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vendredi 21 février 2025

Nouveau Front Populaire : chamailleries entre marchands d’illusions. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière n°2951

 Nouveau Front populaire : chamailleries entre marchands d’illusions

Dimanche 16 février, Jean-Luc Mélenchon a inauguré une nouvelle saison de la série « les aventures du NFP ». Le leader de La France insoumise (LFI) caractérise désormais son alliance avec le PS comme « toxique ».

Publié le 19/02/2025

 


 

« Je me suis lourdement trompé, les socialistes n’ont jamais eu l’intention d’être nos partenaires. Ils voulaient se servir de nous » a déclaré Mélenchon. Il a pourtant atteint l’âge de 73 ans, dont 55 de vie politique, a été élu sénateur socialiste pour la première fois en 1986 et a occupé depuis quasiment toutes les fonctions imaginables. Il a été dirigeant du PS au pouvoir et dans l’opposition, puis chef de son propre parti et candidat à l’élection présidentielle. Mais Mélenchon n’en serait pas moins un naïf, un innocent, le ravi de la crèche politicienne que des socialistes machiavéliques auraient trahi. À d’autres !

Le NFP a été constitué par LFI, le PS, le PCF, les écologistes et quelques mouches du coche plus ou moins décoratives le 10 juin 2024 en vue des élections législatives, après la déroute de leurs listes concurrentes à l’élection européenne et l’arrivée en tête de celle du RN. Cette alliance avait un seul ciment, le dégoût légitime des électeurs de gauche devant la montée de l’extrême droite, et une politique : constituer un cartel électoral pour sauver le maximum de sièges. La suite a été, après le premier tour, le front républicain, c’est-à-dire le désistement, même pas toujours réciproque, en faveur des macronistes et de la droite. C’est ainsi que le NFP entra dans la carrière en appelant à voter pour ceux qui aujourd’hui étranglent les travailleurs, de B

orne à Darmanin en passant par les amis de Retailleau et ceux de Bayrou. Et chacun, au NFP, revendique comme un titre de gloire ce tour de passe-passe qui a consisté à transformer des ennemis ouverts des travailleurs en sauveurs et contribue à repousser des millions d’électeurs populaires vers le RN.

Aujourd’hui les calculs immédiats des divers larrons divergent. En particulier le PS, parti qui sert fidèlement le grand capital à chaque passage aux affaires depuis plus d’un siècle, fait ce qu’il faut pour que le gouvernement Bayrou perdure, de façon, dit-il, à stabiliser la vie politique. Le PS n’a donc pas voté les deux dernières motions de censure proposées par LFI, s’attirant ce procès en trahison. Les écologistes, qui ont voté la censure, plaident pour le maintien de l’unité, PS compris. Le PCF se divise entre ceux qui n’ont pas voté la censure et les autres, et attend de savoir de quel côté va tomber la pièce. Le spectacle a tout de la comédie car tout ce petit monde se réconciliera d’une façon ou d’une autre dès que de nouvelles nécessités électorales se feront sentir, à commencer par les élections municipales de 2026.

Pendant ce temps, le grand patronat impose sa politique, les sommets de l’État la mettent en œuvre et le gouvernement l’enrubanne d’un discours de plus en plus réactionnaire et xénophobe qui n’a pas grand-chose à envier à celui du RN. Dans cette situation, le NFP, loin de défendre les intérêts des classes populaires, comme il le prétend, a contribué à les désarmer en leur faisant prendre des vessies pour des lanternes ; Darmanin et Retailleau, pour des remparts contre l’extrême droite ; les lois du marché, pour la loi éternelle. Et les quatre partis qui le constituent continuent à le faire, ensemble ou séparément.

