Affichage des articles dont le libellé est police. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est police. Afficher tous les articles

vendredi 8 mai 2026

Travailleurs sans papiers à l’heure des rafles racistes

 Travailleurs sans papiers à l’heure des rafles racistes

À la sortie de la gare RER d’Alfortville, dans le Val de Marne, une véritable rafle a été opérée le matin du 9mars. Des policiers appartenant à une brigade spécialisée basée à Cachan, appelée lULII (Unité de lutte contre limmigration irrégulière), installés entre la gare et les arrêts de bus, ont arrêté des travailleurs sans papiers.

Publié le 05/05/2026


 

Ces contrôles se font au faciès, visant principalement les personnes noires, maghrébines ou orientales. Huit à dix travailleurs sans papiers ont été embarqués, avant d’être amenés au commissariat de Créteil, et en fin de journée, ils recevaient des avis d’OQTF (obligation de quitter le territoire français). Deux d’entre eux avaient justement participé au piquet de grève de Chronopost Alfortville pour tenter d’obtenir des papiers. Alors que, pendant plus de trois ans, la préfecture avait refusé d’examiner leur situation, en quelques heures, elle a donc trouvé le temps de juger qu’ils n’ont rien à faire en France.

Ce type d’opération de chasse aux étrangers a été mis en scène de façon médiatique par Retailleau mais existe en réalité depuis des années. L’ULII de Cachan fait ses quotas de contrôle principalement dans les gares de Créteil-Pompadour, Maisons-Alfort Alfortville, Choisy-le-Roi, où beaucoup de sans-papiers transitent pour leur travail, mais aussi aux abords et dans les foyers de travailleurs immigrés, ainsi que sur les parkings de magasins de bricolage et BTP, où des patrons viennent recruter à la tâche et à la journée. Chaque fois, de véritables nasses sont mises en place dans les lieux choisis. Cette fois-ci, à Alfortville, cette unité agissait de concert avec la police de la RATP qui, elle, intervenait dans un bus, non pas pour contrôler les titres de transport mais les papiers, en livrant ceux qui n’en avaient pas aux policiers de l’ULII.

Ces opérations s’effectuent sous la couverture juridique d’une réquisition du Parquet autorisant des contrôles suite à un fait de délinquance quelconque dans le territoire visé. Mais les lieux et les horaires choisis correspondent aux heures d’aller et retour au travail et montrent bien qu’il s’agit de « débusquer » des travailleurs sans papiers, avec des méthodes similaires à celle de l’ICE de Trump.

Les rafles, comme les campagnes anti-immigrés, s’inscrivent dans une surenchère raciste avec le Rassemblement national. Mais elles servent aussi à maintenir un climat de peur chez des centaines de milliers de travailleurs sans papiers, qui sont ainsi à la merci d’un patronat dont les profits prospèrent grâce à leur surexploitation !

Le collectif de sans-papiers, le syndicat Sud et des militants de LFI et de Lutte ouvrière ont dénoncé cette rafle par des distributions de tracts à la gare et sur le marché. Le 30 avril, Muriel Monchal, élue de Lutte ouvrière au conseil municipal d’Alfortville, y est intervenue en faisant le parallèle avec la police de l’immigration de Trump : « Des travailleurs habitants d’Alfortville, des collègues de travail, des voisins, des personnes que nous côtoyons tous les jours sont dans cette situation des plus précaires et doivent vivre dans la crainte d’arrestations, doivent aller au travail en rasant les murs pour ne pas tomber dans les griffes d’une ICE à la française. »

                                           Correspondant LO (Lutte ouvrière n°3014)

vendredi 1 mai 2026

Rafle policière contre les travailleurs : une éducation pour la jeunesse

 Nos lecteurs écrivent : Rafle policière dans les Yvelines

Publié le 28/04/2026

Le matin, je prends la ligne de bus qui part des Mureaux, dans les Yvelines, vers la Défense, pour me rendre à l’école où je suis élève. À 7 h 30, les personnes qui prennent ce bus pour se rendre sur leurs lieux de travail sont en majorité des travailleurs d’origine immigrée.

Il y a un mois, fin mars, alors que nous passions un péage sur l’A14, une quinzaine de policiers ont arrêté le bus pendant un quart d’heure, et ont procédé à un contrôle des papiers de tous les passagers. Ils ont embarqué avec eux trois personnes, leur disant que leurs papiers n’étaient pas en règle. Certains travailleurs leur ont demandé des justificatifs de retard, qu’ils ont refusé de donner.

