jeudi 1 mai 2025
Manifestons en cette journée de 1er mai aux côtés des travailleurs du monde
Manifestons en cette journée de 1er mai
Aux côtés des travailleurs du monde
À Paris
À 14h00 Place d’Italie
Le 1er mai sera l’occasion, pour tous ceux qui rejettent le nationalisme et se sentent dans le camp des travailleurs, de manifester avec des milliers d’autres travailleurs le même jour partout dans le monde.
Cette journée de lutte est un des rares symboles sans tache qu’a légué le mouvement ouvrier, tout comme le drapeau rouge et la chanson L’Internationale. Dans cette période de montée guerrière, ces symboles représentent l’internationalisme ouvrier, la seule perspective politique possible pour le camp des travailleurs.
Lutte ouvrière appelle tous ses militants et ses sympathisants à participer aux rassemblements et aux manifestations qui auront lieu ce jour-là. À Paris, le cortège devrait partir à 14 heures de la place d’Italie.
Départ en commun à Argenteuil pour les amis de Lutte ouvrière
A 13 heures devant notre café habituel de la gare centrale
1er mai : histoire d’une journée de lutte
1er mai : histoire d’une journée de lutte
Le 1er mai a été pendant très longtemps pour les travailleurs une journée de manifestations et de luttes parfois sanglantes.
Publié le 29/04/2025
C’est en 1856, en Australie, qu’est née l’idée d’une journée prolétarienne de repos, fixée alors au 21 avril, comme un moyen d’obtenir la journée de 8 heures. Il était alors fréquent de travailler 12, voire 14 heures par jour. Cette première manifestation eut un tel retentissement parmi les travailleurs australiens qu’il fut décidé de renouveler cette manifestation tous les ans. Avec le développement du prolétariat à l’échelle mondiale, l’idée s’imposa d’organiser une journée internationale au cours de laquelle les travailleurs de tous les pays seraient appelés à faire grève et à manifester en revendiquant la journée de huit heures. En 1889, la IIe Internationale, regroupant tous les partis sociaux- démocrates, se revendiquant alors du marxisme révolutionnaire, décida de fixer au 1er mai cette journée de lutte, en hommage aux travailleurs américains victimes de la répression après la grève générale du 1er mai 1886, appelée pour obtenir la journée de 8 heures. Les manifestants commencèrent à arborer un triangle rouge, symbolisant la revendication « 8 heures de travail, 8 heures de loisir, 8 heures de repos ».
À l’époque, le 1er mai n’était pas férié, et il fallait se mettre en grève pour participer aux manifestations. Celles-ci inquiétaient les patrons, d’autant qu’elles se déroulaient le même jour dans de nombreux pays, et ils n’hésitaient pas à réprimer ceux qui se risquaient à y participer. Dans le nord de la France, à Fourmies, le 1er mai 1891, l’armée tira sur la foule, faisant 9 morts et 33 blessés, dont de jeunes ouvrières du textile. Après cette fusillade particulièrement meurtrière, les manifestants du 1er mai se mirent à arborer une églantine rouge, symbole qui rappelait de surcroît la Révolution française et qui mettait en rage les patrons et la police. Des passants pouvaient être arrêtés parce qu’ils portaient du rouge dans l’habillement.
Le début du vingtième siècle fut marqué par la marche à la guerre, et le 1er mai devint aussi l’occasion d’affirmer l’idée que les ouvriers du monde entier devaient lutter contre la guerre impérialiste en préparation et se fixer l’objectif de renverser le capitalisme. Les grandes manifestations en faveur de la paix ne purent empêcher la trahison de la IIe Internationale, qui se rallia à la bourgeoisie dès le début de la guerre mondiale.
Dans l’entre-deux-guerres, les luttes continuèrent, avec cette fois-ci en toile de fond la montée du fascisme. En 1929, le préfet de Berlin interdit la manifestation du 1er mai. À l’appel du Parti communiste allemand, des milliers de travailleurs défilèrent tout de même. La troupe tira, tuant 33 travailleurs, et en blessant 200.
Les nazis, tout comme le gouvernement de Vichy en France, détournèrent la signification prolétarienne du 1er mai, et en firent des « Fêtes du travail national », célébrant l’union sacrée des ouvriers et des patrons. C’est le maréchal Pétain qui, en 1941, a associé le 1er mai au muguet, qu’il préférait à l’églantine rouge, symbole selon lui du communisme.
