Racisme :
hypocrisie d’État
Publié
le 03/07/2024
Une
séquence d’Envoyé spécial diffusée le 20 juin montrait des proches du RN
s’en prenant à leur voisine noire. Le 24 juin, le garde des Sceaux, Éric
Dupond-Moretti, décidait de suspendre la femme du couple d’électeurs RN de ses
fonctions dans un tribunal.
Le
ministre en a profité pour proclamer : « La haine n’aura jamais sa
place dans nos tribunaux. » Mais c’est bien parce que les ministres de
Macron sont en concurrence électorale avec le RN qu’ils parlent comme cela. En
effet, ces dernières années, ils n’ont pas hésité à spéculer eux aussi sur les
idées anti-immigrés et antimusulmans. En janvier dernier, le gouvernement a
fait voter une des lois les plus répressives depuis quarante ans contre les
conditions d’existence des travailleurs immigrés.
Quant
aux tribunaux, dont Dupond-Moretti est le ministre, à l’image du reste de
l’appareil d’État et de la police, ils ne sont pas si neutres par rapport à ces
idées-là. Les forces de police, pour leur part, ne cessent d’exercer leur
violence et leurs discriminations à l’égard des populations immigrées dans les
quartiers populaires. Ces dernières années, les idées fascisantes prospèrent
particulièrement dans les corps armés de l’État. L’appareil d’État en France
s’est nourri de décennies de colonialisme et d’exploitation des travailleurs.
Il est imprégné de préjugés racistes, ainsi que du respect des riches et des
bien-nés. Quant aux politiciens, ils ont de multiples fois montré qu’ils
pouvaient jouer avec n’importe quel préjugé du moment que cela pouvait leur
rapporter des voix.
Au-delà
de la prise de position du ministre, dictée par l’actualité médiatique, ce ne
sont donc pas cet État ni sa justice qui protégeront la société de la montée du
racisme.
Charles Legoda (Lutte
ouvrière n°2918)