Diafoirus à la Porte de Pontoise dans « L’avocat malgré
lui »
Honoré Daumier
Les habitants d’Argenteuil ont
manqué un grand moment… de franche rigolade avant-hier. Durant une heure et demi,
seuls trois d’entre eux partisans de la défense de la salle des fêtes communale
Jean Vilar de la Ville étaient présents au tribunal de Pontoise, se demandant,
aux côtés de tous les présents, s’ils ne s’étaient pas trompés de lieu, ayant
l’impression heureuse que le tribunal s’était pour une fois et par magie
transformé en scène de théâtre de boulevard.
Il
s’agissait pourtant d’une séance portant sur le référé des plaignants concernés
par la venue chez eux en mars dernier d’huissiers voulant relever le contenu de
leurs ordinateurs pouvant prouver, selon les accusateurs, une mystérieuse et
fantastique « collusion » de la commune d’Argenteuil, du magasin
Casino, et de différentes associations contestant le projet à l’encontre de
l’espace Jean Vilar, « collusion » à la manière de Don Quichotte,
mais sortie du chapeau du promoteur Fiminco. Une sorte de fameuse collusion entre les
assassins et leurs victimes. (Voir notre
brève du blog « lo argenteuil » datée du 5.5.26.)
Retour
à Pontoise. Sujet de la pièce : « L’avocat malgré lui ».
Ambiance :
les juges éberlués devant les affirmations du défenseur du promoteur avançant
très sûr de lui des arguments prétendument issus de la loi, au point qu’une interruption
de séance eut lieu pour que les juges ouvrant des grands yeux puissent échanger
sur ces arguties toutes plus extraordinaires les unes que les autres. Ils ont
dû se demander s’ils n’avaient pas affaire en la circonstance en l’adaptant à
la justice à un Diafoirus de chez Molière, comme le dit la définition,
« un prescripteur prétentieux qui brasse du vent, à la limite du
charlatanisme ».
Seul
regret, que durant cet entracte, il n’y eut pas comme lors de nos cinémas
d’antan, une proposition exquise de « bonbons, caramels, esquimaux,
chocolats ». Mais tout de même, une heure et demi de franche rigolade, et
c’était gratuit ! DM