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lundi 15 juin 2026

Licenciements en cascade dans le Nord de la France

Derrière ces licenciements, l’oubli des profits passés

  


Des licenciements sont prévus dans plusieurs entreprises dans le nord de la France. Le Furet du Nord est en redressement judiciaire, 290 suppressions de postes sont annoncées chez Okaïdi, plus d’une centaine d’emplois sont menacés à La redoute...

         Ces groupes prétendent qu'ils sont obligés de faire cela à cause de la baisse de la consommation ou à cause de la concurrence des plateformes comme Amazon, Shein ou Temu.

         Pourtant, le Furet du Nord a réalisé 150 millions de chiffres d'affaires en 2025 !

         Ils ont accumulé des bénéfices pendant des années, les travailleurs n'ont aucune raison d'accepter cela, c'est au patronat de payer !


 

samedi 30 mai 2026

Stellantis : entre capitalistes, pas de frontière

 Stellantis : entre capitalistes, pas de frontière

Le 21 mai, le PDG Antonio Filosa a dévoilé son plan FastLAne 2030. Le seul mot d’ordre est : que les actionnaires continuent à s’enrichir.

Publié le 27/05/2026

 

Le trust automobile Stellantis a déjà fermé son usine de Douvrin dans le Nord et annoncé la fin de la fabrication de voitures dans celle de Poissy dans les Yvelines, ce qui veut dire sa fermeture.

Dans son nouveau plan, Stellantis a passé plusieurs accords avec deux groupes automobiles chinois, ses alliés de longue date. Avec Leapmotor, fabricant de voitures électriques, il a constitué une entité détenue à égalité par les deux groupes. Leapmotor peut ainsi récupérer les usines Stellantis de Saragosse et de Madrid pour y produire ses voitures. Ainsi Stellantis et Leapmotor ne devront pas payer de droits de douane pour des voitures considérées comme de conception « chinoise ».

L’usine Stellantis de Rennes, elle, a été vendue partiellement au groupe chinois Dongfeng qui y produira des voitures de sa marque ainsi que des voitures de marque Stellantis. Réciproquement, Dongfeng produira des Peugeot et des Jeep dans ses usines en Chine. Le but de ces partenariats est, comme disent les patrons, de « réduire les coûts » de « rester à la pointe de la technologie, augmenter la vitesse de développement des nouveaux modèles » – ce qui signifie faire travailler plus et plus vite les ingénieurs et techniciens sur la conception des voitures. C’était le cas quand, en 2019, PSA a fusionné avec Fiat, a acheté des usines Opel, à capital américain, en Allemagne et en Espagne, et a licencié à tour de bras. Et aujourd’hui, le Monopoly géant des capitalistes de l’automobile continue !

En général, les patrons, secourus par les politiciens de tout bord, invoquent le manque de compétitivité des usines en France, la concurrence chinoise et autres balivernes pour cacher ce qui est une course effrénée à l’enrichissement par l’aggravation de l’exploitation des travailleurs.

Mais là, l’argument de la « concurrence chinoise » ne tient évidemment plus quand il s’agit de permettre aux actionnaires d’amasser des milliards ! On voit alors que la vraie raison des licenciements et des fermetures d’usine est la recherche de toujours plus de profits, et rien d’autre.

Dans la même veine, Stellantis a annoncé le lancement, en 2028, d’une petite voiture électrique reprenant un vieux modèle populaire : la 2 CV ! La production se fera en Italie, dans l’usine de Pomigliano près de Naples, qui fabriquait les Fiat Panda. Bien qu’un nouveau modèle soit prévu dans cette usine certainement depuis des années, Stellantis a fait signer aux syndicats l’acceptation de 350 suppressions de poste en 2025 avec des départs dits volontaires.

Même quand ils annoncent de nouvelles productions, les capitalistes ne manquent pas de prévoir de réduire les emplois !

                                                  Correspondant LO (Lutte ouvrière n°3017)

lundi 18 mai 2026

RSA : des milliards que les allocataires ne touchent pas

 RSA : des milliards que les allocataires ne touchent pas

Une nouvelle étude de la Drees, un service statistique ministériel, confirme l’ampleur du non-recours au RSA : en 2021, entre 33 et 37 % des foyers éligibles ne le percevaient pas. Pour 80 % d’entre eux, cela représente un manque à gagner supérieur à 200 euros par mois.

Publié le 12/05/2026

 

Le rapport explique cette situation par le manque de connaissance des droits, la complexité des démarches, aggravée par la dématérialisation, ainsi que par les « représentations sociales négatives associées au bénéfice de l’aide sociale ». En clair, les discours stigmatisant les allocataires contribueraient à maintenir les plus pauvres dans la misère en les décourageant de réclamer de faire valoir leurs droits. La dénonciation de la « fraude sociale » est en effet un refrain d’une partie de la classe politique, de Bardella pour qui elle « représente des dizaines de milliards d’euros », à Retailleau qui la qualifie de « cancer qui mine notre système de protection sociale », en passant par Lecornu selon qui elle constitue une « atteinte directe au pacte républicain ».

À ces campagnes de dénigrement s’ajoutent des contrôles et des sanctions toujours plus sévères, qui dissuadent nombre de travailleurs de faire les démarches de peur de commettre une erreur et d’être pénalisés. Car les allocataires du RSA ne sont pas des « profiteurs » : ce sont souvent des travailleurs licenciés et qui ne retrouvent pas d’emploi, des personnes que le patronat écarte car un handicap les rend moins rentables, ou encore des mères isolées que les bas salaires et les horaires de travail incompatibles avec ceux des crèches et des écoles empêchent d’accéder à un emploi. À tous ceux que les critères de rentabilité patronale rejettent, l’État accorde à peine de quoi survivre, sans même s’assurer s’ils perçoivent effectivement cette allocation.

Ainsi, 2,5 milliards d’euros par an ne sont pas versés. Les patrons, eux, ne sont jamais gênés de solliciter les dispositifs qui leur permettent de réduire leurs impôts ou de toucher des subventions publiques, et bénéficient même de conseils pour cela. L’ensemble de ces aides coûte même à l’État plus de 200 milliards d’euros par an. Mais cela n’émeut guère les responsables politiques, qui préfèrent présenter les allocataires du RSA comme des assistés afin d’opposer les travailleurs entre eux, tout en laissant les capitalistes continuer à puiser largement dans les caisses de l’État.

                                                      Claire Dunois (Lutte ouvrière n°3015)

dimanche 10 mai 2026

Licenciements : Les travailleurs de BioNTech victimes du virus du profit

 

Le vampirisme des actionnaires

 


 

Les dirigeants du laboratoire BioNTech annoncent un plan de suppression de 1 860 emplois, menaçant un quart du personnel. Ils préparent la fermeture de trois sites de production en Allemagne et d’un laboratoire à Singapour, cédant à Pfizer la fabrication des vaccins qui sera assurée dans d'autres usines.

BioNTech avait mis au point les premiers vaccins à ARN messager contre le Covid 19, produits et commercialisés en partenariat avec le géant pharmaceutique Pfizer. Ce laboratoire, qui, entretemps, a absorbé certains concurrents, continue d’élaborer des vaccins face aux nouveaux variants du virus.

Les dirigeants du groupe arguent de pertes financières pour sabrer dans ses effectifs. Cela ne les empêche pas de s’apprêter à dépenser un milliard de dollars dans le rachat de ses propres actions, de quoi satisfaire le vampirisme des actionnaires.