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mercredi 20 mai 2026

États-Unis / Chine : Danse avec les loups

 

Grandes dents et gros appétit

 

 

En Chine, Trump a réussi son pas de deux avec Xi Jinping sans renverser la porcelaine et a repris l'avion en affirmant que le dirigeant chinois "est vraiment devenu un ami".

         Tout le monde sait que le président américain dit n'importe quoi, et que l’impérialisme américain est à l’offensive partout dans le monde et notamment contre la Chine pour défendre sa place de premier exploiteur et pilleur de la planète. Les sourires de Trump cachent mal ses crocs…

lundi 18 mai 2026

Cuba : un peuple étranglé par les États-Unis

 Cuba : un peuple étranglé par les États-Unis

Au moment où Trump est empêtré dans la guerre qu’il a déclenchée contre le régime iranien, il s’acharne contre la petite île de Cuba. Après avoir suggéré qu’un porte-avions américain pourrait l’assiéger « sur le chemin du retour d’Iran », il a signé le 1er mai un décret rallongeant la liste des sanctions.

Publié le 12/05/2026

Sous embargo depuis 1962, Cuba est asphyxiée depuis janvier par le blocus pétrolier américain qui la prive d’énergie en plus de toutes les autres denrées, dont les médicaments. Faute de pétrole, Cuba ne peut plus produire l’électricité indispensable à la vie quotidienne et au fonctionnement des hôpitaux. Les stations-service sont à sec et les transports réduits au minimum. Les principales compagnies aériennes internationales ont supprimé tous leurs vols, privant l’île de sa principale source de revenus et de son seul apport en dollars : le tourisme.

Déjà frappée de plein fouet par l’arrêt du tourisme provoqué en 2020 par la pandémie de Covid, l’économie cubaine, qui ne s’en était pas remise, est de nouveau à l’arrêt. Des dizaines de milliers de Cubains ont ainsi perdu leur emploi, ne pouvant plus faire vivre leur famille alors que les prix des rares denrées disponibles ont explosé. Un litre d’huile de tournesol coûte ainsi un quart du salaire moyen. La misère et l’absence de perspective accélèrent l’exil de la population : depuis 2020, deux millions de personnes, un quart de la population, ont quitté l’île, souvent de façon clandestine, pour tenter leur chance dans un pays d’Amérique Latine.

Si Trump s’acharne contre Cuba, et d’abord contre la fraction la plus pauvre de sa population qui subit de plein fouet l’embargo, ce n’est pas parce que le pays représenterait « une menace extraordinaire » comme il le répète. Depuis l’épisode des missiles soviétiques installés en 1962, rapidement démontés, Cuba n’a pas de force balistique et son armée ne dispose que de vieux équipements. Ce que Trump ne digère pas, dans le sillage de tous les présidents américains depuis Kennedy, c’est que le peuple d’un pays situé à 150 kilomètres de la Floride ait pu chasser une dictature pro-américaine pour la remplacer par un régime tenant tête à l’impérialisme qui a apporté quelques progrès et de la dignité à la population.

C’était il y a plus de 65 ans. Depuis, Fidel Castro et la génération qui avait alors pris le pouvoir et incarné aux yeux du monde entier cette indépendance vis-à-vis des États-Unis, ont disparu. Privée du soutien de l’Union soviétique, asphyxiée par l’embargo américain, subissant un régime autoritaire, l’île n’a cessé de s’enfoncer dans la pauvreté. Mais pour Trump et son administration, cela ne suffit pas. Ils veulent abattre un régime qui est l’héritier d’une révolte populaire, quitte à ce que Cuba redevienne « le bordel des États-Unis » que le pays était avant 1959.

                                                       Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°3015)

mercredi 6 mai 2026

Cuba étranglé par l'impérialisme

 

Le crime d’avoir voulu imposer son indépendance et sa dignité

 

 

Le taux de mortalité infantile à Cuba a augmenté de 148 % depuis le durcissement de l'embargo décidé par Trump en 2017. Et celui décidé sur les produits pétroliers de ces derniers mois aggrave la situation : en plus d'une situation alimentaire qui devient catastrophique, 96 000 interventions chirurgicales ont été reportées, 32 000 femmes enceintes sont désormais jugées à risque. 