                                              Paul Galois (Lutte ouvrière n°2951)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

Aujourd'hui vendredi 21 février, de 17 h.15 à 18 h.15 au « carrefour Babou » ;

Samedi 22 : de 10 heures 30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

-et de 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

Dimanche 23 février, de 11 h. à midi, au marché Héloïse ;

Lundi 24 février, de 18 à 19 heures, centre cl des Raguenets à Saint-Gratien.

mardi 1 septembre 2020

Mélenchon en vue des présidentielles de 2022 : et un clin d’œil au Medef


Se « présidentialiser »  passe évidemment par là

 


Mélenchon a récemment confié qu'il avait téléphoné à Roux de Bézieux, le patron du Medef, durant le confinement et s'en est dit « agréablement surpris ». Selon lui, il s'agissait de connaître sa position sur le recours possible aux nationalisations et aux réquisitions.
Qui peut être surpris par cette confidence ? En tout cas pas nous. Car la prétendue « rupture » avec le capitalisme, évoquée par les Insoumis lors de leur université d'été, est aussi bidon que celle de Mitterrand en son temps, ou que Hollande déclarant que la finance était son ennemie.

dimanche 3 décembre 2017

Mélenchon, France insoumise, la réunion du 25 et 26 septembre



La France insoumise : Mélenchon veut nous faire marcher

Les 25 et 26 novembre, Mélenchon a réuni son mouvement La France insoumise. Il s’agissait de fixer un cap à ses militants, dont certains sont semble-t-il déboussolés par la situation, et d’indiquer ses objectifs politiques : il est clair qu’il veut, durant la présidence de Macron, apparaître comme la seule véritable opposition de gauche et s’imposer contre tous les autres candidats à ce rôle.
Le leader de La France insoumise a commencé par répondre à l’éventuelle démoralisation de ceux qui ont été déçus par la mobilisation contre les ordonnances Macron. Il a rejeté la faute sur les directions syndicales et leur désunion, qui aurait contribué à désorienter les travailleurs. Au passage, il se dédouanait lui-même de l’accusation d’avoir contribué à cette désunion en fixant sa propre journée d’action le 23 septembre sans en avoir discuté avec personne. Le fait est pourtant qu’il ne visait pas à mobiliser les travailleurs mais plutôt à saisir une occasion de s’afficher comme le véritable opposant à Macron.
Après avoir donc affirmé que La France insoumise avait « fait son devoir », Mélenchon en est venu aux objectifs de la période à venir. Il a rappelé les différents points de son programme, dans lequel on peut trouver de tout : contre le « carcan européen », contre les cadeaux aux riches, pour la République laïque sans que soit menée une guerre de religion, pour la défense des communes, « base de la liberté des Français depuis des siècles », après quoi il a tendu quelques perches, s’adressant « à ceux qui créent des plateformes de résistance populaire », aux Verts qui, sur le nucléaire, « avaient raison contre beaucoup d’entre nous », aux adeptes de la nourriture saine, un thème « qui a fait son chemin par la mobilisation constante de toutes sortes de gens et notamment des véganes ».
Il y en a donc pour tous les goûts, et Mélenchon d’annoncer que, sur cette stratégie d’ouverture, les militants de La France insoumise vont se transformer à leur tour en marcheurs, à l’écoute des habitants des quartiers populaires, « pour recueillir les sujets de lutte et proposer leur aide ». La marche est décidément tendance depuis que Macron l’a mise à la mode. Mélenchon cherche à montrer La France insoumise comme une équipe capable de gouverner le pays, « une force alternative pour exercer le pouvoir demain ». Mais en même temps, tout comme pour Macron en son temps, la « marche », l’« écoute », sont un bon moyen de rester dans le flou sur ce que cette « alternative » fera au pouvoir demain.
Alors pourquoi les travailleurs feraient-ils plus confiance à Mélenchon qu’à ces prédécesseurs ? Que pourraient-ils espérer de la nouvelle mouture d’Union de la gauche à la sauce Mélenchon ?
Doivent-ils lui faire confiance en attendant qu’il capitule à son tour devant les capitalistes ? Mélenchon dénonce « une classe sociale qui pour l’instant s’est comportée en pur parasite ». On en connaît un autre, Hollande, qui disait bien plus clairement : « Mon ennemi, c’est la finance », avant de se soumettre à elle une fois au gouvernement.
Les travailleurs, les militants de la classe ouvrière, y compris ceux influencés par le Parti communiste, devront se fier à leurs propres forces et à leurs luttes, bien plus qu’à cette énième édition du sauveur suprême.

                                                 Sylvie MARÉCHAL (Lutte ouvrière n°2574)