Détroit
d’Ormuz : les conséquences d’une interruption
Les effets de la guerre au
Moyen-Orient ne se limitent pas aux zones de combat : une grande partie de la
population mondiale commence déjà à en payer le prix à travers les hausses de
prix et les pénuries, provoquées en particulier par le blocage du détroit
d’Ormuz.
Publié le 18/03/2026
Les cours étant mondiaux, tous
les pays du monde sont touchés par la hausse du prix de l’énergie, même ceux
qui ne dépendent pas complètement du pétrole et du gaz du Moyen-Orient, comme
la France, et même ceux qui en produisent : au Nigeria, le prix à la pompe a
augmenté d’environ 20 % en une semaine. Mais, dans certaines régions, le risque
de pénurie s’ajoute à l’augmentation des prix.
Il est possible que les États-Unis
aient comme objectif, dans cette guerre, de compliquer l’accès de la Chine au
pétrole et au gaz du Moyen-Orient ; quoi qu’il en soit, cette stratégie pèse
déjà sur d’autres pays qui en sont dépendants. En Inde, les difficultés
d’approvisionnement en gaz de cuisine ont conduit des restaurants à fermer et à
réduire leur activité, voire certains à utiliser du bois ou du charbon de bois.
En Asie du Sud-Est, certains gouvernements imposent une réduction de la
consommation d’énergie : aux Philippines, la semaine de travail a été ramenée à
quatre jours dans les administrations publiques, et en Birmanie le régime
a introduit des restrictions de circulation avec des jours alternés selon les
plaques d’immatriculation.
Le pétrole et le gaz ne servent
pas seulement à se chauffer ou à rouler, mais sont indispensables dans de
nombreuses chaînes de production, en particulier les engrais agricoles. Or
l’Inde importe 40 % de son urée et des engrais à base de phosphate depuis le
Moyen-Orient ; l’Égypte et une grande partie de l’agriculture africaine en
dépendent également et, s’ils n’y ont plus accès, les rendements baisseront. Et
même si les belligérants relâchent la pression sur le détroit ou si les
armateurs trouvent des voies alternatives et si une petite partie des
exportations reprend, le renchérissement du coût du transport entraînera de
toute façon une augmentation des prix qui se répercutera sur les prix
alimentaires dans des régions où des dizaines de millions de femmes et d’hommes
ne mangent déjà pas à leur faim.
En déclenchant la guerre contre
l’Iran, l’impérialisme américain a provoqué, sur une grande partie de la
planète, une crise qui ne fait probablement que commencer. Si cette guerre
n’est pas encore mondiale dans sa géographie, elle l’est déjà dans ses effets.
Claire Dunois (Lutte ouvrière
n°3007)
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Héloïse.