des travailleurs qu’ils exploitent. Ces richesses, ce sont les travailleurs qui les ont créées, les reprendre ne serait que justice.

vendredi 8 mai 2026

Total : c'est qui le patron ?

 

Maître et serviteurs

 

 

Le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a menacé de ne pas maintenir le plafonnement des prix de l'essence dans les stations-service. C’est un coup de pression sur le Premier ministre, qui s’est permis de déclarer que le débat sur la taxation des superprofits était « ouvert ». Pour Total c’est : pas touche !

En 2025, Total n'avait pas payé un centime au titre de la surtaxe sur les grandes entreprises, prétendant que son activité en France était déficitaire. Avec presque 6 milliards de dollars de profits au premier trimestre 2026, le tour de passe-passe s'annonce plus délicat cette année.

Mais les propos de Pouyanné viennent rappeler qui sont les réels donneurs d'ordres dans la société capitaliste.

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-Aujourd’hui vendredi 8 mai,

-de 10 h.30 à midi, au marché Héloïse ;

-de 15 à 17 heures au marché du Val Nord,

-et de 17 h.15 à 18 h.15 au « carrefour Babou » ;

-samedi 9 mai, de 10 h.30 à 12 h. centre commercial cité Joliot-Curie ;

-de 11h. à midi marché de la Colonie ;

-dimanche 10 mai : de 10 h.15 à midi 15 au marché Héloïse ;