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dimanche 22 mars 2026

Détroit d’Ormuz : les conséquences d’une interruption

 Détroit d’Ormuz : les conséquences d’une interruption

Les effets de la guerre au Moyen-Orient ne se limitent pas aux zones de combat : une grande partie de la population mondiale commence déjà à en payer le prix à travers les hausses de prix et les pénuries, provoquées en particulier par le blocage du détroit d’Ormuz.

Publié le 18/03/2026

Les cours étant mondiaux, tous les pays du monde sont touchés par la hausse du prix de l’énergie, même ceux qui ne dépendent pas complètement du pétrole et du gaz du Moyen-Orient, comme la France, et même ceux qui en produisent : au Nigeria, le prix à la pompe a augmenté d’environ 20 % en une semaine. Mais, dans certaines régions, le risque de pénurie s’ajoute à l’augmentation des prix.

Il est possible que les États-Unis aient comme objectif, dans cette guerre, de compliquer l’accès de la Chine au pétrole et au gaz du Moyen-Orient ; quoi qu’il en soit, cette stratégie pèse déjà sur d’autres pays qui en sont dépendants. En Inde, les difficultés d’approvisionnement en gaz de cuisine ont conduit des restaurants à fermer et à réduire leur activité, voire certains à utiliser du bois ou du charbon de bois. En Asie du Sud-Est, certains gouvernements imposent une réduction de la consommation d’énergie : aux Philippines, la semaine de travail a été ramenée à quatre jours dans les administrations publiques, et en Birmanie le régime a introduit des restrictions de circulation avec des jours alternés selon les plaques d’immatriculation.

Le pétrole et le gaz ne servent pas seulement à se chauffer ou à rouler, mais sont indispensables dans de nombreuses chaînes de production, en particulier les engrais agricoles. Or l’Inde importe 40 % de son urée et des engrais à base de phosphate depuis le Moyen-Orient ; l’Égypte et une grande partie de l’agriculture africaine en dépendent également et, s’ils n’y ont plus accès, les rendements baisseront. Et même si les belligérants relâchent la pression sur le détroit ou si les armateurs trouvent des voies alternatives et si une petite partie des exportations reprend, le renchérissement du coût du transport entraînera de toute façon une augmentation des prix qui se répercutera sur les prix alimentaires dans des régions où des dizaines de millions de femmes et d’hommes ne mangent déjà pas à leur faim.

En déclenchant la guerre contre l’Iran, l’impérialisme américain a provoqué, sur une grande partie de la planète, une crise qui ne fait probablement que commencer. Si cette guerre n’est pas encore mondiale dans sa géographie, elle l’est déjà dans ses effets.

                                                        Claire Dunois (Lutte ouvrière n°3007)

 

Les prochaines permanences prévues à Argenteuil :

-Aujourd’hui

Dimanche 22 mars, de 10 h.30 à 11 h.30, marché Héloïse.

vendredi 16 janvier 2026

Géographie d’Argenteuil : une sorte d’incunable à mettre d’urgence au musée de la Ville, ou à défaut dans la réserve qui en tient lieu. De quoi sourire… un peu.

Mystère géographique et financier

 


 

Il y a une quinzaine d’années, j’ai contribué à la rédaction d’un petit opuscule dont, c’est vrai, je ne suis pas peu fier, portant sur la géographie de notre chère ville, « Argenteuil, une géographie ». Je sais qu’il y en a aujourd’hui peu d’exemplaires disponibles. Cela se confirme si l’on en croit l’annonce que l’on peut trouver le concernant sur Amazone. Il serait même âprement recherché, si l’on en juge le prix proposé pour l’unique exemplaire proposé via ce site.

         2000 euros ! Bigre, pour un opuscule certes très intéressant mais seulement d’une centaine de pages ! Chacun s’interroge.

         La réponse à un grave problème dans ce livre ? Une formule magique ? Le vendeur croit-il avoir dans ses mains un bel outil spéculatif ? La galéjade d'un facétieux ?

         On ne sait, mais chers lecteurs, vous avez peut-être votre hypothèse personnelle à me proposer ! DM


 

lundi 12 janvier 2026

Somaliland : au cœur des manœuvres impérialistes

Somaliland : au cœur des manœuvres impérialistes

Le 26 décembre, Israël a été le premier État – et pour le moment le seul – à reconnaître le Somaliland, plus de trente ans après que celui-ci a fait sécession de la Somalie, en 1991.

Publié le 07/01/2026

Le territoire du Somaliland correspond à celui de l’ancienne colonie britannique, dont les frontières ont été fixées lors du partage de l’Afrique entre puissances européennes dans les années 1880. Rien ne distingue ses 5,7 millions d’habitants de ceux du reste de la Somalie, ex-colonie italienne, de ceux de Djibouti, ex-colonie française, et des Somalis d’Éthiopie ou du Kenya. Après avoir acquis leur indépendance à quelques semaines d’intervalle en 1960, les territoires italien et britannique coexistèrent au sein d’un même État, la République de Somalie, jusqu’à son éclatement en 1991, suite aux rivalités opposant une multitude de seigneurs de guerre. L’ancien Somaliland britannique proclama alors son indépendance. Il fut d’emblée au cœur de nombreuses convoitises, étant situé sur la côte africaine du golfe d’Aden, sur l’une des principales routes commerciales du monde, reliant la Chine et l’océan Indien au canal de Suez.

De son côté, la Somalie fut le théâtre d’une intervention armée américaine, fin 1992, qui ne fit qu’aggraver encore le chaos.

Ces dernières années, les tensions au Moyen-Orient ont renforcé l’importance stratégique du Somaliland qui se trouve à 200 kilomètres des côtes du Yémen où les rebelles houthistes s’opposent non seulement à l’Arabie saoudite, mais aussi à Israël. Pour ce dernier, établir des liens avec le Somaliland présente donc un intérêt militaire et commercial, lui permettant de surveiller cet axe maritime. Netanyahou a aussi le projet, ouvertement évoqué, d’y déporter des Palestiniens de Gaza.

Quant aux États-Unis, ils n’ont pas jusqu’à présent reconnu le Somaliland, notamment parce qu’ils tiennent à leurs relations avec la Somalie voisine où ils disposent d’une base militaire alors que le groupe islamiste des Chabbi, affilié à Al-Qaida, contrôle près d’un quart du territoire. Mais une délégation militaire américaine était sur place le 26 décembre, jour de la reconnaissance par Israël. Il est question d’y installer une base américaine, une de plus dans la région.

La reconnaissance du Somaliland par Israël accentuera encore les oppositions entre puissances régionales. Ainsi l’Arabie saoudite, l’Égypte et la Turquie, qui soutiennent la Somalie, ont exprimé leur hostilité à la prise de position israélienne, tandis que les Émirats arabes unis ont, eux, appuyé ce rapprochement.

Les manœuvres diplomatico-militaires de l’impérialisme américain et d’États qui lui sont liés tout en étant rivaux, ne peuvent qu’alimenter encore les guerres qui ensanglantent la région.

                                                                   Jean Sanday (Lutte ouvrière n°2997)