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samedi 25 juillet 2026

Aéroport de Roissy (95) : Une mort révoltante

 

Hafida Drici, 53 ans, employée à l’aéroport de Roissy, est morte écrasée entre deux bus, lundi 13 juillet. Elle travaillait chez Samsic comme régulatrice de bus du côté des pistes. Hafida était une militante de la CGT, connue pour son engagement et son dévouement, toujours prête à venir en soutien aux travailleurs en grève dans les multiples entreprises de la zone aéroportuaire où l’exploitation est féroce. Aux dernières élections municipales, elle avait aussi accepté d’être sur la liste de Lutte ouvrière à Aulnay, où elle habitait.

En apprenant sa mort, le sentiment partagé par ceux qui la connaissaient, comme par tous les travailleurs du site qui connaissent la rapacité patronale, était que « personne ne devrait perdre sa vie en allant travailler ! » Avant même que l’enquête ne révèle, peut-être, d’ici plusieurs mois, les conditions et les causes exactes de l’accident, chacun sait bien que la dégradation générale des conditions de travail fait courir de plus en plus de risques à tous.

Pour les travailleurs, assurer leur sécurité est un combat de tous les jours. En avril dernier, une centaine de salariés de Samsic Airport Shuttle One, filiale du groupe où travaillait Hafida, avaient d’ailleurs fait grève pour dénoncer les conditions de sécurité : vétusté des bus, vitres cassées, pneus lisses… Les véhicules qui roulent côté piste sont considérés comme de simples « engins » : cela permet aux patrons de ne pas payer les taxes sur l’essence, d’échapper aux obligations sur les permis de conduire et, surtout, de négliger l’entretien des véhicules.

Par manque de personnel, Hafida, qui était régulatrice, devait aussi faire elle-même le plein d’essence. C’est à cette occasion qu’elle est sortie de son bus, qui s’est mis à reculer et l’a écrasée.

En juillet 2022, une travailleuse de l’entreprise de nettoyage Lady Bird était décédée, également renversée par un véhicule. Quelques mois plus tard, un chauffeur intérimaire s’était retourné avec son bus, alors qu’il en était à sa 24e heure de travail consécutive ! À travers le pays, on compte plus de cent blessés et deux morts au travail par jour, et la plateforme de Roissy n’échappe pas à ce scandale.

Hafida se battait au quotidien pour aider les travailleurs autour d’elle à s’organiser contre l’exploitation. Le meilleur hommage à lui rendre, c’est de continuer son combat, comme l’ont dit des dizaines de ses camarades lors d’un rassemblement pour elle, exprimant leur tristesse et leur colère.

vendredi 6 janvier 2023

Lutte ouvrière, les nôtres, la disparition d’un militant, Louis Pirois, notre camarade

Louis Pirois, notre camarade

04 Janvier 2023

Notre camarade Louis Pirois, que nous appelions Gordon, est décédé mercredi 21 décembre dans sa quatre-vingt troisième année.

L’armée française en avait fait un révolté en l’envoyant faire son service militaire en Algérie. L’effacement du PCF devant Mitterrand en 1965 en fit un révolutionnaire. C’est en effet lors des débats à ce sujet dans la section CGT de l’usine Sud-Aviation de Courbevoie qu’il prit contact avec les camarades de Voix ouvrière. Il devint rapidement un militant de notre tendance et le resta toute sa vie.

Licencié de Sud-Aviation, Louis commença à militer à Thomson, devenu aujourd’hui Thales. Subissant l’ostracisme tant de la direction que des bureaucrates syndicaux, il continua son activité contre vents et marées, publia son bulletin Lutte ­ouvrière jusqu’à son dernier souffle et sut toujours s’entourer d’un solide réseau d’amitiés.

Bien des camarades l’ont connu et apprécié comme programmateur et animateur des cinémas de notre fête annuelle. Il n’avait pas son pareil pour obtenir un film, la présence d’un réalisateur et faire vivre une sorte de ­ciné-club populaire durant ces trois jours.

