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vendredi 17 octobre 2025

Lecornu devant l’Assemblée : soulagement parlementaire

 Lecornu devant l’Assemblée : soulagement parlementaire

Mardi 14 octobre, annonçant le programme de son gouvernement, le Premier ministre Sébastien Lecornu a « suspendu » en l’état la réforme des retraites jusqu’à l’élection présidentielle de 2027, répété qu’il n’utiliserait pas l’article 49-3, et évoqué un encadrement fiscal sur une toute petite partie des grandes fortunes.

Publié le 15/10/2025

 

 

Ces deux engagements et cette vague promesse devaient permettre, jeudi 16 au matin, à tout ou partie des députés PS de ne pas voter la motion de censure déposée par LFI, et donc au gouvernement de survivre. C’est du moins ce qu’on pouvait comprendre du discours de Boris Vallaud pour le PS. Ce recul, sur une mesure rejetée par l’écrasante majorité des travailleurs et combattue par des millions d’entre eux, n’est pourtant qu’une cuillérée de miel dans un tonneau de fiel.

Certes, les macronistes prétentieux et méprisants, à commencer par le Président lui-même, ont dû manger une partie de leur chapeau. Certes, la droite qui exige la retraite à 67 ans doit également en rabattre provisoirement sur le sujet. Certes, tous ces gens qui claironnent depuis des années que voler deux, puis quatre ans de vie aux travailleurs serait la seule façon d’équilibrer les comptes du pays, ont dû se déjuger.

La suspension, dont le « coût » serait de 400 millions d’euros pour 2026, serait compensée, à l’euro près, par une mesure d’économie aux dépens, évidemment, de la population. Pour le reste, y compris face à l’accumulation de fortunes insolentes réalisées en pillant les fonds publics, Lecornu promet la continuité. Les attaques contre la Sécurité sociale, l’augmentation du budget militaire, les économies sur les services publics utiles à la population et tout ce qu’exige le grand patronat pour le maintien de ses profits, quoi qu’il en coûte aux travailleurs, tout cela est à son programme.

Face aux motions de censure, de LFI et du RN, Lecornu tient s’il obtient qu’une majorité de députés ne les vote pas. C’est acquis du côté du centre, au gouvernement depuis huit ans. La droite, qui craint la dissolution et donc le retour devant des électeurs qui lui préfèrent de plus en plus le RN, ne censurera pas non plus, même si chacun sait qu’il s’agit seulement de conserver les prébendes de ses élus. Le PS, qui n’a pas trop envie non plus de nouvelles élections, ne voulait pas se vendre pour rien et peut se contenter de pas grand-chose, d’où la suspension de la réforme des retraites et le discours de Boris Vallaud. Invoquant le fascisme à nos portes et la vie quotidienne des travailleurs, il a fini, à demi-mot, par appeler ses camarades à ne pas censurer Lecornu.

Lecornu a répété, à chaque paragraphe « le gouvernement proposera, nous débattrons, vous voterez », signifiant par là une « rupture » par rapport aux huit années de macronisme jupitérien. Mais débattre et décider de la politique nécessaire à la classe dirigeante n’est pas une rupture, c’est la fonction des institutions de la République depuis qu’elle existe.

                                                      Paul Galois (Lutte ouvrière n°2985)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-Aujourd’hui vendredi 17 octobre :

-de 16 h. à 16 h.30, marché du quartier du Val-Nord ;

-puis carrefour Babou, de 17h.15 à 18 h.15. ;

-samedi 18 octobre, de 10 h.15 à 10 h.55 devant Monoprix         ;

-de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

-de 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

-de 11 h. à 11 h.45 devant Auchan ;

-dimanche 19 octobre, de 10 h.25 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre ;

-et de 11 h. à midi au marché Héloïse ;

-lundi 20 octobre, centre commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.

jeudi 9 octobre 2025

Crise politique : un système à bout de souffle

 Crise politique : un système à bout de souffle

L’incapacité des Premiers ministres successifs nommés par Macron à former des gouvernements capables de faire voter leur budget à l’Assemblée nationale a des causes plus profondes que l’irresponsabilité des politiciens et la psyché de Macron.

Publié le 08/10/2025

 


Lecornu s’est heurté à la même quadrature du cercle que Barnier et Bayrou avant lui : l’impossibilité de trouver une majorité de députés pour le soutenir dans une Assemblée nationale coupée en trois blocs plus ou moins égaux sans aucune majorité. Formellement, cette situation résulte de la dissolution décidée par Macron en juin 2024 après la gifle électorale reçue aux Européennes. Elle résulte encore des tractations entre des partis concurrents pour réaliser des fronts d’une sorte ou d’une autre, le NFP à gauche avant les élections, le front républicain entre la gauche et les macronistes contre le RN entre les deux tours.