Quel crime a commis la population de Cuba pour l'impérialisme américain ? D'avoir, par une révolution, voulu imposer son indépendance et sa dignité contre Washington. 

dimanche 19 avril 2026

Chine : inquiétudes pour l’économie

 Chine : inquiétudes pour l’économie

Les officiels chinois ont multiplié les appels pour que les États- Unis cessent la guerre en Iran. C’est que cette guerre n’est pas sans conséquences pour leur pays.

Publié le 15/04/2026

La Chine extrait de son sol un peu plus d’un quart du pétrole qu’elle consomme, et elle achète le reste à l’étranger, notamment aux États du golfe Arabo-Persique, qui couvrent près de la moitié de ses besoins. Ce pétrole, en provenance des terminaux pétroliers d’Iran, mais aussi d’Arabie saoudite, d’Irak, des Émirats arabes unis, du Koweït et du Qatar passe par le détroit d’Ormuz. Cependant, et contrairement à ses voisins comme la Thaïlande ou les Philippines, qui ont déclaré l’état d’urgence énergétique, il n’y a pas en Chine de pénurie en vue car elle disposerait d’une centaine de jours de réserves. Elle a diversifié ses fournisseurs, la Russie étant devenue le principal d’entre eux. À ce jour, l’impact de la crise se mesure à une hausse des prix des carburants limitée à 20 %, car prix et gestion des stocks sont sous le contrôle de l’État. Il faudrait que les approvisionnements en provenance du Moyen-Orient soient coupés pendant plusieurs mois pour poser un réel problème.

La guerre contre l’Iran affecte surtout la Chine, en raison de sa place dans le commerce des pays du Moyen-Orient, marché de choix en raison des richesses concentrées par les pétromonarchies et longtemps chasse gardée de l’impérialisme américain. Depuis 2024, la Chine est le premier partenaire commercial des pays du Golfe devant les États-Unis et l’Europe : elle y échange 257 milliards de dollars par an de marchandises et de capitaux. Au cœur de ces échanges, il y avait bien sûr l’Iran. 90 % du pétrole iranien est exporté vers la Chine, payé non en dollar mais en yuan, la monnaie chinoise. En retour, l’Iran s’approvisionne en Chine pour l’équivalent de plusieurs dizaines de milliards de dollars par an de toutes sortes de marchandises. Mais la puissance commerciale chinoise s’est développée bien au-delà de l’Iran, ayant investi dans tous les pays du Golfe. En Arabie saoudite, la Chine a dépensé en 2025 près de 20 milliards de dollars dans la construction immobilière. Les entreprises pétrolières chinoises ont investi dans le gaz du Qatar et développé des oléoducs et des sites de stockage un peu partout dans la région. En 2016, l’armateur chinois Cosco a investi près d’un milliard de dollars dans un port à conteneurs à Khalifa, aux Émirats arabes unis, un port qu’il pourra exploiter pendant 35 ans. En 2022, le Koweït a signé un contrat de 4 milliards de dollars avec une entreprise chinoise pour la construction et l’exploitation d’un port similaire. Aux Émirats arabes unis, plusieurs entreprises chinoises construisent le tout nouveau réseau ferroviaire. Toutes ces infrastructures sont autant de points d’appui pour les importations de marchandises chinoises. Si la guerre se prolongeait et s’étendait, ces investissements risqueraient d’être réduits en fumée.

En réalité, le Moyen-Orient est devenu un terrain d’affrontement économique majeur entre les États-Unis et la Chine, et cela a commencé bien avant la guerre contre l’Iran. Cette guerre et les moyens militaires qu’ils déploient dans la région, montrent que les États-Unis veulent y garder toute leur place.

                                                      Serge Benham (Lutte ouvrière n°3011)

mercredi 1 avril 2026

Guerre au Moyen-Orient, contre elle, aux États-Unis mais aussi en Israël, ces voix s’élèvent

La seule voie

 

 

Aux États-Unis, les organisateurs des manifestations contre Trump revendiquent 8 millions de participants. L’opposition à la guerre en Iran a été au centre de la protestation. En Israël aussi, des centaines de manifestants se sont rassemblés et ont été violemment dispersés à Tel-Aviv. Trump et Nétanyahou continuent de semer la mort et la désolation au Moyen-Orient, mais ils sèment aussi, dans leur pays, les graines de la révolte.