Nous nous souviendrons de sa constante et patiente volonté de faire exister les idées communistes parmi les travailleurs, de l’attention qu’il portait aux autres, de sa personnalité faite de douceur autant que de révolte. Nous sommes de tout cœur avec sa compagne, son fils et tous les camarades qui l’aimaient et l’ont accompagné une dernière fois, le 4 janvier.

                                                                  Lutte ouvrière n°2840

 

Blog « lo argenteuil » du 24.12.22. Disparition d'un camarade. Militer pour faire avancer la planète : un beau sens donné à sa vie. La disparition d'un camarade de combat.

 

La disparition d’un vrai militant fidèle. Une discussion qui a beaucoup compté pour moi

Je l’appelais Gordon. Il vient de disparaître. Je savais que ce militant de Lutte ouvrière était plus âgé que moi, qu’il était malade, et qu’il avait milité à l’usine Thomson-CSF de Bagneux, avant 1968 je crois. Meetings ou fêtes, nous nous rencontrions parfois, décennie après décennie, et je tenais toujours à le saluer. Car malgré le fait que nous ne croisâmes plus véritablement, ce militant avait compté pour moi.

         J’ai connu l’ancêtre de Lutte ouvrière, Voix ouvrière, à l’automne 1967 alors que j’étais à l’école normale d’instituteurs de Versailles. Double bonne pioche, j’allais vivre les évènements de Mai 68.

         Les années suivantes, j’allais approfondir les idées communistes et trotskystes. J’étais toujours interne et je faisais le « mur » pour assister aux meetings de Lutte ouvrière à la Mutualité à Paris. À l’issue d’un de ces meetings il m’a été proposé d’être raccompagné en voiture par un militant de Lutte ouvrière qui devait passer par Versailles. C’était Gordon.

         Pendant le temps du trajet, nous avons parlé de choses et d’autres. Nous en sommes venus à discuter de l’engagement. Militer pour renverser le capitalisme et faire avancer la société était faire œuvre utile et donner un sens à sa vie.

         Cette discussion m’a beaucoup marqué, je ne l’ai pas oubliée. Gordon n’a jamais renoncé à « donner un sens à sa vie » qui soit utile à tous les habitants de la planète d’aujourd’hui et de demain. Et cela jusqu’au bout. DM

 

samedi 24 décembre 2022

Disparition d'un camarade. Militer pour faire avancer la planète : un beau sens donné à sa vie. La disparition d'un camarade de combat

 

La disparition d’un vrai militant fidèle. Une discussion qui a beaucoup compté pour moi

 


Je l’appelais Gordon. Il vient de disparaître. Je savais que ce militant de Lutte ouvrière était plus âgé que moi, qu’il était malade, et qu’il avait milité à l’usine Thomson-CSF de Bagneux, avant 1968 je crois. Meetings ou fêtes, nous nous rencontrions parfois, décennie après décennie, et je tenais toujours à le saluer. Car malgré le fait que nous ne croisâmes plus véritablement, ce militant avait compté pour moi.

         J’ai connu l’ancêtre de Lutte ouvrière, Voix ouvrière, à l’automne 1967 alors que j’étais à l’école normale d’instituteurs de Versailles. Double bonne pioche, j’allais vivre les évènements de Mai 68.

         Les années suivantes, j’allais approfondir les idées communistes et trotskystes. J’étais toujours interne et je faisais le « mur » pour assister aux meetings de Lutte ouvrière à la Mutualité à Paris. À l’issue d’un de ces meetings il m’a été proposé d’être raccompagné en voiture par un militant de Lutte ouvrière qui devait passer par Versailles. C’était Gordon.

         Pendant le temps du trajet, nous avons parlé de choses et d’autres. Nous en sommes venus à discuter de l’engagement. Militer pour renverser le capitalisme et faire avancer la société était faire œuvre utile et donner un sens à sa vie.

         Cette discussion m’a beaucoup marqué, je ne l’ai pas oubliée. Gordon n’a jamais renoncé à « donner un sens à sa vie » qui soit utile à tous les habitants de la planète d’aujourd’hui et de demain. Et cela jusqu’au bout. DM