Gaza :
nouvelle phase du massacre
Le point de passage de Rafah,
rouvert le 1er février entre la bande de Gaza et l’Égypte,
n’apporte qu’une maigre respiration à une infime partie des Gazaouis, qui
tentent de survivre dans le territoire écrasé par l’armée israélienne.
Publié le 04/02/2026
En principe, la deuxième phase du
« plan de paix » de Trump était censée débuter après la restitution du corps du
dernier otage israélien. La réouverture d’un point de passage vers l’Égypte est
donc effective… sur le papier. Le 2 février, seules une vingtaine de
personnes ont pu franchir la frontière, des malades tentant d’obtenir des soins
en Égypte et, dans l’autre sens, une poignée de Gazaouis autorisés à retrouver
les leurs au milieu des ruines. Les deux gouvernements, celui de Netanyahou
comme celui d’al-Sissi, n’autorisent qu’un nombre infime de passages. C’était
un trajet « humiliant », ponctué de fouilles « minutieuses »,
raconte l’une des voyageuses à un journaliste. « Les Israéliens nous ont
interrogés, ils nous ont tout confisqué. Ils ne nous ont laissé que des
vêtements. […] Tout est interdit, la nourriture, l’eau, les parfums. Nous
n’avons pas pu rapporter le moindre cadeau pour nos enfants ».
Mais si la nécessité d’obtenir des
soins, alors que toutes les structures de santé ont été détruites à Gaza,
contraint de nombreuses familles gazaouies à tenter d’obtenir une autorisation
de passage, les autorités égyptiennes elles-mêmes ont, à de multiples reprises,
affirmé qu’elles s’opposaient à toute arrivée massive de Palestiniens.
Pourtant, la situation de ces
derniers reste invivable sur moins de la moitié du territoire, entre la « ligne
jaune » et la mer, sur laquelle l’armée israélienne les enferme, en occupant et
en leur interdisant l’autre partie. À la rudesse de l’hiver, au dénuement total
des familles sous les tentes ou les abris, à l’absence de vivres, d’eau et de
médicaments, s’ajoutent les tirs et bombardements quasi quotidiens de l’armée
israélienne. Elle a tué environ 500 habitants depuis l’entrée en vigueur du
cessez-le-feu. À titre d’avertissement, à la veille de la réouverture du poste-
frontière de Rafah, le 31 janvier, dix personnes ont été tuées dans la
ville de Gaza, d’autres encore dans le Sud à Khan Younès, dont sept membres
d’une famille dans leur tente. Près de la côte, où se sont réfugiés nombre de
déplacés, une bombe a été lâchée sur un abri habité. Un organisme de premiers
secours chiffre à 32 le nombre de morts de cette seule journée.
Devant l’évidence et les preuves
documentées du massacre auquel elles se sont livrées après le 7 octobre
2023, les autorités israéliennes ont fini par reconnaître avoir tué plus de 71
000 Gazaouis. C’est cependant sans compter le nombre des corps encore ensevelis
dans les ruines, sans compter non plus les victimes « indirectes » de blessures
et de maladies non soignées, et de sous-nutrition.
Le gouvernement Netanyahou
maintient aussi son interdiction d’exercer à l’ONG Médecins sans frontières,
sommée d’avoir cessé toute présence à la fin du mois. Comme il bloque presque
totalement l’aide humanitaire aux frontières, y compris au poste de Rafah, le
pouvoir de Netanyahou et son complice, l’agent immobilier Trump, pressé de
bâtir sa « riviera » à Gaza, préparent méthodiquement l’asphyxie de toute une
population.
Viviane Lafont (Lutte ouvrière
n°3001)
Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à
Argenteuil et la région :
-vendredi 6 février au carrefour Babou du Centre, de
17h.15 à 18 h.15. ;
-de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité
Joliot-Curie ;
-lundi 2 février, de 18 h. à 19 heures, centre
commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.