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mercredi 20 mai 2026

Ebola : pas assez rentable pour être combattue

 

Épidémie dévastatrice, mais les affaires continuent

 

 

L’épidémie du virus Ebola en République démocratique du Congo est en train de devenir incontrôlable. Cette fièvre hémorragique est très souvent mortelle. Mais les victimes sont des populations trop pauvres pour constituer un marché rentable pour les groupes pharmaceutiques. Les moyens consacrés à la prévention et à la recherche restent donc dérisoires.

         Le capitalisme condamne ainsi des millions d’êtres humains à affronter une épidémie dévastatrice qui s’ajoute, dans cette région, aux guerres pour le contrôle des richesses du sous-sol et au sous-développement.

lundi 18 mai 2026

Smic : pas de quoi se vanter

 

Il nous faut des centaines d’euros de plus mensuels pour tous

 

 

Le ministre du Travail Farandou a annoncé la revalorisation du smic, au 1er juin, de 2,4 %, soit à peine 35 € net pour une personne travaillant à temps plein.

         C’est la conséquence, sans aucun coup de pouce gouvernemental, de la hausse officielle des prix de 2,2 % au 1er avril. Alors que des prix ont augmenté bien au-delà des chiffres officiels, à commencer par les carburants. Ce qui n’empêche pas Farandou de parler de « bonne nouvelle ».

         Si maintenant le gouvernement trouve que l’inflation est une bonne nouvelle…

RSA : des milliards que les allocataires ne touchent pas

 RSA : des milliards que les allocataires ne touchent pas

Une nouvelle étude de la Drees, un service statistique ministériel, confirme l’ampleur du non-recours au RSA : en 2021, entre 33 et 37 % des foyers éligibles ne le percevaient pas. Pour 80 % d’entre eux, cela représente un manque à gagner supérieur à 200 euros par mois.

Publié le 12/05/2026

 

Le rapport explique cette situation par le manque de connaissance des droits, la complexité des démarches, aggravée par la dématérialisation, ainsi que par les « représentations sociales négatives associées au bénéfice de l’aide sociale ». En clair, les discours stigmatisant les allocataires contribueraient à maintenir les plus pauvres dans la misère en les décourageant de réclamer de faire valoir leurs droits. La dénonciation de la « fraude sociale » est en effet un refrain d’une partie de la classe politique, de Bardella pour qui elle « représente des dizaines de milliards d’euros », à Retailleau qui la qualifie de « cancer qui mine notre système de protection sociale », en passant par Lecornu selon qui elle constitue une « atteinte directe au pacte républicain ».

À ces campagnes de dénigrement s’ajoutent des contrôles et des sanctions toujours plus sévères, qui dissuadent nombre de travailleurs de faire les démarches de peur de commettre une erreur et d’être pénalisés. Car les allocataires du RSA ne sont pas des « profiteurs » : ce sont souvent des travailleurs licenciés et qui ne retrouvent pas d’emploi, des personnes que le patronat écarte car un handicap les rend moins rentables, ou encore des mères isolées que les bas salaires et les horaires de travail incompatibles avec ceux des crèches et des écoles empêchent d’accéder à un emploi. À tous ceux que les critères de rentabilité patronale rejettent, l’État accorde à peine de quoi survivre, sans même s’assurer s’ils perçoivent effectivement cette allocation.

Ainsi, 2,5 milliards d’euros par an ne sont pas versés. Les patrons, eux, ne sont jamais gênés de solliciter les dispositifs qui leur permettent de réduire leurs impôts ou de toucher des subventions publiques, et bénéficient même de conseils pour cela. L’ensemble de ces aides coûte même à l’État plus de 200 milliards d’euros par an. Mais cela n’émeut guère les responsables politiques, qui préfèrent présenter les allocataires du RSA comme des assistés afin d’opposer les travailleurs entre eux, tout en laissant les capitalistes continuer à puiser largement dans les caisses de l’État.

                                                      Claire Dunois (Lutte ouvrière n°3015)

Argenteuil, des retraités de plus nombreux obligés de travailler, une enquête de l’Insee sur le travail des anciens

 

Le signe du profond recul de la condition ouvrière

 

 

Quelques habitants du quartier Carnot sont actuellement interrogés par l’INSEE, l’institut de la statistique. Nous sommes retraités, et cela intéresse l’organisme de savoir si nous travaillons encore. Ce n’est pas une question oiseuse. De plus en plus de retraités sont obligés de retrouvés une activité salariée. Il y a sans doute pour cela des motifs de différentes sortes, mais l’essentiel est que les difficultés s’aggravent pour des retraités dont les retraites sont non seulement très faibles pour certains d’entre eux mais sont de plus en plus dépréciées par l’inflation.

         Travailler après la retraite est donc une nécessité pour un nombre croissant de travailleurs retraités en France. En 2025, près de 580 000 retraités exerçaient officiellement une activité professionnelle, c’était 65% de plus qu’il y a 10 ans. Et ce n’est là qu'une vue uniquement de ceux qui travaillent officiellement.

         J’ai été interrogé une fois. Cela suffira pour l’enquête car j’ai plus de 70 ans (74) n’en déplaise à ce qui est dit sur notre blog qui s’est arrêté à 69 ans. En revanche, ceux qui ont moins de 70 ans auront de trimestre en trimestre encore à répondre quelques fois de leur situation.

         À 60 ans, on devrait pouvoir souffler un peu et échapper au travail salarié contraignant, comme j’ai pu en bénéficier pour ma part.

         Mais si la condition ouvrière et salariale continue à se dégrader, si l’inflation continue à rogner en profondeur le montant des retraites, on verra de plus en plus de travailleurs continuer à travailler, longtemps et de plus en plus longtemps.

         On partira sur le papier à 62 ans, 63, voire davantage si nous ne l’empêchons pas. Les travailleurs seront retraités… mais continueront à travailler. DM