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dimanche 15 février 2026

Justice, police, une célérité et une exigence à géométrie variable. L’affaire de Viry-Châtillon

 Le droit de mentir et de falsifier

D’après Mediapart, la justice s’apprête à classer sans suite la plainte contre la police de six jeunes hommes accusés à tort d’avoir incendié deux voitures de police à Viry-Châtillon le 16octobre 2016.

Publié le 11/02/2026

Lors de cet incendie criminel, quatre policiers avaient été blessés dont un grièvement brûlé. L’enquête, largement médiatisée, menée par leurs collègues avait été bâclée pour incriminer des jeunes de la cité de La Grande Borne à Grigny. En première instance, puis en appel, sur les treize accusés, cinq jeunes ont été condamnés à des peines allant jusqu’à 18 ans de prison et huit ont été acquittés. Une partie d’entre eux ont alors porté plainte contre la police pour falsification de procédure.

En effet, ils ont, pour trois d’entre eux, passé quatre ans en prison pour rien, d’autres ayant écopé d’un an de détention provisoire, alors qu’ils étaient innocents. Comme a témoigné l’un des jeunes arrêtés à tort et qui a fait quatre ans et trois mois de prison : « Ils ne cherchaient pas les coupables mais des coupables. »

Et de fait, les policiers ont tronqué les interrogatoires, allant même jusqu’à les falsifier. Ils ont harcelé les jeunes en garde à vue pour leur faire avouer leur présence et leur complicité. Les audiences, qui sont nécessairement filmées, n’ont été que partiellement retranscrites. Un des jeunes a nié pendant des heures avoir été présent lors de l’attaque mais, à l’issue de la garde à vue, il a fini par dire, sur les conseils de son avocat commis d’office, qu’il ne se souvenait plus de rien. C’est cela qui a été retenu contre lui lors du premier procès. Pire, un témoignage qui le disculpait n’a même pas été versé au dossier.

En 2021, malgré les éléments qui incriminaient les policiers, le directeur général de la police nationale, Frédéric Veaux, leur avait renouvelé son soutien. « Quoi qu’il arrive et quoi qu’on dise […], je les défends et je les défendrai. » Et c’est exactement ce qui s’est passé. Alors que quatre plaintes pour « faux en écritures publiques », « violences volontaires » et « escroquerie au jugement » ont été déposées par les avocats des jeunes innocentés, la justice ne s’est pas du tout hâtée pour entendre les policiers incriminés.

Depuis 2021, l’affaire est passée entre les mains de cinq juges successifs. Il a fallu attendre 2023 pour que les policiers soient enfin auditionnés. Aucun d’entre eux n’a été mis en examen. Le principal témoin dont les policiers s’étaient servi pour accuser les jeunes n’a même pas été entendu. C’est ainsi que la procédure va certainement aboutir à un non-lieu.

Selon qu’il s’agit de prouver la culpabilité des jeunes des quartiers ou celle des policiers, la justice n’a ni la même célérité, ni la même exigence.

                                                    Aline Urbain (Lutte ouvrière n°3002)

samedi 7 février 2026

Police : Sainte Alliance avec l’extrême droite

 Police : Sainte Alliance avec l’extrême droite

Samedi 31 janvier, le syndicat majoritaire Alliance-Police nationale appelait ses troupes à manifester dans une vingtaine de villes. Pour dénoncer le manque de moyens et d’effectifs, Alliance appelait aussi les citoyens à soutenir le « combat de la police contre l’insécurité et l’impunité ».

Publié le 04/02/2026

Il n’y a eu nulle part de raz-de-marée. Plusieurs milliers de personnes ont manifesté au total en France. Les organisateurs avancent le chiffre de 15 000 à 20 000 manifestants à Paris, sans que la Préfecture en ait fait connaître d’autres. Peut-être pour ne pas se contredire entre collègues…

L’appel à manifester d’Alliance, classé à l’extrême droite, n’avait rien d’inédit. Il n’est cependant pas anodin qu’un syndicat de police se pose en pôle de contestation et que des policiers agissent, en dehors de leur service, pour s’adresser à la population en distribuant des tracts, à la sortie du métro ou devant les gares. La concurrence syndicale dans les commissariats – puisque 2026 sera une année d’élections professionnelles – n’est sûrement pas étrangère à l’opération. Mais surtout, en pleine campagne pour les élections municipales, les cortèges du 31 janvier s’inscrivaient dans la démagogie sécuritaire qui a le vent en poupe et dont Alliance est un des chefs de file. À Paris, Sarah Knafo, la candidate à la mairie de Reconquête, le parti de Zemmour, et le candidat du RN, Thierry Mariani, étaient en tête de cortège avec Marion Maréchal et Dupont-Aignan pour dénoncer une justice prétendument laxiste et des policiers bridés par le manque de moyens.

Face au caractère politique indiscutable des manifestations, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a répliqué par une tribune dans Le Journal du dimanche – un hebdomadaire de la galaxie Bolloré classé à l’extrême droite – pour rappeler que le budget 2026 se montrait généreux pour la police. Il a surtout redit son amour inconditionnel pour ses troupes : « Les policiers ont tout mon soutien et ils le savent bien. […] Voilà des années que je le leur manifeste, et pas seulement le samedi. » Nunez lui- même n’est pas d’extrême droite, mais, comme tous les ministres de l’Intérieur, il ménage et couvre les forces de répression.