Pourtant, la plupart des partis représentés au Parlement ont déjà gouverné ensemble, dans des coalitions ou sous forme de cohabitation. Des macronistes ont commencé leur carrière au PS comme Borne et d’autres chez LR, comme Lecornu. LR reprend le programme du RN et ses cadres passent régulièrement au RN. Des insoumis viennent du PS ou des Verts. Et si le torchon brûle aujourd’hui entre le PS et LFI, si le PS fait des offres de service à Macron tandis que LFI appelle à sa démission, les députés des deux partis se sont fait élire ensemble sur un même programme.

Quand ils ont exercé le pouvoir, ces partis ont tous mené la politique exigée par le grand patronat dans cette période de crise économique. Les uns ont complété les lois initiées par les autres, comme les réformes successives des retraites imposées depuis 2003, qui ont progressivement porté l’âge de départ de 60 à 64 ans tandis que le montant des pensions était réduit. Tous ont arrosé le grand patronat d’argent public, se contentant de changer le prétexte et le nom du dispositif. Tous ont apporté leur contribution aux attaques anti- ouvrières, à la généralisation de la précarité, à la démolition du code du travail, sous l’égide de Bertrand, El Khomri ou Borne. Tous ont laissé le patronat licencier à sa guise, ruinant des régions entières.

Au fond, les partis qui ont alterné au pouvoir pendant des décennies, de droite et de gauche, se sont discrédités auprès de leurs électeurs précisément parce qu’ils ont mené cette politique contre les classes populaires. En prenant leur relais, les macronistes, qui prétendaient dépasser ce clivage, se sont usés encore plus rapidement, plongeant le système parlementaire dans une crise sans fin.

Ce ne sont pas leurs convictions qui empêchent les différents partis de former une grande coalition pour mettre en œuvre, ensemble, la politique réclamée par la bourgeoisie, ce que déplorent les commentateurs qui comparent avec la situation dans d’autres pays et ce que dénoncent les représentants du patronat qui traitent ces chefs de partis d’irresponsables. Ce qui les en empêche, ce sont les calculs à court terme des uns et des autres, leurs rivalités dans la perspective de l’élection présidentielle de 2027, de possibles élections législatives anticipées ou des prochaines élections municipales.

Car dans un système parlementaire, pour qu’une écurie politicienne puisse remplacer sans à-coup celle qui s’est usée au pouvoir, il faut que les partis en lice puissent promettre autre chose que « du sang et des larmes » à leurs électeurs avec une certaine crédibilité. Dans une époque de crise, de guerre commerciale et de marche à la guerre, c’est bien cette démocratie bourgeoise qui atteint une nouvelle fois ses limites, parce que la bourgeoisie elle- même est de plus en plus incapable de diriger la société.

                                                           Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°2984)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-vendredi 10 octobre :

-de 16 h. à 16 h.30, marché du quartier du Val-Nord ;

-puis carrefour Babou, de 17h.15 à 18 h.15. ;

-samedi 11 octobre, de 10 h. à 10 h.30 au marché des Coteaux ;

-de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

-de 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

-dimanche 12 octobre, de 11 h. à midi au marché Héloïse ;

-lundi 13 octobre, centre commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.

dimanche 14 septembre 2025

Crise parlementaire, crise politique : la façade craquelée de la société capitaliste

 

Crise parlementaire, crise politique : la façade craquelée de la société capitaliste

Comme prévu, le vote de confiance organisé lundi 8 septembre par Bayrou a conduit à la chute de son gouvernement, votée par 364 députés sur 577, dont ceux du RN et de toute la gauche, du PS à LFI.

Publié le 10/09/2025 

 

Le 9 septembre, Macron a nommé Sébastien Lecornu Premier ministre, mais le feuilleton ne fait sans doute que commencer.

Depuis, chacun poursuit ses calculs. Si le PS postulait au poste de Premier ministre, les macronistes tentent de former une coalition de gouvernement. Le RN réclame une dissolution de l’Assemblée nationale, et LFI une présidentielle anticipée.