En fait de tels contrôles semblent fréquents, visant clairement les travailleurs immigrés.

                                          Un lecteur révolté  (Lutte ouvrière n°3013)

samedi 25 avril 2026

Rima Hassan : tracas et traçage à son encontre

 Police : grandes oreilles, petite tête

Publié le 22/04/2026

Dans la procédure lancée contre Rima Hassan pour apologie du terrorisme, la police n’a pas lésiné sur les moyens. Alors qu’elle était accusée pour un simple post édité le 26 mars, post qu’elle a retiré très vite, les policiers traçaient depuis janvier sa géolocalisation sur son téléphone portable, suivant tous ses déplacements.

Ainsi, ils ont pu effectuer des recherches auprès de l’Agence nationale des données de voyage (ANDV), auprès de la SNCF pour connaître l’intégralité des voyages de la députée. Mais à leur grand désespoir, ils n’ont rien découvert de compromettant, tout comme ils n’avaient rien trouvé lors de son audition. Et c’est le policier qui a reçu Rima Hassan à sa convocation qui a vendu la mèche quand il lui a benoîtement demandé pourquoi elle n’avait pas son téléphone portable, précisant qu’il savait qu’elle l’avait cinq minutes avant. Cela a mis la puce à l’oreille de Rima Hassan et de son avocat qui ont demandé des explications et découvert le traçage effectué par la police.

                                              A. U. (Lutte ouvrière n°3012)

samedi 11 avril 2026

Argenteuil, la police, un sujet à ne pas discuter ? Eh bien si, parlons-en quand c’est nécessaire

 

Quand la disproportion est au rendez-vous, il faut la discuter

 


 

Si vous voulez que votre post sur Facebook soit retenu par les algorithmes et diffusé largement, il y a un sujet qui y contribue : la police ! C’est ce que j’ai pu vérifier une nouvelle fois à propos de la brève portant sur la présence policière disproportionnée aux abords de la mairie d’Argenteuil mardi dernier alors que moins d’une centaine de membres du service municipal des écoles protestait contre leurs conditions de travail.

         Certes si vous écrivez sur la police, ne vous attendez pas à recevoir uniquement des fleurs. C’est plutôt la tendance contraire que vous subirez. Ses défenseurs inconditionnels mèneront la charge sans guère de discernement ni de nuance. Il est vrai, en l’occurrence, la charge n’est faite que de mots et la douleur n’est que limitée.

         Dans le post en question, je ne critiquais pas la nature fondamentale de la police dont la fonction principale est de maintenir l’ordre au service de la classe dominante, aux côtés de sa tâche seconde de tenter de faire respecter la tranquillité publique. Je ne dénonçais pas une bavure telles celles qui se produisent mais dont il est très difficile de faire entendre l’écho. Non, je disais uniquement que l’engagement policier ce matin-là était disproportionné. C’est tout, mais c’était apparemment déjà trop.

         Pour terminer, je rappelle que parmi les agentes manifestant ce matin-là, il y avait de très nombreuses ATSEM, ces femmes qui jouent un rôle irremplaçable aux côtés des enseignants dans les classes des écoles maternelles. Parents policiers ou pas, tous bénéficient d’une activité essentielle de ces travailleuses pour aider à ce que les bambins prennent le meilleur départ à l’école. Se retrouver à leur côté contre les coupes claires qu’elles subissent et la dégradation de leurs conditions de travail devrait être une évidence pour tous. DM

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil :

-Aujourd’hui samedi 11 avril, de 10 heures 15 à 10 h.55 devant Monoprix ;

-de 10 h.30 à 12 h. centre commercial cité Joliot-Curie ;

-de 11h. à midi marché de la Colonie ;

-dimanche 12 mars :

-de 10 h.15 à 10 h.55 Intermarché du Centre ;

- et de 11 h. à midi marché Héloïse.

 

 

La fête de Lutte ouvrière des 23, 24, et 25 mai prochains, un bel intermède dans ce monde de brute

 

La Fête de Lutte ouvrière : samedi 23, dimanche 24 et lundi 25 mai àPresles

Les 23, 24 et 25 mai se tiendra le grand rassemblement annuel de Lutte ouvrière dans le parc boisé de Presles, dans le Val-d’Oise. Ce seront trois jours de débats politiques, de spectacles, de jeux, d’animations, d’échanges, de découvertes lors de conférences scientifiques, de rencontres avec des d’historiens, des spécialistes du Moyen Âge ou de la préhistoire, des scientifiques. Sans parler des très nombreuses spécialités culinaires à goûter sans modération !

