Mahle
Behr – Hambach : la grève fait reculer le patron
Après l’annonce brutale, fin
octobre, de la fermeture, à l’été 2026, de l’usine Mahle Behr d’Hambach, en
Moselle, les travailleurs ont fait grève huit jours à partir du 8 janvier.
Publié le 28/01/2026
Parmi les 186 travailleurs
de ce site de fabrication des condenseurs de systèmes de climatisation pour
Ford et Audi, beaucoup sont âgés de 50 ou 55 ans. La menace du chômage est
d’autant plus pesante. À l’appel de l’intersyndicale (CFE/CGC, CGT et FO), ils
ont arrêté le travail le 8 janvier, indignés par les propositions
dérisoires faites par la direction dans le cadre du PSE. Ils exigent 30
000 euros de prime de licenciement, 2 500 euros par année
d’ancienneté, ainsi que 16 mois de congé de reclassement.
Dès le premier jour de grève,
l’usine était à l’arrêt complet, 20 à 50 travailleurs se relayaient au
piquet et tenaient bon en dépit de la pluie, du froid et même de la neige. La
direction a beau pleurer, Mahle Behr est un équipementier automobile qui compte
65 000 salariés et 130 sites de production dans le monde, alors,
comme l’a affirmé un ouvrier : « des sous, ils en ont », expliquant «
qu’une pièce qui ici coûte 18 euros à produire se retrouve vendue
450 euros en garage ».
Une semaine après le début de la
grève, la direction a fini par en rabattre, cédant une prime de 20
000 euros et 2 000 euros par année d’ancienneté, soit le double de ce
qu’elle présentait quelques jours avant comme sa dernière et meilleure offre.
Les travailleurs sont bien
conscients que c’est leur grève, unanime et déterminée, qui a obligé la
direction du groupe, dont un représentant s’est déplacé pour l’occasion depuis
l’Allemagne, à faire ces concessions. Et si les syndicats ont accepté de signer
l’accord sans même avoir consulté l’ensemble des travailleurs, nombre d’entre eux
pensent que la poursuite de la grève aurait pu contraindre le groupe à lâcher
davantage. Ils ont appris que seule leur lutte peut arracher les indemnités et
garanties de reclassement qui leur sont dues par ce patron licencieur, mais
aussi qu’elle doit être organisée et dirigée par eux-mêmes.
Correspondant
LO (Lutte ouvrière n°3000)