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samedi 6 décembre 2025

Argenteuil, quartier du Val-Nord, retour sur le documentaire « On n’est pas des racailles » (3) : une proximité impossible de la police pour l’État

 

Aucune illusion à avoir de ce côté-là

 

 

Sarkozy avait supprimé la police dite de « proximité » quelques années avant sa venue à Argenteuil, pour flatter les préjugés sécuritaires de son électorat. En février 2003, il s’était ainsi adressé aux policiers : « Votre rôle n’est pas de jouer au football avec les jeunes des quartiers, mais de vous mettre au travail… ». Après sa première élection, Emmanuel Macron avait fait mine un temps de la rétablir.

         Dans le documentaire « On n’est pas des racailles », le motif de ce genre de police est revenu accompagné d’un certain nombre d’illusions.

         La police de proximité évoque l’image de policiers privilégiant la prévention à la répression. Au contact de la population, des jeunes en particulier, elle préviendrait les incivilités, restaurant ainsi un sentiment de sécurité oublié depuis longtemps.

         Certes, la présence de véritables policiers de proximité parviendrait sans doute à limiter la petite délinquance qui empoisonne la vie dans les cités populaires. Mais elle ne parviendrait en aucun cas à l’éradiquer, car cette dégradation sociale est une conséquence de l’appauvrissement et de l’abandon des services publics comme les transports, la poste, l’éducation, le commerce...

         À Argenteuil, il y a bien une sorte de police de proximité dont l’ampleur a considérablement augmenté ces dernières années, la police municipale. Il y a avec cette dernière une certaine proximité avec la population malgré le turn-over des effectifs, mais le maintien sans conteste d’une distance encouragée et formatée entre la population et elle-même, entre elle et les jeunes des quartiers en particulier. Son rôle dans la prévention est nul.

         Cette distance est un élément de la formation de cette police municipale qui est, elle aussi, une branche parmi d’autres de ce corps d’État dont la fonction fondamentale est le maintien de l’ordre, pas tant dans les quartiers dits difficiles, que dans toute la société, profondément inégalitaire, fondée sur le pouvoir des bourgeois et sur l’exploitation. DM

jeudi 18 septembre 2025

Mayotte : interceptions mortelles

 

Cynisme et barbarie

 

 

Une enquête du journal Le Monde montre que la police aux frontières est impliquée dans des naufrages d’embarcations avec lesquelles des migrants, le plus souvent comoriens, tentent de rejoindre Mayotte.

         Des navires « intercepteurs » de la police les ont ainsi poursuivis et tamponnés, conduisant à des noyades et des blessures graves. Selon des hauts-fonctionnaires de l’État français interviewés anonymement, « à Mayotte, on a une posture beaucoup plus agressive que dans la Manche », « c’est un peu cynique mais c’est comme ça. À Mayotte, si dix personnes meurent, il n’y a pas de sujet ».

         Les gouvernements accusent les passeurs. C’est pourtant bien le harcèlement policier qui est le premier responsable. La sécurité c’est pour les discours, car l’État organise en réalité une insécurité mortelle.

mardi 13 mai 2025

Argenteuil, aéroport de Beauvais, racisme de la police, un exemple, mais très révélateur. Correspondance.

 

Le corps de l’État infesté par le racisme décomplexé

 


« A la permanence hebdomadaire du samedi matin à la Cité Joliot-Curie, un ancien ouvrier marocain, toujours fraternel et aimant discuter avec nous, nous achète le journal en nous racontant la saillie raciste dont il venait d'être victime à l'aéroport de Beauvais, éloquente par rapport au climat nauséabond qui règne et qui continue de s'installer. Cet homme fait parfois des allers-retours Beauvais - Tanger pour retrouver sa famille, restée au Maroc. Etant âgé et handicapé, il bénéficie à l'aéroport d'une file spéciale. Or, la fois dernière, un policier le contrôle pour vérifier son handicap et, voyant bien que tout était en ordre, lui lance avec mépris : "profitez-en bien de vos privilèges les arabes car c'est bientôt fini pour vous !" Malheureusement, cet événement n'a rien d'isolé mais illustre au contraire assez bien le climat ambiant, entretenu sciemment par des politiciens de tous bords qui surenchérissent à propos des étrangers. Les travailleurs doivent absolument combattre ce poison xénophobe de la division, car ils n'ont, comme le disait Marx, pas de patrie. » Pierre