Non à la flexibilité des horaires !
La Poste teste en ce moment sur quelques bureaux
dans différentes régions un projet de flexibilité des horaires qu’elle envisage
de généraliser si les résultats lui donnent satisfaction : "Trafic fort,
les agents rentrent plus tard, trafic faible, les agents rentrent plus
tôt", est le fil directeur d'un projet qui s'inscrit dans le plan de réduction
des effectifs.
Un projet a été signé à ce sujet en juillet
dernier entre la direction et les syndicats, à l’exception de la CGT et de SUD,
mais même ces organisations se sont bien gardées d’en informer les
travailleurs. La Poste veut "des organisations plus flexibles" avec
des semaines "faibles" et des semaines "fortes". On
pourrait demander au salarié jusqu’à 44 heures par semaine sur douze semaines consécutives, voire 48 heures pour une semaine.
La Poste ne s’en prend pas seulement aux conditions de travail mais également
aux conditions de vie.
Les premières réactions ont été l’inquiétude.
Comment organiser désormais sa vie personnelle en dehors du travail avec ces
horaires changeants, se demandaient beaucoup. Les attaques fusent de toutes
parts. Les chauffeurs doivent signer un avenant à leur contrat de travail leur
imposant d’exercer les activités "attachées à la fonction supply
chain". La direction affirme que cela ne changera rien, mais si tel est le
cas, pourquoi met-elle tant d’acharnement à le faire signer ? Pourquoi
promet-elle une prime à ceux qui le feront et menace-t-elle de retirer de la
conduite ceux qui refusent ? Il y a bien longtemps qu’à La Poste les chauffeurs
ne transportent plus seulement du courrier, mais des fauteuils, des plateaux-repas
pour les personnes âgées, des batteries de vélo... car La Poste se targue de
devenir le "premier opérateur du premier et du dernier kilomètre".
À Paris, certaines tournées de facteurs viennent
d’être réorganisées sur le modèle de ce qui existe déjà en banlieue où les
habitants ne reçoivent leur courrier qu’un jour sur deux. La Poste emploie
des méthodes analogues à celles de toutes les entreprises du pays avec le même
objectif : maximiser ses profits. Contre l’offensive menée par les capitalistes
et leur État, les travailleurs de La Poste ont toute leur place.