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dimanche 25 janvier 2026

Usine d’Arc : les actionnaires ont les moyens de payer !

 Usine d’Arc : les actionnaires ont les moyens de payer !

En plaçant le groupe Arc en redressement judiciaire, les actuels actionnaires affirment que l’entreprise n’aurait plus les moyens de payer les salaires et les traites de ses fournisseurs.

Publié le 21/01/2026

Les propriétaires du groupe ont peut-être mis les comptes d’Arc dans le rouge mais ils sont loin d’être sur la paille !

Dick Cashin, actionnaire majoritaire, qui a racheté Arc en 2015, est à la tête d’un fonds d’investissement qui gère actuellement plus de dix milliards de dollars de capitaux à travers le monde. Il fait partie de cette bourgeoisie new-yorkaise qui aime se présenter comme philanthrope, en exhibant les dons qu’elle fait à des musées ou des institutions caritatives.

Les deux actionnaires minoritaires entrés l’an dernier au capital d’Arc ne sont pas non plus à plaindre. Le premier, Pascal Cagni, a fait fortune chez Apple et en serait parti avec un chèque à neuf chiffres. Il possède plusieurs villas de luxe dont au moins trois sur le lac de Côme, en Italie. Le second, Patrick Molis, a fait fortune grâce aux commandes de l’armée française. Ses 340 millions d’euros l’ont fait entrer cette année dans le classement de Challenges des 500 plus grandes fortunes du pays. Il est récemment devenu l’actionnaire majoritaire du groupe Rubis, spécialisé dans le stockage et le transport pétrolier, un groupe au chiffre d’affaires dépassant 6,6 milliards d’euros.

Autant dire que « de l’argent, il y en a, dans les caisses du patronat ! » Il faut qu’il serve d’abord à garantir les emplois et les salaires des embauchés, des intérimaires et des sous-traitants !

                                                  Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2999)

dimanche 21 décembre 2025

Brandt : 750 travailleurs à la rue, les actionnaires doivent payer !

 Brandt : 750 travailleurs à la rue, les actionnaires doivent payer !

Jeudi 11 décembre, l’annonce de la liquidation judiciaire du groupe électroménager Brandt a été un véritable coup de massue pour les 700 travailleurs des sites de production de Saint-Jean-de-la-Ruelle près d’Orléans, de Vendôme et ceux employés dans les sites commerciaux et administratifs de la région parisienne.

Publié le 17/12/2025

Le choc a été d’autant plus brutal que beaucoup de travailleurs voulaient croire dans le projet de Scop, même si celui-ci ne prévoyait le maintien que de 295 emplois sur les deux sites de production. Au nom de la défense du « made in France », cette idée de coopérative était défendue par les syndicats de l’entreprise et soutenue par des fonds publics de la région Centre-Val-de Loire, de la métropole orléanaise et de l’État.

Sébastien Martin, ministre de l’Industrie, a envoyé un tweet déclarant « une profonde tristesse », en ajoutant : « On accompagnera les salariés pour faire en sorte que ce plan social soit bien construit ». Dans une colère feinte, le maire d’Orléans a répété qu’il avait manqué de temps pour convaincre les banquiers d’apporter les 4 millions manquant pour empêcher Brandt de disparaître au profit « des produits chinois ». Les responsables politiques, locaux ou nationaux, font ainsi preuve de la même hypocrisie ! Les banquiers, tout comme les actionnaires qui se sont succédé à la tête de Brandt, ne décident qu’en fonction des profits qu’ils espèrent engranger, se lavant les mains du sort des travailleurs qu’ils ont jetés à la rue.

En une trentaine d’années, 2 000 emplois ont disparu sur le site de St Jean-de-la- Ruelle. Les travailleuses et les travailleurs ont vu défiler bien des repreneurs : cela va des Français Thermor et Moulinex au groupe italien ElFI, en passant par l’Israélien Elco et l’Espagnol Fagor, jusqu’au dernier propriétaire en date, le groupe algérien Cevital. En 1982, l’entreprise avait même été reprise par Thomson, une société nationalisée qui avait supprimé près de 900 emplois, ce qui lui avait permis de voir ses bénéfices s’envoler ! Que le groupe soit français ou étranger, privé ou nationalisé, la loi du profit n’a jamais cessé de s’imposer avec ses exigences de rentabilité. À chaque rachat, les bénéfices étaient prélevés par les actionnaires, et c’était aux salariés qu’il était demandé d’éponger les pertes, en acceptant les licenciements, les salaires au rabais et la précarité.