Malgré ces dévoiements et l’institutionnalisation du 1er mai, du moins dans les pays riches, sa signification profonde pour le monde du travail, une journée qui affirme les intérêts communs des travailleurs par-delà les frontières, reste d’une actualité brûlante, au moment où les bruits de bottes résonnent à nouveau. Comme l’écrivait Rosa Luxemburg en 1904 : « Plus que jamais, en présence de la guerre, la démonstration spécifique prolétarienne doit aussi être l’expression de cette idée que la réalisation de la paix universelle ne peut être conçue que liée à la réalisation de notre but final socialiste. »
Camille Paglieri (Lutte ouvrière n°2961)
mercredi 30 avril 2025
Le 1er Mai férié : menacé pour mieux exploiter
Le 1er Mai férié menacé pour mieux exploiter
Dans la foulée d’une pétition de politiciens LR, Catherine Vautrin, la ministre du Travail, veut en finir avec le jour férié et chômé du 1er mai pour les boulangeries.
Publié le 23/04/2025
« Pourquoi priver les salariés volontaires de gagner deux fois leur salaire ? », a déclaré Le Pen après la droite et les macronistes, tandis que Ciotti a gesticulé contre « cette mesure absurde et anti-économique » que serait le 1er mai férié. En apparence de divers bords, ces politiciens tombent toujours d’accord pour défendre la liberté des patrons à exploiter les travailleurs. En l’occurrence, il s’agit de celle des patrons boulangers d’ouvrir leur commerce un jour férié, c’est-à-dire de faire venir leurs ouvriers dès 2 ou 3 heures du matin pour vendre du pain frais dès l’ouverture.
Quant au « volontariat », aussi bien évoqué par le gouvernement que par Le Pen, les travailleurs savent ce qu’il veut dire. Quelle liberté a-t-on quand, en intérim ou en CDD, on doit se plier aux heures supplémentaires et à tous les desiderata du patron dans l’espoir d’un renouvellement de mission ou d’un futur CDI ? Quelle liberté a-t-on quand, même en CDI, il y a la pression patronale et, surtout, l’insuffisance des salaires qui incite à essayer d’augmenter un peu sa paye ?
Sous le capitalisme, la liberté et le volontariat sont de vains mots, sauf pour les propriétaires d’usines, de banques et de commerces. Le choix de s’attaquer au 1er mai, aujourd’hui férié et chômé mais qui est à l’origine un jour de grève et de manifestations ouvrières, ne doit rien au hasard. Dans un contexte où il n’est question que de sacrifices pour les travailleurs, les retraités et les services utiles à la population, c’est une nouvelle campagne politique lancée, cette fois contre tous les jours fériés. Viser le métier de boulanger, permet de parler d’une profession considérée essentielle, avant d’élargir la remise en question de ce jour chômé à tous les secteurs. Les patrons fleuristes ne s’y sont pas trompés : ils exigent que la future loi sur le 1er mai concerne aussi leur activité, et parions qu’ils seront suivis par bien d’autres.
La liberté pour les travailleurs est à l’exact opposé de celle de leurs exploiteurs : dans la contestation de la propriété privée et de la soif de profit capitalistes. Pendant la Commune de Paris de 1871, les ouvriers-boulangers avaient obtenu ainsi l’abolition du travail de nuit contre la « liberté » de leurs patrons.
Marlène Stanis (Lutte ouvrière n°2960)
mardi 29 avril 2025
Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 28 avril 2025
Le 1er
mai vive la lutte internationale des travailleurs pour changer la société !
Publié le 28/04/2025
Qui sait, aujourd'hui, que le 1er mai tire son origine d’une manifestation ouvrière noyée dans le sang à Chicago en 1886 ? Qu’en mémoire de ce massacre, les dirigeants des partis ouvriers des différents pays, rassemblés dans une Internationale, en firent une journée de lutte et de solidarité des travailleurs par-delà les frontières ?
Chaque 1er mai, tous les ouvriers du monde étaient appelés à faire grève et manifester avec une revendication commune, la journée de huit heures, afin que « l’ouvrier cesse d’être un simple instrument de travail et commence à devenir un homme ».
Pendant des décennies, le 1er mai fut une journée où il fallait braver la répression patronale et la mobilisation policière. Il le reste dans de nombreux pays. Mais, en France, pour lui enlever son caractère combatif, le régime très réactionnaire de Vichy, dirigé par Pétain, transforma cette journée de lutte en innocente « Fête du Travail ». Depuis, le 1er mai est un jour férié, chômé et payé.
Cela fait donc longtemps qu’ici, les défilés du 1er mai n'inquiètent plus la bourgeoisie ni les dirigeants politiques. Et c’est bien le problème ! En l’absence de luttes et d’organisations ouvrières dignes de ce nom, le grand patronat et le gouvernement font ce qu’ils veulent.
Ici, les capitalistes attaquent méticuleusement nos conditions de travail et de vie. Cette semaine, ArcelorMittal, malgré plus d’un milliard de bénéfices et 300 millions d’aide de l’État, vient encore d’annoncer le licenciement de 600 personnes. De son côté, le gouvernement peaufine une nouvelle attaque à 40 milliards.
