Gaza :
morts et vivants en enfer
Le 4 août, la population de
Gaza a célébré les funérailles collectives de 112 des victimes d’une frappe
israélienne. Le fait que ces victimes n’aient pu être enterrées que deux ans et
demi après leur mort est une illustration de la barbarie de la guerre et de
l’occupation menées par l’État d’Israël.
Publié le 12/08/2026
Le 22 novembre 2023,
l’un des bombardements les plus meurtriers de l’armée israélienne dans le
quartier de Sabra, à Gaza, avait fait près de 200 morts parmi les membres
de deux familles, qui vivaient dans les mêmes immeubles. Depuis, la poursuite
de la guerre, et de son cortège de bombardements, de destructions et des
déplacements forcés incessants ont empêché les secours et les proches d’accéder
aux victimes, restées ensevelies sous les ruines.
Le fragile cessez-le-feu a permis
aux rescapés de revenir dans ce quartier rasé et c’est avec très peu de moyens,
et souvent à mains nues, que les secouristes ont pu depuis la mi-juillet se
mettre à rechercher les dépouilles. Sur les 153 morts emprisonnés sous les
décombres, seuls 112 cadavres, parmi lesquels ceux de 37 enfants, ont
pu être dégagés.
Les Nations Unies estiment que
61 millions de tonnes de gravats recouvrent l’ensemble de la bande de
Gaza. Le ministère de la Santé du territoire estime que 7 400 personnes
restent ensevelies dans ce champ de ruines.
Pour le dégager et enterrer
dignement leurs morts, les Gazaouis ne disposent que d’une pelleteuse ! Quant
aux vivants, ils doivent survivre dans des conditions effroyables, sous des
tentes ou des abris de fortune infestés de rats. Depuis le cessez-le-feu,
l’armée israélienne n’a jamais cessé ses bombardements et de nouvelles victimes
s’ajoutent chaque jour aux dizaines de milliers de morts des presque trois ans
de guerre. Le gouvernement israélien affame la population, ne laissant arriver
qu’au compte- gouttes l’aide alimentaire et a détruit les infrastructures
permettant d’accéder à l’eau.
Les grandes puissances
impérialistes continuent à le déplorer en paroles, tout en laissant les mains
libres à Netanyahou pour tenter d’anéantir les Palestiniens.
Nadia Cantale (Lutte ouvrière
n°3028)