Pour les dirigeants successifs et les actionnaires, cela n’a jamais été la crise. Non seulement ils ont eu les mains libres pour licencier, mais ils n’ont cessé de bénéficier d’aides de la part de l’État et des collectivités locales. Ainsi en 2008, l’État a versé sans aucune condition, 31 millions d’euros lors de la reprise du groupe par Fagor, et en 2014, il a versé 47,5 millions au groupe Cevital qui lui a succédé.

Alors, se battre avec l’objectif de défendre « un fleuron français de l’électro-ménager » ou « nos industries » serait choisir une voie conduisant les travailleurs dans une impasse. Les patrons voudraient que les travailleurs croient « à leurs difficultés » alors qu’ils n’ont aucune voix au chapitre et ne peuvent même pas accéder aux comptes de l’entreprise.

Le 15 décembre, la préfète du Loiret a réuni 200 travailleurs du site en leur promettant de travailler sur un projet de reconversion. En sortant de cette réunion, un travailleur a déclaré à la presse : « Nous on a besoin de manger maintenant ». Il s’agit bien en effet de défendre le droit à l’existence des travailleurs, et c’est à cela que doivent servir les profits accumulés par les anciens actionnaires !

                                             Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2994)

mercredi 17 décembre 2025

mardi 16 décembre 2025

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 15 décembre 2025

Il faut mettre l’économie sous le contrôle des travailleurs

 Publié le 15/12/2025

 

Les 750 salariés de Brandt recevront leur lettre de licenciement à Noël. Et combien d’autres si on prend en compte les entreprises qui ferment sans faire la une de l’actualité ? 

Rien que pour l’industrie, après ArcelorMittal, NovAsco, Valeo, Forvia, Michelin, Stellantis, Blédina, Teisseire… 165 sites sont menacés depuis septembre, dont beaucoup de PME. Tous secteurs confondus, la CGT a recensé 483 plans de suppressions d’emplois sur les 18 derniers mois et plus de 100 000 emplois menacés ou supprimés. 

Qui est accusé de cette saignée ? Le « libre-échange », la « concurrence déloyale », la « déferlante chinoise », entend-on. Façon commode de faire diversion en dédouanant de toute responsabilité les actionnaires, le grand patronat et tous ceux qui se sont enrichis pendant des décennies sur le dos des travailleurs ! 

Ne nous laissons pas enfumer : il faut demander des comptes à ceux qui dirigent et ont dirigé ces entreprises et à leurs commanditaires, les grands actionnaires, les bénéficiaires richissimes des fonds d’investissements ! Vont-ils se retrouver au chômage, eux ? Craignent-ils de sombrer financièrement ? Non. En exploitant les travailleurs, ils ont amassé des fortunes et ils vont continuer d’être les maîtres et les premiers profiteurs de l’économie. 

Il faut obliger ces capitalistes à payer en continuant de verser tous les salaires et en faisant en sorte que pas un seul de leurs salariés n’ait à franchir la porte de France travail ! Il faut prendre sur les profits et les dividendes accumulés pour assurer une vie digne à tous les travailleurs !

Tous les partis politiques jurent vouloir lutter contre la désindustrialisation. À la tête des villes ou des collectivités locales, ils ont tous exactement la même politique que Macron : promettre des dizaines de millions d’aides publiques aux capitalistes pour qu’ils daignent investir en France.  

C’est un double gâchis car cela n’arrête pas les fermetures et les licenciements et cela vide les caisses de l’État, alors que celui-ci devrait embaucher et créer lui-même des emplois, ô combien utiles, dans la santé, l’aide et les soins aux personnes âgées et dépendantes, dans l’éducation. 

L’unique métier des capitalistes, si l’on peut appeler cela un métier, est de faire fructifier leurs capitaux. Ils se moquent autant des travailleurs que d’organiser l’économie de façon rationnelle. Ils ont transformé la Chine en atelier du monde, parce que les bas salaires y rendent l’exploitation plus profitable. Et quand les industriels font fabriquer leurs articles de sport ou leurs téléphones portables en Chine, ils ne trouvent rien à redire à la « concurrence déloyale » ! 

On parle maintenant de nationalisation comme d’une solution à la désindustrialisation. Mais les travailleurs qui ont connu la nationalisation de la sidérurgie, opérée en 1982 par le gouvernement de Mitterrand auquel participaient des ministres communistes, en gardent un cuisant souvenir.  

Loin de sauver les emplois, ce gouvernement a sauvé les capitalistes, en les débarrassant d’un secteur qu’ils ne jugeaient plus assez rentable. Pour les travailleurs, ce fut la saignée. En vingt ans, les effectifs de la sidérurgie sont passés de 157 000 à moins de 40 000, ruinant des villes comme Longwy en Lorraine et Denain dans le Nord. 