Tandis qu’il arrose la bourgeoisie et les grandes entreprises de milliards de cadeaux fiscaux et creuse les déficits, il jure que la dette est insoutenable et qu’il faut d’urgence réduire les dépenses utiles à la population. Et, bien que nous soyons des millions à nous tuer à la tâche pour un salaire de misère, le gouvernement estime que nous ne travaillons pas assez !
À l’échelle internationale, les dirigeants de la bourgeoisie font preuve d’un cynisme plus glaçant encore. Après avoir fait croire que les États-Unis aideraient l’Ukraine à se libérer, Trump s’acoquine avec Poutine pour se partager les principales ressources du pays. Il ne cache ni ses visées impérialistes sur le Groenland et le Canada, ni la préparation d’une guerre avec la Chine. Et il laisse Netanyahou exterminer les Palestiniens de Gaza, où il envisage de réaliser une Riviera.
Les Trump, Poutine, Xi Jinping ou Macron, comme les capitalistes, savent que pour dominer, ils doivent écraser les travailleurs et piétiner les peuples. Et ils savent que leur règne ne tient que par leur art de dresser les opprimés les uns contre les autres, de les diviser en usant du racisme et du nationalisme.
Tant que nous les laisserons nous diriger et nous commander, nous nous enfoncerons dans les inégalités, la misère, les divisions, les haines et la barbarie. Nous serons condamnés à servir de chair à profits ou de chair à canon.
Une autre voie est possible : celle de la solidarité internationale des travailleurs et de leur lutte pour le pouvoir !
La classe capitaliste n’est forte que de notre faible combativité et de notre manque de conscience. Nous nous laissons commander par une bande de rapaces qui sont incapables de faire tourner la société par eux-mêmes. Nous nous plions au diktat d’une classe de parasites incapables de produire leurs profits et leurs capitaux sans nous. Incapables, même, de garder leurs enfants, de se faire à manger et de se déplacer sans le travail d’une armada de serviteurs !
Prenons conscience du pouvoir que nous avons, collectivement, entre les mains ! Non seulement pour nous défendre et nous faire respecter, mais aussi pour faire fonctionner la société et donc pour l’organiser et la diriger nous-mêmes.
C’est aussi cette conscience que portait le 1er mai. Car les travailleurs affirmaient aussi la nécessité d’en finir avec l’exploitation de l’homme par l’homme, c’est-à-dire avec le capitalisme. Ils s’affirmaient comme une classe sociale qui disputait le pouvoir à la bourgeoisie pour construire le socialisme à l’échelle internationale.
Au moment où la bourgeoisie brise des millions de vies, détruit la planète et nous mène vers une troisième guerre mondiale, c’est cette conscience qu’il faut retrouver et diffuser. C’est avec cet objectif que le cortège de Lutte ouvrière manifestera ce jeudi 1er mai. Soyons nombreux à le rejoindre !
vendredi 25 avril 2025
dimanche 20 avril 2025
Le 1er mai, c’est dans la rue, pas au boulot !
Son inspiratrice : Marie-Antoinette ?
La ministre du Travail veut une loi pour que les salariés des boulangeries « puissent travailler le 1er mai » car, selon elle, « le pain est une tradition française »… Elle est encouragée par le syndicat des patrons boulangers et par Marine Le Pen qui ne peut rien refuser au patronat, petit et grand.
Tous mettent en avant le fait que cela serait au volontariat. Mais on sait ce que vaut cet argument alors que les travailleurs doivent subir les pressions patronales dans un contexte où les salaires sont insuffisants.
En réalité, il s’agit d’une nouvelle campagne patronale visant à obliger les salariés à travailler les jours fériés. Il faut la combattre !
vendredi 4 avril 2025
Une seule classe ouvrière, contre toutes les divisions
Prolétaires, unissons-nous !
Ce qui manque à notre classe, elle qui fait pourtant fonctionner la société, c’est justement cette conscience d’être la classe internationale porteuse de la transformation de la société, c’est-à-dire la force révolutionnaire de la prise du pouvoir et du renversement de celui de la bourgeoisie. Nos adversaires bourgeois savent cela et que cette conscience de classe est le danger à combattre. Leur politique est d’arrimer les travailleurs derrière eux en leur faisant partager l’illusion que nous aurions des intérêts communs. Nationalisme, union nationale, racismes, protectionnisme sont leurs outils pour diviser et obscurcir cette conscience.
Développer cette conscience d’appartenir à cette classe, lutter contre toutes les divisions qui la marquent et empêchent son union, diffuser l’idée fondamentale qu’il n’y a aussi qu’une seule classe des producteurs et des exploités à l’échelle du monde, est le cœur de notre combat.
Nous aurons l’occasion d’affirmer massivement la nature de notre combat lors de la manifestation du 1er mai, journée de lutte des travailleurs du monde.DM