Renseignements, billetterie, programme : http://fete.lutte- ouvriere.org

 

 

mercredi 8 avril 2026

Argenteuil, caca nerveux à la mairie d’Argenteuil, et déploiement policier

 

Très loin pourtant encore des femmes de 1789

Menace de LBD, elles étaient menaçantes ?


 

Les manifestantes du service des écoles n’ont pas été reçues par les édiles de la Ville. Pour que des représentants syndicaux le soient, il aurait fallu donc que ce préavis de grève d’hier soit levé par eux. La force des travailleurs c’est la grève, et il faudrait brader sa force pour de belles paroles ! À d’autres.

         En revanche, si les édiles étaient absents, la mobilisation de policiers, municipaux et nationaux, était, elle, bien de la partie, et d’une façon totalement démesurée et ridicule.

         Les édiles d’Argenteuil ont donc peur, et l’on comprend leur volonté de barricader partout leur petit château. Mais comme tout cela avait un petit air vraiment dérisoire.

         Cent manifestantes, et la peur s’installe ? Mais qu’en sera-t-il demain lorsque la colère de tous les agents territoriaux et les travailleurs de la Ville les mèneront demain, tous ensemble, aux portes de la « maison commune » ? DM

dimanche 15 février 2026

Justice, police, une célérité et une exigence à géométrie variable. L’affaire de Viry-Châtillon

 Le droit de mentir et de falsifier

D’après Mediapart, la justice s’apprête à classer sans suite la plainte contre la police de six jeunes hommes accusés à tort d’avoir incendié deux voitures de police à Viry-Châtillon le 16octobre 2016.

Publié le 11/02/2026

Lors de cet incendie criminel, quatre policiers avaient été blessés dont un grièvement brûlé. L’enquête, largement médiatisée, menée par leurs collègues avait été bâclée pour incriminer des jeunes de la cité de La Grande Borne à Grigny. En première instance, puis en appel, sur les treize accusés, cinq jeunes ont été condamnés à des peines allant jusqu’à 18 ans de prison et huit ont été acquittés. Une partie d’entre eux ont alors porté plainte contre la police pour falsification de procédure.

En effet, ils ont, pour trois d’entre eux, passé quatre ans en prison pour rien, d’autres ayant écopé d’un an de détention provisoire, alors qu’ils étaient innocents. Comme a témoigné l’un des jeunes arrêtés à tort et qui a fait quatre ans et trois mois de prison : « Ils ne cherchaient pas les coupables mais des coupables. »

Et de fait, les policiers ont tronqué les interrogatoires, allant même jusqu’à les falsifier. Ils ont harcelé les jeunes en garde à vue pour leur faire avouer leur présence et leur complicité. Les audiences, qui sont nécessairement filmées, n’ont été que partiellement retranscrites. Un des jeunes a nié pendant des heures avoir été présent lors de l’attaque mais, à l’issue de la garde à vue, il a fini par dire, sur les conseils de son avocat commis d’office, qu’il ne se souvenait plus de rien. C’est cela qui a été retenu contre lui lors du premier procès. Pire, un témoignage qui le disculpait n’a même pas été versé au dossier.

En 2021, malgré les éléments qui incriminaient les policiers, le directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux, leur avait renouvelé son soutien. « Quoi qu’il arrive et quoi qu’on dise […], je les défends et je les défendrai. » Et c’est exactement ce qui s’est passé. Alors que quatre plaintes pour « faux en écritures publiques », « violences volontaires » et « escroquerie au jugement » ont été déposées par les avocats des jeunes innocentés, la justice ne s’est pas du tout hâtée pour entendre les policiers incriminés.

Depuis 2021, l’affaire est passée entre les mains de cinq juges successifs. Il a fallu attendre 2023 pour que les policiers soient enfin auditionnés. Aucun d’entre eux n’a été mis en examen. Le principal témoin dont les policiers s’étaient servi pour accuser les jeunes n’a même pas été entendu. C’est ainsi que la procédure va certainement aboutir à un non-lieu.

Selon qu’il s’agit de prouver la culpabilité des jeunes des quartiers ou celle des policiers, la justice n’a ni la même célérité, ni la même exigence.

                                                    Aline Urbain (Lutte ouvrière n°3002)