En avant
vers les cimetières
Quand
tous les dirigeants politiques parlent de la nécessité d’augmenter les budgets militaires,
de celle de réaliser des investissements dans du matériel de guerre… ils
omettent de dire qu’il faut aussi des soldats pour manier ces armes.
Publié le
12/03/2025
En
France, la dernière loi de programmation militaire prévoit déjà de passer les
effectifs de l’armée de 201 000 soldats à 275 000 en 2030. Quant au nombre de
réservistes, il va passer de 41 000 à plus de 100 000 en 2035. Et tous les «
experts » de la guerre sont unanimes à dire qu’il en faudra plus dès
aujourd’hui et beaucoup plus encore en cas de guerre ouverte. Assis dans leurs
fauteuils, pérorant devant les caméras ou se préparant à engranger leurs
bénéfices de guerre, ils s’apprêtent à envoyer sur les champs de bataille les
jeunes qui sont pour l’instant sur les bancs de l’école ou en apprentissage
dans les usines. Voilà le seul avenir que cette société prépare à la jeunesse :
crever dans la boue et le sang pour que les capitalistes continuent à
s’enrichir.
Ce n’est
pas la première fois que les dirigeants de ce monde transforment les photos de
classe en listes de morts dans les cimetières. Dans toutes les villes et les
villages de France, d’Allemagne et de Grande-Bretagne, on peut voir les
monuments aux morts de la guerre de 1914-1918. On peut lire parfois les noms de
quatre ou cinq jeunes d’une même famille. À l’époque, toute une génération a
été sacrifiée. Et ni les larmes des familles ni les gueules cassées n’ont
empêché les États de recommencer, pour le plus grand profit de leurs
industriels et de leurs banquiers.
Joséphine
Sina (Lutte ouvrière n°2954)
Le cimetière de Craonnelle (offensive du
Chemin des dames, avril 1917)