Que l’État dirige à la place des capitalistes ne change rien au fait que l’économie est organisée autour de la recherche du profit, de la propriété privée et de la concurrence et qu’elle impose, à tous, une course folle à la compétitivité. 

C’est aussi le problème des coopératives. Celles-ci font la preuve que les travailleurs sont capables de se diriger sans avoir des actionnaires parasites sur leurs dos et c’est pour cela que le grand patronat et les banquiers ne les aiment pas. Mais les travailleurs qui gèrent ces Scop restent, comme les petits patrons, prisonniers de la jungle capitaliste et de ses règles. 

Pour que l’économie réponde aux besoins de tous et ne soit plus guidée par la course au profit et à l’enrichissement illimité d’une minorité, il faut que nous la mettions sous notre contrôle. Cela nécessite d’exproprier les capitalistes et de renverser l’État, entièrement au service de la bourgeoisie.

Et alors, nous pourrons décider, ensemble, quoi produire, comment et en quelle quantité. Nous pourrons supprimer le chômage en répartissant le travail entre tous. Nous pourrons mettre fin à la concurrence destructrice en coopérant avec les travailleurs des autres pays pour profiter des progrès réalisés par les uns ou par les autres. 

Ce n’est pas une utopie car les moyens matériels et technologiques sont là, à portée de main.  

                                                            Nathalie ARTHAUD

 

samedi 13 décembre 2025

Brandt - St Jean de la Ruelle (Loiret) : Les travailleurs jetés comme des kleenex

 

Il faudra bien que les travailleurs s’organisent et se battent pour rendre les coups qu’on leur inflige

 

Les travailleurs du groupe électroménager Brandt ont appris ce jeudi 11 décembre la liquidation judiciaire de leur entreprise. Ce sont 700 travailleurs (répartis dans les usines de St Jean de la Ruelle près d’Orléans, St Ouen près de Vendôme et le service après-vente à St Ouen-l’Aumône dans le Val d’Oise) qui vont maintenant aller rejoindre les travailleurs au chômage et dont le dernier salaire sera versé le 15 décembre.

A St Jean de la Ruelle les 350 travailleurs qui depuis l’annonce de la liquidation judiciaire en octobre avaient été renvoyés chez eux, ont reçu un sms à 10h30 les convoquant à une réunion à 12h, pour officialiser la fermeture du site. Tous les médias se sont précipités devant l’usine pour recueillir les réactions des politiciens locaux qui soutenaient par des fonds publics la création d’une Scoop, la faisant miroiter aux travailleurs comme « solution au sauvetage de Brandt, même si cela ne pouvait sauver tous les emplois ». Sébastien Martin ministre de l’industrie s’était même déplacé le 1er décembre pour apporter « un soutien de 5 millions » dans ce projet. Il vient de se fendre d’un tweet déclarant « une profonde tristesse » en apprenant la liquidation judiciaire de Brandt. Ce sont des larmes de crocodile.

On ne peut qu’être révoltés des propos des dirigeants de ce gouvernement. Tous les jours, ce sont des milliers de travailleurs que l’on broie en les licenciant et en les conduisant vers de plus en plus de pauvreté. Pour les dirigeants et les actionnaires de ces entreprises comme Brandt ce n’est pas la crise. Alors il faudra bien que les travailleurs s’organisent et se battent pour rendre les coups qu’on leur inflige.

vendredi 12 décembre 2025

Faillite du groupe ACI : patron et État complices

 

Affairisme, margoulin, et travailleurs qui trinquent

 

 


En 2019, l’affairiste Philippe Rivière a créé le groupe ACI, présent dans de nombreuses régions. Il s’est ensuite lancé dans le rachat d’une trentaine d’entreprises en difficulté, sous-traitantes de grandes entreprises de l’armement, de l’aéronautique et du nucléaire civil. Au passage, il a bénéficié de millions d’euros de subventions publiques.

         Cet argent s’est évaporé et ACI est aujourd’hui en faillite. Cinq petites sociétés du groupe ont déjà été liquidées et le tribunal de commerce de Lyon a repoussé d’une semaine la décision sur l’avenir des 1 500 travailleurs menacés de perdre leur emploi.

         Ce margoulin fait en petit ce que les entreprises du Cac 40 font en grand. Les salariés du groupe le traitent d’escroc et accusent les pouvoirs publics de complicité. C’est le moins qu’on puisse dire !