Justice
française : complice des génocidaires
Le 21 août, la justice
française a une nouvelle fois refusé de mettre en examen Agathe Habyarimana, la
veuve de l’ancien président rwandais, au cœur du génocide qui fit 800
000 morts en 1994. Pour l’État français, elle est innocente.
Publié le 27/08/2025
La préparation de ce massacre
n’était un secret pour personne, et surtout pas pour les dirigeants français,
de Mitterrand, alors président de la République, au et son Premier ministre,
Balladur. La dictature d’Habyarimana, qu’ils soutenaient, mit en place les
milices Interhamwe contre les Tutsis. La radio-télévision des Mille Collines,
dont Agathe Habyarimana était l’une des fondatrices, ne cessait d’appeler à
leur massacre.
Alors que le FPR, le parti de
l’actuel président, Paul Kagame, menaçait le régime et pour garder son
influence dans la riche région africaine des Grands Lacs, l’État français forma
les militaires de la dictature d’Habyarimana et lui livra massivement des
armes. L’ambassade de France abrita le dernier gouvernement du régime, qui
regroupait les dirigeants les plus extrémistes.
Agathe Habyarimana fut exfiltrée
très rapidement, sur ordre direct de Mitterrand, lui permettant de se réfugier
en France, où elle réside encore. L’État français a toujours refusé de
l’extrader vers le Rwanda. Le Parquet national antiterroriste demande néanmoins
sa mise en examen depuis 2024. C’est cette demande qui a été rejetée par un
non-lieu en août.
Pour la France, reconnaître
qu’Agathe Habyarimana a les mains couvertes du sang des victimes serait
reconnaître que tous les dirigeants français qui l’ont protégée depuis plus de
trente ans ne valent pas mieux.
Thomas Baumer (Lutte ouvrière
n°2978)