Ce spectacle pitoyable n’est que la suite d’une crise parlementaire, et même d’une crise du système politique, commencées bien avant le 8 septembre. Pendant des décennies, la droite et la gauche ont pu alterner au pouvoir, l’usure des uns permettant aux autres de se représenter. Mais ce mécanisme bien huilé, qui permettait bon an mal an de poursuivre la même politique en faveur de la bourgeoisie, s’est peu à peu grippé. Sans remonter plus loin, Sarkozy n’a pas réussi à se faire réélire en 2012, et Hollande n’a même pas essayé de se représenter en 2017. Le discrédit des partis de droite et de gauche traditionnels a ouvert la voie à Macron, qui avait montré, comme ministre de l’Économie de Hollande, qu’il était un serviteur fiable de la bourgeoisie. Mais, après cinq années d’attaques contre les travailleurs, il n’a dû sa réélection en 2022 qu’au fait que le RN et Le Pen n’apparaissaient pas encore, dans les milieux dirigeants, comme une alternative crédible. La dissolution de juin 2024 a révélé la vérité des prix : Macron est à son tour discrédité auprès des électeurs et former un gouvernement à partir de l’Assemblée alors élue relève du casse-tête.

Dans un contexte d’abstention massive et de dégoût pour la classe politique, ses bons scores obtenus en juin 2024 ont permis au RN de se rapprocher des portes du pouvoir. Pour y parvenir vraiment, il veut donner à la bourgeoisie tous les gages possibles. De son côté, La France insoumise cherche à ressusciter les illusions dans une alternative de gauche. Son langage radical vise à afficher une distance avec le Parti socialiste et avec ses expériences gouvernementales passées. Cela à peine plus d’un an après avoir fait élire des députés socialistes et même macronistes dans le cadre d’un front républicain.

Mais croire que l’arrivée au pouvoir des uns ou des autres permettrait de rompre avec la politique antiouvrière menée par tous les gouvernements passés serait une folie. Si les partis font tous la même chose une fois au pouvoir, quelles que soient leurs promesses, c’est parce qu’ils acceptent de s’y faire les gestionnaires d’un système capitaliste en crise. Dans un contexte de concurrence de plus en plus féroce et où les perspectives de débouchés se réduisent, la bourgeoisie ne sait trouver de solution qu’en aggravant l’exploitation des travailleurs. Cela se traduit par le blocage des salaires, l’augmentation de la pression au travail, les licenciements, et cela nécessite aussi que les gouvernements imposent des reculs dans tous les domaines : la retraite, le droit aux allocations de chômage, à la santé, aux services publics. Or, plus les attaques contre les travailleurs sont brutales, plus ceux qui les assument s’usent vite et perdent leur crédit auprès de la population. Voilà la raison de fond de la succession de plus en plus rapide des gouvernements et d’une crise qui n’est pas seulement celle de la façade parlementaire.

Cela pose un problème à la bourgeoisie, qui a besoin d’un pouvoir capable de faire accepter aux classes populaires de nouveaux reculs tels que ceux que Bayrou préparait avec son projet de budget. La résolution de la situation, au moins provisoirement, passera-t-elle par une dissolution, par une élection présidentielle ? Les institutions de la Ve République se maintiendront-elles ou ouvriront-elles la voie à un pouvoir plus autoritaire ? Ce que l’on sait déjà en revanche, c’est qu’aucun des partis qui postulent au pouvoir n’a l’intention de remettre en cause la dictature du profit capitaliste sur la société. Alors, tandis que les médias discutent du nouveau gouvernement et de la date des prochaines élections, l’urgence pour la classe des travailleurs est de se rendre capable de prendre la direction de la société.

                                                         Claire Dunois (Lutte ouvrière n°2980)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région, propices à de multiples discussions :

-Aujourd’hui dimanche 14 septembre, de 10 h.15 à 10 h.55 devant Intermarché du Centre ;

-de 11 h. à midi au marché Héloïse ;

-lundi 15 septembre, centre commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.

jeudi 12 décembre 2024

Bernard Arnault, une image de la morale de la bourgeoisie

La science morale et politique de l’exploitation capitaliste

 

 

Bernard Arnault, deuxième fortune mondiale, patron de l’empire du luxe LVMH, vient d’être élu membre de l’Académie des sciences morales et politiques. Ce grand patron, assis sur l’exploitation de centaines de milliers d’ouvriers dans le monde, y rejoint entre autres, un ex-président du Medef et un ex-Pdg de banque.

         Les institutions récompensent les vols patronaux et les inégalités qui en découlent comme des faits de gloire. La morale, c’est qu’on se passera de la leur.