Des commissariats miteux et des véhicules fatigués sont certainement le quotidien de bien des policiers. Car si beaucoup de politiciens ne sont pas avares de discours sécuritaires démagogiques, quand ils sont au gouvernement, ils arrosent de milliards les classes riches et le grand patronat au détriment de tout le reste, sans égards particuliers pour ceux qui défendent l’ordre social.

La vie dans les quartiers populaires est rendue de plus en plus difficile par le développement de la délinquance liée à la montée de la misère. Mais ce n’est certainement pas la politique de la matraque qui pourra apporter des solutions. Au contraire, elle est lourde de menaces contre les travailleurs eux-mêmes, comme l’a rappelé le tabassage à mort par des policiers, à la mi-janvier, d’un homme, El Hacen Diarra, dans le vingtième arrondissement de Paris.

                                                    Boris Savin (Lutte ouvrière n°3001)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-Aujourd’hui vendredi 6 février au carrefour Babou du Centre, de 17h.15 à 18 h.15. ;

-de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

-lundi 2 février, de 18 h. à 19 heures, centre commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.

samedi 6 décembre 2025

Argenteuil, quartier du Val-Nord, retour sur le documentaire « On n’est pas des racailles » (3) : une proximité impossible de la police pour l’État

 

Aucune illusion à avoir de ce côté-là

 

 

Sarkozy avait supprimé la police dite de « proximité » quelques années avant sa venue à Argenteuil, pour flatter les préjugés sécuritaires de son électorat. En février 2003, il s’était ainsi adressé aux policiers : « Votre rôle n’est pas de jouer au football avec les jeunes des quartiers, mais de vous mettre au travail… ». Après sa première élection, Emmanuel Macron avait fait mine un temps de la rétablir.

         Dans le documentaire « On n’est pas des racailles », le motif de ce genre de police est revenu accompagné d’un certain nombre d’illusions.

         La police de proximité évoque l’image de policiers privilégiant la prévention à la répression. Au contact de la population, des jeunes en particulier, elle préviendrait les incivilités, restaurant ainsi un sentiment de sécurité oublié depuis longtemps.

         Certes, la présence de véritables policiers de proximité parviendrait sans doute à limiter la petite délinquance qui empoisonne la vie dans les cités populaires. Mais elle ne parviendrait en aucun cas à l’éradiquer, car cette dégradation sociale est une conséquence de l’appauvrissement et de l’abandon des services publics comme les transports, la poste, l’éducation, le commerce...

         À Argenteuil, il y a bien une sorte de police de proximité dont l’ampleur a considérablement augmenté ces dernières années, la police municipale. Il y a avec cette dernière une certaine proximité avec la population malgré le turn-over des effectifs, mais le maintien sans conteste d’une distance encouragée et formatée entre la population et elle-même, entre elle et les jeunes des quartiers en particulier. Son rôle dans la prévention est nul.

         Cette distance est un élément de la formation de cette police municipale qui est, elle aussi, une branche parmi d’autres de ce corps d’État dont la fonction fondamentale est le maintien de l’ordre, pas tant dans les quartiers dits difficiles, que dans toute la société, profondément inégalitaire, fondée sur le pouvoir des bourgeois et sur l’exploitation. DM

jeudi 18 septembre 2025

Mayotte : interceptions mortelles

 

Cynisme et barbarie

 

 

Une enquête du journal Le Monde montre que la police aux frontières est impliquée dans des naufrages d’embarcations avec lesquelles des migrants, le plus souvent comoriens, tentent de rejoindre Mayotte.

         Des navires « intercepteurs » de la police les ont ainsi poursuivis et tamponnés, conduisant à des noyades et des blessures graves. Selon des hauts-fonctionnaires de l’État français interviewés anonymement, « à Mayotte, on a une posture beaucoup plus agressive que dans la Manche », « c’est un peu cynique mais c’est comme ça. À Mayotte, si dix personnes meurent, il n’y a pas de sujet ».

         Les gouvernements accusent les passeurs. C’est pourtant bien le harcèlement policier qui est le premier responsable. La sécurité c’est pour les discours, car l’État organise en réalité une insécurité mortelle.

mardi 13 mai 2025

Argenteuil, aéroport de Beauvais, racisme de la police, un exemple, mais très révélateur. Correspondance.

 

Le corps de l’État infesté par le racisme décomplexé

 


« A la permanence hebdomadaire du samedi matin à la Cité Joliot-Curie, un ancien ouvrier marocain, toujours fraternel et aimant discuter avec nous, nous achète le journal en nous racontant la saillie raciste dont il venait d'être victime à l'aéroport de Beauvais, éloquente par rapport au climat nauséabond qui règne et qui continue de s'installer. Cet homme fait parfois des allers-retours Beauvais - Tanger pour retrouver sa famille, restée au Maroc. Etant âgé et handicapé, il bénéficie à l'aéroport d'une file spéciale. Or, la fois dernière, un policier le contrôle pour vérifier son handicap et, voyant bien que tout était en ordre, lui lance avec mépris : "profitez-en bien de vos privilèges les arabes car c'est bientôt fini pour vous !" Malheureusement, cet événement n'a rien d'isolé mais illustre au contraire assez bien le climat ambiant, entretenu sciemment par des politiciens de tous bords qui surenchérissent à propos des étrangers. Les travailleurs doivent absolument combattre ce poison xénophobe de la division, car ils n'ont, comme le disait Marx, pas de patrie. » Pierre